Cathoglad — Commentaire catholique quotidien de l’Évangile, mois d’août 2026. Cathoglad publie chaque jour un nouveau commentaire de l’Évangile, fidèle à la tradition de l’Église et enraciné dans la Parole de Dieu. Cette page est mise à jour quotidiennement pour offrir une méditation claire, accessible et spirituellement solide, destinée à nourrir la prière, éclairer la vie intérieure et accompagner chacun dans sa rencontre avec le Christ .

Lundi 31 août • Recevoir l’Onction

Dans l’Évangile, Jésus entre dans la synagogue de Nazareth, ouvre le livre d’Isaïe et lit : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a consacré par l’onction. » Puis il referme le livre et dit « Aujourd’hui s’accomplit ce passage ».
Faustin de Rome nous l’explique en disant que cette onction dont parle Isaïe, c’est le Saint‑Esprit lui‑même, la puissance de Dieu répandue sur Jésus au moment de son baptême dans le Jourdain. Ce n’est pas une huile matérielle qui a coulé sur sa tête, c’est l’Esprit, qui l’a consacré, roi et prêtre pour toujours.
Et c’est ce même Esprit que nous recevons dans nos sacrements. À la confirmation, l’évêque trace une croix sur notre front avec le Saint‑Crème, une huile parfumée, consacrée, et dit : « Sois marqué du don de l’Esprit‑Saint. »
Ce geste n’est pas symbolique au sens où il ne ferait que signifier quelque chose. Non, bien plus : il opère réellement ce qu’il signifie. Il configure celui qui le reçoit au Christ, Messie, prêtre, prophète et roi. Nous sommes « oints » comme Jésus a été « oint ». Envoyés comme il a été envoyé.
Puissions‑nous nous rappeler ce moment particulier dans notre foi, dans notre chemin de foi où nous avons demandé la confirmation et reçu cette huile sainte sur le front.
Cette onction revient aussi dans le sacrement des malades : l’huile sainte tracée sur le front et les mains de celui qui souffre.
Paul dit aux Corinthiens qu’il est venu dans la faiblesse, craintif et tout tremblant, et que c’est précisément dans cette faiblesse que la puissance de Dieu s’est manifestée.
Le sacrement des malades dit la même chose à celui qui le reçoit : ta faiblesse est le lieu où l’Esprit agit. L’huile ne guérit peut‑être pas le corps. Elle unit la souffrance du malade à celle du Christ. Elle ouvre une porte à la grâce dans le moment où le corps défaille. Cela donne une force.
Alors, chers amis, ouvrir sa vie à l’Esprit Saint, dans la prière, dans les sacrements, dans les petits abandons quotidiens, c’est se souvenir de ce qu’on a reçu au baptême — que l’on peut recevoir aussi uniquement si on est baptisé, je parle du sacrement des malades — et à la confirmation.
Cette onction peut être donnée à nouveau. Elle attend d’être vécue. On peut la rappeler, en ouvrant nos cœurs à l’Esprit Saint, en mémoire de cette onction que nous avons reçue.

Parole et Évangile du jour | Lundi 31 août • Recevoir l’Onction

Dimanche 30 août

• Le prix de la vie

Quand on entend cet Évangile, on peut se demander : est‑ce que Pierre et Jésus sont sur la même longueur d’onde ? Oui, en partie. La violence de Pierre et la violence du Christ ont en réalité un même objet : le refus de la mort et de la souffrance.
Pierre, il est un peu comme un père de famille qui retient son fils, qui va se faire écraser par une voiture, ou comme quelqu’un qui veut sauver, au sens large, son fils. Et Jésus, lui, il est comme un frère passionné par nous, qui donne sa vie. Jésus entre dans les flammes pour que nous soyons sauvés de la mort.
Lorsque nous sommes placés face à la mort, notre réaction naturelle est de chercher à sauver notre peau. Mais lorsque Dieu est placé face à la mort, sa réaction naturelle est qu’il ne songe qu’à sauver notre peau à nous. Nous, nous fuyons la mort car nous ne pouvons rien contre elle. Jésus la rencontre, s’avance vers elle, car il va la détruire, et c’est la résurrection qu’il a en tête.
Alors, en ce début d’année, j’ai comme deux questions qui sont peut‑être les deux questions les plus fondamentales pour réussir une année, et plus largement pour réussir notre vie.
Ma première question : qu’est‑ce que je suis prêt à souffrir pour avoir la vie, la vraie vie, moi, aujourd’hui, maintenant, cette année ? Ce que dit Jésus : « Celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. » Quel avantage, en effet, un homme aura‑t‑il à gagner le monde entier si c’est au prix de sa vie ?
D’où peut‑être une sous‑question pour nous : c’est quoi la vie ? qu’est‑ce que la vraie vie ? Est‑ce que sur terre je connais la vraie vie, c’est‑à‑dire des vraies joies ? Et du coup, si ce sont des vraies joies, est‑ce que je suis prêt à souffrir pour elles ?
C’est quoi des vraies joies ? Avoir des relations harmonieuses dans mon couple, ma famille, mon travail ; faire du sport cette année pour rester en bonne santé ; manger normalement ; prendre du plaisir avec des amis ; avoir des activités manuelles qui m’équilibrent ; apprendre à aimer, à parler, à entrer en relation ; prendre du temps pour marcher dans la nature.
On sait bien que les populations dans les villes sont souvent plus agressives que dans les campagnes. Pensez à certaines paroisses qui font des sorties paroissiales en début d’année : c’est peut‑être aussi un moyen de rencontrer son frère et de se rappeler un petit air de vacances.
Peut‑être que je suis prêt aussi à souffrir pour être moins dépendant de mon téléphone. À l’inverse, des petites joies comme être sur mon petit écran, m’enfermer, avoir peur des autres, faire le moindre effort, refaire les mêmes choses, idolâtrer mon travail, ne pas savoir s’arrêter… on voit bien comment des personnes en burn‑out ont simplement comme désir de vivre, tout simplement.
Et donc certains parmi nous n’arrivent pas à aller en vérité, n’arrivent pas à vivre une vie normale. J’aime bien ce que disait Maurice Zundel : « Il y a une vie avant la mort, et c’est ça qu’il faut réfléchir. » Bien sûr que c’est important de réfléchir à la vie après la mort, mais il y a aussi une vie avant la mort : est‑ce que je la goûte ?
Et peut‑être que certains d’entre nous ont besoin d’aide pour bien vivre en ce monde. Quand je réfléchis au sacrement des malades, il a cette fonction‑là : le sacrement des malades me permet de savoir demeurer en ce monde avec la maladie qui parfois me cloue au lit.
Donc : qu’est‑ce que je suis prêt à souffrir pour avoir la vie, la vraie vie, moi aujourd’hui, maintenant, cette année ? Est‑ce que j’ai conscience que la vraie vie se paye, qu’elle a un prix, et que cette vraie vie, ce n’est pas simplement aimer le bon Dieu, mais vivre toutes choses, les choses ordinaires, mais de manière pleine.
Il faut qu’on arrête de passer d’une activité à l’autre. Il faut qu’on arrive à demeurer, à rencontrer les personnes, à se rencontrer nous‑mêmes, et à entrer dans la gratitude pour notre travail, pour ce que nous avons, ce que nous faisons.
En même temps, la vie chrétienne, ce n’est pas que du développement personnel. Et donc, à travers les textes du jour, est‑ce que j’ai compris que l’éternité m’attend ? Il y a un ciel, un purgatoire, un enfer. Et normalement, le temps sur terre est suffisamment long, s’il est bien employé, pour nous préparer au ciel.
Une vie terrestre pleinement vécue dans le don de soi‑même me permet d’aimer, me conduit au ciel. Et Jésus, dans le texte, parle de son travail pour nous ouvrir les portes du ciel : « Le Fils de l’homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père. » Il parle de sa résurrection.
Lui, il n’a pas besoin de mourir pour ressusciter, pour rejoindre le Père, puisqu’à la transfiguration, il est déjà dans cette gloire, sans passer par la croix. Mais il veut passer par la croix, comme s’il voulait ne pas tricher avec son humanité, nous rejoindre aussi dans nos situations les plus dramatiques, humainement parlant.
Donc : est‑ce que je me sens en marche vers le ciel ? Comme dit le psaume : « Ton amour vaut mieux que la vie. » Est‑ce que cette parole est vraie pour moi ? « Je te cherche dès l’aube », ça c’est vrai ou pas ?
Est‑ce que je cherche ? Est‑ce que je ne pense pas comme le monde, comme dit la deuxième lecture : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez‑vous en renouvelant votre façon de penser, pour discerner la volonté de Dieu. » Ce qui est bon, ce qui est capable de lui plaire, ce qui est parfait. Qu’est ce que je me sens en chemin dans ce discernement ?
Voyez, Pierre a compris qui est Jésus : il est le Messie. Par contre, il n’a pas compris que c’est un Messie crucifié. Et Pierre va s’arrêter sur une certitude, et sa foi ne va pas tellement bouger entre ce moment et la résurrection.
Donc je comprends progressivement dans ma vie que :
je suis ordonné à cette vie éternelle ;
cette vie éternelle est déjà commencée par mon baptême ;
mais elle va passer par le mystère de la croix ;
et cette croix n’est pas le terme, mais elle est présente.
Le Seigneur ne va pas forcément me l’enlever, mais il va l’habiter, pour que j’ouvre mon cœur à la réalité qui m’est donnée.
Voilà pour la première question : qu’est‑ce que je suis prêt à souffrir pour entrer dans la vie, la vraie vie, moi aujourd’hui, maintenant, cette année ?

Et la deuxième question : est‑ce que je me sens solidaire de mes frères au point d’engager ma vie pour eux ? Est‑ce que j’ai suffisamment de compassion, d’empathie pour me laisser toucher par l’autre ?
Je vous renvoie à la première lecture du prophète Jérémie : « Seigneur, tu m’as séduit, je me suis laissé séduire… » et à longueur de journée, j’ai cette parole en moi, et j’ai besoin de la dire, même si elle m’attire des insultes.
Est‑ce que je suis prêt à souffrir pour que des personnes connaissent l’amour de Dieu ?
C’est quand même fou : nous avons le plus grand remède, le remède de la mort, entre nos mains. Il est une personne livrée à nous : le Christ. Et il y a des personnes qui passent à côté, mais ce n’est pas tellement de leur faute : c’est aussi parce qu’on ne leur propose pas l’Évangile.
Il y a des gens qui meurent de soif, et on les laisse comme ça, au bord d’une oasis, sans leur indiquer que derrière les arbres, il y a cette étendue d’eau très pure.
Et donc je me disais : cette année, se sentir solidaire des autres, au point d’avoir cette empathie pour l’autre, cette compassion, ce n’est pas tellement souffrir pour l’autre au sens de faire des choses extraordinaires, mais c’est être ami de l’autre.
Le secret de la mission, c’est l’amitié. Beaucoup entrent dans l’Église par l’amitié ; ils y restent à cause du Christ qu’ils rencontrent.
Après, l’amitié est plus ou moins présente dans l’Église, on fait ce qu’on peut. Mais à part quelques exceptions, c’est quelqu’un qui m’a invité, j’ai été à la messe avec lui, j’ai été à un parcours Alpha, j’ai été à une conférence : il était avec moi, il ne parlait pas à ses copains, il était tout à moi. Il a pris du temps pour que je découvre un autre : le Christ.
Nous sommes des petits Jean‑Baptiste qui désignons Jésus, qui permettons à d’autres de le rencontrer.
Donc voilà les deux questions que je vous propose pour votre vie pour cette année :
1. Qu’est‑ce que je suis prêt à souffrir pour avoir la vie, la vraie vie, moi, aujourd’hui, maintenant, cette année ? 2. Qu’est‑ce que je suis prêt à souffrir pour l’autre, pour qu’il ait la vie ?
Bon dimanche, bonne année.

Parole et Évangile du jour | Dimanche 30 août • Le prix de la vie

Samedi 29 août

• Martyr St Jean Baptiste

Aujourd’hui, en la fête du martyr de saint Jean‑Baptiste, l’Évangile nous place devant une figure particulière, celle d’un homme qui n’a jamais courbé l’échine devant le mensonge et l’injustice. Jean est prophète, non pas seulement par ses paroles, mais par sa vie donnée.
Face à Hérode, il aurait pu se taire, trouver des compromis, se protéger, mais il savait que la volonté de Dieu est sainteté, et qu’il n’y a pas de sainteté possible sans vérité. En dénonçant le péché d’Hérode, il ne s’érige pas en juge. Il rappelle seulement la loi de Dieu, et c’est ce que nous avons à faire aussi, nous.
Il lui dit : « Tu n’as pas le droit de prendre la femme de ton frère. » C’est cette fidélité, cette liberté qui l’a conduit en prison, puis à la mort. Mais sa mort n’est pas un échec.
Comme le dit Origène, jusque dans ses chaînes, il enseignait encore, et sa décapitation devient le sceau d’une vie entièrement consacrée à préparer le chemin du Christ.
Alors, chers amis, votre devoir n’est pas de convaincre absolument, c’est de dire, de rappeler la loi du Seigneur, dans une oreille qui peut ou qui doit l’entendre. Cela vous place non comme des juges, mais comme des personnes qui ont souci des autres.
Parce que vous avez peut‑être accès à cette vérité, et d’autres n’ont pas cette vision, n’ont pas accès à cette vérité. Donc ce témoignage de Jean résonne aujourd’hui comme un appel à chacun.
Paul nous l’a rappelé : vivre pour plaire à Dieu demande de se garder du péché, de veiller sur notre corps et sur nos désirs, de ne pas blesser notre frère. C’est un combat, et nous le savons bien.
La voix de Dieu en nous est parfois étouffée par le vacarme des passions, par la peur d’être rejeté, par la tentation de céder aux logiques du monde, qui nous sont accessibles aujourd’hui par de multiples scripts, de multiples histoires qui viennent introduire insidieusement certaines mauvaises graines comme de l’ivraie dans notre cœur.
Mais Jean nous montre que la sainteté ne consiste pas d’abord à accomplir des exploits, mais à tenir ferme. Et oui, tenir ferme, c’est déjà pas mal. Rester debout même lorsque tout pousse à se taire.
Nous sommes appelés nous aussi à être des témoins de la vérité, même au prix de l’incompréhension.
La justice, la miséricorde, la fidélité dont parle Jésus trouvent ici un visage concret : celui de Jean, qui a préféré perdre sa tête plutôt que de perdre son âme.
Saint Jean‑Baptiste, précurseur du Christ, donne‑nous ton courage et ta liberté intérieure pour rester fidèles à la vérité de l’Évangile.

