Jeudi 30 avril
• Soyons Serviteurs inutiles !
Comment pouvons-nous savoir si nous avons vraiment la foi, c’est-à-dire si notre foi, même minuscule, est authentique, pure, franche ? Jésus explique en indiquant quelle est la mesure de la foi. Eh bien, c’est le service. Cette attitude envers Dieu se reflète aussi dans la façon de se comporter en communauté.
Elle se reflète dans la joie d’être au service des uns et des autres, en trouvant déjà sa récompense en cela, et non dans les reconnaissances et dans les bénéfices qui peuvent en découler.
Serviteurs inutiles, c’est-à-dire sans la prétention d’être remercié, sans revendication, nous sommes des serviteurs inutiles. Cette expression est une expression d’humilité et de disponibilité qui fait beaucoup de bien à l’Église et qui rappelle l’attitude juste pour oeuvrer en son sein, le service humble dont Jésus nous a donné l’exemple en lavant les pieds de ses disciples.
Parole et Évangile du jour | Jeudi 30 avril • Soyons Serviteurs inutiles !
Mercredi 29 avril
• Prier Jésus ou prier Dieu le père ?
Celui qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé.
On pourrait penser là que Jésus s’efface, mais en réalité il révèle. Croire en lui, c’est précisément atteindre le Père, parce que lui et le Père ne font qu’un.
La question que nous nous posons, prier Dieu ou prier Jésus, finalement est-ce que c’est la même chose ?
Eh bien, cette question n’est pas un dilemme. Prier Jésus, c’est prier le Père Le voir, c’est voir le Père L’Église n’a pas inventé cela, c’est Jésus lui-même qui l’affirme Et c’est où que la foi trinitaire en germe dans ces quelques versets de Jean Saint Hilaire de Poitiers pousse cette logique encore plus loin avec une audace qui devrait nous couper le souffle.
Par l’Eucharistie, dit-il, le Christ demeure en nous par nature. Non par sentiment ou par métaphore, par nature.
De même qu’il vit par le Père, nous vivons par sa chair Il y a une chaîne de vie qui descend du Père au Fils, du Fils à nous.
Et cette chaîne passe par le pain rompu Voilà pourquoi la messe n’est pas un souvenir, ce n’est pas une mémoire. C’est le lieu où cette unité se réalise concrètement, dans nos corps, dans notre chair d’homme et de femme ordinaire.
Et pendant ce temps, à Antioche, l’Esprit dit « Mettez à part Barnabé et Saul » Il jeûnait, il priait, et dans ce silence fécond, l’Esprit parle et envoie.
La première lecture nous rappelle que la mission n’est toujours de la contemplation, jamais de l’agitation « Ceux qui ont reçu la lumière, dit Jésus, ne demeurent pas dans les ténèbres, ils partent la porter »
Prier Jésus et croire au Père, ce n’est donc pas une question abstraite de théologie C’est ce qui nous met debout et nous envoie garder en tête cette chaîne d’amour qui va du Père au Fils et du Fils à nous à travers l’Eucharistie.
Et nous demandons à Sainte Catherine de Sienne, dont c’est la fête aujourd’hui, de prier pour nous Sainte Catherine de Sienne, priez pour nous.
Parole et Évangile du jour | Mercredi 29 avril • Prier Jésus ou prier Dieu le père ?
Mardi 28 avril
• Le Père et moi, nous sommes UN
Les Juifs avaient du mal à écouter. Mais nous, comment écouter Jésus ? Est-ce que nous l’écoutons ? Est-ce que nous le comprenons ? Est-ce que nous croyons ? Voici un commentaire de Sainte Thérèse de Calcutta.
Tu jugeras difficile de prier si tu ne sais pas comment faire, chacun de nous doit s’aider à prier en premier lieu en recourant au silence. Car nous ne pouvons pas nous mettre en présence de Dieu si nous ne pratiquons pas le silence intérieur comme exterieur. Faire silence au-dedans de nous n’est pas facile, mais c’est un effort indispensable.
Seulement dans le silence, nous trouverons une nouvelle puissance, et la vraie unité. La puissance de Dieu deviendra la nôtre afin d’accomplir toute chose comme il se doit. Il en ira de même pour l’unité de nos pensées, avec ses pensées, de l’unité de nos prières, avec ses prières, de l’unité de nos actions, avec ses actions, de notre vie, avec sa vie.
L’unité est le fruit de la prière, de l’humilité, de l’amour. C’est dans le silence du cœur que Dieu parle. Si tu te places face à Dieu dans le silence et la prière, Dieu te parlera, et tu sauras alors que tu n’es rien.
Ce n’est que lorsque tu connais ton néant, ta vacuité, que Dieu peut te remplir de lui-même. Les âmes des grands priants sont des âmes de grand silence. Le silence nous fait voir chaque chose autrement. Nous avons besoin du silence pour toucher les âmes des autres. L’essentiel n’est pas ce que nous disons, mais ce que Dieu dit, ce qu’il nous dit, ce qu’il dit à travers nous.
Dans un tel silence, il nous écoutera, dans un tel silence, il parlera à notre âme, et nous entendrons sa voix.
Parole et Évangile du jour | Mardi 28 avril • Le Père et moi, nous sommes UN
Lundi 27 avril
• La vie en abondance + PARCOURS spirituel
Commentaire de Saint Jean Climac
Le vrai pasteur est celui qui, par sa bonté, son zèle et sa prière, est capable de chercher et de remettre dans le bon chemin les brebis raisonnables qui se sont perdues. Le pilote est celui qui a obtenu par la grâce de Dieu et par ses propres labeurs une force spirituelle qui le rend capable d’arracher le vaisseau, non seulement au flot déchaîné, mais à l’abîme lui-même. Le médecin est celui qui acquis la santé du corps et de l’âme et qui n’a besoin pour eux d’aucun remède. Un bon pilote sauve son vaisseau, et un bon pasteur vivifie et guérit ses brebis malades.
Quand les brebis sont au pâturage, que le pasteur ne cesse pas de se servir de la flûte de la parole, surtout quand le troupeau s’apprête à dormir. Car le loup ne craint rien tant que la flûte pasteurale. Autant les brebis auront suivi fidèlement le pasteur et auront fait des progrès, autant celui-ci répondra pour elles devant le maître de maison.
C’est la charité qui fait connaître le vrai pasteur, puisque par charité, le grand pasteur a voulu être crucifié.
Découvrez votre parcours sur la spiritualité avec le frère Charbel. Je suis frère de Saint Jean, actuellement en mission en Suède, et on va parler aujourd’hui du sens de notre vie, pourquoi nous sommes sur Terre. Des fois, notre vie sur Terre, c’est un peu lourd. Et du coup, on se dit, mais à quoi joue-t-il ? Pourquoi il ne nous a pas créés au ciel après tout, on est fait pour ça ? À notre petite vue humaine, ça serait tellement plus simple. Et donc, il faut bien se rappeler pourquoi on est sur Terre.
On est sur Terre pour grandir dans la charité, dans l’amour disons. Mère Thérésa disait, à ses sœurs, ce qui est important, ce n’est pas ce que vous faites, c’est l’amour avec lequel vous le faites. Alors, il ne faut pas caricaturer ça, mais ça veut bien dire ce que ça veut dire.
Ce que nous faisons par amour a une valeur éternelle, ce que nous ne faisons pas par amour ne sert à rien. Et c’est valable pour tout ce que nous sommes dans notre vie. Un exemple sans doute très, très prosaïque et pas chrétien, mais je me souviens avoir pris en stop en France il y a quelques années un jeune qui était apprenti de boucher.
Et il m’en a parlé pendant une demi-heure, passionné par son métier, désireux de bien le faire et on voyait qu’il aimait ce qu’il faisait. Ça m’a beaucoup surpris parce que je me disais, comment on peut aimer ça ? Comment on peut se passionner pour ça ? Moi, ça ne me passionne pas. Mais de fait, même humainement, on voit que ce qui donne un sens, c’est qu’il faut aimer ce qu’on fait.
Alors, chrétiennement, ça va bien plus loin d’aimer ce qu’on fait ou les personnes pour lesquelles on le fait. Mais chrétiennement, ça va plus loin parce qu’il s’agit de vivre d’un amour qui n’est pas juste un amour humain, qui n’est pas juste mon inclination spontanée, qui est un amour à la taille du cœur de Dieu, l’amour de charité, un amour qui est un don de Dieu, aimer Dieu, aimer mon prochain comme Jésus l’a aimé. Et ça, ça donne sens à notre vie sur terre, on est là pour ça, on est là pour aimer plus.
Au ciel, il n’y a pas cette possibilité de croissance libre. C’est Dieu qui fait le premier pas, c’est Dieu qui s’avance vers nous, il nous a aimé le premier, c’est saint Jean qui dit ça dans sa première épitre, en cela nous avons connu l’amour, ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimé, qui a donné son fils. Et donc, il fait le premier pas, il se tourne vers nous, il nous aime et nous avons à lui apporter la réponse libre de notre amour, en l’aimant lui et en nous aimant les uns et les autres.
Et ça, cette réponse libre, c’est sur terre qu’on la donne, c’est dans l’obscurité de la foi, parce qu’au ciel, on est dans la vision de Dieu, c’est ce qu’on appelle le ciel. Quand on est dans la vision de Dieu, il ne s’agit plus de faire un choix, il s’agit de se laisser envahir par lui. Des fois, on peut s’imaginer qu’en fait, notre vie sur terre, c’est Dieu qui nous teste.
Alors, je pense que ce n’est pas tout à fait la bonne manière de regarder ça, c’est le démon qui nous teste, c’est le démon qui est là à nous piquer, à nous tenter pour voir ce que ça fait. On voit bien ça au début du livre de Job, le démon, il veut tester Job, il veut voir ce que ça va avoir, moi je vais te le faire pêcher. Dieu, ce n’est pas un espèce de sadique ou quelqu’un d’indifférent qui fait des tests.
Dieu, il peut nous éprouver, mais ce n’est pas la même chose. Ce n’est pas pour vérifier la qualité, non, la qualité du produit. Dieu nous éprouve, c’est-à-dire qu’il permet que dans notre vie, yes, il y a des choses difficiles, mais en même temps, il nous donne sa grâce pour que ces choses difficiles deviennent un tremplin pour nous dans la foi et dans la charité, pour qu’elles soient des lieux de croissance.
Ce n’est pas pour vérifier, c’est le démon qui teste de cette manière-là, ce n’est pas Dieu. C’est-à-dire que c’est pour nous fortifier et puis pour nous donner l’occasion de recevoir davantage sa grâce. C’est le chapitre 12 de la Deuxième Épître aux Corinthiens, quand saint Paul parle de cette écharpe dans la chair, de cet envoyé de Satan, donc là, c’est l’action du démon, et il demande à Dieu d’en être délivré, et saint Paul écrit, et par trois fois il m’a été répondu, ma grâce te suffit, ma puissance est à l’œuvre dans ta faiblesse.
C’est pour ça que je trouve ma joie dans mes faiblesses, parce que quand je suis faible, c’est alors que je suis fort. Ma faiblesse, mon épreuve et même mon péché deviennent le lieu où Dieu me rencontre et me donne l’occasion de recevoir sa grâce plus profondément.
Parole et Évangile du jour | Lundi 27 avril • La vie en abondance + PARCOURS spirituel
Dimanche 26 avril
• LE BON PASTEUR, JESUS
Père Roger Frey :
Chers amis de Cathoglad, Aujourd’hui, dimanche du bon berger, l’Église prie pour les prêtres, pasteurs, des brebis, du Seigneur et pour toutes les vocations. Seigneur, donne-nous des saints prêtres. Donne-nous beaucoup de saints prêtres. Mais d’abord, réécoutons quelques phrases de la parole de Dieu reçues ce dimanche dans l’Évangile. Amen, amen, je vous le dis. Moi, je suis la porte des brebis. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé.
Il pourra entrer, il pourra sortir et trouver un pâturage. Moi, je suis venu pour que les brebis aient la vie, la vie en abondance. Dans le psaume 22, Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi. Ton bâton me guide et me rassure. Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis. Tu répands le parfum sur ma tête. Ma coupe est débordante. Et dans la première lettre de Saint-Pierre, Par ces blessures, nous sommes guéris, car vous étiez errants comme des brebis. Mais à présent, vous êtes retournés vers votre berger, le gardien de vos âmes.
Chères frères et sœurs, Comme la parole de Dieu est belle et juste, puissions-nous nous nourrir de cette parole pour reprendre espérance dans le ministère des prêtres et comprendre la grandeur de ce don de Dieu d’avoir des prêtres, des prêtres qui soient des saints. C’est notre prière, c’est notre désir.
L’image du berger est très belle. Dieu avait promis à son peuple Israël qu’il serait lui-même le berger de son peuple. En Jésus, son fils bien-aimé, Dieu a accompli cette promesse. Et Jésus nous a dit dans l’évangile, Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.
Ce don a eu lieu d’abord à travers le don de son corps en nourriture, le jeudi saint, à travers la sainte scène. Son corps est déjà donné quand Jésus a dit, Ceci est mon corps livré pour vous. Ceci est la coupe de mon sang, le sang de l’alliance nouvelle et éternelle qui sera versée pour vous et pour la multitude en rémission des péchés.
Le don de sa vie a été fait dès ce soir-là, dès ce moment-là, dans la première Eucharistie, sous l’aspect des mystères, c’est-à-dire à travers un sacrement, le signe du pain et du vin, transformé en son corps et son sang par la puissance de sa parole créatrice. Le don deviendra effectif sur la croix, par amour pour ses disciples et par obéissance au Père. La croix est pour le Christ, grand prêtre de l’alliance nouvelle, est l’autel par lequel il opère son sacrifice pour le pardon des péchés du genre humain.Et d’où Jésus va répandre sur le monde son souffle vivifiant pour donner aux croyants la vie éternelle, sa propre vie.
Un deuxième point de cet évangile, Jésus affirme qu’il est la porte. Réfléchissons au sens de ce qu’est une porte. La porte est l’ouverture entre deux espaces, intérieur et extérieur. La porte, souvent on pense au bâtant qui ferme l’ouverture, mais non, la porte est l’ouverture. Le bâtant ne fait que que cette ouverture soit ouverte ou fermée.Par son incarnation, le Fils de Dieu est entré dans le monde, dans la mort de l’homme, pour briser les portes, les bâtants qui fermaient cette ouverture entre le ciel et la terre des hommes. Le paradis fut fermé par le péché Et désormais, Jésus veut ouvrir ce monde clos à la vie de Dieu, à l’éternité de Dieu, au bonheur sans fin. C’est pourquoi désormais, le croyant qui entre dans la mort ne craint rien, parce qu’en vérité, comme dit le psaume, si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi, ton bâton me guide et me rassure.