Parole et Évangile du jour | Samedi 29 août • Martyr St Jean Baptiste

Vendredi 28 août

• La Sagesse Humaine face à Dieu est poussière

« Le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Évangile, sans avoir recours au langage de la sagesse humaine, ce qui rendrait vaine la croix du Christ. » Ce passage, on l’entend dans la première lecture du jour, et on va le regarder honnêtement avec notre situation.
On peut se réjouir de quelques dizaines de milliers de baptisés chaque année, et c’est beau, mais Paul nous convoque sur la manière.
Beaucoup aujourd’hui veulent évangéliser sans prononcer le nom du Christ, en utilisant un langage de développement personnel, de mieux‑être, de valeurs universelles, bref, utiliser le langage accessible, celui de la sagesse humaine, plus moderne, moins clivant. Mais Jésus lui‑même n’a jamais évangélisé en se cachant.
Vous imaginez Jésus arriver sur une place publique et dire qu’il n’est pas lui ? Parler de quelque chose sans affirmer qu’il est le Christ ? Il a dit : « Je suis la résurrection et la vie ; je suis le chemin, la vérité et la vie. » Des affirmations qui choquaient, qui divisaient, qui scandalisaient. Scandale pour les Juifs, folie pour les nations.
Et Paul l’assume pleinement : la question n’est pas de choquer pour choquer, c’est de ne pas édulcorer, ce qui est la seule vraie puissance de l’annonce.
Et nous sommes aussi ces Juifs qui réclament des signes, et ces Grecs qui cherchent une sagesse. Nous voulons des preuves avant de croire, des arguments qui rassurent l’intelligence avant de laisser le cœur s’ouvrir.
Ces textes du jour nous convoquent : ils nous posent la question de ce que nous cherchons vraiment.
Alors, chers amis : premièrement, ne soyons pas dans les chiffres ; deuxièmement, quand nous devons évangéliser, assumons le Christ, lui qui s’est assumé jusqu’à la croix dans ce scandale inentendable.
Quoi ? Un Dieu serait mort crucifié ? Mais celui‑là ne peut pas être un Dieu, c’est un homme. Un Dieu se serait rebellé, un Dieu se serait vengé. Là n’est pas l’enseignement de l’Évangile. Il est contraire à toute sagesse humaine.
D’ailleurs, l’Évangile de ce jour reprend le fil de la veille : « Veillez, car vous ne savez ni le jour ni l’heure. » Mais la parabole des dix vierges ajoute quelque chose que la parabole du serviteur ne disait pas, celle qu’on a écoutée hier.
L’huile ne se partage pas, et ça peut paraître étonnant parce qu’on se dit : pourquoi les vierges insouciantes qui demandent de l’aide aux prévoyantes… ben c’est un peu charitable de demander de l’aide, et que les personnes y répondent. Pourquoi ce refus ? Pourquoi cela nous paraît‑il si dur ?
Saint Grégoire nous apporte une petite réponse : l’huile désigne l’éclat de la gloire intérieure, et cet éclat‑là ne se partage pas.
La vie spirituelle se nourrit dans le secret du cœur, la prière fidèle, la conscience droite : cela ne se partage pas. Cette réalité‑là ne se transfère pas. On ne peut pas vivre de la foi de l’autre. On peut y être touché, convoqué, mais on ne peut pas prendre la foi d’un autre, on ne peut pas emprunter la foi de son voisin, surtout au dernier moment.
Alors là, les prévoyantes ne sont pas égoïstes, non : elles sont lucides sur ce qui ne se donne pas. Chacun doit avoir fait provision lui‑même, dans le temps ordinaire, avant que minuit n’arrive.
C’est le sens profond de la vigilance : non pas une tension anxieuse, encore une fois, qui est à la recherche du moment où ça viendra. Non, ça c’est mauvais. C’est une vie intérieure entretenue jour après jour, qui constitue la réserve pour le moment de l’épreuve ou de la rencontre.


Et aujourd’hui nous fêtons saint Augustin. Hier nous fêtions sa mère, qui a prié pour sa conversion pendant trente ans, et aujourd’hui nous le fêtons lui.
Alors lui, justement, il a mis trente ans à constituer cette provision, ou plutôt à accepter de la recevoir. Il avait la sagesse des Grecs, la brillance des orateurs, les arguments des Manichéens. Il cherchait avec les outils de l’intelligence humaine ce que seule la grâce pouvait donner, la grâce qui passe malgré toutes nos résistances, à partir du moment où on l’accepte.
Et c’est dans un jardin de Milan, en entendant une voix d’enfant dire : « Prends et lis », qu’il a ouvert Paul, et que tout s’est éclairé pour lui.
Ses Confessions sont le récit de quelqu’un qui avait cherché partout, sauf là où la lumière était. « Notre cœur est sans repos jusqu’à ce qu’il se trouve en repos dans le cœur du Christ en lui. »
Les vierges insouciantes de l’Évangile avaient des lampes, elles étaient là, elles attendaient, mais elles n’avaient pas alimenté ce feu intérieur qui permet de tenir dans la nuit.
Et Augustin, lui, avait finalement dit oui, et toute une vie de feu en est sortie.
À son image, demandons‑lui son intercession dans nos vies, nous qui peut‑être vivons avec les yeux fermés, et demandons aussi son intercession pour tous ceux qui, à l’instar de sa vie d’avant, sont à la recherche de la sagesse humaine, de l’intelligence humaine, etc.
Saint Augustin, priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Vendredi 28 août • La Sagesse Humaine face à Dieu est poussière

Jeudi 27 août

• La fidélité : DIEU NOUS TIENT !

Dans la première lecture, Paul ouvre sa lettre aux Corinthiens en citant le nom de Jésus‑Christ cinq fois en neuf versets. Cela a pu vous surprendre pendant la lecture, et ce n’est pas une formule théorique, c’est un ancrage délibéré.
Les Corinthiens étaient une communauté divisée, brillante, agitée, tentée par les sagesses du monde grecques et les querelles d’influence. Paul leur rappelle « qu’ils étaient ensemble ». Et c’est ce nom‑là qui les lie. La lettre elle‑même est un acte de confiance.
Écrire à quelqu’un, nommer ses dons, lui dire que « je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet », c’est le fortifier contre le découragement. Catherine de Sienne avait compris aussi cela. Elle écrivait à des papes, à des rois, à des seigneurs, à des inconnus, toujours pour les réveiller de leur sommeil spirituel.
« Ne dormez plus, secouez votre sommeil, le temps n’attend pas, le silence peut être violent. Celui qui ne reçoit jamais de paroles d’encouragement finit par croire qu’il est seul et qu’il ne fait pas bien. La persévérance dans le bien se nourrit de ces lettres, de ces paroles, de ces gestes qui disent à l’autre : “tu es venu, tu es tenu et tu comptes”. »
Jésus, dans l’Évangile, nous dit : « veillez, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient », et il dessine deux serviteurs : l’un fidèle, trouvé en train d’agir juste quand le maître arrive, et l’autre qui se dit que son maître tarde et commence à frapper ses compagnons et à boire avec les ivrognes, etc.
Ce mauvais serviteur, c’est nous, chaque fois que nous remettons à demain ce que Dieu nous demande aujourd’hui. Chaque fois que nous utilisons l’absence apparente de Dieu comme prétexte pour vivre comme si rien n’avait d’importance.
La vérité, c’est que nous ne maîtrisons pas le temps, et que nous ne savons pas quand notre vie s’arrêtera et quand nous serons en face du Fils de l’Homme.
La venue du Fils de l’Homme dans cet Évangile, c’est à la fois notre mort et à la fois la fin des temps. Et ces deux réalités ne sont pas si éloignées que l’on croit.
Sainte Monique, que nous fêtons aujourd’hui, a prié trente ans pour la conversion de son fils Augustin. Trente ans de veille silencieuse, sans signe, sans réponse visible. Et dans une vie humaine, vous savez que trente ans, c’est beaucoup. Elle aurait pu se décourager, se dire que le maître tardait, mais elle a tenu, et Augustin s’est converti.
« Le Royaume est déjà parmi nous, chers amis, au‑dedans de nous, au‑dedans de vous », dit Jésus ailleurs dans l’Évangile. Chaque Eucharistie est un pied posé dans ce Royaume qui vient. Nous sommes déjà à la frontière.
La vigilance que Jésus nous demande n’est donc pas l’anxiété de celui qui scrute le ciel à la recherche de tous les signes. Non. C’est la fidélité tranquille de celui qui sait que le maître peut arriver à tout moment et qui continue d’agir bien parce que c’est juste, parce qu’il croit en celui qui est tout.
Un petit mot de la fin, chers amis : ce mois d’août a été marqué par des catastrophes qui nous rappellent la fragilité de nos vies : le tremblement de terre en Colombie qui a frappé des populations entières, la coulée de boue au Népal qui a emporté des personnes, des familles, des touristes qui étaient sur place, les massacres de chrétiens de par le monde, et ailleurs plein d’autres choses se passent.
Nous portons tous ces visages dans notre prière : des familles qui cherchent leurs disparus, des communautés anéanties, des frères en Christ tués pour leur foi.
Voilà, tout cela nous le confions aujourd’hui. La première lecture nous dit que Dieu est fidèle, lui qui vous a appelés à vivre en communion avec son Fils. Cette fidélité ne supprime pas la douleur, mais elle la tient, elle la tient.
Et saint Paul, dans sa lettre d’encouragement, le dit aux Corinthiens : le Seigneur nous tient, et nous nous tenons en prière pour tous ceux qui souffrent en ce moment, avec cette certitude que le Seigneur les voit, comme il voyait Nathanaël sous le figuier, dans le secret de leur épreuve, avant même qu’on l’appelle.
Je vous invite à faire un Notre Père, au nom du Père et du Fils et du Saint‑Esprit. Amen.

Parole et Évangile du jour | Jeudi 27 août • La fidélité : DIEU NOUS TIENT !

Mercredi 26 août

• La vérité Interieur contre les apparences !

Commentaire de l’abbé Louis Roquet, Aujourd’hui,

Comme les jours qui précèdent et ceux qui suivront, nous contemplons Jésus hors de lui, condamnant des attitudes incompatibles avec une vie digne, non seulement chrétienne, mais encore humaine. « À l’extérieur, pour les gens, vous avez l’apparence d’hommes justes, mais à l’intérieur, vous êtes pleins d’hypocrisie et de mal. »
Il confirme par là que la sincérité, l’honnêteté, la loyauté, la noblesse sont des vertus voulues par Dieu et très appréciées par les hommes.
Pour ne pas tomber dans l’hypocrisie, je dois être très sincère. Avec Dieu d’abord : il veut que j’aie le cœur pur en détestant tout mensonge, puisqu’il est lui‑même totalement pur, la vérité absolue.
Avec moi‑même ensuite, pour ne pas être le premier trompé, m’exposant à pécher contre le Saint‑Esprit, faute de reconnaître mes propres péchés pour les manifester avec clarté dans le sacrement de la pénitence, ou de mettre suffisamment ma confiance en Dieu qui jamais ne condamne l’enfant prodigue et n’abandonne personne sous prétexte que c’est un pécheur, sauf s’il ne se reconnaît pas lui‑même comme tel.
Avec les autres enfin : comme Jésus, le mensonge, la tromperie, la duplicité, la malhonnêteté, la déloyauté, l’ignominie des autres nous mettent hors de nous, raison pour laquelle nous devons nous appliquer le principe : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. »
Ces trois attitudes de simple bon sens, nous devons les faire nôtres pour ne pas tomber dans l’hypocrisie et nous rendre compte que nous avons besoin de la grâce sanctifiante en raison du péché originel occasionné par le père du mensonge, le démon.
Ne négligeons pas l’exhortation de saint Josémaria à l’heure de l’examen de conscience : « Prends garde au démon muet », ni celle d’Origène : « Toute sainteté feinte gît morte », car elle n’est pas animée par Dieu.
Et gouvernons‑nous toujours sur ce principe élémentaire et simple proposé par Jésus : « Que votre langage soit : oui, si c’est oui ; non, si c’est non. »
Marie ne parle pas beaucoup, mais son « oui » au bien, à la grâce, est unique et véridique, et son « non » au mal, au péché, ferme et sincère.

Parole et Évangile du jour | Mercredi 26 août • La vérité Interieur contre les apparences !

Mardi 25 août

• Vous purifiez l’exterieur, mais à l’Interieur ?

Aujourd’hui, Paul écrit une lettre aux Thessaloniciens avec une urgence particulière. Ils s’inquiètent. Nous avons tous déjà eu ce petit doute quand nous avons entendu une parole qui nous semblait bonne, qui répondait au désir de notre cœur, et qui pourtant n’était pas de l’Évangile.
Paul nous dit de ne laisser personne nous égarer d’aucune manière.
Il parle de gens qui circulent avec des inspirations, des paroles, des lettres, prétendant avoir une révélation spéciale sur le retour du Christ ou sur toute autre chose. Mais la mise en garde de Paul est précise : ne perdez pas la tête, ne vous laissez pas effrayer.
Autrement dit : ne vous laissez pas surprendre, ne vous laissez pas impressionner, parce que les ruses du démon sont nombreuses. Et par ailleurs, suite à ces événements que l’on peut vivre parfois, la peur et l’agitation sont souvent les premiers signes que quelque chose ne vient pas de Dieu.
Mais comment reconnaître celui qui égare quand il est attentionné, chaleureux, plus accessible que d’autres dans l’Église, dans sa vie, dans sa relation aux autres, en tout cas telle que l’on l’aperçoit ?
Eh bien, c’est là la vraie difficulté. Le critère ici n’est pas la douceur ou la gentillesse de la personne. Le critère, c’est ce qu’elle dit.
Est‑ce que ce message s’appuie sur la tradition transmise par les apôtres, sur le magistère de l’Église, sur l’Écriture lue dans son intégralité ? Ou est‑ce qu’il introduit une connaissance secrète, une révélation privée érigée en certitude, une urgence qui court‑circuite l’Église et la prière ordinaire ?
Paul nous dit de garder ferme les traditions que nous avons reçues en enseignement, et de faire attention, parce que la nouveauté spirituelle qui prétend dépasser la tradition doit être regardée avec une vigilance tranquille, sans hostilité, mais surtout sans naïveté.
Et Jésus nous dit aussi dans l’Évangile : purifie d’abord l’intérieur de la coupe.
Les scribes et les pharisiens paient la dîme sur la menthe et le cumin, ils observent les formes avec une précision redoutable, mais leur intérieur est plein de cupidité et d’intempérance.
La grande tentation de la vie religieuse, c’est précisément : soigner l’extérieur au point d’oublier l’intérieur, ou soigner l’intérieur au point de mépriser les formes extérieures. Les deux.
Paul nous dit de garder ferme les traditions, et Jésus nous dit de purifier le dedans. Les deux vont ensemble.
Le catéchisme, avec saint Augustin, nous dit que le commencement des œuvres bonnes, c’est la confession des œuvres mauvaises. Bien sûr, parce qu’après on construit. Mais si on ne commence pas par là, c’est complètement tordu.
On se laisse purifier dans le sacrement de la réconciliation, régulièrement, honnêtement, et après on peut construire.
Saint Louis, roi de France, que nous fêtons aujourd’hui avec saint Joseph de Calazans, Saint Louis confessait tous ses péchés, alors qu’il était roi de France, avec une rigueur que ses courtisans trouvaient excessive pour un roi.
Saint Joseph de Calazans, fondateur des écoles pour l’éducation des enfants pauvres, passait sa vie entre la prière et le service concret.
Et à l’image de ces deux saints — l’un qui avait une vie visiblement extérieurement au service des autres, et l’autre qui avait une vie au service aussi des Français, mais une vie intérieure rigoureuse — eh bien, prenons exemple sur ces deux saints.
On va leur demander leur intercession : Saint Louis et saint Joseph de Calazans, priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Mardi 25 août • Vous purifiez l’exterieur, mais à l’Interieur ?

Lundi 24 août

• VIENS et VOIS ! Les Préjugés

Dans les lectures du jour, Nathanaël a un préjugé. « De Nazareth peut‑il sortir quelque chose de bon ? » Et Philippe ne le combat pas à coup d’arguments. Il dit simplement : « Viens et vois. »
C’est la seule réponse valable à un préjugé spirituel. Benoît XVI nous dit aussi que la liberté de Dieu surprend nos attentes en nous faisant le trouver précisément là où nous ne l’attendions pas. Nous pouvons tous en témoigner.
Quels sont nos préjugés à nous ? Que la foi catholique est pour les gens simples, peu éduqués ? Que l’Église est trop institutionnelle pour que Dieu y habite vraiment ? Que cette paroisse‑là, ce prêtre‑là, cette communauté‑là ne peut pas être un lieu de vraie rencontre ?
Pour telle ou telle raison, nous construisons tous des Nazareth mentales, en réalité. Des endroits d’où nous avons décidé d’avance que rien de bon ne peut venir. Mais Dieu, du mal, peut en faire un bien.
Est‑ce à nous de juger ? Et en plus, en jugeant, on ferme notre cœur.
Alors que Nathanaël approche encore, Jésus dit quelque chose qui nous arrêtera aujourd’hui : « Avant que Philippe t’appelle, quand tu étais sous le figuier, je t’ai vu. »
Voici ce que dit Jésus. Nathanaël est surpris parce que Jésus a vu ce que personne d’autre ne voyait. Ce moment sous le figuier, ce que Nathanaël y faisait, ce qu’il y pensait, lui seul le savait. Et voilà que quelqu’un le connaît au‑delà de ce qu’il pensait.
Avons‑nous fait l’expérience de ce regard du Christ qui va au plus profond ? Ce moment où une lecture, une parole, une rencontre a touché exactement ce que nous portions en secret, et où nous avions su que ce n’était pas un hasard, parce que le Seigneur nous le dit clairement dans le secret de nos vies, ce que nous n’affichons pas. Et c’est depuis ce regard‑là qu’Il nous appelle.
La première lecture, c’est l’Apocalypse. Et Jean voit dans l’Apocalypse la Jérusalem nouvelle descendre du ciel. Une ville de gloire, avec douze portes et douze fondations portant les noms des douze apôtres.
Et Barthélémy, que l’on fête d’ailleurs aujourd’hui, était l’un de ces fondements. Il a évangélisé l’Armenié et l’inde avant d’être martyrisé, comme pratiquement tous les apôtres, son nom est gravé dans les fondations de la cité éternelle. Il a répondu à l’invitation de Dieu. Il est venu quand il a entendu : « Viens et vois. »
Sur l’Apocalypse elle‑même, beaucoup hésitent à l’ouvrir parce que c’est un texte intimidant. Ces images de bêtes et de cataclysmes, comment pourrions‑nous les comprendre ? D’ailleurs, est‑ce que c’est écrit de manière littérale ?
Ce livre est avant tout une révélation. Et une révélation — c’est le sens du mot — c’est ce qui est déjà vrai et que nos yeux ne voient pas encore.
La Jérusalem qui descend du ciel n’est pas une prophétie terrifiante qui nous appelle à nous cacher dès qu’il y a une tempête en pensant que le Seigneur va revenir à ce moment‑là. « Nul ne sait le temps », nous dit Jésus.
Mais c’est la destination, cette Jérusalem céleste. C’est ce vers quoi nous marchons.
Et Barthélémy y est, celui qui avait des préjugés, qui a été vu sous le figuier et qui a dit oui. À son exemple : Saint Barthélémy, priez pour nous, pour que nous voyions.

Parole et Évangile du jour | Lundi 24 août • VIENS et VOIS ! Les Préjugés

Dimanche 23 aôut

• Les clefs du Royaume : Qui est Jésus ?

Chers amis de Cathoglad, il y a des questions auxquelles nous pouvons facilement échapper. On peut ne pas répondre à son portable, on peut procrastiner pour répondre à une lettre d’un ami, on peut aussi changer de trottoir pour éviter quelqu’un, on peut même, avec un peu d’habileté, passer toute une vie à éviter certaines questions. Mais il y en a une qui nous attend. Une question devant laquelle, un jour ou l’autre, chacun se retrouve. Et cette question, ce matin, notre Seigneur Jésus nous la pose. Il ne la pose pas aux foules, il ne la pose pas aux journalistes, il ne demande pas ce que disent les sondages. Il regarde les siens. Il regarde Pierre. Et à travers Pierre, il nous regarde.
Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis‑je ?
Voilà le christianisme. Il est là tout entier. Non pas dans un patrimoine, non pas même dans nos belles églises de France et d’ailleurs, aussi émouvantes soient‑elles. Le christianisme commence lorsqu’un homme, lorsqu’une femme rencontre le regard du Christ et accepte de lui répondre.
Pour moi, tu es.
Oui, mes amis, répondons. Car nous avons parfois pris une bien mauvaise habitude. Nous parlons beaucoup du christianisme, mais nous parlons peu au Christ. Ah ça, discuter de l’Église, commenter l’Église, analyser l’Église, nous savons faire. Elle devrait faire ceci, elle ne devrait plus faire cela, le pape devrait parler davantage de ceci, les évêques moins de cela, les prêtres être autrement, les paroisses fonctionner différemment.
Peut‑être. Mais pendant que nous parlons de sa maison, le maître de la maison est là. Et il nous demande.
Et toi, pour toi, qui suis‑je ?
Ah, cette question‑là dérange davantage, parce que l’on ne peut pas y répondre avec une statistique. On ne peut y répondre qu’avec son cœur. Pierre lui répond de tout son cœur. Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.
Ah, quelle merveille cette réponse. Pierre ne dit pas : j’ai tout compris. Il ne dit pas : je suis digne de toi. Car nous savons bien, nous, ce qui arrivera. Pierre parlera trop vite, il se trompera, il reniera. Et pourtant, c’est à cet homme‑là que notre Seigneur Jésus a dit : tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église.
Quelle folie de Dieu. S’il avait fallu choisir le plus impeccable, Pierre n’aurait peut‑être pas été retenu. S’il avait fallu choisir le plus courageux, certainement on aurait pu hésiter face à la figure de Pierre. S’il avait fallu choisir celui qui ne tomberait jamais, eh bien c’est sûr que Pierre aurait été éliminé.
Mais Jésus ne bâtit pas son Église sur la perfection de Pierre. Il la bâtit sur la foi de Pierre. Voilà qui devrait nous consoler.
Car nous passons notre temps à dire à Dieu : Seigneur, quand je serai meilleur, alors là oui, je te servirai. Quand j’aurai réglé mes problèmes, ça je te promets, je prierai davantage. Quand j’aurai vaincu telle faiblesse, là peut‑être oui, je me donnerai à toi. Quand ma vie sera enfin présentable, je reviendrai vraiment.
Mes chers amis de Cathoglad, le Christ ne vous demande pas d’attendre d’être parfait pour l’aimer. Et il vous demande à chacun aujourd’hui : m’aimes‑tu ? Avec ta pauvreté, avec tes blessures, avec ton caractère, avec cette faute que tu traînes peut‑être depuis si longtemps, avec cette prière si pauvre que peut‑être même tu n’oses plus l’appeler prière.
M’aimes‑tu ?
Voilà pourquoi, chers amis de Cathoglad, eh bien nous autres, nous aimons l’Église. Non parce que tous ses membres seraient admirables : ils ne le sont pas. Non parce que son histoire serait sans blessures : elle ne l’est pas. Non parce que ses prêtres seraient des anges : vous avez bien remarqué que non. Nous aimons l’Église tout simplement parce que notre Seigneur Jésus‑Christ l’aime. Et avant nous, il l’a aimée, il l’a aimée, il s’est livré pour elle.
Et puisqu’il lui a fait aussi cette promesse insensée : la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle.
Entendez bien : il ne dit pas que la tempête ne viendra pas, il ne dit pas non plus que l’Église ne connaîtra pas les scandales, les humiliations, les désertions, les vocations trop rares, les familles qui ne transmettent plus la foi. Il dit que la mort n’aura pas le dernier mot.
Voilà notre magnifique espérance que nul ne pourra nous ravir. Et cela, bien sûr, résonne d’une manière toute particulière pour ceux qui, parmi vous, chers amis de Cathoglad, vivez en France aujourd’hui.
Car nous le savons bien : dans quelques semaines, le successeur de Pierre viendra dans notre pays. Le pape Léon XIV va visiter la France. Et voyez comme la providence est délicate. Quelques semaines avant de recevoir Pierre chez nous, la liturgie nous ramène précisément à Césarée de Philippe, à cet instant même où Jésus regarde Simon et lui dit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. Tu es Petrus, et super hanc petram aedificabo Ecclesiam meam. »
Ah, chers frères et sœurs bien‑aimés, ne laissons pas passer cette grâce. La venue d’un pape n’est pas la visite d’un chef d’État parmi d’autres. Ce n’est pas une célébrité que l’on vient apercevoir, ce n’est même pas d’abord un événement médiatique avec ses images, ses commentaires et ses foules. C’est surtout Pierre qui vient visiter ses frères.
Léon XIV vient comme successeur de cet homme bouleversant que nous contemplons dans l’Évangile de ce dimanche : Simon, le pêcheur de Galilée, l’homme fragile devenu Pierre, parce qu’un jour il a regardé Jésus et lui a dit : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
Voilà ce que nous devons attendre de la venue du Saint‑Père. Non pas seulement une parole sur la France, mais une parole qui nous ramène au Christ. Car le pape n’est jamais aussi grand que lorsqu’il disparaît derrière Jésus‑Christ.
Pierre n’est pas la lumière, Pierre montre la lumière. Pierre n’est pas le sauveur, il montre le Sauveur.
Et lorsque Léon XIV foulera dans quelques semaines le sol de notre pays, à la fin du mois de septembre, peut‑être faudra‑t‑il entendre derrière sa présence et derrière ses paroles Jésus lui‑même, notre Seigneur Jésus, poser de nouveau cette question à notre pays :
France, pour toi, qui suis‑je ?
France des cathédrales et des calvaires au bord des chemins, France de Saint‑Martin, de Sainte Jeanne d’Arc, de Saint‑Vincent de Paul, du curé d’Ars et de Sainte Thérèse de l’Enfant‑Jésus, France aux innombrables clochers, France des abbayes, des missionnaires et des pauvres servis au nom de Jésus, mais aussi — nous le savons bien et trop — France fatiguée, France indifférente à Dieu.
Pour toi, qui suis‑je ?