Cette ouverture est définitivement présente, dès à présent, dans notre monde, dès ici-bas, à travers notre vie humaine, avec ses temps de joie et de bonheur, comme en ses heures de peine et de combat, ses heures d’échec même, de mort. Nous pouvons faire l’expérience de la possibilité d’un passage, d’une Pâque. Si quelqu’un entre en passant par moi, il sera sauvé.
Il pourra entrer, il pourra sortir et trouver un pâturage. La condition de ce passage, c’est de s’appuyer non sur nos propres forces pour nous faire justice, mais par la foi et la charité, la confiance en notre bon berger, de laisser le Christ nous amener avec lui dans sa victoire, victoire sur la haine, l’injustice et la mort, victoire dans la charité, dans la paix, dans l’amour que nous pouvons donner, dans le pardon à ceux qui nous ont offensés.
Le troisième point que j’aimerais vous partager, c’est le sens du sacerdoce ministériel des prêtres.Ce mystère de l’amour du bon berger pour ses brebis est aujourd’hui donné dans l’Eucharistie de l’Église, où Jésus continue de s’offrir à son peuple dans le don de son corps et de son sang. Ce don n’est possible qu’avec le ministère des prêtres, qui par le Christ, avec le Christ et dans le Christ, ce que l’expression latine signifie in persona Christi capitis, dans la personne du Christ tête, actualise à travers la liturgie eucharistique le mystère pascal du sacrifice du Christ pour le salut du monde. Comprenons bien que lorsque les prêtres agissent dans le ministère qu’ils ont reçu du Christ, leur parole, redisant la parole du Christ, est efficace pour consacrer le pain et le vin, pour baptiser, pour bénir, pour pardonner, pour enseigner.
C’est le Christ lui-même qui est à l’œuvre lorsque le prêtre agit dans son ministère. C’est lui que nous devons voir à travers le prêtre et ses faiblesses et ses limites. Cela n’enlève rien à la personne humaine du prêtre qui en dehors du ministère reste un pauvre homme, des chers comme tout homme.
Ils perçoivent chaque jour et en chacune de leurs paroles ce décalage entre ce qu’ils disent et opèrent et leur propre vie d’homme marquée par la limite, la faiblesse et le péché. Et ils perçoivent cruellement cet écart chaque jour, en chacune de leurs paroles, ce décalage entre ce qu’ils disent et opèrent et leur propre vie d’homme marqué par la limite, la faiblesse et le péché.
C’est pourquoi, chères frères et sœurs, nous devons rendre grâce à Dieu pour le ministère des prêtres et prier pour eux et pour certains, leur accorder le pardon, non pas pour excuser l’acte inexcusable, mais à l’homme pécheur, comme le Seigneur nous le commande, accorder notre pardon.
Ce qu’ils ont reçu est si grand pour accomplir une œuvre merveilleuse, sauver les âmes, sauver les brebis du Seigneur. Le saint Curé d’Ars disait, « Le sacerdoce, c’est l’amour du cœur du Christ. » Dans le double sens, où le prêtre est appelé à témoigner par sa charité pastorale de l’amour du Christ pour ses brebis et de son amour personnel envers le Maître, le Seigneur, qui les a appelés en leur faisant miséricorde.
Ainsi, le prêtre, ayant lui-même fait l’expérience de la miséricorde de Jésus, peut, à son tour, en puisant dans le saint cœur de Jésus, l’amour dont il aimerait les fidèles qui lui sont confiés. Alors, chers amis de Catoglade, prions en ce dimanche du Bon Berger. Merci Seigneur, Tu es notre Bon Berger.
Merci Seigneur, Tu es notre Bon Berger. C’est de Toi que nous tenons la vie nouvelle et Tu nourris tes fidèles de Ta propre vie, Ton corps livré et Ton sang versé dans le très saint mystère de l’Eucharistie, par lequel Tu as ouvert notre monde au royaume des cieux où Tu règnes éternellement. Et pour que nous puissions toujours T’avoir avec nous, avec toutes les grâces que Tu nous offres, Tu as institué miséricordieusement le sacrement de l’ordre pour que par les mains d’hommes pécheurs Ta charité et Ta vie puissent encore être présentées et offertes aux hommes. Nous Te rendons grâce, ô notre Dieu, notre Sauveur.
Parole et Évangile du jour | Dimanche 26 avril • LE BON PASTEUR, JESUS
Samedi 25 avril
• SAINT MARC
Cette tâche que Jésus confie à un petit groupe d’hommes simples et sans grandes compétences intellectuelles semble vraiment trop audacieuse, et pourtant, cette petite compagnie, sans importance face aux grandes puissances du monde, est envoyée pour apporter le message d’amour et de miséricorde de Jésus aux quatre coins de la terre. Mais ce projet de Dieu ne peut être réalisé qu’avec la force que Dieu lui-même accorde aux apôtres.
C’est ainsi que cette mission a pu se réaliser, et que les apôtres ont commencé cette œuvre, qui a ensuite été poursuivie par leurs successeurs. La mission confiée par Jésus aux apôtres s’est poursuivie à travers les siècles, et continue aujourd’hui encore. Elle requiert notre collaboration à tous.
Chacun, en effet, en vertu du baptême qu’il a reçu, est habilité en ce qui le concerne à proclamer l’Évangile. C’est précisément le baptême qui nous habilite et nous pousse à être des missionnaires, à annoncer l’Évangile. Sur cet itinéraire, nous rencontrons le Christ lui-même dans nos frères, spécialement dans les plus pauvres, dans ceux qui souffrent dans leur chair, de l’expérience dure et mortifiante de pauvretés anciennes et nouvelles.
De même qu’au commencement, le Christ ressuscité a envoyé ses apôtres dans la force de l’Esprit Saint, ainsi aujourd’hui, il nous envoie tous avec la même force pour apporter des signes concrets et visibles d’espérance. Chers amis, avez-vous déjà été témoin de ces signes, de ces forces de l’Esprit Saint qu’ils nous donnent, ces compétences pour évangéliser ? Elles sont spectaculaires, non pas pour le spectacle, mais elles sont impressionnantes. Si vous n’avez jamais expérimenté, c’est peut-être parce que vous n’avez jamais été sur les chemins de la mission.
Certains savent de quoi je parle, la force donnée par l’Esprit Saint dans la mission, parfois qui nous éprouve, et bien cette force vient d’ailleurs, puisqu’elle vient alors même que nous pensions que tout était impossible, mais tout est possible pour Dieu en ce sens. Je vous invite vraiment à vous lancer dans l’évangélisation et à regarder, à être témoin de ce que le Saint-Esprit peut faire en vous à ce moment-là, et c’est un témoignage pour les autres, mais aussi pour vous-même. C’est pour ça qu’on dit que la seule vraie joie, la joie parfaite, c’est celle qui est donnée quand on est sur la mission, c’est celle qui est donnée quand on est dans la charité, parce que ce que l’on donne là, c’est du carburant d’amour, et si on puise à la source éternelle de ce Dieu qui nous donne son Eucharistie, et bien ce carburant est inépuisable.
Parole et Évangile du jour | Samedi 25 avril • SAINT MARC
Chers amis, aujourd’hui, le 25 avril, nous fêtons la Saint-Marc, et à cette occasion, je vous invite à vous inscrire à un parcours de 19 jours sur Hosanna pour découvrir jour après jour, en format audio, les écrits de cet évangéliste. Ce parcours a été fait par Catoglad, je vous invite vraiment à y aller, le lien est en haut à droite et en description, n’hésitez pas aussi à le partager autour de vous, puisque vous venez de l’entendre, l’évangile, ça se partage dans la mission, et Jésus nous a appelé à cela, alors ne gardons pas cela pour nous, partageons-le à des amis, bonne écoute.
Podcast de Cathoglad : retarite de 19 jours avec ST Marc en partenariat avec Hozana
Vendredi 24 avril
• La vie Eternelle
Le pain du ciel est un don qui dépasse toutes les attentes. Ceux qui ne saisissent pas le style de Jésus restent méfiants. Il semble impossible, voire inhumain de manger la chair d’un autre. La chair et le sang au contraire sont l’humanité du Sauveur. Sa propre vie offerte en nourriture pour la nôtre. Le Christ vrai homme sait bien qu’il faut manger pour vivre. Mais il sait aussi que cela ne suffit pas. Après avoir multiplié le pain terrestre, il prépare un don encore plus grand. Il devient lui-même vraie nourriture et vraie boisson.
Le pain céleste qui vient du Père est précisément le Fils fait chair pour nous. Cette nourriture nous est plus que nécessaire parce qu’elle rassasit la fain d’espérance, la fain de la vérité, la fain de salut que nous ressentons tous. Non pas dans notre estomac, mais dans notre cœur. L’Eucharistie est nécessaire pour nous tous. Jésus prend soin du besoin le plus grand. Il nous sauve en nourrissant notre vie par la sienne et cela pour toujours.
Et grâce à lui, nous pouvons vivre en communion avec Dieu et entre nous. Le pain vivant est vrai, n’est donc pas quelque chose de magique. Ce n’est pas une chose qui résout d’un coup tous les problèmes.
Mais c’est le corps même du Christ qui donne l’espérance aux pauvres et vaint l’arrogance de ceux qui se gavent à leur détriment.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 24 avril • La vie Eternelle
Jeudi 23 avril
• Fais de moi un instrument SEIGNEUR !
Regardons Philippe dans la première lecture, sur cette route déserte de Gaza, l’ange l’envoie, l’esprit le guide, il court rejoindre un char, explique les Écritures, baptise, puis disparaît. Saint Jean Chrysostome s’émerveillait de cette docilité totale.
Philippe ne choisit ni le lieu, ni le moment, ni la personne. Il est comme un instrument que l’on prend et que l’on repose. Et pourtant, quelle fécondité ! Le nuque repart tout joyeux, porteur de la foi.
Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé maintenant ? Porteur de cette foi et donc de cette joie jusqu’en Éthiopie. Cette disparition soudaine de Philippe, à la fin de cette lecture, emporté par l’esprit, nous enseigne quelque chose de particulier. Nous ne sommes pas les propriétaires de la mission.
C’est l’esprit qui nous guide. Dans l’Évangile, Jésus éclaire ce mystère. Il dit « Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire.»
Voilà qui devrait nous libérer de toute prétention. Quand nous-mêmes nous évangélisons, quand nous témoignons, quand nous accompagnons vers les sacrements, quand nous apportons l’Évangile quelque part et quand nous accueillons des gens à l’Église, ce n’est pas nous qui attirons les âmes dans cette Église. C’est le Père. Lui seul touche les cœurs. Lui seul ouvre l’intelligence des Écritures. Lui seul prépare la rencontre.
Saint Augustin commentait « Le Père attire non pas par contrainte, mais par délectation, en semant dans l’âme le désir de la vérité. Philippe a simplement répondu à un désir que Dieu avait déjà éveillé chez le nuque. Et nous, que sommes-nous alors ? Des outils certes, mais des outils un peu cassés, fêlés, maladroits.
Notre éloquence est pauvre pour parler de Dieu, notre sainteté est bien relative, nos méthodes souvent approximatives. Et pourtant, dans les mains du Père, ces instruments fragiles sont transfigurés. Ce n’est pas malgré notre faiblesse que Dieu agit, c’est à travers elle.
Paul le savait. Ma grâce te suffit, car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse. Le nuque demande, voici de l’eau. Qu’est-ce qui m’empêche que je sois baptisé ? Rien, en effet, parce que le Père a tout préparé. Alors, frères et sœurs, ne prenons pas des airs de mérite dans notre apostolat. Ne calculons pas nos résultats. Grâce à moi, il y a trois baptisés en plus cette année. Ne revendiquons pas les conversions. Soyons comme Philippe, disponibles, obéissants, prêts à disparaître une fois notre service accompli.
Le semeur s’efface devant la moisson, l’évangélisateur s’efface devant celui qui l’annonce. Et la joie de le nuque sur sa route, cette joie profonde du nouveau baptisé, c’est la seule récompense que nous puissions désirer, avoir été, un instant, l’humble canal par lequel la grâce a coulé.
Amen.
Parole et Évangile du jour | Jeudi 23 avril • Fais de moi un instrument SEIGNEUR !.
Mercredi 22 avril
• Celui qui en mange, aura la vie éternelle !
Je ne suis pas descendu du ciel pour faire ma volonté, mais pour faire la volonté de celui qui m’a envoyé. Cette parole de Jésus dans l’évangile d’aujourd’hui nous révèle le cœur même de sa mission.
Lui, le pain de vie, ne vient pas pour imposer son propre projet, mais pour accomplir parfaitement ce que le Père désire. Saint-Irénée voyait dans cette obéissance du Fils le modèle de toute vie chrétienne, non pas l’écrasement de notre liberté, mais son épanouissement dans la vérité, car la volonté de Dieu n’est jamais arbitraire. Elle est toujours orientée vers notre salut et notre résurrection.
Mais qu’est-ce que cette volonté divine ? On peut la contempler sous trois angles. D’abord, elle est lumière, comme le rappelle le psaume « Acclamez votre Dieu toute la terre ». Dieu agit dans l’histoire pour guider son peuple. Sa volonté nous éclaire sur le chemin à suivre.
Elle n’est pas un mystère opaque, mais une lampe pour nos pas. Ensuite, elle est aussi, après être une lumière, un don. « La volonté de mon Père, c’est que tout homme qui voit le Fils et croit en lui, obtienne la vie éternelle ». Dieu ne veut rien prendre, il veut tout donner.
Sa volonté, c’est notre bonheur éternel. Enfin, après lumière et don, elle est persévérance. « Que je ne perde aucun de ceux qu’il m’a donnés », disait-il. La volonté du Père inclut sa fidélité indéfectible envers nous, même quand nous vacillons, même quand nous le trahissons. Dans la première lecture, nous voyons Philippe annoncer le Christ en Samarie et une grande joie envahir cette ville. Cette joie est le fruit de l’abandon à la volonté de Dieu.
Quand nous cessons de lutter pour notre propre agenda et que nous entrons dans le dessein du Père, comme Jésus, comme Philippe, alors nous devenons source de joie pour les autres. La volonté de Dieu n’est pas une contrainte qui nous diminue, mais une puissance qui nous dilate. Elle nous fait participer à l’œuvre même du Christ, rassembler, guérir et ressusciter.
Mettons-nous donc dans cette obéissance à la volonté divine, laissons notre cœur disponible aux murmures de l’esprit, pour que dans les étapes de nos vies nous posions des choix qui soient éclairés par sa volonté, sa vérité.
Amen.
Parole et Évangile du jour | Mardi 21 avril • Celui qui en mange, aura la vie éternelle !
Mardi 21 avril
• Celui qui en mange, aura la vie éternelle !
Dans la première lecture, Étienne lance une accusation terrible.Il dit, « Vous résistez toujours à l’Esprit Saint. » Ces paroles ne sont pas valables uniquement pour ceux à qui il les adressait à l’époque, mais elles nous interrogent aujourd’hui encore. Posons-nous la question de savoir comment résiste-t-on à l’Esprit Saint ? En fermant nos oreilles à ce qui dérange, en préférant nos certitudes à la nouveauté de Dieu, en lapidant par notre indifférence ou notre violence ce qui nous appelle à la conversion.
Les membres du conseil se bouchent les oreilles, ils crient pour ne pas entendre. N’est-ce pas parfois notre propre attitude face aux appels de la grâce ? Dans l’Évangile, la foule demande un signe à Jésus alors qu’elle vient de manger le pain multiplié. « Quel signe fais-tu donc ? » Étrange aveuglement que voilà ! Le signe est là, sous leurs yeux, dans leur estomac même, mais ils veulent autre chose.
Jésus répond en se révélant comme le pain descendu du ciel qui donne la vie au monde. Mais pour le recevoir, il faut un cœur ouvert, une foi qui consente à être nourrie par plus grand qu’elle. Saint Anselme, dont nous fêtons la mémoire aujourd’hui, a magnifiquement exprimé cette disposition.
Il a dit « Je ne cherche pas à comprendre pour croire, mais je crois pour comprendre ». La foi précède et ouvre l’intelligence. Je le disais hier, quand on demande le baptême, en réalité on demande d’avoir la foi. Elle est l’accueil premier de l’esprit.
Cette foule donc peut être résistée à l’Esprit Saint. Elle avait un signe clair et elle ne voulut pas le prendre en compte. Elle cherchait plus.
Cette quête de plus, leur répond que c’est lui le vrai pain descendu du ciel. La réponse là est parfaite. Mais est-ce que même pour nous aujourd’hui cette réponse suffit ? Alors posons-nous la question non comme un jugement mais comme un examen sincère.
Résistons-nous à l’Esprit Saint, non pas par une opposition frontale et consciente, mais par mille petites fermetures quotidiennes. Ça peut être une prière négligée, la parole non lue ou non écoutée, le frère ignoré, le pardon différé ou conditionnel. Saint Anselme, le docteur magnifique, nous enseigne que la foi et la raison ne s’opposent pas, mais que c’est dans l’humble accueil de la grâce que notre intelligence s’éclaire, qu’aujourd’hui notre prière soit celle d’Étienne, les yeux levés vers le ciel ouvert, voyant la gloire de Dieu malgré les pierres qui pleuvent.
Que nous ayons faim du seul pain qui rassaisit vraiment. Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’Amour, vous n’aurez pas la vie recueillie. Si vous ne buvez pas le sang du Fils de l’Amour, vous n’aurez pas la vie recueillie.
Parole et Évangile du jour | Mardi 21 avril • Celui qui en mange, aura la vie éternelle !
Lundi 20 avril
• Dieu oeuvre en toi aujourd’hui !
La foule cherche Jésus après la multiplication des pains. Elle le trouve sur l’autre rive et lui demande « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? » Mais Jésus ne répond pas à leurs questions. Il voit plus loin. Il voit ce qui les a mis en mouvement. Et il les invite à regarder aussi au-delà du pain matériel qu’ils ont reçu. « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyez en Celui qui l’a envoyée. » Une seule œuvre donc, la foi. La foi, c’est recevoir. Non pas d’abord agir, parce que souvent on est tenté d’agir, de faire les choses. Et on entre alors dans le faire.
Mais Jésus, là, nous dit « Accueillir celui qui agit déjà. » Et on peut regarder l’Église aujourd’hui. L’état de cette Église n’est pas forcément attractive pour ceux qui sont à l’extérieur et pourtant, en France, nous n’avons jamais eu autant de personnes qui demandent le baptême. De personnes adultes. Est-ce que l’Église les attire ? Peut-être. Mais ce qui est sûr, c’est que Dieu vient poser quelque chose, une graine dans leur cœur.
Et il vient les éveiller à quelque chose de plus beau, de plus grand qu’eux-mêmes. Et pendant deux ans, ils entrent en catéchuména et ils apprennent des choses. Ils découvrent la foi, ce que c’est la foi. Et ils la demandent. Le baptême, c’est demander d’avoir la foi. Et puis, par la suite, la communion, accueillir ce pain vivant dans notre cœur.
Nous nous préparons à pouvoir recevoir les sacrements qui ont une signification. Dans la première lecture, Étienne est rempli de la grâce et de la puissance de Dieu. Il accomplit des prodiges, non par son mérite, mais parce que l’Esprit parle à travers lui. Les adversaires ne pouvaient résister à la sagesse et à l’Esprit qui le faisait parler. En regardant Étienne, nous voyons ce que produit l’œuvre de Dieu dans une vie qui s’abandonne. Une fécondité qui nous dépasse, une parole qui touche les cœurs, une présence qui rayonne, vraiment de cette lumière divine.
C’est la même puissance qui travaille en nous, aujourd’hui, si nous lui ouvrons la porte de notre cœur, si nous le laissons agir, si nous ne sommes pas d’abord dans le faire, mais dans l’accueillir. Saint Justin, au deuxième siècle, contemplait dans l’Eucharistie le pain devenu chair et sang de ce Jésus qui s’est incarné. C’est le même émerveillement qui nous est offert.
Dieu se donne à nous. À la messe, quand il y a l’élévation du pain, quand il y a la communion, Dieu se donne à nous. Il nous nourrit de sa propre vie.
Dans notre quotidien le plus ordinaire, le travail, la famille, les rencontres, les épreuves, les accomplissements, les joies, les peines, il est là, agissant, transformant et ressuscitant. Il nous appelle à avoir comme lui, quand il est revenu d’entre les morts, dans son corps glorieux, il nous appelle à cette gloire. Les disciples n’ont pas reconnu son corps glorieux.
Et c’est étonnant, mais pour avoir ce corps glorieux, l’œuvre de Dieu doit se faire en nous. Et cette œuvre, c’est qu’en toute chose, nous le reconnaissions à l’œuvre, que nous disions oui à sa présence, que nous nous laissions conduire par lui vers la vie éternelle. Laissons tomber nos barrières, laissons-le approcher et transformer nos vies.
Le début n’est peut-être pas très agréable. Il y a parfois des opérations à amener dans notre vie qui ne sont pas très agréables à changer. De même, la peur nous paralyse. Mais l’œuvre de Dieu, c’est aussi la confiance. La confiance qu’on accorde à ce Tout-Puissant qui veut nous sauver, qui nous tend la main, sa main toute puissante, qui nous tend la main dans nos ténèbres et qui vient nous saisir. Et ça, c’est tellement beau que ça en est presque incroyable.
Et pourtant, toute l’histoire de l’Église des saints nous le raconte. Alors aujourd’hui, en ce temps pascal, osons croire que Dieu œuvre en nous maintenant et qu’il ne cessera jamais. On peut même utiliser le présent qu’il ne cesse jamais.
Parole et Évangile du jour | Lundi 20 avril • Dieu oeuvre en toi aujourd’hui !
Dimanche 19 avril
• Reste avec nous Seigneur
« Chers amis de Cathoglad, autour de nous et parmi nous, il y en a qui sont abattus, fatigués, déçus, épuisés. Les temps sont trop durs, trop de choses à assumer, trop de déceptions. Il y en a deux qui marchent tristement sur le chemin d’Émaüs. Vous savez ces disciples d’Émaüs, fatigués comme nous, un peu lasses comme nous ? D’ailleurs, on ne sait pas très bien où se trouve Émaüs. Il y a plusieurs possibilités. Les archéologues se disputent. Comme si ce chemin se pouvait être le nôtre.
Comme si ces deux disciples, c’était nous aujourd’hui. Ces disciples qui, au début de l’évangile, sont abattus et qui, au bout du chemin, ont le cœur tout brûlant, ils ont certainement quelque chose à nous apprendre pour que nous aussi, nous vivions cette transformation du cœur, ce passage de l’abattement au cœur brûlant. Il faut juste se mettre en chemin avec eux et suivre chacune des cinq étapes par lesquelles ils passent.
Alors, passons-les en revue, ces cinq étapes.
La première, c’est, bien sûr, notre Seigneur Jésus Christ qui s’approche et qui marche avec eux. Il les rejoint sur le chemin. Ils ne le reconnaissent pas, tant leur cœur est lourd, tant la tristesse les aveugle. Oui, chers amis, Jésus nous rejoint toujours. Ce n’est pas à nous de nous dérouter, de faire un effort. C’est lui qui nous rejoint. Il marche avec nous discrètement et nous, nous pouvons ne pas le reconnaître. Alors, posez d’abord cet acte de foi.
Jésus ne nous abandonne jamais. Notre Seigneur marche avec nous, même quand nous ne le voyons pas, même quand nous ne le reconnaissons pas.
La deuxième étape, c’est cette question que notre Seigneur pose aux disciples d’Emmaüs. De quoi discutiez-vous tout en marchant ? Oui, chers amis de Catoglad, Jésus t’interroge. Il s’intéresse à toi. Il t’interroge pour connaître ton cœur, pour connaître ta tristesse, pour connaître ta blessure, pour connaître ton abattement. Il ne commence pas par apporter une réponse en disant « Je sais de quoi est-ce que tu as besoin, j’ai la solution. » Non, il t’écoute. C’est pour cela qu’il faut lui parler, lui dire ce qui est dans ton cœur.
Et c’est cela, bien sûr, la prière, parler à Dieu comme on parle à un ami, cet ami qui marche avec toi sur le chemin. Dans cette question et dans la réponse des disciples, dans ce dialogue qui s’instaure, Jésus se rend compte de leur aveuglement.
Et c’est la troisième étape. Il leur interpréta les Écritures. Oui, notre Seigneur Jésus est présent dans les Saintes Écritures. Attention, il n’apparaît pas seulement dans le Nouveau Testament. Tout l’Ancien Testament parle de lui. D’ailleurs, entre nous, j’aimerais bien savoir quels sont les passages que Jésus a choisis dans l’Ancien Testament pour leur parler de lui. Oui, notre Seigneur est au cœur de l’Écriture.Il est partout, mais il est présent dans ma vie. Et moi, je ne le vois pas encore parce que mon cœur est lent à croire. Je ne veux pas croire que Jésus soit dans ma vie. J’ai parfois du mal à croire que le Seigneur soit présent avec moi. Alors oui, comme les disciples d’Emmaüs, chers amis, il nous faut faire cet exercice de relecture et apprendre à repérer les traces, les signes de la présence de Dieu dans nos vies, dans ma vie.
Et le meilleur moyen de le faire, c’est bien sûr lire l’Écriture, se familiariser avec la manière de faire de Dieu. Car sa manière de faire ne change pas. La manière dont il agit dans l’Écriture est la même que la manière dont il agit dans nos vies. Il est discret, ils ne le reconnaissent pas. Il apporte la paix. La paix soit avec vous. Et il laisse derrière lui une empreinte de joie profonde.Il éclaire les ténèbres.
Alors, chers amis de Cathoglad, je veux vous inviter à faire cet exercice régulièrement, à relire vos journées, à y repérer les signes de l’action de Dieu. Plus vous le ferez régulièrement, plus vous vous familiariserez avec son action.
La quatrième étape, c’est cette invitation qui jaillit du cœur des deux disciples. Reste avec nous. Il faut inviter Jésus à venir demeurer chez nous. Jamais il ne s’imposera. Bien sûr qu’il veut demeurer chez nous. Il n’est pas là pour faire un bout de chemin avec nous.Il est le chemin. Mais nous avons ce pouvoir incroyable, nous qui le connaissons, nous qui avons cheminé avec lui, nous qui allons à la messe régulièrement. Nous avons ce pouvoir de lui dire un jour, non Seigneur, je ne veux plus de toi chez moi.
Et cette tentation, elle vient souvent dans l’épreuve, elle vient quand on ne ressent plus rien, elle vient quand on ne voit pas à quoi ça sert tout cela, tous ces efforts. Elle vient avec le doute insidieux, le doute qui détruit tout. Et nous avons le choix de dire au Seigneur, passe ton chemin.
Ou de lui dire, Seigneur, reste avec nous, car déjà le jour baisse. Alors aujourd’hui, chers amis de Catoglad, faisons cette prière, maintenant. Oui, faisons cette prière, quelles que soient nos difficultés du moment. Reste avec moi, Seigneur. Reste avec nous, Seigneur. Et cette invitation ouvre, elle permet bien sûr la cinquième étape, la fraction du pain.
C’est l’Eucharistie, c’est la messe, la présence réelle, la présence permanente de Jésus au milieu de nous. Le cardinal de Lubach disait, l’Eglise fait l’Eucharistie, mais l’Eucharistie fait l’Eglise. Oui, chers amis, comme nous avons besoin de l’Eucharistie, comme nous avons besoin de recevoir la présence adorable du Seigneur, comme nous avons besoin de le célébrer.
Nous avons ainsi, nous aussi, à vivre ces cinq étapes. Nous laisser rejoindre par Jésus, lui parler comme un ami, relire les signes de sa présence dans nos vies, les marques de sa résurrection, l’inviter à demeurer chez nous et le recevoir. Ce n’est qu’à ces conditions que nous passerons de la tristesse à la joie, de l’abattement à l’espérance, du doute à la confiance, que notre cœur passera de la tièdeur à l’ardeur, un cœur brûlant pour l’annoncer.
Alors bien sûr, en ce splendide temps pascal, c’est la grâce que je souhaite à chacun d’entre vous, que la bénédiction du Seigneur descende sur chacune de vos personnes, chacune de vos âmes, et qu’il demeure et qu’il porte des fruits abondants. Amen.