Voilà peut‑être la véritable question de cette visite. Alors bien sûr, n’y répondons pas à la place des autres, n’y répondons pas pour la société, mais répondons chacun. Moi, toi qui m’écoutes en ce moment : pour toi, qui est Jésus ?
Car si la venue de Léon XIV ne faisait que remplir nos rues, ce serait bien trop peu.
Si elle remplissait nos églises, ce serait déjà magnifique, mais surtout si elle pouvait rouvrir nos cœurs à la présence lumineuse du Verbe éternel, alors là oui, ce serait une grâce immense. Demandons donc que cette visite ne soit pas seulement un événement que la France regardera, mais un événement que la France recevra. Et surtout, préparons‑nous spirituellement à cet événement, pas seulement avec des chants et des drapeaux, mais préparons nos âmes.
Revenons à la confession, retrouvons la prière, ouvrons le Saint‑Évangile, pardonnons à quelqu’un qui attend notre pardon, invitons celui qui s’est éloigné. Et surtout, parlons à notre Seigneur Jésus, parlons‑lui comme à quelqu’un de vivant. Alors, lorsque Pierre viendra parmi nous, il trouvera non seulement un peuple venu le voir, mais un peuple qui attend avec lui le Christ.
Car notre vieux pays, cette terre qui a vu tant de saints marcher, des cathédrales jaillir de son sol, des hommes et des femmes qui ont tout quitté pour Dieu, eh bien aujourd’hui, la France chrétienne va recevoir avec onction le successeur de Pierre qui va venir la conforter dans la foi. Car la foi chrétienne n’est pas le parfum d’un monde disparu. Le Christ n’est pas mort, il est plus que jamais vivant.
Et ce Christ passe encore. Et il nous demande très doucement, et je me permets de poser encore la question : pour toi, qui suis‑je ? Oui, laissez longtemps descendre cette question en vous, chers amis de Cathoglad, peut‑être même jusqu’à l’endroit de votre cœur que vous gardez bien verrouillé, bien fermé, et répondez avec Pierre, même pauvrement, même en tremblant. Avec Pierre, dites : « Seigneur, tu es le Christ. Tu es celui que je cherchais quand je croyais chercher autre chose. Tu es celui que j’attendais dans tous mes amours. Tu es celui qui me connaît profondément sans me mépriser. Tu es celui qui voit ma faute et qui ne détourne pas les yeux. Tu es celui qui m’attend encore et encore et encore. Tu es le Fils du Dieu vivant. »
Alors oui, comme pour Pierre, tout commence. Car lorsque l’homme reconnaît enfin qui est Jésus, Jésus lui révèle à son tour qui il est. C’est ça qui est merveilleux avec notre Seigneur Jésus‑Christ. Comme il est le rédempteur de l’homme, eh bien il révèle l’homme à l’homme.
Alors Pierre dit : « Tu es le Christ. » Et Jésus lui répond : « Tu es Pierre. »
Vous voyez, nous passons notre vie à chercher qui nous sommes. Nous nous cherchons dans le regard des autres, dans notre métier, dans nos réussites, dans nos quantités de désirs. Et nous ne nous trouvons jamais complètement. Parce que pour savoir qui nous sommes, il faut savoir d’abord à qui nous appartenons.
Eh bien, chers amis, rappelons‑le ce matin. Oui, nous appartenons au Christ. Regardez le Christ. Dites‑lui qui il est pour vous. Et vous découvrirez de plus en plus qui vous êtes pour lui.
Et alors peut‑être bien que le réveil spirituel de notre France commencera ainsi. Eh bien, dans le fait tout simplement de se mettre à genoux devant le Christ, rédempteur de l’homme, et de lui dire : « Oui, mon divin Maître et Seigneur, mon Seigneur Jésus, tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »
Et bien sûr, le Christ fera son œuvre de grâce en nous. Alors réjouissons‑nous, chers amis, nous sommes tellement aimés. Soyez bénis, chers amis de Cathoglad. Bon dimanche.

Parole et Évangile du jour | Dimanche 23 août • Les clefs du Royaume : Qui est Jésus ?

Samedi 22 août

• Marie, Reine ! La couronne que nous pouvons tous avoir

Il nous est déjà arrivé de dire des choses et de ne pas les faire, d’enseigner des choses et de ne pas suivre ces enseignements nous‑mêmes. Eh bien c’est exactement ce que font les scribes aujourd’hui, les scribes et les pharisiens. Ils disent et ne font pas.
Ils chargent les épaules des gens de fardeaux qu’eux‑mêmes ne touchent pas du doigt. Ils s’installent aux premières places et collectionnent les titres. Oh là là là là, est‑ce que cela nous concerne ? Bien évidemment.
Nous sommes ceux à qui s’adresse cet Évangile. Nous ne sommes peut‑être pas des scribes et des pharisiens, mais nous avons certaines nuances de leurs attitudes.
Et Jésus conclut avec une parabole, comme d’habitude, qui renverse un peu l’idée que se faisaient les scribes et les pharisiens de toute cette vie qu’ils avaient : Le plus grand parmi vous sera votre serviteur ; qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé.
C’est cela que l’Église fête aujourd’hui avec Marie Reine.
Les protestants posent légitimement la question : pourquoi donner à Marie un titre royal ? N’est‑ce pas une invention humaine qui outrepasse ce que dit l’Écriture ? Ce n’est pas marqué dans la Bible que Marie est Reine.
La réponse se trouve dans l’Évangile de ce matin même. Marie est Reine parce qu’elle est la servante par excellence.
Déjà, nous sommes tous prêtres, prophètes et rois. Mais d’où vient cette royauté ? Eh bien elle vient de la couronne du consentement au plan de Dieu.
Marie, qui a dit oui sans totalement comprendre, sans négocier, sans condition
. Comme il nous arrive de le faire : ok Seigneur, mais j’aimerais ça quand même… Elle dit juste : qu’il me soit fait selon ta parole.
Et elle n’a pas cherché à s’élever alors qu’elle parlait à l’Envoyé de Dieu, l’ange Gabriel, qu’elle avait tout cela en son cœur. C’est pour cela qu’elle a été élevée.
La royauté de Marie n’est pas une grandeur d’un royaume humain, avec une couronne, avec des joyaux. C’est l’accomplissement parfait de la logique même du royaume que Jésus enseigne.
Ézéchiel, encore lui, voit la gloire de Dieu entrer dans la maison par la porte de l’Orient. Et la voix qu’il entend dit : c’est ici le lieu de mon trône ; là je demeurerai au milieu d’Israël pour toujours.
La tradition catholique a lu dans cette porte, fermée, par laquelle seul le Seigneur passe, une figure de Marie, demeure du Verbe incarné. C’est la reconnaissance que Dieu a choisi de venir au monde par elle et qu’elle a consenti librement à être ce lieu d’accueil du Sauveur.
Et Padré PIO disait : « Dieu parle à celui qui tient son coeur humble devant lui et il l’enrichit de ses dons » Marie est le modèle de cette humilité. Ce n’est pas une humilité qui se dévalorise, à la pêche aux compliments, mais celle qui se tient disponible, ouverte, capable de recevoir ce qui la dépasse infiniment.
À son exemple, ce que Dieu nous demande n’est pas d’être parfait, bien évidemment. Il nous demande de dire oui sans totalement tout comprendre, sans poser nos conditions, et de le laisser faire le reste.
La couronne de Marie, c’est en fait qu’elle s’est déchargée sur Dieu de toutes ses inquiétudes.
Alors, voulons‑nous cette couronne, qui est une couronne de libération ? Eh bien je le pense, oui, dans notre cœur en tout cas.
Marie, Reine, priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Samedi 22 août • Marie, Reine ! La couronne que nous pouvons tous avoué

Vendredi 21 août

• Fais moi connaître ta route, mon Dieu

Nous sommes habitués à vouloir prendre en piège la parole du Seigneur. S’il a dit ça, alors pourquoi cela ? Eh bien, c’est tout à fait ce que fait un docteur de la loi dans les textes du jour. Il pose une question pour tendre un piège à Jésus. Et Jésus lui donne la réponse la plus simple de tout l’Évangile.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tout ton esprit. Ce commandement donné par le Seigneur n’annule pas les autres. Il les contient tous.
Ainsi, on ne peut pas dire que c’est le seul commandement qui nous est donné de Jésus. Et il nous est d’ailleurs recommandé de bien comprendre le décalogue, c’est-à-dire les dix commandements du Seigneur. Jésus dit que de ces deux commandements qu’il donne dans l’Évangile dépend toute la loi et tous les prophètes.
C’est comme une clé de voûte. Retirez-la et tout s’effondre. Gardez-la et tout le reste tient.
Mais alors, comment aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme et de tout son esprit, de toute son intelligence ? Concrètement, dans une journée ordinaire, comment on peut faire ?
Saint Augustin nous donne quelques pistes et nous libère par ailleurs d’une grande illusion. Personne n’est sans amour. La question n’est pas d’aimer ou de ne pas aimer. C’est de choisir ce qu’on aime. Et ce choix lui-même, nous n’en sommes pas les seuls auteurs.
Augustin nous dit que nous ne pouvons aimer que si nous sommes d’abord aimés. L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint. Et ceci ne nous demande pas d’être en performance. Il ne nous demande pas de produire. Non, c’est une réponse à quelque chose qui nous précède : l’amour.
Aime, et tu l’as en toi. Dieu s’offre à nous. Aimer Dieu de tout son être, c’est d’abord consentir à être aimé par lui. Et laisser cet amour reçu se déployer vers le prochain.
Mais l’Évangile nous dit aussi, quelque part, s’aimer et se considérer, se pardonner, c’est ouvrir la porte au Seigneur pour qu’il vienne guérir nos blessures intérieures. La reconstruction commence ici. Et c’est alors que nous pouvons accueillir son amour et laisser cet amour reçu se déployer vers le prochain.
Et saint Pie X, que nous fêtons aujourd’hui, a incarné ce commandement dans la chair d’un pontificat. Il venait d’un milieu pauvre. Il a été élu pape. Il a été curé de village. Il est resté toute sa vie l’homme de la proximité avec le peuple.
Sa devise était : « Instaurare omnia in Christo », tout restaurer dans le Christ. La restauration commence par l’accepter dans notre cœur, pour qu’il reconstruise, qu’il nous refaçonne, qu’il nous reconstruise de l’intérieur.
Sachez-le, il a abaissé l’âge de la première communion à l’âge de raison, convaincu que les enfants avaient besoin du Christ au plus tôt, et non après des années de préparation distantes. Il a réformé la liturgie, encouragé la communion fréquente, à l’époque où beaucoup de catholiques ne communiaient qu’une seule fois par an, par excès de déférences mal comprises.
Et la vision des ossements desséchés d’Ézéchiel, dans la première lecture, parle directement de cela. Une armée qui se dresse quand l’Esprit entre en elle. Pie X savait que l’Église ne se réforme pas par les seules structures. Elle revit quand ses membres reçoivent l’Esprit, et quand on leur facilite l’accès à la source de tout : l’Eucharistie.
Aimer Dieu de tout son être commence souvent par ce geste simple, chers amis : s’approcher de Dieu, communier, recevoir, pardonner, pardonner notre cœur, se pardonner à soi-même pour nos erreurs, nos manquements, et ensuite nous tourner vers les autres.
Saint Pie X priait pour nous. Jésus, Jésus, reçois ma prière.

Parole et Évangile du jour | Vendredi 21 août • Fais moi connaître ta route, mon Dieu

Jeudi 20 août

• Vous êtes invités au Noces !

Les noces sont là, les invités refusent de venir, alors que le roi a tout préparé : le banquet, les bœufs, les bêtes grasses, tout est prêt, et les gens s’en vont, l’un à son champ, l’autre à son commerce.
Ils sont invités, mais ne répondent pas à l’invitation. C’est une des paraboles les plus provocantes de l’Évangile, parce qu’elle nous ressemble. Elle nous ressemble en cette indifférence ordinaire qui préfère nos occupations aux festins.
Combien de fois Dieu nous invite, par une lecture qui tombe juste, par une rencontre, par une messe, par une grâce intérieure donnée ? Et nous répondons : pas maintenant. J’ai quelque chose à faire, j’ai un commerce, j’ai mes affaires, j’ai mes amis, j’ai mes activités, j’ai mon sport, j’ai tout cela.
Alors, certes, ce n’est pas le refus brutal des méchants de la parabole, c’est le glissement tranquille de celui qui n’a pas dit non, mais qui n’a pas dit oui non plus.
Or, que nous dit la parole, chers amis ? Que ton oui soit oui et que ton non soit non, ainsi est le langage de la vérité.
Le roi envoie alors au carrefour, il ramasse tout le monde, les mauvais comme les bons. C’est l’Église dans sa réalité quotidienne, un filet qui ramasse, un festin ouvert à tous, sans condition de mérite préalable.
Mais alors survient cet homme sans vêtements de noces. Lui a accepté l’invitation, il est là, mais il n’a pas revêtu ce que la noce exige.
Et le roi l’interpelle : « Mon ami, comment es‑tu entré ici sans avoir le vêtement de noces ? »
L’homme garde le silence, il n’a pas de réponse, parce qu’il sait qu’il n’a pas le vêtement de noces.

Saint Bernard, dont l’Église fait mémoire aujourd’hui, a consacré toute sa vie à expliquer ce que signifie ce vêtir pour les noces. Il a formé des générations de contemplatifs et réformé une Église qui s’était endormie dans ses habitudes — alors oui, c’est possible, une Église qui s’endort dans ses habitudes.
Et il y a eu de nombreux électrochocs, chers amis, dans l’histoire de l’Église. Ses commentaires sur le Cantique des Cantiques sont parmi les plus beaux textes mystiques de toute la tradition, et ils disent tous la même chose : l’âme est faite pour l’union avec Dieu, mais cette union demande une préparation intérieure qui est le travail de toute une vie.
Jamais nous n’aurons terminé de nous préparer, jamais. Alors ne vous découragez pas, le combat continuera jusqu’à la fin.
Saint Grégoire de Nysse avant lui avait dit que le vêtement de noces est tissé de nombreux fils : celui de la charité, de la joie, de la paix, de la longanimité, de la bonté, comme une étoffe dont chaque vertu est un fil qui donne sa solidité à l’ensemble.
Ce vêtement ne se met pas en une heure, il ne se construit pas, ne se tisse pas en une heure. Non, il se tisse jour après jour, dans des petits renoncements, dans la prière fidèle, dans la charité concrète, dans tout ce que nous enseigne la parole, que nous devons écouter tous les jours — parce que notre oreille est sourde — dans le combat contre ce qui, en nous, préfère encore les activités humaines au festin de Dieu.
Ézéchiel nous l’avait dit : « Je vous donnerai un cœur nouveau, j’ôterai de votre chair le cœur de pierre, je vous donnerai un cœur de chair. »
Ce cœur nouveau, c’est le vêtement de noces, et il nous est donné, mais nous devons consentir à le recevoir et surtout à le porter.
Saint Bernard, priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Jeudi 20 août • Vous êtes invités au Noces !