Parole et Évangile du jour | Dimanche 19 avril • Reste avec nous Seigneur
Samedi 18 avril
• Poser un ACTE de Confiance en DIEU
Durant la traversée nocturne du lac, la barque des disciples reste bloquée par une tempête de vent soudaine. C’est habituel sur le lac. À un certain moment, ils voient quelqu’un qui marche sur les eaux en venant vers eux. Épouvantés, ils pensent que c’est un fantôme et crient de peur. Jésus les rassure, « Rassurez-vous, c’est moi, n’ayez pas peur. » Dans des moments sombres, dans les moments de tristesse, il sait bien que notre foi est pauvre. Nous sommes tous des gens de peu de foi, nous tous. Moi aussi. Et que notre chemin peut être tourmenté, bloqué par des forces adverses. Mais il est ressuscité, n’oublions pas cela. Il est le Seigneur qui a traversé la mort pour nous emmener en lieu sûr. Avant même que nous commencions à le chercher, il est présent à nos côtés.
Et en nous relevant de nos chutes, il nous fait croire dans la foi. Peut-être que nous, dans l’obscurité, nous nous écrions « Seigneur, Seigneur » en pensant qu’il est loin, et lui nous dit « Je suis là ».
Ah, il était avec moi. Le Seigneur est comme cela.
La barque en proie à la tempête est l’image de l’Eglise qui affronte à chaque époque des vents contraires, parfois des épreuves très dures. Pensons à certaines persécutions longues et acharnées du siècle dernier, mais aussi d’aujourd’hui dans certains endroits. Dans ces circonstances, elle peut avoir la tentation de penser que Dieu l’a abandonné.
Mais en réalité, c’est précisément dans ces moments que resplendit davantage le témoignage de la foi, le témoignage de l’amour, le témoignage de l’espérance. C’est la présence du Christ, ressuscité dans son Église, qui donne la grâce du témoignage jusqu’au martyr, dont germent de nouveaux chrétiens et des fruits de réconciliation et de paix pour le monde entier.
Acte de confiance en DIEU
Mon Dieu, je suis si persuadé que vous veuillez sur ceux qui espèrent en vous et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend de vous toute chose, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci et de me décharger sur vous de toutes mes inquiétudes.
Pour moi, mon Dieu, je dormirai et me reposerai dans la paix que je trouve en vous, parce que vous m’avez, Seigneur, infermi d’une manière toute singulière dans l’espérance que j’ai en votre divine bonté. Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur, les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir. Je puis même perdre votre grâce par le péché, mais jamais je ne perdrai mon espérance.
Je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vain effort pour me l’arracher. Pour moi, mon Dieu, je dormirai et me reposerai dans la paix que je trouve en vous. D’aucuns peuvent attendre leur bonheur de leur richesse ou de leur talent, d’autres s’appuyer sur l’innocence de leur vie ou sur la rigueur de leur pénitence ou sur le nombre de leurs aumônes ou sur la ferveur de leur prière, parce que vous m’avez, Seigneur, affermi d’une manière singulière dans l’espérance.
Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux parce que j’espère fermement de l’être et que c’est vous, ô mon Dieu, que j’espère. C’est en vous, Seigneur, que j’ai espéré. Ne permettez pas que je sois confondu à jamais.
Je connais, hélas, je ne connais que trop que je suis fragile et changeant. Je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les mieux affermies. J’ai vu tomber les astres du ciel et les colonnes du firmament, mais tout cela ne peut m’effrayer tant que j’espérerai.
Je me tiens à couvert de tous les malheurs et je suis assuré d’espérer toujours parce que j’espère encore cette invariable espérance. Enfin, je suis sûr que je ne puis trop espérer en vous et que je ne puis avoir moins que ce que j’aurais espéré de vous. Ainsi, j’espère que vous me soutiendrez dans les tentations les plus violentes, que vous ferez triompher ma faiblesse de mes plus redoutables ennemis.
J’espère que vous m’aimerez toujours et que je vous aimerai aussi sans relâche. Et pour porter tout d’un coup mon espérance aussi loin qu’elle peut aller, je vous espère vous-même, de vous-même, ô mon Créateur, et pour le temps, et pour l’éternité.
Ainsi soit-il.
Parole et Évangile du jour | Samedi 18 avril • Poser un ACTE de Confiance en DIEU
Vendredi 17 avril
• La Royauté du Christ n’est pas de ce monde
Commentaire du cardinal Joseph Raztinger Benoit XVI
Dans le pain de l’Eucharistie, nous recevons la multiplication inépuisable des pains de l’amour de Jésus-Christ, assez riche pour assasier la faim de tous les siècles, et qui cherche ainsi à nous mettre, nous aussi, au service de cette multiplication des pains. Les quelques pains de seigle de notre vie pourront sembler inutiles, mais le Seigneur en a besoin et les demande. Les sacrements de l’Eglise sont, comme l’Eglise elle-même, le fruit du grain de blé mourant.
Pour les recevoir, nous devons entrer dans le mouvement d’où ils proviennent eux-mêmes. Ce mouvement consiste à se perdre soi-même, sans quoi l’on ne peut pas se trouver. « Celui qui veut garder sa vie la perdra, mais celui qui perd sa vie à cause de moi et de l’Évangile, celui-là la gardera.»
Cette parole du Seigneur est la formule fondamentale d’une vie chrétienne. La forme caractéristique de la vie chrétienne lui vient de la croix. L’ouverture chrétienne au monde, tant prônée aujourd’hui, ne peut trouver son vrai modèle que dans le côté ouvert du Seigneur.
Expression de cet amour radical, seul, capable de sauver. Du sang et de l’eau, on jaillit du côté transpercé de Jésus crucifié. Ce qui, à première vue, est signe de sa mort, signe de son échec le plus complet, constitue en même temps un commencement nouveau.
Le crucifié ressuscite et ne meurt plus. Des profondeurs de la mort surgit la promesse de la vie éternelle. Au-dessus de la croix de Jésus Christ resplendit déjà la clarté victorieuse du matin de Pâques.
C’est pourquoi vivre avec lui sous le signe de la croix est synonyme de vivre sous la promesse de la joie pascale. Autrement dit, rappelez-vous cette parole de la fin de cet Évangile. Mais Jésus savait qu’ils allaient venir l’enlever pour faire de lui leur roi, alors de nouveau il se retira dans la montagne, lui seul.
La foule veut un roi qui prend le pouvoir, un messie politique qui assène des coups flagrants et radicals. Ils veulent une solution éclatante et immédiate, tel est l’espoir d’un cœur humain. Mais Jésus est un roi qui se donne, un sauveur crucifié qui meurt sur la croix, qui vient nous racheter au plus profond de notre humanité pécheresse.
Ce n’est pas par la domination que le règne du Christ viendra, c’est par l’amour. Jésus règnera par la croix. Et je vous propose aujourd’hui ce chant de méditation sur le sang et l’eau, qui sont, comme l’a dit le pape Benoît XVI, ce signe de la mort mais aussi de la vie et la vie éternelle.ccc
Parole et Évangile du jour | Vendredi 17 avril • La Royauté du Christ n’est pas de ce monde | Conférence [entière] SETH Talk La Royauté du Christ | une réponse oubliée à nos crises ? Conférence SETH Talk Conférence du 12 nov 2025 à Paris.

Jeudi 16 avril
• Si tu veux que Dieu te parle…
Dans les actes, les apôtres parlent avec une force qui ne vient pas d’eux. Ils disent qu’il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Leur parole est habitée, portée par l’Esprit.
Dans l’Évangile, Jésus révèle la source de cette parole. Celui qui vient d’en haut dit les paroles de Dieu, parce qu’il reçoit l’Esprit sans mesure. Alors, nous pouvons nous poser cette question.
*D’où vient cette parole en nous ? Comment savoir si nous parlons avec un cœur habité par l’Esprit, une intention habitée par l’Esprit, ou si c’est autre chose qui parle, si c’est nous-mêmes ? Car si Dieu parle à travers nous, ce n’est pas dans le bruit, ni dans la dispersion. Et pour le discerner, pour le comprendre, nous pouvons écouter ce texte de Jean Tolleur. Comme Marie, toute servante de Dieu doit assez souvent faire le silence et le calme en elle-même, s’enfermer en son fort intérieur, se cacher dans l’Esprit pour se soustraire et échapper au sens, et se faire à elle-même un lieu de silence et de repos intérieur.
C’est ce repos intérieur qu’on chante. Alors que l’on était en plein silence, que toute chose était dans le plus grand silence et que la nuit était au milieu de son cours, c’est alors que de ton trône royal, la parole toute puissante est descendue, le Verbe éternel sortant du cœur de son Père. C’est au milieu du silence, au moment même où toutes les choses sont plongées dans le plus grand silence, où le vrai silence règne, c’est alors qu’on entend en vérité ce Verbe. Car si tu veux que Dieu parle, il faut te taire. Pour qu’il entre, toutes choses doivent sortir. Quand notre Seigneur Jésus est entré en Égypte, toutes les idoles du pays se sont effondrées.
Tes idoles à toi, c’est tout ce qui empêche cette naissance éternelle de s’accomplir en toi, d’une façon véritable et immédiate, aussi bon et aussi sain que cela puisse paraître. Notre Seigneur a dit « Je suis venu apporter un glaive, pour trancher tout ce qui tient à l’homme, car ce qui t’est le plus proche, voilà ton ennemi. » Cette multiplicité d’images qui cachent en toi le Verbe.
Jean Toller nous révèle que pour recevoir les paroles de celui qui vient d’en haut, je pense que vous l’aurez compris, il faut entrer dans un profond silence intérieur, où tout ce qui n’est pas Dieu tombe. C’est la disposition du cœur, l’inclinaison que nous permettons, alors comme le dit l’Évangile, l’esprit peut être donné sans mesure, et Dieu lui-même devient alors la parole vivante en nous.
Parole et Évangile du jour | Jeudi 16 avril • Si tu veux que Dieu te parle…
Mercredi 15 avril
• Celui qui fait le mal déteste la lumière
Commentaire de Bienheureux Columba Marmion
Je suis la vérité, dit Jésus. De par notre condition naturelle, nous marchons ici-bas dans les ténèbres. Pour nous élever vers Dieu, il nous faut être surnaturellement éclairés. Seul le Christ manifeste la vérité religieuse. Il est la lumière du monde.
Son enseignement, sans dissiper toute obscurité, permet de le reconnaître. Comme l’envoyé du Père, et d’adhérer à lui comme à la vérité suprême et infaillible. Dieu est ma lumière. L’Évangile apporte au monde la révélation de toutes les grandes vérités religieuses, celles de la Trinité, de l’incarnation, de la rédemption, des sanctions de l’au-delà. Il dévoile aussi aux hommes le mystère de la paternité divine.
Quand Jésus nous parle de Dieu, il le représente toujours comme notre Père. « Je remonte à mon Père et votre Père » dit-il. C’est une des caractéristiques du Nouveau Testament de nous avoir appris à nommer Dieu notre Père, à nous comporter envers lui comme ses enfants. Avec la paternité divine, Jésus nous révèle encore notre adoption, notre destinée, céleste et bienheureuse.
Toutes les attitudes de charité et de vertu propres aux chrétiens. Recueillons ces doctrines de ses lèvres bénies, réalisons qu’elles émanent de la vérité même. Attachons-nous à elles par une foi inébranlable. En outre, le Christ apporte encore la vérité par une grâce d’illumination toute personnelle de notre âme. Cette illumination propre à chacun est essentielle au progrès de la vie du Christ en nous.
Il nous faut donc considérer les chemins d’ici bas à la lumière de la foi du Christ. Posons-le comme une lampe divine au milieu de notre cœur. Jetons aux pieds de Jésus nos idées, nos jugements, nos désirs afin de regarder le monde, les personnes et les événements comme par ses yeux. Alors, nous apprécierons à leur juste valeur les choses du temps et celles de l’éternité.
Parole et Évangile du jour | Mercredi 15 avril • Celui qui fait le mal déteste la lumière
Mardi 14 avril
•L’Esprit nous fera voir
L’évangile d’aujourd’hui est une continuité de l’évangile d’hier que nous avons entendu et qui continue la discussion avec Nicodème. Le commentaire que l’on a entendu hier détaillait une espèce de blessure bienveillante du Seigneur qui là, on le voit clairement dans l’évangile, Jésus lui dit « Toi, tu es maître Nicodème, tu enseignes en Israël et tu ne connais pas ces choses-là.»
Voilà une parole que Jésus lui dit qui le ramène à l’humilité. Il parle là au Fils de Dieu. Ce Fils de Dieu lui dit « il vous faut renaître d’en haut ». C’est difficile à comprendre cette trinité et Jésus essaye là de lui expliquer les choses.
Mais on ne peut pas comprendre si on n’a pas des yeux qui ont été façonnés, refaçonnés par l’Esprit Saint. Et voici ce que dit Saint Basile à ce propos avec comme titre « devenir une âme pleinement spirituelle ». « Vers l’Esprit se tournent tous ceux qui ont besoin de sanctification. Vers lui s’élance le désir de tous ceux qui vivent selon la vertu et qui sont comme rafraîchis par son souffle, secourus dans la poursuite de la faim conforme à leur nature.
Se purifier de la laideur contractée par les vices les vices qui sont le péché, revenir à la beauté de sa nature, restituer pour ainsi dire à l’image royale sa forme primitive par la pureté, c’est la seule manière de s’approcher de l’Esprit Saint. Et lui, comme le soleil, s’emparant d’un œil très pur, te montrera en lui-même l’image de l’invisible, de Dieu. Tu verras dans la bienheureuse contemplation de l’image l’ineffable beauté de l’archétype.
Par lui, les cœurs s’élèvent, les faibles sont conduits par la main, les progressants deviennent parfaits. C’est lui qui illumine ceux qui sont purifiés de toute souillure et les rend spirituels par communion avec lui. Comme les corps limpides et transparents deviennent étincelants lorsqu’un rayon lumineux les frappe et par eux-mêmes diffusent un autre éclat.
Ainsi, les âmes porteuses de l’Esprit, illuminées par l’Esprit, deviennent pleinement spirituelles et répandent la grâce sur les autres. Telle est, chers amis, notre mission. Être disposé, être disponible, avoir le cœur libre pour accueillir cet esprit qui nous transforme de l’intérieur et nous fait rayonner.
Mais avant cela, il faut cette bienheureuse, cette blessure bienveillante. Il faut l’accepter, regarder là où le Seigneur met le doigt dans nos vies. C’est ce que Jésus demande à Nicodème et ce que Nicodème finit par comprendre.
Alors, invoquons l’Esprit Saint pour qu’il nous éclaire.