Mercredi 19 août

• Les ouvriers de la dernière heure

Dieu agit comme cela, il ne regarde pas le temps et les résultats, mais la disponibilité. Il regarde la générosité avec lesquelles nous mettons au service.
Sa façon d’agir est plus que juste, dans le sens où elle va au‑delà de la justice et se manifeste dans la grâce. Tout est grâce, notre salut est grâce, notre sainteté est grâce ; en nous donnant la grâce, il nous accorde toujours plus que ce que nous méritons.
Alors, celui qui raisonne avec la logique humaine, c’est‑à‑dire celle des mérites acquis par ses propres talents, se retrouve de premier à dernier. « Mais j’ai tellement travaillé, j’ai tellement fait dans l’Église, j’ai tellement aidé, et on me paie la même chose que celui qui est arrivé le dernier. »
Souvenons‑nous qui a été le premier saint canonisé dans l’Église : le bon Larron. Il a volé le ciel au dernier moment de sa vie, c’est la grâce ; Dieu est comme ça, avec nous tous.
Au contraire, celui qui pense à ses propres mérites échoue ; celui qui se confie avec humilité à la miséricorde du Père se retrouve de dernier — comme le bon Larron — à premier.

Parole et Évangile du jour | Mercredi 19 août • Les ouvriers de la dernière heure

Mardi 18 Août

• La richesse, obstacle au Paradis ?

La réponse de Jésus est claire. Je vous le dis, il n’y a personne qui ait tout laissé sans tout recevoir. Il n’y a pas de demi‑mesure. Voici, nous avons tout laissé. Vous recevrez tout.
Au contraire, il y a cette mesure débordante avec laquelle Dieu fait ses dons. Vous recevrez tout. Il n’y a personne qui ait quitté sa maison, ses frères, ses sœurs, sa mère, son père, ses enfants, ou ses champs à cause de moi et de l’Évangile, qui ne reçoive déjà cent fois plus en ce temps‑ci. En maison, frères, sœurs, mère et champs, et la vie éternelle dans le temps à venir.
Voici la réponse. Le Seigneur ne sait pas donner moins que tout. Quand il donne quelque chose, il se donne lui‑même, ce qui est tout.

Parole et Évangile du jour | Mardi 18 août •La richesse, obstacle au Paradis ?

Lundi 17 août

• Observer les commandements ne suffit pas ?

Le jeune homme de l’Évangile est sincère, il a observé les commandements depuis sa jeunesse, et cela n’est pas rien. Jésus le regarde et l’aime, dit Marc dans sa version du même récit, puis il lui dit : « Vends ce que tu possèdes, donne‑le au pauvre, et viens, suis‑moi. »
Et le jeune homme s’en va triste, car il avait de grands biens.
Posons‑nous honnêtement la question : qu’aurions‑nous répondu à sa place ? Où est notre regard aujourd’hui ? Vers où est tourné notre regard ? Sur la vie à venir, sur cette joie parfaite et cette paix sereine que Dieu promet, cette vie éternelle dans la louange, ou sur ce que nous risquons de perdre ici‑bas ?
Et puis alors surgit cette pensée que beaucoup connaissent sans l’avouer : Et si finalement ce n’était pas vrai ? J’aurais retenu ma vie pour rien. Pourquoi souffrir, ou paraître souffrir sur cette terre, réprouver ses désirs, les plus enracinés dans la chair, pour quelque chose qui peut‑être n’existe pas ?
Cette pensée‑là, c’est le combat spirituel, dans sa forme la plus nue. Elle ne prouve pas que la foi est fausse, cette pensée‑là. Elle prouve que la foi coûte, et que le cœur réside toujours entre deux trésors.
La vérité, c’est qu’il y a un trésor qui est périssable, et un trésor qui est éternel.
Rappelez‑vous de ce que le Seigneur a fait pour vous. Il vous a repris, Il vous a rachetés. Dans le psaume du jour : « Le Dieu qui t’a engendré, tu l’oublies. Tu dédaignes le rocher qui t’a mis au monde. » N’oubliez pas ce que le Seigneur a fait pour vous dans votre vie.
Bernard de Quintaval, premier compagnon de François d’Assise, était riche lui aussi. Il s’approcha de François en secret et lui dit : « Je veux distribuer tous mes biens, de la manière qui te paraîtra la plus appropriée. » Ils ouvrirent l’Évangile trois fois, et trois fois tombèrent sur le même appel : tout vendre, ne rien emporter sur la route, renoncer à soi‑même.
Bernard obéit. Ce matin‑là, il distribua tout aux pauvres de la ville.
L’Évangile nous enseigne que observer les commandements ne suffit pas. Il y a une question qui vient après, celle que Jésus pose à ce jeune homme de l’Évangile : « Où est ton cœur ? » Car là où est ton trésor, là est ton cœur.
Beaucoup de saints étaient riches, et certains ont tout quitté, d’autres ne l’ont pas fait, et ont quand même été saints, parce que leur cœur n’était pas, n’était plus accroché à leurs biens. La richesse n’est pas un obstacle. L’attachement à cette richesse l’est. Et cet attachement peut vivre aussi bien dans un cœur pauvre que dans un cœur riche.
Ainsi prenons garde, là où nous mettons notre regard, là où nous mettons notre cœur.

Parole et Évangile du jour | Lundi 17 août • Observer les commandements ne suffit pas ?

Dimanche 16 août

• La Maison de la Prière

Jésus réagit en bon juif religieux quand il refuse de parler à la cananéenne qui le supplie. Il ne lui répondit pas un mot, dit l’Évangile. Et les disciples aussi réagissent en bon juif en disant à Jésus : « Renvoie‑la, car elle nous poursuit de ses cris. »
Les figures de l’Évangile, en général, ont toute une portée allégorique et incarnent une réalité spirituelle. La cananéenne ici figure le pays de Canaan, comme la Samaritaine incarne la Samarie tout entière, Élisabeth le peuple d’Israël qui attend la promesse, Zacharie la prophétie juive devenue muette, etc. Cette cananéenne qui supplie Jésus pour sa fille tourmentée par un démon symbolise donc Canaan.
La population païenne idolâtre, au pouvoir de Satan, que le peuple d’Israël a dû chasser pour prendre possession de la terre de la promesse. « Renvoie‑la », disent les disciples à Jésus, se souvenant que leurs ancêtres ont bel et bien renvoyé la population cananéenne lors de leur entrée en terre promise. La loi de Moïse ordonnait de n’avoir aucune relation avec les païens, et Jésus l’observe d’abord en refusant de parler à la cananéenne et d’avoir des relations avec elle.
Mais tout change peu à peu quand elle s’obstine à supplier Jésus encore et encore. « Seigneur, viens à mon secours ! » Jésus poursuit encore sur sa ligne en lui répondant : « Il n’est pas bien de prendre le pain des enfants — qu’il s’agit des juifs — et de le jeter aux petits chiens — les païens. » La femme poursuit sa supplication et finalement Jésus cède et s’exclame : « Ô femme, grande est ta foi ; que tout se passe pour toi comme tu le veux. »
Mesurons le caractère profondément choquant de la parole de Jésus pour les disciples. Il dit d’une cananéenne, de la population idolâtre chassée par Israël, que sa foi est grande. Affirmation terriblement choquante dans la logique de la loi de Moïse.
Canaan a une grande foi, et Jésus exorcise sa fille, c’est‑à‑dire la fait rentrer dans l’alliance d’Israël. Cette femme, du coup, n’est plus chassée : elle est accueillie, intégrée dans l’alliance divine d’abord conclue avec Israël, et Jésus lui parle ; la parole de Dieu lui est, à elle aussi, adressée. C’est bien le signe que la nouvelle alliance est désormais instaurée en Jésus.
Et la résistance de Jésus est le signe que cela ne provient pas d’une attitude que nous pourrions qualifier de libérale — il n’y a plus de loi divine qui oblige, il n’y a plus de différence entre les hommes — mais bien d’une volonté du Père céleste, qui a indiqué à Jésus que désormais le temps était venu de faire entrer même Canaan dans l’alliance sainte qu’il conclut d’abord avec Israël seul.
Chers amis de Kathoglad, je pense que la plupart d’entre nous, nous sommes issus du paganisme, nous ne sommes pas juifs d’origine. Eh bien exprimons ce dimanche notre reconnaissance pour ce peuple juif qui a été le peuple élu et continue de l’être — l’appel et les dons de Dieu sont sans repentance — et exprimons intérieurement notre reconnaissance et notre respect pour les juifs, nos frères aînés dans la foi.
Nous sommes de petits chiens qui avons bénéficié de miettes tombées de la table des enfants. Si nous croyons vraiment au dessein de Dieu dans l’histoire tel qu’il est révélé dans la Sainte Écriture, nous devons toujours garder au cœur ce souvenir d’être venus en second, par miséricorde, et de devoir au peuple juif d’avoir été les porteurs de l’alliance et des livres sacrés.
Et si nous, qui sommes païens, avons été introduits par miséricorde dans l’alliance, nous devons maintenant être les juifs des païens d’aujourd’hui, c’est‑à‑dire leur laisser volontiers accès à notre sainte table, à notre communion fraternelle, à notre communauté chrétienne.
La logique du ghetto est tout à fait contraire à la nouvelle alliance : s’enfermer dans notre groupuscule de gens qui gardons la vraie foi, en regardant ceux de l’extérieur qui s’approchent de nous comme des gens à chasser parce qu’ils poussent des cris et nous importunent, c’est une terrible ingratitude venant de nous qui n’avons aucunement mérité la grâce de pouvoir manger le pain des enfants auquel maintenant nous communions.
Daigne le Seigneur nous délivrer de cet entre‑soi communautaire, du club qui s’auto‑célèbre et s’auto‑satisfait de ses privilèges.
Oui, soyons vraiment attentifs aux personnes qui s’approchent : soit en venant à la messe une fois par curiosité ou pour tout autre motif, soit en manifestant un désir de faire partie de notre communauté, parfois même de façon timide.
Bon nombre de gens disent avoir été rebutés, car on leur montrait — sans le dire, mais de façon trop évidente — qu’ils n’étaient pas « de chez nous » et n’étaient pas bienvenus. À la sortie d’une messe, allons‑nous toujours et uniquement saluer les personnes que nous connaissons déjà, que nous avons plaisir à revoir, avec qui nous avons envie de discuter ? Ou gardons‑nous un œil pour tel ou tel inconnu qui s’attarde un peu et guette une main tendue, un début de conversation ?
Il y a là un enjeu missionnaire majeur.
Isaïe prophétisait : « Les étrangers qui se sont attachés au Seigneur pour l’honorer, pour aimer son nom, pour devenir ses serviteurs, je les conduirai à ma montagne sainte, je les comblerai de joie dans ma maison de prière. Ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples. »
Cette joie que nous avons d’être chrétiens, cette joie d’appartenance à notre communauté ecclésiale, offrons‑la le plus largement possible. Laissons‑nous animer par ce tourment de l’offrir à tous ceux qui manifestent un tant soit peu une disposition à en faire partie.
Ne laissons pas se perdre cette prophétie maintenant accomplie dans le Christ et dans son Église : « Ma maison sera appelée maison de prière pour tous les peuples. »