Parole et Évangile du jour | Mardi 14 avril • L’Esprit nous fera voir
Lundi 13 avril
• La blessure bienveillante de Jésus
Commentaire de bienheureux Marie Eugène de l’Enfant Jésus
L’humilité ouvre à la lumière. L’âme doit se disposer aux emprises de la sagesse d’amour. Si le don de soi provoque cette sagesse, l’humilité l’attire irrésistiblement. C’est ce que la conduite de notre Seigneur dans l’Évangile nous découvre d’une façon lumineuse.
Tandis que Jésus laisse dans l’obscurité, ou du moins dans la pénombre, même pour les siens, les vérités les plus importantes sur sa personne, voici que dès la première année de sa prédication, il dévoile ses secrets à certaines âmes qui semblent les lui arracher. « C’est de la part de Dieu que tu es venu comme un maître qui enseigne, car personne ne peut accomplir les signes que toi tu accomplis, si Dieu n’est pas avec lui. » Il s’agit de Nicodème, un docteur de la loi, membre de cent édrins.
Il fait partie de l’aristocratie religieuse et sociale de Jérusalem. Comme un de ses collègues, il a écouté et accueilli avec faveur Jésus à son premier voyage à Jérusalem. Il doit être cependant spécialement troublé et ému, car il prend la décision, lui, docteur de la loi, d’aller trouver Jésus et de l’interroger, un homme, Jésus, qui n’a pas de lettres.
Il ira pendant la nuit, la démarche est timide, mais non point sans mérite, si on considère la qualité de Nicodème. Le dialogue s’engage et Jésus semble prévenir les questions de Nicodème. Jésus lui répond que personne, à moins de naître de l’eau et de l’esprit, ne peut entrer dans le royaume de Dieu.
Et il préfigure là la notion de baptême, la notion d’être sauvé par sa passion, plus tard, que nous venons de vivre dans la semaine sainte, et qui veut dire que lui vient en haut, et qu’il nous rachète et qu’il nous mène vers le ciel. Le langage est élevé, digne d’un tel interlocuteur. Nicodème comprend de moins en moins comment cela peut-il se faire.
Jésus lui répond, tu es le docteur d’Israël et tu ne sais pas cela. Le coup est direct, presque dur, donné par un homme sans lettres à un docteur de la loi. Nicodème l’accepte sans protester, il écoute maintenant et il comprend.
L’humiliation a ouvert son intelligence, et par cette blessure bienfaisante, Jésus verse à flot la lumière. Mes chers amis, je voudrais ajouter que souvent, par notre orgueil, nous ne nous laissons pas toucher par les paroles qui nous transpercent ainsi via une humiliation, parce que cela est impossible pour nous de perdre la face. Mais face à la vérité, il n’y a pas d’humiliation, l’intention de Jésus ici n’est pas d’humilier, mais bien de découvrir l’intelligence et de faire tomber les écailles de ce Nicodème.
ccccc. Alors laissons-nous saisir par les paroles de Jésus et ne refusons jamais sa bienveillance, parce qu’elle nous mène au ciel.
Parole et Évangile du jour | Lundi 13 avril • La blessure bienveillante de Jésus
Dimanche 12 avril
• Heureux ceux qui croient sans avoir vu
Je ne sais pas, chères frères et sœurs de Cathoglad, si vous êtes déjà fait cette réflexion, mais tout de même, on peut trouver en lisant l’Évangile que Jésus est ressuscité d’une manière bien discrète. On peut se demander pourquoi il est apparu seulement à ses disciples ? Pourquoi a-t-il permis à l’apôtre Thomas seulement de toucher ses mains percées par les clous et son côté ouvert par la lance ? Car enfin, après sa passion, après toutes les humiliations que Jésus a subies devant tant de spectateurs, après sa mort si effroyable aux yeux de tous sur la croix, on aurait pu s’attendre à une résurrection un peu plus glorieuse, plus spectaculaire, plus publique. Peut-être même vous est-il arrivé de vous dire, en tout cas moi ça m’est arrivé déjà, que vous auriez bien aimé une résurrection plus triomphante.
On aurait bien aimé que Jésus ressuscite dans la gloire, entouré de ses anges avec des greffes de feu. Et on imagine alors assez facilement que Jésus ne se montre pas aux disciples qui l’ont fui, mais aux grands prêtres qui l’ont condamné. Que Jésus ressuscité ne propose pas à Thomas de mettre la main dans son côté, mais à Pilate de toucher son dos flagellé, à Hérode de prendre la couronne d’épines, ou encore à tous les spectateurs du Golgotha, à ceux qui l’ont injurié, à ceux qui l’ont invité à descendre de la croix, de venir le voir, de plus près, vivant.
Et on s’imagine assez facilement que Jésus ressuscité aille les voir et les remettre à leur place. Et si vous ne laissez pas votre imagination vous embarquer jusque là comme moi, sans doute vous avez déjà dit un jour que vous auriez bien aimé plus simplement que Jésus vous apparaisse à vous comme il est apparu à saint Thomas et qu’il vous propose à vous de toucher son corps ressuscité. Et vous vous êtes dit sans doute que ça serait plus simple pour vous de croire dans ces conditions.
Bon je ne sais pas si vous avez déjà traversé ce genre de pensée, mais ce qui est certain c’est que Dieu a décidé de faire les choses autrement. Non seulement Jésus n’est pas ressuscité de manière spectaculaire, mais sa présence corporelle sur la terre n’a duré que 50 jours et après il est remonté au ciel. Et donc, face à cette discrétion de la résurrection, on peut se demander pourquoi Jésus a-t-il ressuscité de manière si discrète.
Après la résurrection, Jésus est apparu aux femmes, puis aux disciples, il s’est laissé toucher par saint Thomas, il est apparu une fois à plus de 500 frères en même temps nous dit saint Paul, mais ça s’arrête à peu près là. Et donc, Dieu a voulu agir discrètement et avec peu d’intermédiaires. Alors pourquoi ? Eh bien, du moins c’est ce qu’il me semble, la grande raison de cette discrétion, elle nous est donnée par la fête que nous célébrons aujourd’hui, la miséricorde, la divine miséricorde. Si Jésus est si discret, c’est parce qu’il veut nous faire miséricorde.
Si Jésus ne ressuscite pas de manière spectaculaire, s’il n’apparaît qu’à ses disciples, s’il n’apparaît qu’aux gens qui l’aiment, c’est parce qu’il ne veut pas nous faire honte, il veut nous faire miséricorde, il ne veut pas notre soumission, il veut notre amitié et c’est tout à fait autre chose. Oui frères et sœurs, la foi en la résurrection ce n’est pas l’humiliante soumission à un Dieu vainqueur de la mort, la foi en la résurrection pour les chrétiens c’est accepter que Dieu nous sauve en nous proposant son amitié, la foi en la résurrection c’est accueillir librement la miséricorde que Dieu nous fait en proposant son amour et son pardon.
Oui, chers frères et sœurs de Cathoglad, la résurrection de Jésus c’est le triomphe de Dieu sur la mort, certes, mais surtout c’est le triomphe de la miséricorde sur la vengeance, de l’amour sur la haine, du pardon sur la revanche. La résurrection de Jésus c’est d’abord et avant tout le triomphe de sa miséricorde. Si Jésus s’était présenté dans toute sa gloire et sa majesté, nous aurions été écrasés par cette puissance, nous n’aurions pu que nous prosterner devant sa majesté, nous soumettre pathétiquement devant sa force.
Si Jésus, après sa résurrection, s’était présenté dans la gloire, comme créateur du ciel et de la terre, comme le vainqueur de la mort, il aurait été impossible de dire sincèrement la phrase la plus importante de notre vie chrétienne, « Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime ». Les disciples se seraient simplement soumis, ils se seraient prosternés, écrasés de honte et de remords. Et les grands prêtres se seraient sans doute enfermés dans leur orgueil, Hérode dans sa haine, Pilate dans sa superbe, et les habitants de Jérusalem dans leur bêtise. Mais Dieu ne veut pas cela, il ne veut pas que nous soyons ses esclaves, il veut que nous devenions ses amis, il ne veut pas nous enfermer dans nos fautes passées, il veut nous en libérer, il ne ressuscite pas pour nous punir, il ressuscite pour nous faire miséricorde.
C’est pour cela qu’il a ressuscité si discrètement, pour ne pas violenter notre cœur, pour ne pas nous forcer la main. Dieu veut nous permettre de le choisir librement, car il veut nous permettre de l’aimer librement. Alors heureux sommes-nous aujourd’hui de pouvoir dire au Seigneur que nous croyons, que nous voulons le suivre, que nous voulons librement garder sa parole et ses commandements.
Oui, heureux sommes-nous de pouvoir dire avec saint Thomas, mon Seigneur et mon Dieu. Et plus encore, heureux sommes-nous de pouvoir dire avec saint Pierre, Seigneur, tu sais tout, tu sais bien que je t’aime, Amen.
Parole et Évangile du jour | Dimanche 12 avril • Heureux ceux qui croient sans avoir vu – Pourquoi Jésus s’est-il caché après sa Résurrection ? Commentaire de l’Evangile — Dimanche 12 avril
Samedi 11 avril
• La mort est vaincue !
Après cet évangile sur la résurrection, nous entendons maintenant un texte ancien de la tradition du Sinai. Il contemple. C’est une prière qui célèbre la victoire du Christ sur la mort. Comme un écho, il vient approfondir ce que nous venons d’entendre. Laissons-nous saisir par ce texte.
L’arrogance de la mort est réprimée. L’Hadès doit rendre gorge. Adam est désormais affranchi de la corruption, déchaîné. Pour tous les êtres, s’inaugure un esprit de vie, grâce à la résurrection du Christ, avec une lumière sans fin, tandis qu’aux porteuses de parfum a été souhaitée la joie. À tous les fidèles, qui avec amour psalmodient, au-dessus de toute louange, Dieu de nos pères et de notre Dieu, tu es béni.
Les tombes s’ouvraient, Sauveur, à ton réveil, et les âmes des justes, libérées de la corruption du cruel Hadès, célébraient dans l’allégresse au Christ, ta résurrection. Car c’est toi, Maître, qui, mort en ton essence humaine, par ta nature divine tout-puissant, as fait périr l’Hadès, et libéré les mortels de la corruption. Irréprochablement, nous annonçons, nous les fidèles, tes deux natures, sans confusion, aucune, ni mélange.
Comme sans division de ton unique hypostase, au Christ, affirmant la dualité des volontés et des énergies, puisque tu es Dieu et homme, et avec piété nous te chantons. Au-dessus de toute louange, Dieu de nos pères et de notre Dieu, tu es béni. Montagne sainte, c’est véritablement ainsi, ô Vierge, que nous te reconnaissons tous, puisque de toi a été détachée, sans main d’homme, la pierre, le Christ, qui en venant dans la chair, a aussitôt empli le monde entier de la connaissance de Dieu.
C’est lui que nous adorons, avec ses deux volontés et ses deux natures, en clamant, au-dessus de toute louange, Dieu de nos pères et notre Dieu, tu es béni.
parole et Évangile du jour | Samedi 11 avril • La mort est vaincue !
Vendredi 10 avril
• C’est le Seigneur !
Toutes les créatures sont vivantes dans la main de Dieu. Les sens n’aperçoivent que l’action de la créature.Mias la foi croit à l’action divine en tout. Elle voit que Jésus-Christ vit en tout et opère dans toute l’étendue des siècles, que le moindre moment et le plus petit atome renferme une portion de cette vie cachée et cette action mysterieuse.
L’action des créatures est un voile qui couvre les profonds mystères de l’action divine. Jésus Christ après sa ressurection surprenait ses disciples dans ses apparitions et se présentait à eux sous des figures qui le déguisait et aussi tôt qu’il se découvrait, il disparaissait.
Ce même Jésus qui est toujours vivant, toujours opérant, surprend encore les âmes qui n’ont pas la foi assez pure et assez perçante. Il n’y a aucun moment où Dieu ne se présente sous l’apparence de quelques peines, de quelques obligations ou de quelques devoirs.
Tout ce qui se fait en nous, autour de nous et par nous, renferme et couvre son action divine, quoique invisible, ce qui fait que nous sommes toujours surpris et que nous ne connaissons son opération que lorsqu’elle ne subsiste plus.
Si nous perçions le voile et si nous étions vigilants et attentifs, Dieu se révélerait sans cesse à nous, et nous jouirions de son action en tout ce qui nous arrive. À chaque chose, nous dirions, c’est le Seigneur, et nous trouverions dans toutes les circonstances que nous recevons un don de Dieu, que les créatures sont de très faibles instruments, que rien ne nous manquerait, et que le soin continuel de Dieu le porte à nous départir de ce qui nous convient.
Ainsi, tout ne vient pas de Dieu, mais rien n’échappe à son amour qui peut tout traverser et tout transformer.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 10 avril • C’est le Seigneur !
Jeudi 9 avril
• Parole et Évangile du jour | Jeudi 9 avril • La paix, recevez la PAIX
Commentaire de StPaul VI
Fixons notre attention sur la salutation inattendue et trois fois répétée par Jésus ressuscité quand il est apparu à ses disciples réunis et enfermés dans la chambre haute par peur des Juifs. A l’époque, cette salutation devait être habituelle mais dans les circonstances où elle a été prononcée elle revêt une plénitude stupéfiante. Vous vous en souvenez, cette salutation c’est Paix à vous.
Paix à vous. Une salutation qui avait résonné dans le chant des anges à Noël Paix sur terre. Cette salutation biblique déjà annoncée comme promesse effective du royaume messianique est maintenant communiquée comme une réalité qui prend corps dans ce premier noyau de l’église naissante.
C’est la paix du Christ victorieux de la mort avec ses causes proches ou lointaines avec ses effets terribles. C’est la paix du Christ. Jésus ressuscité annonce donc et instaure la paix dans l’âme décontenancée de ses disciples.
C’est la paix du Seigneur attendue dans sa signification première elle est personnelle, intérieure, morale et psychologique. Elle est inséparable du bonheur. Cette paix c’est celle que Saint Paul énumère parmi les fruits de l’esprit après la charité et la joie se fondant en quelque sorte avec elle.
L’alliance de ces trois fruits ne sont pas loin de notre expérience spirituelle commune. Elle est la meilleure réponse à notre interrogation sur l’état de notre conscience. Quand nous pouvons dire ma confiance est en paix qui a-t-il de plus précieux pour un homme conscient et honnête ? La paix de la conscience c’est le bonheur le plus authentique.
Elle aide à être fort dans l’adversité. Elle maintient la noblesse et la liberté de la personne même dans les situations les plus graves. Elle demeure la bouée de sauvetage c’est-à-dire l’espérance alors que le désespoir devrait avoir le dessus.