Parole et Évangile du jour | Dimanche 16 août • La Maison de la Prière

Samedi 15 août

• Assomption de la Vierge Marie

Chers frères et sœurs de Cathoglad,

Sainte Thérèse de l’Enfant‑Jésus se désolait qu’on mette la Vierge Marie sur un piédestal et qu’on la transforme en une sorte de super reine un peu écrasante. Dans ses derniers entretiens avant de mourir, elle a même dit : bien sûr que la Vierge est reine du ciel et de la terre, mais elle est plus mère que reine.
Alors, en contemplant aujourd’hui Marie montée au ciel en son âme et en son corps, eh bien on pourrait être tenté justement de la mettre sur un piédestal, d’interpréter cette glorification qu’elle reçoit aujourd’hui dans cette fête de l’Assomption comme un signe qu’elle est loin de nous et de notre condition de pauvre pécheur marqué par la faiblesse ici‑bas.
C’est donc la grande question que je vous propose de nous poser dans notre méditation à l’occasion de cette solennité de l’Assomption : l’Assomption de Marie l’éloigne‑t‑elle de nous ? On pourrait avoir cette impression parce qu’elle monte au ciel, elle quitte la terre, elle rentre avec son corps dans une dimension qui ne nous est pas encore accessible : l’éternité, le fait de vivre en présence de Dieu et de contempler le Seigneur.
Mais en réalité, je crois que c’est l’inverse qui est vrai : que Marie, dans son Assomption, ne s’éloigne pas de nous, mais qu’elle nous ouvre plutôt la voie, qu’elle se fait la première d’entre nous et que nous serons appelés à la rejoindre. La victoire de Jésus sur la mort n’est pas théorique ou abstraite.
Dans l’Assomption de Marie, nous contemplons une sainte qui entre au ciel, la plus grande d’entre elles, la plus grande des saintes et des saints, qui entre avec son âme glorifiée mais aussi avec son corps, le même corps avec lequel elle a vécu, avec lequel elle a porté Jésus, avec lequel elle a souffert, le même corps qui a d’abord été un corps de bébé, de petite fille, d’adolescente qui a grandi, le même corps qui a peut‑être été en proie à la maladie, le même corps avec lequel Marie a traversé son existence terrestre comme chacun d’entre nous. Le même corps, mais ce corps glorifié, glorifié comme son âme, un corps qui désormais ne pourra plus se corrompre ni être le lieu de la souffrance, un corps totalement habité par la gloire et la présence du Seigneur.
C’est un rappel magnifique pour nous que notre corps à nous aussi est fait pour le ciel, et notre corps trouvera pleinement son repos au jour de la résurrection d’entre les morts, à la fin des temps. Marie nous montre cette voie et elle nous montre, en étant comme une icône de cette promesse de repos éternel que Dieu nous fait à nous aussi, que nous sommes appelés à trouver le repos éternel avec non seulement notre âme mais aussi notre corps.
Et donc cela signifie que Marie, dans l’Assomption, n’est pas une sorte d’icône qui s’éloigne de la terre et qui devient de plus en plus lointaine de nos réalités quotidiennes, mais plutôt qu’elle devient un modèle à imiter.
D’ailleurs, c’est cohérent avec ce que nous enseigne Sainte Thérèse : si Marie est plus mère que reine, eh bien je peux chercher à l’imiter comme un enfant imite sa mère. C’est vrai que je ne peux pas imiter son immaculée conception, je ne peux pas malheureusement cesser de pécher, mais je peux imiter autre chose, parce que Marie a porté Dieu en elle.
À ce titre, les Pères de l’Église font cette comparaison entre Marie et l’Arche d’Alliance. Cette arche qui, dans l’Ancien Testament, était le lieu de la présence de Dieu, et cette arche qui est montée à Jérusalem sous le règne du roi David, de la même manière que Marie montera au ciel. Cette Arche d’Alliance aussi qui apparaît dans le ciel, comme nous le relate l’Apocalypse dans la deuxième lecture de cette messe de l’Assomption, au moment même où une femme couronnée d’étoiles fait elle aussi son apparition dans le ciel.
Marie donc a accueilli Dieu en elle, et elle monte au ciel en son âme et en son corps précisément parce que sa personne toute entière a été le lieu de la présence de Dieu pendant sa vie.
Eh bien nous aussi, à la suite de Marie, nous sommes appelés à prendre conscience que nous sommes comme des arches d’Alliance où la divinité habite. C’est vrai en premier lieu par notre baptême, qui nous donne une grâce d’inhabitation de Dieu en nous. La Sainte Trinité elle‑même habite au plus profond de nos âmes.
Et puis c’est vrai aussi, bien sûr, par chacune de nos communions eucharistiques, lorsque nous recevons Jésus, vrai Dieu et vrai homme, réellement présent dans cette Hostie. Dans ces moments de communion eucharistique, nous pouvons nous comparer à la Vierge Marie en étant, comme elle, des arches d’Alliance qui accueillent la présence même de Dieu en nous.
Ce n’est donc pas seulement notre âme qui est concernée par notre vie spirituelle, mais aussi notre corps. Et saint Paul le dit lorsqu’il nous rappelle que nos corps sont les temples de l’Esprit‑Saint.
À l’occasion donc de cette solennité de l’Assomption, eh bien c’est la grâce que nous pouvons demander au Seigneur : D’abord nous rappeler notre vocation à habiter avec notre corps en sa présence pour l’éternité, et de ce rappel tirer une conclusion pratique pour notre quotidien.
Prendre conscience que notre corps lui‑même est le temple de l’Esprit‑Saint dès ici‑bas. Tout cela peut changer notre manière de regarder notre corps. Tout cela nous interdit par exemple de détester ou de mépriser notre corps. Tout cela nous interdit de maltraiter notre corps. Tout cela nous interdit aussi de traiter notre corps comme un objet avec indifférence, en estimant que ce que nous faisons avec notre corps n’impacte pas notre personne tout entière.
Tout cela aussi est un chemin de joie. Et pour conclure, je vous propose de méditer sur cette scène bien connue que nous avons entendue dans l’Évangile.
Lorsque Marie entre chez Élisabeth et que Élisabeth la salue, Marie sent Dieu, Jésus, le petit Jésus tressaillir en elle. Elle prend conscience de cette présence de Dieu en elle, et au moment où elle prend conscience de cette présence de Dieu en elle, elle explose de joie et elle nous donne ce chant d’action de grâce incroyable qu’est le Magnificat.
C’est une promesse pour nous. Il y a la voie de la facilité, qui nous pousse peut‑être à mépriser notre corps ou à le traiter comme un objet, ou à chercher à ne le contenter qu’à travers des satisfactions très passagères. Et puis il y a l’autre chemin, le chemin que nous ouvre la Vierge Marie, un chemin de joie profonde et intense.
Ce chemin qui nous apprend petit à petit, patiemment, pas après pas, à considérer notre corps comme le temple de l’Esprit‑Saint, à considérer que par la grâce de notre baptême, par chacune de nos communions eucharistiques, et puis tout simplement par chaque grâce que nous pouvons recevoir dans chacune de nos prières, à chaque fois que nous tournons notre cœur vers Dieu, Dieu habite en nous réellement.
C’est donc une promesse qui nous est faite dans cette fête de l’Assomption. Si nous vivons en prenant conscience de la présence de Dieu en nous jusque dans notre dimension corporelle, nous vivrons dans une joie immense.
Alors, chers frères et sœurs, en attendant le jour bienheureux de la résurrection d’entre les morts, lorsque nous‑mêmes nous récupérerons notre corps glorieux qui sera réuni avec notre âme, lorsque nous pourrons à nouveau nous serrer dans les bras les uns des autres, lorsque nous pourrons adorer Dieu avec non seulement toute notre âme mais aussi tout notre corps, lorsque nous pourrons goûter les fruits de cette présence de Dieu dès ici‑bas par la grâce dans nos cœurs, lorsque nous pourrons louer le Seigneur avec notre bouche, avec notre voix, eh bien en attendant ce jour bienheureux, empruntons à la suite de Marie ce chemin de joie profonde et intense par lequel nous aimons notre corps, par lequel nous le traitons comme le temple de l’Esprit‑Saint, et par lequel petit à petit nous demandons au Seigneur de venir habiter en nous et déployer la puissance de sa grâce jusque dans notre dimension corporelle.
Que Marie, qui ne s’éloigne pas de nous aujourd’hui par cette fête de l’Assomption mais bien plutôt nous attire à elle, que Marie nous guide sur ce chemin, qu’elle nous guide sur ce chemin de la découverte de la vraie joie, la joie profonde, et qu’elle nous fasse découvrir que nous aussi, nous sommes à notre mesure, et comme elle, des arches d’Alliance, lieux de la présence du Seigneur.
Que nous puissions nous honorer nous‑mêmes et nous honorer les uns les autres avec ce regard de foi. Amen.

Parole et Évangile du jour | Samedi 15 août • Assomption de la Vierge Marie

Vendredi 14 août

• Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas

Ézéchiel décrit quelque chose que nous n’attendons pas d’un texte sacré. Dieu se penche sur un nouveau‑né, abandonné dans son sang, qui le fait vivre, le fait grandir, l’habille, le pare de bijoux, lui donne une alliance, et cette créature, ainsi aimée, se prostitue à tout passant. Dans cette première lecture, l’image est violente, et elle l’est volontairement parce qu’elle dit quelque chose de vrai sur ce que l’amour de Dieu supporte de notre part, et sur la logique de tout amour véritable.
Benoît XVI, dans Deus Caritas Est, le dit. Le mariage fondé sur un amour exclusif et définitif devient l’icône de la relation de Dieu avec son peuple. La façon dont Dieu aime devient la mesure de l’amour humain.
Ce n’est pas l’Église qui a inventé l’indissolubilité du mariage, c’est inscrit dans la logique même de ce qu’est l’amour, quand il est total. Jésus le dit aux pharisiens : au commencement, il n’en était pas ainsi. Moïse a toléré le divorce à cause de la dureté des cœurs, non parce que c’était le dessein de Dieu, mais parce que les hommes n’étaient pas capables de le vivre pleinement.
La permission n’était pas idéale. Elle était une concession à la faiblesse dans la pédagogie divine, vis‑à‑vis d’une humanité blessée par le péché, en reconstruction.
Alors pourquoi ne pas faire selon nos désirs ? Changer de partenaire si ça ne marche plus, d’un commun accord même, sans blesser personne. L’Église paraît rude, en retard, non moderne, irréaliste. C’est ce que beaucoup pensent.
Mais poser la question autrement : que disent ces mêmes personnes quand les passions se calment, quand la chair ne hurle plus, quand on est sorti du tourbillon des commencements ? Souvent, ce qu’elles regrettent, ce n’est pas d’avoir respecté des règles, c’est d’avoir laissé des traces, d’avoir fragmenté quelque chose qui demandait à être entier, à se construire petit à petit.
Le don total de soi dans le mariage, ce n’est pas une contrainte, c’est la seule logique qui corresponde à ce que l’amour veut être quand il va jusqu’au bout. Benoît XVI nous dit que l’héros, enraciné dans la nature de l’homme, renvoie au mariage, à un lien caractérisé par l’unicité et le définitif. C’est seulement ainsi que se réalise sa destinée profonde.
L’Église sait que l’homme est pécheur, elle n’attend pas la perfection. Mais elle indique la direction, et cette direction n’est pas une direction arbitraire. Elle reflète ce que Dieu lui‑même vit dans son rapport à l’humanité. C’est un don total. Il est venu, il a été crucifié sur la croix, c’est un don total d’amour total.
Saint Maximilien Kolbe, dont l’Église fait mémoire aujourd’hui, a vécu jusqu’à son terme cette logique extrême du don total. C’est un prêtre franciscain, polonais, arrêté par les nazis et déporté à Auschwitz. Il se porta volontaire pour mourir à la place d’un père de famille condamné à la chambre de famine. C’était une condamnation à mort, bien évidemment.
Il savait que c’était la fin. Il dit simplement : « Je suis prêtre catholique. » Dans ce geste, il choisit son identité jusqu’au bout et sa mission jusqu’au bout. Cela était donc la définition la plus haute de ce qu’il était.
L’identité chrétienne fonctionne ainsi. Elle ne nous emprisonne pas contrairement à ce que nous pouvons penser. Cela est une pensée du combat spirituel d’ailleurs. Elle nous dit qui nous sommes vraiment et ce vers quoi nous tendons, ce que nous pouvons devenir.
Divaguer dans un méandre de relations sans engagement, traiter le corps et le désir comme des fins en elles‑mêmes, c’est ne jamais découvrir ce don qu’on est capable quand on choisit de se donner plutôt que de se reprendre.
Alors laissons les calculs de côté. Jésus a aimé jusqu’à la mort. Cette même logique de l’amour total nous est demandée.
Saint Maximilien Kolbe priait pour nous.

Parole et Évangile du jour | Vendredi 14 août • Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas

Jeudi 13 août

• N’oubliez pas les exploits du Seigneur !

La parabole d’aujourd’hui nous aide à saisir pleinement le sens de cette phrase que nous récitons dans la prière du Notre Père. Remets‑nous nos dettes comme nous remettons à nos débiteurs. Ces mots contiennent une vérité décisive.
Nous ne pouvons pas prétendre au pardon de Dieu pour nous si, à notre tour, nous n’accordons pas le pardon à notre prochain. C’est une condition : pense à la fin, au pardon de Dieu, et cesse de haïr. Chasse la rancœur, cette mouche agaçante qui va et vient.

Parole et Évangile du jour | Jeudi 13 août • N’oubliez pas les exploits du Seigneur !

Mercredi 12 Août

• La réconciliation

Aujourd’hui, l’Évangile nous parle de la correction fraternelle, qui est l’une des expressions les plus élevées de l’amour, mais aussi l’une des plus exigeantes, car il n’est pas facile de corriger les autres. Lorsqu’un frère dans la foi commet une faute contre toi, aide‑le sans rancune, corrige‑le, aidez en corrigeant.
Malheureusement, en revanche, ce qui se crée souvent autour de celui qui commet une faute, c’est la médisance, où tout le monde apprend la faute, avec tous les détails, sauf la personne concernée. Jésus nous enseigne à nous comporter différemment. Voici ce qu’il dit aujourd’hui : si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère.
Parle‑lui en tête à tête, parle‑lui loyalement, pour l’aider à comprendre où il a fauté, et fais cela pour son bien, en surmontant la honte et en trouvant le vrai courage, qui n’est pas de médire, mais de dire les choses en face avec douceur et gentillesse. Et s’il ne comprend toujours pas, alors, dit Jésus, implique la communauté.
Mais précisons également ici : cela ne signifie pas couvrir la personne de honte, en lui faisant honte publiquement, mais rassembler les efforts de tous pour l’aider à changer. Pointer du doigt n’est pas la bonne façon de faire, cela rend souvent plus difficile pour celui qui a fauté de reconnaître son erreur. Au contraire, la communauté doit à lui ou elle faire sentir que, tout en condamnant l’erreur, elle est proche de la personne par la prière et l’affection, toujours prête à offrir le pardon, la compréhension et à recommencer.
Chers amis, je voudrais aussi aujourd’hui vous parler de la première lecture, parce qu’elle est plutôt violente quand on ne connaît pas le contexte, et même quand on connaît le contexte, au final, ça reste quelque chose de violent. Ce passage d’Ézéchiel décrit un jugement divin où ceux qui restent fidèles à Dieu sont marqués et protégés, tandis que les infidèles sont condamnés à la destruction. Cette violence symbolise la gravité du péché et la nécessité de la repentance.
L’Église interprète cette marque comme un signe de salut et de protection, préfigurant le rôle de la croix dans la rédemption chrétienne. Ce texte invite à la conversion et rappelle la justice de Dieu et sa miséricorde envers les fidèles.
Donc, le passage décrit une vision où Dieu envoie les anges pour marquer d’une croix au front ceux qui sont restés fidèles et qui gémissent à cause des abominations commises à Jérusalem. Les autres, qui se sont livrés à l’idolâtrie et au péché, sont condamnés à la destruction, et c’est dit dans plusieurs livres de la Bible.
Le symbolisme de la croix que les anges mettent sur le front, donc cette marque, symbolise la protection divine. Ceux qui sont marqués sont épargnés du jugement, car ils ont gardé la foi en Dieu. Dans une perspective chrétienne, cette marque est vue comme un précurseur du signe de la croix.
La violence du jugement doit être comprise dans le cadre du langage prophétique. Ce sont des images qui sont utilisées pour souligner la gravité du péché et la nécessité d’un retour à Dieu.
Ce jugement décrit est une réponse à l’infidélité du peuple, mais il est aussi accompagné d’une promesse de restauration pour ceux qui restent fidèles. Et enfin, l’Église voit dans ce passage une préfiguration du jugement dernier, où chacun sera jugé selon ses actes.
Cependant, la violence du jugement dans l’Ancien Testament est interprétée à la lumière de l’amour et de la miséricorde révélés en Jésus‑Christ. La mort du Christ sur la croix offre une rédemption pour tous, et la croix devient un signe de salut plutôt que de jugement.
Donc, la mort du Christ sur la croix est aussi violente, et c’est Dieu qui est mort là. Donc ne nous trompons pas : ce passage n’est pas un passage qui nous détourne de l’amour, mais c’est un passage qui nous permet de comprendre notre histoire — c’est notre histoire, tout ça, l’Ancien Testament — et pour comprendre aussi le nouveau mystère qui est l’incarnation du Christ venu sur terre.
Donc, ce passage invite vraiment tous les croyants à se détourner des abominations et du péché et rappelle la protection divine sur ceux qui restent fidèles. N’oubliez pas ça.
Donc, n’oubliez pas que ces passages ne sont pas des passages qu’il faut absolument interpréter de manière totalement littérale, mais ce sont des passages où il faut plutôt prendre du recul.
Soyez bénis et à très bientôt.