Ce don incomparable de la paix intérieure est le premier don du ressuscité. Il a tout de suite institué le sacrement qui peut donner la paix le sacrement du pardon ce pardon qui ressuscite.
Parole et Évangile du jour | Jeudi 9 avril • La paix, recevez la PAIX
Mercredi 8 avril
• Votre cœur est lent à croire
Commentaire de St Augustin
Après sa résurrection, le Seigneur Jésus a rencontré en chemin deux de ses disciples qui parlaient ensemble de ce qui était arrivé, et il leur dit « De quoi parliez-vous en chemin, que vous soyez si tristes ? » Ce passage de l’Évangile nous apporte une grande leçon si nous savons le comprendre. Jésus apparaît, il se montre aux yeux des disciples, et il n’est pas reconnu.
Le Maître les accompagne sur le chemin, et il est lui-même le chemin, mais eux ne sont pas encore sur le vrai chemin. Quand Jésus les rencontre, ils ont perdu ce chemin. Lorsqu’il demeurait avec eux, avant sa passion, il leur avait bien tout prédit, sa souffrance, sa mort, sa résurrection, le troisième jour.
Il leur avait tout annoncé, mais sa mort leur avait fait perdre la mémoire. « Nous espérions, disent-ils, qu’il délivrerait Israël. Comment, disciples, vous espériez et maintenant vous n’espérez plus ? Pourtant, le Christ vit, et en vous l’espérance est morte.»
Oui, le Christ vit, mais le Christ vivant a trouvé morts les cœurs de ses disciples. Il apparaît à leurs yeux, et ils ne le perçoivent pas. Ils se montrent, et il leur reste caché.
Il chemine avec eux et semble les suivre, et c’est lui qui les conduit. Ils le voient, mais ne le reconnaissent pas, car leurs yeux, dit le texte, étaient empêchés de le reconnaître. L’absence du Seigneur n’est pas une absence.
Crois seulement, et celui que tu ne vois pas est avec toi.
Parole et Évangile du jour | Mercredi 8 avril • Votre cœur est lent à croire
Mardi 7 avril
• Marie Madeleine se tenait près du tombeau
Commentaire de St Maxime de Turin
Après la résurrection, Marie-Madeleine a cherché le Seigneur au tombeau. Elle a oublié sa promesse de revenir des enfers le troisième jour. Elle l’a imaginé prisonnière de la terre.
Une fois humble et ignorante, cherche ce qu’elle ne sait pas. Oublie ce qu’on lui apprend. Elle est prompte à vénérer, mais sa croyance est imparfaite.
Elle se soucie des blessures que le Seigneur a portées dans sa chair, mais doute de la gloire de sa résurrection. Elle pleure parce qu’elle aime le Christ. Elle s’afflige de n’avoir pas trouvé son corps.
Elle imagine mort celui qui déjà régnait. On reproche donc à la bienheureuse Marie d’avoir été trop lente à croire. Tard, elle avait reconnu le Seigneur.
C’est pourquoi le Sauveur lui dit, ne me touche pas, car je ne suis pas encore montée vers le Père. C’est-à-dire, pourquoi désires-tu me toucher, toi qui, en me cherchant parmi les tombeaux, ne crois pas que je suis montée auprès de mon Père ? Toi qui, en me cherchant dans le séjour des morts, doutes que je sois retournée au ciel. Toi qui, en me cherchant parmi les morts, ne t’attends pas à me voir vivre auprès de Dieu, mon Père.
Je ne suis pas encore montée vers le Père, dit-il. C’est-à-dire, pour toi, je ne suis pas encore montée vers le Père, moi qui, d’après ta foi, suis toujours retenue au tombeau. Celui qui veut toucher le Seigneur doit d’abord, dans sa foi, le placer à la droite de Dieu.
Son cœur, plutôt que de le chercher parmi les morts, doit se situer au ciel. Le Seigneur monte vers le Père, lui qui sait être toujours dans le Père. Le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu.
Saint Paul nous apprend comment chercher, nous aussi, le Sauveur dans le ciel, en disant « Recherchez les choses d’en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu. » Et pour nous faire oublier complètement la recherche terre à terre de Marie, il ajoute « Songez aux choses d’en haut, non à celles de la terre. » Ce n’est donc pas sur terre, ni sous terre, ni selon la chair que nous devons chercher le Sauveur, si nous voulons le trouver et le toucher, mais nous devons le chercher dans la gloire de la majesté divine.
Parole et Évangile du jour | Mardi 7 avril • Marie Madeleine se tenait près du tombeau
Lundi 6 avril
• Lundi de Pâques • Exultez et craignez !
Commentaire de Saint Cyril de Jérusalem « Soyez sans crainte, exulté en tremblant ». Voici que Jésus vint à leur rencontre et dit « Salut », c’est-à-dire « Réjouissez-vous ». Et celles-ci, s’avançant, saisirent ses pieds. Elles le saisirent pour que soit accomplie cette parole « Je le saisirai et ne le lâcherai pas ». Faibles sans doute étaient physiquement les femmes, mais viriles était leur courage.
L’abondance des eaux ne put éteindre leur amour, ni les fleuves l’engloutirent. Mort était celui qu’elles cherchaient, mais leur espérance de la résurrection n’était pas éteinte. Et l’ange s’adressant encore à elles « Ne craignez pas, vous autres.
Ce n’est pas aux soldats. C’est à vous que je dis ce « Ne craignez pas ». Eux qu’ils craignent pour qu’instruits par l’expérience, ils soient témoins et disent « Vraiment, c’était le Fils de Dieu ». Vous, au contraire, il ne faut pas craindre, car le parfait amour jette la crainte dehors. Allez dire à ses disciples qu’il est ressuscité.
Celles-ci s’en vont dans une crainte mêlée de joie. Cela encore n’est-il pas écrit ? Eh bien oui, le psaume deuxième racontant la passion du Christ dit ceci « Servez le Seigneur dans la crainte et devant lui exultez en tremblant ». Exultez de ce que le Seigneur est ressuscité, mais en tremblant de ce que la terre a tremblé et de ce que l’ange vous est apparu comme l’éclair. Exulte la terre, exulte l’esprit que chante sans fin tout le peuple de Dieu.
Alléluia, Alléluia, Alléluia, Alléluia, Alléluia, Alléluia, Alléluia, Alléluia, exultez de joie, voici votre sort !
Parole et Évangile du jour | Lundi 6 avril • Lundi de Pâques • Exultez et craignez !
Dimanche 5 avril
• Pâques du Seigneur ! Résurrection du Christ !
Est-ce que vous avez déjà vécu le soulagement et la joie immense de comprendre le dénouement d’une histoire ? En voyant la victoire finale, de comprendre tout le scénario du film devant lequel vous étiez, qui vous avait mis en tension, qui vous avait donné l’impression que parfois c’était fini, mais de comprendre enfin avec la scène finale que tout prend son sens.
C’est exactement la même chose avec la résurrection de Jésus. Et c’est aujourd’hui, en fêtant cette résurrection, que nous pouvons comprendre comment tout ce que nous traversons, tout ce que Jésus a traversé, et même tout ce que le monde traverse, prend tout son sens.
Chers frères et sœurs, la trajectoire du monde, la trajectoire de Jésus, est la même trajectoire que chacune de nos vies. Tout prend son sens à partir de la fin. C’est peut-être ça qui est difficile dans la vie d’un chrétien.
C’est de se demander qu’après tout, la résurrection n’a pas l’air de changer grand chose à vue humaine. Le monde n’a pas l’air d’être moins éprouvé depuis que Jésus est ressuscité. La vie des chrétiens n’a pas l’air d’être épargnée par le mal.
On a même l’impression que parfois, c’est contre eux que le mal s’acharne le plus. Pourquoi ? Jésus n’a jamais fait de fausses promesses à ce sujet. Que ce soit à propos de lui ou à propos du monde, il a toujours été clair dans son enseignement tout au long des évangiles.
Oui, il y aura des tribulations. Oui, le fils de l’homme doit être livré aux mains des pécheurs et mourir. Et puis dans l’apocalypse, on le voit aussi, plus la victoire de Jésus approche, plus on a l’impression que le mal va l’emporter.
C’est le paradoxe de la vie d’un chrétien. Et c’est exactement la trajectoire qu’a dû vivre une personne très importante dont nous entendons parler dans l’évangile aujourd’hui, cette personne c’est Marie-Madeleine. Mettez-vous à sa place.
L’évangile commence en disant « C’étaient encore les ténèbres ». Marie-Madeleine ne sait pas que Jésus est ressuscité. Mais elle affronte cette obscurité. Elle est en train de se diriger vers un tombeau et elle se prépare à entrer en contact avec un corps mort, avec un cadavre, le cadavre de celui qu’elle a tant aimé et un cadavre qui plus est, qui a été tant malmené dans la passion.
Elle est donc prête à affronter sa peur. Elle est prête à affronter l’obscurité. Mais elle ne sait pas encore le dénouement.Et dans son cheminement, il y a un moment donné où elle va comprendre. Elle n’était pas en train de s’enfoncer toujours plus loin dans l’obscurité en allant vers ce tombeau. Elle était au contraire en train de s’approcher de la victoire.
Plus l’obscurité devenait épaisse, plus elle était proche de sortir de ce nuage obscur et de se trouver face à la lumière, la lumière du ressuscité. Eh bien, Marie-Madeleine nous offre un magnifique exemple. Dans nos vies, nous avons de la même manière besoin, pour vivre en chrétien, d’affronter nos peurs, d’affronter l’obscurité.
Mais nous le pouvons, parce que nous savons qu’il y a au bout une lumière. C’est pour cela que je vous disais, chers frères et sœurs, que tout ne peut se comprendre qu’à partir de la fin. Le chrétien qui ne vit pas pour la résurrection finale, le chrétien qui ne vit pas pour le ciel, le chrétien qui ne vit pas pour la lumière qui l’attend, risque de se décourager en chemin.
Or Jésus nous l’a dit, celui qui sera sauvé, c’est celui qui persévérera jusqu’à la fin. Alors la résurrection, vous l’avez compris, c’est comme la dernière pièce d’un puzzle. Il y a des films qui vous laissent comme ça dans une tension permanente jusqu’à la dernière scène, où tout se détours, tout s’éclaire, et on comprend enfin pourquoi le scénario est passé par tant de détours.
Comprendre cela, ça nous aide à comprendre l’état d’esprit des apôtres. Ils ont été totalement chamboulés. Ils connaissaient les Écritures.
Ils pensaient que le Messie serait peut-être un roi puissant comme le roi David, ou serait un prêtre qui viendrait du temple de Jérusalem. Et ils ont mis leur espoir en Jésus. Ils se sont laissés déboussolés petit à petit.Ils ont compris que Jésus ne serait peut-être pas comme le roi David, qu’il ne se parait peut-être pas comme un prêtre du temple. Mais ils n’avaient pas compris que Jésus allait aller jusque là, qu’il allait aller jusqu’au Vendredi Saint, qu’il allait aller jusqu’à la mort. Comment mettre à nouveau leur confiance dans un Messie que Dieu lui-même aurait abandonné ? Mais il y a le coup de tonnerre de la résurrection.
Ce coup de tonnerre qui remet les apôtres debout. Ils sont ressuscités. Ils sont vraiment morts.Leur cœur est passé par la mort.
Il est passé presque par le désespoir. Chères frères et sœurs, un chrétien, c’est cela.
C’est quelqu’un qui traverse cette obscurité, mais qui se laisse ressusciter par l’espérance de Jésus. C’est exactement ce que saint Paul enseigne dans la deuxième lecture de ce jour de Pâques. Vous êtes passé par la mort avec le Christ et vous êtes ressuscités.
On pourrait s’étonner et se dire, s’ils s’adressent à des vivants, c’est qu’a priori, ils ne sont pas encore morts, donc comment est-ce qu’ils pourraient être ressuscités. C’est bien que saint Paul a en tête une autre idée. Il a en tête que cette résurrection finale que nous aurons tous à vivre, il nous faut l’anticiper dès maintenant dans notre vie quotidienne aujourd’hui.
Dans cette fête de Pâques, nous avons besoin de ressusciter intérieurement. Ce ne sera peut-être pas encore une résurrection totale, mais Pâques après Pâques, Jésus veut nous faire vivre un petit passage. C’est le sens du mot Pâques.
Ça signifie passage, comme les Hébreux qui traversent la mer rouge, comme les Hébreux qui traversent la mer qui est le symbole de la mort. Eh bien chers frères et sœurs, nous avons tous à Pâques à vivre un passage. Nous avons un désespoir à surmonter, nous avons une espérance à retrouver, nous avons un péché à laisser derrière nous, nous avons un deuil dans lequel nous pourrions enfin avancer, nous avons un pardon que nous pourrions enfin accorder.
Nous avons tous une résurrection intérieure à vivre dans cette fête de Pâques 2026. Alors, comme le dit Saint Paul, frères et sœurs, recherchez les réalités d’en haut. Ces réalités d’en haut, il le dit quelques versets plus loin, c’est la bienveillance, le pardon mutuel, l’espérance.
Les réalités d’en bas, au contraire, c’est la débauche, la haine, la comparaison, les rivalités. Chers frères et sœurs, la résurrection c’est aussi concret que cela, aussi concret que ce pardon que tu n’as peut-être pas encore donné, aussi concret que ce deuil dans lequel Jésus veut te faire avancer, aussi concret que cette addiction dont il veut te libérer. Chers frères et sœurs, de résurrection en résurrection intérieure, de Pâques en Pâques, et bien toute notre vie se dénouera un jour dans la résurrection finale et nous ressusciterons dans une gloire d’autant plus grande que nous avons traversé plus de Vendredi Saint et que nous avons ressuscité de plus nombreuses fois.
Voilà, chers frères et sœurs, ce que nous enseigne cette fête de Pâques. Nous sommes ici pour ressusciter avec le Christ, année après année, Pâques après Pâques. Alors n’ayons pas peur, notre vie, comme celle de Jésus, comme la trajectoire du monde, prendra tout son sens lorsque nous verrons la scène finale, lorsque nous rencontrerons Jésus et que nous ressusciterons avec lui.
Toutes les épreuves, toutes les tribulations prendront leur sens, tous les combats spirituels prendront leur victoire définitive. Alors n’ayons pas peur et laissons-nous guider dans ce temps pascal qui s’ouvre devant nous par cette immense espérance et aussi cet immense désir de ressusciter une fois de plus avec le Christ. Chers frères et sœurs, que la bénédiction de Dieu Tout-Puissant qui a ressuscité Jésus d’entre les morts descende sur vous et vous donne de ressusciter avec lui au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.Amen.