Parole et Évangile du jour | Mercredi 12 août • La réconciliation

• Dieu n’a pas besoin de nos prières

Qu’est‑ce que Jésus veut nous enseigner par cette parabole ? Il nous rappelle que nous devons nous tenir prêts à la rencontre avec Lui. Très souvent dans l’Évangile, Jésus exhorte à veiller, et il le fait aussi à la fin de ce récit. Il dit ainsi : « Veillez donc, parce que vous ne savez ni le jour ni l’heure. » Mais par cette parabole, il nous dit que veiller ne signifie pas seulement ne pas dormir, mais être préparé. En effet, toutes les Vierges dorment avant l’arrivée de l’Époux.
Mais au réveil, certaines sont prêtes et d’autres non. Voilà donc ce que signifie être sage et prudent. Il ne s’agit pas d’attendre le dernier moment de notre vie pour collaborer avec la grâce de Dieu, mais de le faire dès à présent.
Il serait bon de réfléchir un peu. Un jour, ce sera le dernier. Si c’était aujourd’hui, comment suis‑je préparé ? Mais je dois faire ceci et cela.
Se préparer comme si c’était le dernier jour, cela fait du bien. Prenons un temps pour réfléchir à ce qui nous fait le plus souffrir. C’est peut‑être une attitude que nous avons, c’est peut‑être un regard sur nous‑mêmes, ou même un regard des autres, une mauvaise habitude, ou alors une relation qui nous fait mal.

Parole et Évangile du jour | Mardi 11 août • Dieu n’a pas besoin de nos prières

Lundi 10 août

• Semer pour la récolte !

Jésus a apporté dans le monde une espérance nouvelle et il l’a fait à la manière de la semence. Il s’est fait petit, petit comme un grain de blé. Il a laissé sa gloire céleste pour venir parmi nous. Il est tombé en terre, mais cela ne suffisait pas encore.
Pour porter du fruit, Jésus a vécu l’amour jusqu’au bout, en se laissant briser sous terre. C’est précisément là, dans le point extrême de son abaissement — qui est également le point le plus élevé de l’amour — qu’a germé l’espérance.
Si l’un de vous demande : comment naît l’espérance ? De la croix. Regarde la croix, regarde le Christ crucifié, et de là t’arrivera l’espérance qui ne disparaît plus, celle qui dure jusqu’à la vie éternelle.
Et cette espérance a germé précisément par la force de l’amour, parce que l’amour qui excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout, l’amour qui est la vie de Dieu, a renouvelé tout ce qu’il a touché.
Ainsi, à Pâques, Jésus a transformé — en l’assumant — notre péché en pardon, notre mort en résurrection, nos peurs en confiance. Mais écoutez bien ce qu’est la transformation que fait la Pâques : Jésus a transformé notre péché en pardon, notre mort en résurrection, notre peur en confiance. Notre péché en pardon, notre mort en résurrection, notre peur en confiance.
Voilà pourquoi sur la croix, notre espérance est née et renaît toujours. Voilà pourquoi, avec Jésus, chacune de notre obscurité peut être transformée en lumière, chaque échec en victoire, chaque déception en espérance, chacune.
L’espérance surmonte tout parce qu’elle naît de l’amour de Jésus, qui s’est fait comme le grain de blé tombé en terre et qui est mort pour donner vie. Et de cette vie pleine d’amour vient l’espérance.
Quand nous choisissons l’espérance de Jésus, nous découvrons peu à peu que la façon gagnante de vivre est celle de la semence, celle de l’amour humble.
Alors, chers amis, tournons‑nous toujours vers le Christ. Ne détournons jamais notre orientation de son visage, car il est la lumière, et c’est en lui qu’est notre espérance.

Parole et Évangile du jour | Lundi 10 août • Semer pour la récolte !

Dimanche 9 août

Garder la PAIX face aux tempêtes de la vie

Un prêtre missionnaire spiritain était un jour dans la brousse africaine. Il se dirigeait vers un village et il y a eu d’un coup un fleuve énorme entre lui et le lieu où il devait aller, le fameux fleuve Congo, dont chacun redoute à la fois la violence mais aussi évidemment les animaux qui le peuplent. Cependant, l’appel de la mission est là, les âmes attendent, et voici notre missionnaire qui est donc engagé sur une pirogue avec un petit enfant à l’avant qui regarde et qui avertit son père qui conduit derrière pour que la route soit sûre.
Seulement, la route ne l’est pas et voici qu’en raison d’intempéries, le fleuve commence à se déchaîner, la pirogue est de moins en moins stable. Le missionnaire est tout à fait désespéré, il a des affaires qui tombent autour de lui dans l’eau et il voit l’enfant tranquille devant qui n’a pas peur. « Tu n’as pas peur ? » dit‑il.
L’enfant répond : « Non monsieur, pourquoi ? » Et alors arrivent des alligators espérant recueillir quelques protéines de cet incident. Ils s’approchent très près, on voit leurs dents, on sent leur odeur, notre missionnaire panique et il dit encore une fois : « Tu n’as pas peur ? » Et l’enfant répond : « Non monsieur. » « Pourquoi est‑ce que tu n’as pas peur ? » le demande‑t‑il.
« Tu vois bien que les vagues sont là, que nous allons peut‑être mourir, que les alligators sont prêts à nous manger. » Et le petit répond : « Mais enfin monsieur, c’est mon papa qui conduit. »
L’histoire est banale, elle fait sourire, et pourtant si nous arrivions dans chacune de nos situations difficiles à être capables d’avoir cette tranquillité de l’enfant, un enfant qui est sûr que tout ira bien puisque c’est son père qui est à la barre.
Dans l’évangile de ce jour, Jésus conduit mystérieusement le bateau en étant à l’arrière endormi. C’est lui qui gouverne et il le prouve en demandant à la mer de s’arrêter, et elle s’arrête. Jésus gouverne, Jésus conduit, mais il ne conduit pas comme nous le voudrions, et nous sommes dans la crainte, et nous sommes dans la tristesse, et nous sommes dans la colère parce que nous n’avons pas ce que nous voulons et parce que notre vie ne se passe pas comme nous le souhaitons.
C’est légitime sur le plan naturel, ce n’est pas acceptable sur le plan surnaturel. Baptisés fils et filles de Dieu, nous sommes les préférés de notre Père. Nous disons chaque dimanche que nous croyons en Dieu le Père Tout‑Puissant.
Cette Toute‑Puissance ne s’arrête pas aux difficultés de mon existence. Elle est complète, elle est réelle. La Toute‑Puissance de Dieu semble parfois endormie dans la barque de ma vie, mais pourtant elle est là et elle gouverne.
Comme ce petit enfant, je dois pouvoir dire : non monsieur, j’ai pas peur, car c’est mon Père qui conduit le bateau.
Alors comment faire puisque nous n’entendons pas la voix du conducteur, nous le croyons endormi, assoupi à l’arrière de la barque ? Peut‑être que le livre des Rois que nous avons entendu peut nous aider.
Si nous n’entendons pas le Seigneur, c’est peut‑être que nous l’écoutons d’une mauvaise façon. Nous voulons entendre l’ouragan, le feu, le tremblement de terre, et cette attente nous empêche d’entendre la brise légère. C’est un peu comme quand vous cherchez un objet que vous avez perdu : vous êtes sûr de son aspect et vous le cherchez tel quel, et vous ne le trouvez pas parce qu’en fait il ne ressemble pas exactement à l’image que vous en aviez.
Nous cherchons une voix de Dieu qui nous dit ce que nous voulons entendre, et c’est pour cela parfois que l’on n’entend pas ce qu’il nous dit vraiment. Le cardinal Newman parle d’une voix qui murmure à l’intime de chacun de nos cœurs. Il l’appelle le vicaire intime du Christ.
C’est la voix de notre conscience, et c’est cette voix si légère que notre monde souvent n’entend plus. Dans les actions qu’il pose, dans les lois qu’il vote, cette voix intime qui parle et chuchote au cœur de tous les hommes et les amène vers le bien est souvent inaudible.
La leçon de ce dimanche, c’est peut‑être de se mettre à l’écoute de cette voix, cette voix du Christ qui semble dormir mais qui pourtant est à la manœuvre dans le bateau. Cette voix du Père qui me mène vers le bien même lorsque je ne comprends pas très bien où je suis en train d’aller.
Je suis entre les mains de Dieu, je ne crains rien, je ne risque rien, car c’est mon Père qui conduit le bateau.

Parole et Évangile du jour | Dimanche 9 août • Gardez confiance dans le Seigneur, ayez FOI !

Samedi 8 Août

• Vous avez de la foi ?

Le grain de Sévenay est tout petit, mais Jésus dit qu’il suffit d’avoir une foi comme cela, petite, mais vraie, sincère, pour faire des choses humainement impossibles, impensables, et c’est vrai.
Nous connaissons tous des personnes simples, humbles, mais avec une foi très forte, qui déplacent vraiment les montagnes. Pensons par exemple à certaines mamans et papas qui affrontent des situations très difficiles, ou à certains malades, même très graves, qui transmettent la sérénité à ceux qui vont les trouver. Ces personnes, précisément en raison de leur foi, ne se vantent pas de ce qu’elles font.
Combien de gens parmi nous ont cette foi forte, humble, et qui fait tant de bien ? Chacun de nous, dans sa vie de chaque jour, peut rendre témoignage au Christ avec la force de Dieu, la force de la foi. La foi toute petite que nous avons, mais qui est forte. Avec cette force, témoigner de Jésus Christ, être chrétien à travers notre vie, à travers notre témoignage.
Et comment puisons‑nous à cette force ? Nous la puisons à Dieu, dans la prière — la prière est le souffle de la foi, dans une relation de confiance. Dans une relation de confiance, dans une relation d’amour, ne peut manquer le dialogue, et la prière est le dialogue de l’âme avec Dieu.
Tout de suite, votre parcours d’été, l’art d’aimer Jésus.

Parole et Évangile du jour | Samedi 8 août • Vous avez de la foi ?

Vendredi 7 août

• Porter sa croix : où est notre centre de gravité

Qui veut sauver sa vie la perdra. La question que Jésus pose, ici, est une question de centre de gravité. Quand le centre, c’est nous-mêmes, toutes les décisions gravitent autour de sa propre survie, de sa propre image, de son propre confort. Quand le centre, c’est les autres, leur regard, leur approbation, leur amour ont vie suspendue à ce qu’ils pensent.
Mais quand le centre, c’est Dieu, quelque chose se réordonne profondément. Mais ça ne signifie pas qu’on perd ce qu’on est. Saint Augustin nous dit que ce qui est dur dans le commandement, l’amour fait en sorte qu’il soit doux.
Renoncer à soi-même n’est pas s’annihiler complètement, disparaître. C’est déplacer ce centre de gravité. C’est cesser de se prendre comme un point de départ de tout et comme un point de finitude.
Prendre sa croix, comme nous le demande l’évangile, c’est concret. C’est accepter que suivre le Christ attire des contradictions, des oppositions, parfois de la part de ceux-là même qui se disent chrétiens, de ceux-là même qui sont au plus haut niveau de la chrétienté, parfois même du clergé. Augustin nous le dit aussi : ce qui empêchait les aveugles de crier marchait avec le Christ.
Autrement dit, ce qui empêchait les aveugles de venir au Christ était ce qui marchait avec le Christ. La croix n’est pas toujours la grande épreuve spectaculaire, chers amis. Elle est souvent ce frottement quotidien avec le monde et avec ceux qui préfèrent qu’on reste à notre place, que l’on se taise et que l’on ne dérange pas, que l’on n’oppose pas, que l’on ne divise pas avec les paroles du Christ.
Puis vient cette phrase qui a déconcerté des générations de lecteurs : Certains parmi ceux qui sont ici ne connaîtront pas la mort avant d’avoir vu le Fils de l’homme venir dans son règne. Alors là, on se dit : mais Jésus n’est pas revenu de son vivant ? Du vivant de ceux à qui il le disait ? Quelle est cette génération ? Que comprendre ici ?
Les pères de l’Église ont lu cette parole de plusieurs manières. La première : la transfiguration, qui arrive quelques jours après dans le récit de Matthieu, est précisément cette vision de la gloire du Fils de l’homme donnée à Pierre, Jacques et Jean avant leur mort. La seconde : la Pentecôte, où le règne de Dieu commence à se déployer dans le monde par l’Esprit. La troisième est plus large : la destruction de Jérusalem en 70 après Jésus-Christ.
Elle a été vécue par cette génération comme l’accomplissement d’un jugement annoncé. Ces lectures ne se contredisent pas, elles montrent que le règne de Dieu ne vient pas comme un événement unique et final, mais comme une réalité qui s’installe progressivement dans l’histoire, avec des irruptions visibles avant son accomplissement définitif.
Ce que Jésus n’a pas dit, c’est qu’il reviendrait en gloire finale avant que cette génération passe. Ce qu’il a dit, c’est que certains verraient le Fils de l’homme venir dans son règne, et ils l’ont vu à la transfiguration, à la Pentecôte, dans la résurrection elle-même.
Nous l’attendons encore dans sa plénitude. Et cette attente n’est pas une contradiction, c’est la tension propre à la vie chrétienne, celle dont parle Paul : nous sommes sauvés, mais c’est en espérance.
Dans l’espérance que nous sommes sauvés. Le règne est déjà là, et il vient encore. Naôme l’annonçait à sa manière : Voici sur les montagnes les pas du messager qui annonce la paix.
Ses pas sont déjà posés, la paix est déjà promise, et nous marchons vers son accomplissement.
Alors ce qui nous reste, chers amis, c’est l’espérance. L’espérance ne déçoit pas, l’espérance en Christ ne déçoit pas.
Et je vous invite à chanter cette espérance, nous parlions de la Pentecôte avec l’Esprit-Saint.