Joyeux Pâques.
Fête de la Pâques du Seigneur : Pourquoi ? — Commentaire de Don A.Paul-Dauphin | parole et Évangile du jour | Dimanche 5 avril – Pâques du Seigneur ! Résurrection du Christ !
Samedi 4 avril
• SAMEDI SAINT La descente aux enfers
Hier, à la fin de l’évangile du Vendredi Saint, nous avons suivi Nicodème et Joseph qui ensevelissent le corps de Jésus et qui le mettent au tombeau. Et entre ce temps, cette mise au tombeau et la résurrection, l’Église nous invite à entrer dans la patience, dans le silence, puisque en ce jour du samedi saint, nous faisons mémoire de la descente du Christ aux enfers, c’est-à-dire est descendu dans ce lieu où l’attendait toute l’humanité déjà décédée et qui n’était pas encore entrée dans ce paradis que sa passion et sa résurrection ouvrirait, comme il le dit au bon larron. Il est entré dans ce lieu pour prêcher, nous dit Saint-Pierre, la bonne nouvelle aux esprits de ceux qui étaient en prison, c’est-à-dire les enfers, et qui étaient en attente de cette prédication pour accueillir leur sauveur.
C’est donc un mystère très mystérieux, c’est le cas de le dire, puisque l’âme du Christ, l’âme glorieuse de Jésus, descend dans les enfers pour prolonger et faire aboutir en quelque sorte son mystère rédempteur, pour qu’il atteigne même ceux qui l’attendaient depuis des siècles et des siècles, les justes, les patriarches, à la distinction et la différence de ceux qui, par leur volonté mauvaise, se sont détournés de lui et qui habitent ce lieu qu’on appelle maintenant au singulier l’enfer. Et donc quel est ce grand mystère de silence que nous expérimentons aujourd’hui avec le Seigneur, avec la Vierge Marie qui garde vive sa foi, elle est la seule à tenir en la foi, avec l’âme de Jésus qui descend visiter ceux qui l’ont attendue. C’est une expérience qui en quelque sorte a été préfigurée dans les Écritures par ce qu’on pourrait exprimer par des expériences de retour à l’abîme, d’expérience de la fosse, d’expérience du néant.
Quand Dieu a créé le monde, il l’a créé à partir d’un tohu bohu, un néant, qu’il a ordonné pour en faire un lieu où les hommes puissent habiter. Et parfois dans nos existences, nous avons l’impression de retourner en quelque sorte dans ce néant, dans cette fosse, dans ces enfers. C’est une expérience de descente, mais aussi qui nous invite à penser qu’il est possible de remonter.
Et cette descente aux enfers, elle est préfigurée à travers des personnages comme par exemple Joseph, non pas celui du Nouveau Testament, le père adoptif de Jésus, mais celui de l’Ancien Testament, qui au lieu d’être tué par ses frères après qu’ils aient délibéré en raison de leur jalousie, a été jeté dans un puits et dont il a été comme remonté, dont il est remonté, puisque des ismaélites passant sur le chemin l’en ont fait sortir. C’est une expérience aussi qui a été vécue par Jérémie, un des prophètes, qui a été comme jeté dans le puits, et c’est un kouchite, un étranger, qui l’en a fait sortir lui aussi après l’avoir entretenu et lui avoir donné à manger. C’est une expérience aussi que certains personnages décrivent d’une manière allégorique, par exemple dans l’Epsaume, tu m’as fait sortir de la fosse et désormais je vais chanter ta louange.
Mais c’est une expérience de mort aussi que certains peuvent vivre comme Job, qui va aux portes de la mort à travers la maladie qu’il expérimente. Quand Jésus descend aux enfers, il descend pour repêcher en quelque sorte les âmes de ceux qui les attendaient, mais il descend pour visiter toutes ces expériences d’enfer, c’est-à-dire de chancellement de notre monde intérieur, de retour au néant que nous pouvons expérimenter dans nos existences, pour nous en faire sortir et peut-être aussi pour ouvrir nos yeux. Le passage par l’épreuve, le passage par la fosse, le passage par les enfers, a cette vertu de pouvoir ouvrir notre regard sur tout un champ de la réalité que nous n’avions pas encore expérimenté.
Ce sont bien des Ismaïlites, des étrangers, qui sort Joseph du puits. C’est un Couchit, aussi un étranger, qui sort Jérémie alors qu’il prêchait au fils d’Israël. Et puis Job, quand il fait cette expérience de passer par l’épreuve de la maladie, son regard va s’ouvrir sur tout un pan de la création qu’il n’avait pas encore expérimenté et observé.
Et Saint-Pierre nous dit que lorsque le Christ va aux enfers, il va visiter les âmes de ceux qui avaient refusé de croire avant le déluge, c’est-à-dire un peu les âmes de ceux qui finalement ont été un peu oubliés ou laissés de côté. Et donc cette expérience des enfers nous ouvre les yeux, nous ouvre le regard sur tout un champ de la réalité que nous avions oubliés peut-être, mais que Dieu vient visiter. Dieu vient visiter nos enfers, tous les enfers en quelque sorte, et il vient à travers ce mystère nous révéler qu’aucune partie de ce monde n’échappe à son offre de salut.
Même les lieux les plus reculés, les endroits de la terre que nous peut-être ne visiterons jamais, sont comme visités par la grâce de Dieu. Même ces lieux qui sont aujourd’hui encore marqués par la guerre, par une forme d’enfer, ce sont ces lieux-là où le Christ vient plus particulièrement. Il est celui qui souffre en ceux qui sont persécutés, et ce mystère de la descente aux enfers vient rejoindre tous ceux qui les vivent maintenant, les enfers personnels, les enfers du monde entier, et le suivre aujourd’hui dans cette descente aux enfers, c’est l’accompagner dans cette visite qu’il fait d’un monde qui a été détruit par le péché, mais qu’il vient reconstruire.
En cette journée de silence, peut-être je peux suivre Jésus dans les enfers, dans les enfers sous terre, c’est-à-dire dans ses enfers spirituels, et puis dans les enfers sur terre aussi. Je peux suivre cette âme glorieuse qui vient donner son salut à tous ceux qui veulent bien l’accueillir, et pour le suivre, j’ai besoin d’une aide, et tout particulièrement de celle qui n’a jamais quitté son fils, la Vierge Marie, et qui pendant ce grand jour du samedi saint qui est le sien, par sa prière continue à garder vive l’espérance du salut sur la terre.c
Fr Baptiste Sauvage — SAMEDI SAINT La descente aux enfers : le silence VIGILE PASCALE — Parole et Évangile du jour | Samedi 5 avril au soir : Résurrection du Seigneur
Vendredi 3 avril
• S’unir à la Passion du Christ
Chers amis, hier, nous avons commune Morée, la Sainte cène, où Christ a institué l’Eucharistie pour se livrer à son Église. Aujourd’hui, vendredi saint, Jésus accomplit ce don de sa vie sur la croix. Il va mourir et il va être enseveli, mis au tombeau.Samedi saint, c’est le jour des ténèbres. On dit que Jésus descend aux enfers pour arracher Adam et Ève, tous les captifs du séjour des morts, et pour les entraîner à sa résurrection, le dimanche de Pâques.
Chers frères et sœurs, cet idyllium pascal n’est pas seulement un acte de mémoire, mais nous sommes invités à entrer dans la Pâque du Christ pour mourir à l’homme ancien, mourir au péché et ressusciter avec lui, trouver une vie nouvelle dans l’Esprit Saint, en enfant de Dieu.En mettant tout notre cœur à célébrer cet idyllium, entrons dans la Pâque du Christ. Aujourd’hui, vendredi saint, je vous propose d’entrer dans cette contemplation, cette adoration, comme nous propose la liturgie, de la croix du Christ. Croix signe de notre salut, signe de l’amour du Christ qui donne sa vie pour racheter les pécheurs que nous sommes, pour faire de nous des saints, des fils de Dieu.
Chers frères et sœurs, nous avons lu deux récits de la Passion au cours de la semaine sainte. Lors du dimanche des rameaux, selon les années, chez Matthieu, Marc ou Luc, et pour le vendredi saint, nous lisons la Passion dans l’Évangile de saint Jean. Chez saint Jean, la Passion du Christ ne ressemble pas à ce que présentent les synoptiques.Pas de Gethsemane, pas de Simon de Sirène qui aide Jésus à porter sa croix. Lui-même, dit saint Jean, portant sa croix, sortit en direction du lieu dit le crâne, le Golgotha. Là-bas, nous contemplons un Christ douloureux et souffrant dans son humanité, frappé d’angoisse mortelle dans son agonie.Ici, avec le nom divin « Je suis » qui terrasse ses adversaires venus l’arrêter avec nombre de soldats armés de bâtons et de glaives.
Dans l’Évangile de saint Jean, c’est le Verbe qui se présente à la croix, qui achève, qui accomplit en plénitude la venue dans la chair. La croix, pour saint Jean, n’est pas seulement un instrument de torture, mais comme nous l’avions entendu dans l’Homélie de saint Léon le Grand, à l’office des lectures, il a reçu sur ses épaules le pouvoir, ce bois qu’il allait transformer en sceptre de sa force.Pour nous, fidèles, nous sommes invités à contempler dans la croix du Christ un mystère étonnant, continue saint Léon. Le vainqueur, glorieux des démons, l’adversaire tout-puissant des puissances du mal, présenté sur ses épaules, avec une patience invincible, le trophée de sa victoire, le signe du salut à l’adoration des peuples.
Voilà ce qui nous est proposé en ce Vendredi Saint, l’adoration de la croix.Et je dis bien l’adoration de la croix et non pas, par euphémisme, la vénération de la croix. La liturgie célèbre et exprime dans ses rites sa foi, comme dit l’adage l’ex-Orandi, l’ex-Crenandi. Ce que l’on célèbre dans la prière, c’est l’expression même de notre foi.Oui, on répugne à dire l’adoration de la croix parce qu’on garde ce verbe pour Dieu et Dieu seul. Notre Seigneur Jésus-Christ n’est-il pas le Fils unique, très saint, un seul avec le Père dans l’esprit, lui qu’on adore. Mais en ce Vendredi Saint, nous sommes invités à l’adorer avec l’instrument de sa glorification.Nous risquons de passer à côté de ce grand mystère du salut si nous ne comprenons pas la leçon du Vendredi Saint. Quelle leçon en tirer ? La croix n’est pas extérieure au Christ, car le Fils de l’homme, en épousant l’humanité, a revêtu cette humanité avec ce qu’elle porte en elle depuis la chute, la souillure du péché. La croix n’est pas seulement un bois sec, un instrument de torture, mais elle est véritablement la croix du péché qui n’est pas extérieure à l’homme.
Depuis sa chute en Adam et avec lui, l’humanité tout entière fut marquée comme au fer rouge de l’infamie qu’il entraîne dans la mort. Pour que la mort et le péché soient vraiment vaincus, il a fallu que le Christ soit totalement solidaire, un avec la nature humaine qu’il veut sauver. Et c’est la croix qui permet cette union, cette identification, ces épousailles du Fils avec l’humanité pécheresse.Si la croix est malédiction, Jésus l’a épousée et ainsi s’est fait malédiction, nous dit saint Paul dans l’Épître aux Galates. Mais plus encore, pour les pères de l’Église, la croix n’est pas l’instrument qui tue le Christ. Ils l’ont toujours identifié à la suite de saint Jean comme étant l’instrument de sa glorification. La croix manifeste que Jésus est un avec l’humanité dans son infamie, mais également que l’humanité est un avec le Christ dans sa gloire, la gloire de son amour extrême.
Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Par la suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera.Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leur faute. C’est pourquoi parmi les grands, je lui donnerai sa part avec les puissants, il partagera le butin.
Oui, chères frères et sœurs, en ce Vendredi Saint, l’Église nous invite à adorer la croix du Christ.En elle, Jésus a vaincu le péché et la mort. En elle, il a remporté la victoire. Elle devient le trône de sa gloire.Si dans l’Hostie, la parole toute puissante du Christ la fait devenir son corps et que seule la foi puisse discerner le corps du Seigneur dans la croix, la foi seule discerne la réalité du sacrifice perpétuel et nous pousse à adorer le Seigneur en sa gloire. La croix est l’instrument qui permet au Christ de s’unir à l’humanité souffrante.
En elle, nous reconnaissons nos semblables, les membres de nos amis, de nos familles et nous y voyons tous ces hommes et ces femmes qui ploient sous le poids du fardeau et qui sont entraînés dans la mort. Mais en elle aussi, nous découvrons l’espérance d’une victoire possible par Celui qui nous a tant aimés et qui s’est livré pour nous. La haine, la mort et le péché sont vaincus par la croix du Christ. Il est un avec cette croix dans l’infamie et la mort, elle est un avec lui dans la gloire. Ensemble, frères et sœurs, venez, adorons la croix du Christ.
Alors, frères et sœurs, je vous propose de prier Seigneur Jésus, tu nous as aimés jusqu’à livrer ta vie pour nous. Entraîne-nous dans cette mort au péché.Entraîne-nous dans ta vie, une vie dans l’amour du Père et dans l’amour de tes frères.
Seigneur, nous voulons aujourd’hui prendre ce moment de contemplation, d’adoration auprès de ta croix, présenter nos propres croix, croix de nos vies, croix de nos souffrances, croix de l’injustice qui frappe tant d’hommes et de femmes, afin que tu nous entraînes dans une espérance nouvelle, que tu nous entraînes dans ta victoire, sur la mort, sur le péché.
Amen.
Comme exercice pratique, je vous propose de contempler un moment de cette passion de Jésus. Regardez Jésus à Gécémanie pour avec lui dire oui au Père, ou bien le contempler sur la croix, et vous êtes auprès de Marie et vous écoutez ces mots que Jésus vous dit, voici ta mère. Que chacun puisse vivre ce moment précis de cette adoration de Jésus qui nous aime et qui nous sauve par sa croix.
P. Roger Frey — Vendredi Saint : S’unir à la Passion du Christ • 3 avril | Parole et Évangile du jour | Vendredi 3 avril — VENDREDI SAINT de la PASSION du SEIGNEUR
Jeudi 2 avril
• JEUDI SAINT, la Cène du Seigneur
Ce soir, nous entrons dans le tridum pascale, la première messe. Dans la plupart des églises, on entend donc ce soir ce lavement des pieds, l’institution de l’Eucharistie.
Pourquoi Jésus se donne en nourriture quelques heures avant sa mort ?
En fait, le moment a un sens.L’amour anticipe. Si vous préférez, la messe aurait dû être célébrée sur la croix, mais c’est évidemment pas possible. Et donc Jésus, quelques heures avant, donne sa vie sous forme de nourriture.Ceci est mon corps livré pour vous. Ceci est mon sang versé pour vous.
Il est évident qu’il va être versé, livré sur la croix de manière factuelle, concrète.Et puis, Jésus veut aussi montrer que, en quelque sorte, ma vie, nul ne la prend, c’est moi qui la donne.
Donc, quelques heures avant sa mort, il donne déjà sa vie. Ce qu’on va lui prendre sur la croix, Jésus l’a déjà donné le jeudi saint.Il va se donner sous forme de nourriture.
Pourquoi ? Parce que c’est un prophète Jésus. Et donc, manger quelque chose, c’est réduire à rien.C’est détruire quelque chose. C’est exactement ce qu’on va faire. Dans quelques heures, on va réduire le Christ.On va essayer de le faire mourir. On va y arriver.
Et dans cette mort, la vie est donnée.Elle est donnée quelques heures avant la croix, le jeudi saint, sous forme de nourriture. Elle est donnée sur la croix, avec le côté transversé. Vous allez me dire, mais pourquoi la nourriture ?
Pour signifier cette mort, pour signifier qu’on absorbe l’autre, qu’on le réduit à rien.Je te bouffe. Vous voyez, dans cette violence, il y a ça qui est présent.
Et alors, bien sûr qu’il y a cet aspect-là, un peu prophétique, mais aussi l’aspect d’intimité. C’est que la nourriture, c’est l’intimité. Ça dit la communion, moi en toi, toi en moi, qui manges ma chair et bois mon sang demeure en moi et moi en lui. Jésus a voulu être proche de chacun d’entre nous.
Et l’Eucharistie est le moyen pour la proximité la plus grande. Quand on aime quelqu’un, on n’aime pas se séparer de lui. On prend des photos, on prend des lettres, etc.Mais c’est encore à distance. Et la nourriture, c’est ce qu’il y a de plus proche.
Ensuite, la nourriture, elle a une dimension personnelle.Il y a quelque chose qui est individuel. On ne peut pas dire à quelqu’un, je vais prendre ton petit-déjeuner à ta place, le petit-déjeuner à ta place ou je vais manger à ta place. On peut travailler à la place de quelqu’un.On peut rendre service à la place de quelqu’un. On ne peut pas se nourrir à la place de quelqu’un. Et du coup, l’Eucharistie signifie la dimension personnelle.
On peut parler à une foule. Par contre, on ne peut pas nourrir une foule en un instant. Il faut que chacun vienne.Et donc, à la communion, chacun va venir. Cette communion, cette intimité, cette dimension personnelle, elle est présente en particulier dans le lavement des pieds. C’est pour ça qu’il faut lier les deux dimensions, puisque dans le lavement des pieds, Jésus va laver les pieds de chaque disciple.
Le lavement des pieds, la communion, il y a aussi la dimension de service. Donc, Jésus va montrer qu’il est serviteur, de même que la nourriture est un service.
Voyez donc, il faut à chaque fois passer de l’un à l’autre, du lavement des pieds à l’Eucharistie. Cette nourriture, elle demande aussi la coopération de l’homme. Pour qu’il y ait nourriture, il faut qu’il y ait du pain, il faut qu’il y ait du vin.
Pour que tu sois saint, toi, auditeur de Cathoglad, il faut bien sûr la grâce de Dieu, mais il faut aussi que tu coopères, c’est-à-dire que tu te mettes en route et que tu accueilles cette vie. Cette nourriture, elle est caractérisée comme non violente. C’est une nourriture qui est la nourriture du jardin d’Éden, en quelque sorte, parce que ceci est mon corps, ceci est mon sang, mais comme dit le concile de Trent, c’est une immolation non sanglante.
C’est curieux comme expression, c’est-à-dire qu’on va manger du pain, on va prendre du vin qui est le corps qui est le sang, n’empêche qu’on ne tue pas l’animal. Depuis la mort du Christ, eh bien, il n’y a plus de mort d’animaux, il y a simplement une offrande qui extérieurement apparaît comme une offrande non violente, du pain, du vin, en quelque sorte, une offrande qui apparaît extérieurement comme une offrande de végétariens. La mort de l’animal arrive bien plus tard dans la Bible.Au départ, Dieu dit à l’homme, tu prendras toute herbe qui est dans le jardin et tu t’en nourriras.
Alors, on continue sur le sens du pain et du vin. Le pain, c’est la nécessité.En fait, le pain, c’est vital. Dans d’autres sociétés, ça serait le riz, mais comprenez, on veut dire à travers le pain, en fait, que Dieu est nécessaire.S’ils ne mangent pas, ils vont défailler en route, comme dit la multiplication des pains.
Le vin, c’est le sens de l’alliance. Chapitre 5 d’Isaïe, c’est le sens de l’amour, c’est la surabondance. Il n’y a pas besoin de vin.Le premier miracle dans l’évangile de Jean, c’est le miracle de Cana. C’est quelque chose de pas du tout nécessaire. Vous pouvez vivre sans vin, mais ça dit la surabondance.Un mariage sans vin, mais c’est terrible, au temps de Jésus, et aujourd’hui pareil, vous voyez. Ah mais non, tes amours sont plus délicieuses que le vin, dit le cantique des cantiques. Ça signifie la joie, vous voyez.Dans le vin, on est au-delà du travail. On est dans la surabondance, dans la joie. Dans le pain, on est dans la nécessité, quelque chose de gratuit.Et Dieu est celui à la fois qui nous est nécessaire et en même temps celui qui est au-delà de la nécessité.
Vous pouvez vivre sans Dieu. Je suis désolé.Oui, on peut vivre sans Dieu, on s’occupe autrement avec nos petits gadgets, etc. Mais une vie sans Dieu, c’est une vie d’une tristesse.
Alors, on va demander, voilà, en ce jour que nous puissions être renouvelés dans ce rapport à Dieu qui est à la fois nécessaire et celui qui nous conduit à une joie qui n’est pas de ce monde, de l’ordre de la surabondance.
Merci Seigneur pour ton abaissement. Merci Seigneur parce que tu t’es fait nourriture. Tu veux entrer en moi comme quelqu’un qui entre dans sa demeure.Tu veux habiter en moi comme tu as habité dans le sein de la Vierge Marie, comme tu as habité aussi dans la crèche de Bethléem. Je veux t’adorer ce soir et ce soir je vais rester longtemps à méditer ce dont ta vie pour moi. Je t’en supplie Seigneur que je reste toujours attaché à toi, en communion avec toi.
Et je vous propose ce soir comme résolution, évidemment, de veiller une heure avec le Christ. Et c’est ce que propose l’Église, le Jeudi Saint, qu’on puisse chacun veiller une heure auprès du Seigneur. Dans la plupart des églises il sera exposé simplement dans le ciboire, au reposoir jusqu’à minuit. Prenez du temps et dites-lui que vous l’aimez parce qu’il vous a dit avant qu’il vous aimait.
Paul Dollié — JEUDI SAINT la Cène : Jésus nourriture ? | Parcours Carême | Parole et Évangile du jour | Jeudi 2 avril • JEUDI SAINT, la Cène du Seigneur
Mercredi 1er Avril
• Judas : Le drame du salut refusé
Nous sommes aujourd’hui le Mercredi Saint, à la veille du Jeudi Saint où Jésus institue l’Eucharistie et l’Église nous fait entendre les préparatifs du repas pascal dans l’Évangile selon saint Matthieu et justement cette révélation du mystère de la trahison par Judas. Nous l’avions entendu hier avec saint Jean, aujourd’hui c’est Matthieu qui cherche à nous le faire entendre comme si l’Église devant le mystère du mal essayait de nous le faire appréhender selon plusieurs angles différents. Mystère de ce mal que justement Jésus est venu vaincre par la puissance de sa résurrection et je vous propose juste que nous nous arrêtions sur une phrase particulièrement choquante peut-être pour certains, en tout cas venant de la bouche de Jésus, étonnante.
Il aurait mieux valu pour cet homme, celui qui va le livrer, qu’il ne soit pas né. Comment comprendre que Jésus, l’auteur de la vie, lui qui est d’ailleurs le fils du Père, il est né éternellement du Père, on pourrait dire que cette naissance qui nous émerveille quand on regarde un enfant nouveau-né, quand on regarde la naissance ou la renaissance de la végétation au printemps, ce mystère de la vie qui bourgeonne et qui naît, comment pourrait-il Jésus souhaiter qu’il n’existe pas dans la personne de celui qui s’apprête à le livrer ? Il y a vraiment quelque chose de profond, presque une expression à laquelle Jésus ne nous a pas habitués. Qu’est-ce qui se cache derrière ces paroles ? Peut-être déjà en retrouvant quelques expériences de personnages bibliques qui regrettent d’être nés, vous pourrez avoir quelques lumières sur cette parole du Christ.
Vous vous souvenez peut-être de Jérémie qui, après avoir été persécuté parce qu’il était prophète au nom du Seigneur, va regretter justement d’être né et il aurait préféré ne pas sortir du sein de sa mère. C’est aussi le cri de Job. Alors lui, pour une autre raison, c’est parce que le malheur s’abat sur lui, on sait qu’il vient de Satan, et après avoir, dans une magnifique prière, tout offert au Seigneur, le Seigneur a repris.
Une semaine après, son cœur craque et il maudit le jour de sa naissance en regrettant que des genoux l’aient accueilli et qu’une mère ait été là pour lui faire le don de la vie. Il y a aussi Tobie qui, en se tournant vers Dieu, va regretter sa naissance et demander que la vie lui soit ôtée. On aurait la même chose avec Sarah qui deviendra sa belle-fille et qui, après que le démon ait mis à mort ses sept premiers maris, demandera elle aussi à Dieu de lui ôter la vie.
On a donc déjà des personnages bibliques qui regrettent de vivre, mais on pourrait dire que la différence de ces personnages-là avec Judas, c’est qu’ils se tournent vers Dieu. Cette profondeur abyssale de la souffrance qu’ils expérimentent est comme exprimée devant Dieu. Le fond de leur cœur est permis de se résister.
Quelqu’un qui passe par de terribles épreuves, il a le droit. D’autres, la Bible l’autorise à se plaindre même de la vie qui est tellement douloureuse pour lui. Mais ce qui fait la différence entre ces personnages-là et Judas, c’est qu’ils se tournent vers Dieu.
Ils expriment leur plainte, ils ne demandent même pas d’être sauvés, mais au moins ils entrent en dialogue avec lui. Et voilà exactement ce que Judas ne fait pas. On a l’impression que Jésus essaye d’arracher par cette parole forte une dernière parole de Judas, un dernier dialogue pour que son cœur puisse s’ouvrir et qu’il lui communique sa grâce et l’empêche de commettre l’irréparable.
On a l’impression que c’est la dernière tentative du Christ de pouvoir sauver Judas en lui faisant prendre conscience de cet acte qu’il est en train de poser et qui est contraire même au sens même de son existence. Et nous l’entendrons dans l’exultet de Pâques. A quoi servirait-il de naître sans le bonheur d’être sauvé ? Pourquoi sommes-nous nés ? Pourquoi sommes-nous sortis du sein de notre mère ? Pourquoi sommes-nous renais aujourd’hui de notre baptême ? Eh bien pour expérimenter ce bonheur du salut.
Et sans cette joie-là, la vie même ne mériterait pas d’être vécue. On est confronté et on est mis devant le choix le plus existentiel de notre vie à travers l’exemple dramatique de Judas. Voulons-nous vivre, c’est-à-dire voulons-nous consentir à travers nos faiblesses, nos péchés présentés devant le Christ, la reconnaissance de notre misère, voulons-nous consentir à accueillir son salut, à entrer dans ce véritable bonheur, celui d’être né pour pouvoir être sauvé.
Et alors nous pourrons peut-être marcher sur les pas de Jérémie qui se laisse consoler par la parole du Seigneur. Comme Job aussi qui après avoir exprimé son cri va entendre Dieu lui répondre d’une manière complètement étonnante et être comme restauré. Tobie lui aussi qui présentera sa plainte devant Dieu et qui justement découvrira que sa plainte a été entendue par les anges et présentée devant son trône.
C’est aussi le cas de Sarah. L’unique manière en quelque sorte pour Dieu d’agir dans nos vies, de nous faire expérimenter son salut dès cette terre même, et bien c’est d’oser lui présenter nos cris, nos plaintes, nos détresses pour que cette joie qui sera parfaitement vécue dans le ciel puisse être comme anticipée dès cette terre. Et c’est cette joie de Pâques à laquelle nous sommes comme conviés pour cette semaine sainte et pour ce tridum homme pascal qui va commencer à partir de demain.
Seigneur, à la veille d’entrer dans ce grand tridum, je me présente devant toi, peut-être justement en osant faire monter vers ton cœur ces plaintes qui habitent le mien, ces douleurs que je n’ai pas encore peut-être osé te présenter. Je craignais de le faire parce qu’elles me semblaient trop imparfaites pour toi. Je craignais de te dire et de t’avouer que parfois l’existence m’est pénible voire impossible.Mais Seigneur, à la veille d’entrer dans cette grande fête de Pâques, je me présente devant toi avec ma pauvreté, mes blessures, mes péchés, mes limites et je te les confie. Je voudrais justement découvrir pourquoi je suis né, pourquoi je suis sur cette terre, pourquoi suis-je là pour que je puisse expérimenter la joie de ton salut, pour que je puisse découvrir à quel point tu m’aimes et que ta grâce me visite tout particulièrement dans les lieux qui en moi ont été blessés, qui sont en attente d’un rédempteur. Seigneur, me voici devant toi et avec ma plainte je te présente aussi celle de tous mes frères, tous mes frères qui souffrent, ceux qui sont victimes de la guerre, de l’incertitude, ceux qui sont atteints par des douleurs, des dépressions profondes, ceux qui sont attirés même par le désir de mort.Je te les présente pour que tu puisses les visiter dans leur ténèbre et leur donner ta grâce.
Et comme résolution de la journée, je resterai en communion en esprit avec tous ceux qui crient et je te ferai monter ce cri de toute l’humanité pour que le mystère de Pâques puisse se répandre sur toute l’humanité.
Fr Baptiste Sauvage — Judas : Le drame du salut refusé | 1er Avril | Parcours Carême | Parole et Évangile du jour | Mercredi 1er avril • Mercredi SAINT | Le Bonheur d’être Sauvé