Parole et Évangile du jour | Vendredi 7 août • Porter sa croix : où est notre centre de gravité

Jeudi 6 août

• la TRANSFIGURATION du Seigneur

Vous sortez d’un dîner ou d’un mariage et vous discutez un petit peu avec une personne qui n’était pas si loin de vous sur la manière dont elle a vécu la soirée, et là vous vous rendez compte avec stupéfaction que vous n’avez pas vécu la même soirée.
C’est exactement ce qui se passe en revenant de la montagne du Thabor. Pierre, Jacques et Jean étaient là, même montagne, même moment, même Jésus, et pourtant quand ils se racontent un petit peu ce qu’ils ont ressenti ou ce qu’ils ont compris, ça n’a rien à voir.
Et la preuve, c’est que quand ils en parlent après dans leurs écrits, ils disent des choses très différentes. L’épître de saint Pierre nous dit : « Nous avons été témoins de sa grandeur ». Saint Pierre est marqué par la majesté, par l’éblouissement. C’est lui qui voulait dresser trois tentes pour que ça dure, pour essayer que les choses continuent.
Saint Jean écrit, lui, dans ses propres épîtres : ce que nos yeux ont contemplé, ce que nos mains ont touché, cette gloire que nous avons approchée. C’est ce même saint Jean qui sera là, contemplatif, au pied de la croix. Et son évangile rapproche très nettement ces deux événements : la gloire du Thabor et l’horreur du Golgotha.
Saint Jacques, lui, sera le premier à mourir martyr. Et ce qu’il a reçu ce jour-là, on le voit en particulier dans la gloire du don de sa vie. Trois hommes, Pierre, Jacques et Jean, trois sortes d’écrits différents, trois expériences pour un même moment.
On n’a pas vécu la même soirée, on n’est pas monté sur la même montagne. Eh bien, c’est ce que nous allons vivre aujourd’hui. Vous êtes peut-être à côté de quelqu’un en train d’écouter ce podcast aujourd’hui, peut-être pas, mais imaginez les milliers de personnes qui, en même temps que vous, sont en train de méditer sur l’évangile de la Transfiguration.
Imaginez les milliers de réactions différentes, de vies qui se sont senties touchées ou rejointes par tel ou tel aspect du mystère. Et nous sommes là tous en communion, d’écoute, d’un mystère commun, mais qui nous rejoint tous de façon bien différente. Et il n’y a évidemment aucun problème avec ça.
Le mystère du Christ est trop grand pour qu’un seul regard suffise ou une seule parole suffise à le résumer. Et donc nous ne vivons pas l’évangile comme notre voisin, ce n’était pas le cas du temps de Pierre, Jacques et Jean et ce n’est pas encore le cas aujourd’hui.
Ce qui est étonnant dans cette scène, et ce qui fait que les interprétations sont tellement diverses, c’est qu’elles réunissent deux extrêmes qu’on aurait tendance à séparer.
On aurait tendance à mettre pour aujourd’hui la question de la splendeur, de la divinité, de la gloire de Dieu, du vêtement comme la lumière, et tout à fait de l’autre côté de la vie de Jésus : la passion, la mort, l’obscurité et la croix.
Or, ces deux événements sont là ensemble, et Jésus annonce sa passion et est glorifié sur la montagne à quelques versets d’écart. La tradition patristique et homilétique a toujours réuni ces deux scènes.
Essayons de le comprendre de façon un petit peu simple. Vous imaginez une lumière extrêmement forte qui rentre dans une pièce. Elle ne rend pas forcément tout très beau, par contre elle révèle absolument tout.
Elle montre ce qui est caché dans l’ombre, elle montre ce qui n’est pas encore prêt à être glorifié. Les aspérités sur les murs qui font un peu d’ombre à la lumière qui n’arrive pas à passer. Bref, cette lumière fait mal parce qu’elle est vraie et qu’elle illumine absolument tout.
Et si Pierre, Jacques et Jean tombent face contre terre, ce n’est pas qu’ils ont mal aux yeux, mais c’est qu’ils ont une conscience soudaine de leur propre insuffisance devant la sainteté de Dieu.
Cette lumière n’est pas tellement violente en fait, c’est vraiment l’écart entre mes ténèbres et la lumière qui fait qu’elle m’apparaît difficile. Saint Thomas d’Aquin prend souvent l’exemple de la chouette ou du hibou qui n’est pas taillé pour vivre dans la lumière du jour et qui a besoin de s’habituer très longtemps avant de pouvoir voir quelque chose.
Nous aussi, même si nous sommes faits pour le ciel, notre condition de pécheur ne nous rend pas aussi bien taillés que cela pour pouvoir recevoir la lumière de Dieu.
Et donc, pour nous amener à cette lumière de la transfiguration, cette lumière, cette beauté absolue de Dieu va se manifester dans un dépouillement encore plus total, non pas malgré le péché ou la souffrance des hommes, mais dans le péché et dans la souffrance des hommes.
Mais c’est le grand mystère et c’est la grande beauté de la croix.
Cette croix n’est pas l’échec du mont Tabor, une lumière qui n’aurait pas réussi à rejoindre les hommes. Cette croix, c’est la victoire totale de la gloire de Dieu, victoire totale d’un amour qui a réussi à se rendre encore plus vulnérable, un amour qui a dit oui jusqu’au bout, un amour où on ne s’écrase pas par terre quand on le reçoit, c’est lui qui s’écrase et c’est lui qui se met à nos pieds pour pouvoir humblement rejoindre notre cœur.
La lumière de Tabor et la lumière de la croix est une seule et même lumière, c’est la lumière de l’amour de Dieu.
Le Tabor nous dit : ce que vous avez de la peine à contempler, ce que vous n’arrivez pas à recevoir sur cette montagne, je vais vous le donner sur une autre.
Et donc devant l’évangile de la transfiguration, si je me sens un peu inadapté comme Pierre, Jacques et Jean, je ne sais pas ce que j’aurais fait à leur place, tant mieux, c’est la leçon du jour.
Mais cette leçon ne peut pas s’arrêter là, car si je ne peux pas recevoir la lumière de Dieu telle qu’elle se donne dans cette immense clarté de la transfiguration, je dois nécessairement me poser la question : comment est-ce que je peux la recevoir ?
Et ce comment, Jésus a répondu avant nous, il a répondu pour nous.
Tes yeux ne sont pas capables de recevoir la lumière, eh bien ouvre ton cœur et dans son obscurité, je vais goutte par goutte diffuser la lumière de mon amour.
Notre incapacité à recevoir la lumière de la transfiguration ne doit pas nous arrêter là, en haut de cette montagne, désemparée. Elle doit nous donner envie de courir sur cette autre montagne où la lumière s’est faite encore plus accessible, de regarder et de contempler le Seigneur dans sa gloire crucifiée sur le bois, dans sa gloire d’un amour infini qui se donne entièrement pour que nous puissions enfin le rejoindre pour l’éternité.
Parole et Évangile du jour | Jeudi 6 août de la TRANSFIGURATION du Seigneur

Mercredi 5 Août

• Demander les miettes à Jésus

Commentaire de Saint Jean Chrysostome:

Alors qu’elle devrait se retirer, découragée, la cananéenne approche de plus près. Et adorant Jésus, elle lui dit : Seigneur, viens à mon secours.

Mais alors, femme, tu ne l’as pas entendu dire : Seigneur, je n’ai été envoyé que pour les brebis perdues de la maison d’Israël.

Je l’ai entendu, réplique-t-elle. Mais je sais qu’il est le Seigneur de toutes choses.

C’est parce qu’il prévoyait sa réponse que le Christ retardait d’exaucer sa prière. Il refusait sa demande pour souligner sa piété. S’il n’avait pas voulu l’exaucer, il ne lui aurait pas accordé sa demande à la fin. Ses réponses n’étaient pas destinées à lui faire de la peine, mais plutôt à l’attirer et à révéler ce trésor caché.

Mais considère, je te prie, en même temps que sa foi, son humilité profonde. Jésus a donné aux Juifs le nom d’enfant. La cananéenne ranchérit encore sur ce titre et les appelle des maîtres. Tant elle était loin d’être jalouse des louanges prodigués aux autres.

Les petits chiens mangent les miettes qui tombent de la table des maîtres. Et c’est à cause de son humilité qu’elle a été admise au nombre des enfants.

Le Christ lui dit alors : « Femme, ta foi est grande. » Il lui tardait de prononcer cette parole et de récompenser cette femme. « Qu’il t’advienne selon ton désir. »

Tu le vois, la cananéenne a une grande part dans la guérison de sa fille. En effet, le Christ ne dit pas : que ta fille soit guérie, mais : ta foi est grande, qu’il t’advienne selon ton désir.

Et remarque encore bien ceci : là où les apôtres avaient échoué et n’avaient rien obtenu, elle a réussi.

Telle est la puissance d’une prière persévérante.

Parole et Évangile du jour | Mercredi 5 août • Demander les miettes à Jésus

Mardi 4 août

• Ce qui rend le coeur impur

Dans la première lecture, Jérémie dit au nom de Dieu : « Sion, incurable est ta blessure, profonde est ta plaie. Et pourtant, voici que je vais restaurer, rebâtir, multiplier. » La blessure reconnue est la condition de la restauration. C’est une leçon pour nous tous. C’est exactement la logique du confessionnal. Le curé d’Ars, que nous fêtons aujourd’hui, passait jusqu’à seize heures par jour à confesser des gens qui venaient de toute la France, à pied, parfois après des jours de marche. Ce qu’ils cherchaient n’était pas une absolution administrative, non, loin de là. Ils cherchaient à nommer ce qui sortait d’eux et qu’ils ne savaient plus porter seuls.
Jésus le dit sans ménagement aux pharisiens : ce qui rend l’homme impur ne vient pas de l’extérieur, cela sort du cœur. La question n’est donc pas ce que le monde nous envoie, mais ce que nous en faisons intérieurement : comment nous nous positionnons, quelle est l’attraction de notre existence, c’est‑à‑dire ce que nous mettons au centre de nos vies. Ce que nous faisons intérieurement, ce qui germait déjà en nous avant même que la tentation arrive. Il faut creuser pour découvrir cela, parce que le temps d’une bonne confession, ça se prépare.
Alors il y a plusieurs sources dans ce qui sort du cœur. La première vient de l’extérieur, non pas au sens où elle nous rendrait passifs, mais au sens où certaines choses que nous absorbons quotidiennement viennent heurter une innocence, instiller une habitude du regard et normaliser ce qui ne devrait pas l’être. Ce qui entre par les yeux, par les écrans, par les conversations finit par s’installer en nous.
La seconde est plus intime. Elle naît de notre condition, de nos blessures non guéries, de nos manques affectifs, de notre fatigue, de nos frustrations, etc. Ces choses‑là ne se confessent pas, parce qu’elles n’ont pas encore l’acte derrière elles, mais elles travaillent le cœur en silence et préparent ce qui en sortira.
Saint Jean de la Croix nous dit que le cœur pur profite également de l’élévation et de l’abaissement pour devenir toujours plus pur, tandis que le cœur impur ne s’en sert que pour produire encore des fruits d’impureté. La pureté du cœur n’est pas une vertu de départ. Non, elle est une direction, un travail continu, une orientation choisie jour après jour, encouragée par les sacrements de l’eucharistie et de la réconciliation.
Ces derniers ne sont pas des aveux d’échec. Les plus grands saints se confessaient plusieurs fois par an. C’est l’outil concret que le Christ a laissé pour que cette direction soit remise à l’endroit, ce qui est dévié en nous soit remis droit, régulièrement, honnêtement, et avec le secours de sa grâce.

Parole et Évangile du jour | Mardi 4 août • Ce qui rend le coeur impur

Lundi 3 août

• Illumine nos vallées de la mort Seigneur !

Commentaire du livre d’heure du Sinaï

Au milieu de la mer de cette vie, tends‑moi la main, Seigneur.
Le prophète entendit : « T’as venu, Seigneur », et fut saisi de crainte à la pensée que tu allais être enfanté d’une vierge et apparaître aux hommes. Et il disait : « J’ai entendu ce que tu as fait entendre, et j’ai été saisi de crainte. Gloire à ta puissance ! »
J’ai péché, j’ai failli envers toi, j’ai poussé à bout ta majesté. Ô Seul Compatissant, et me suis enfoncé dans l’abîme du désespoir. Mais montre‑moi à présent au milieu de la nuit, à moi aussi, comme jadis aux disciples cheminant sur la mer, ô Verbe, et donne‑moi la divine sérénité.
Mon âme à tout moment entre tes mains. Mon Dieu et mon secours, qui seul sont les reins et les cœurs, tu connais mes réflexions, tu connais les vagues, la tempête, le tumulte de mes pensées. Mais je t’ai vu marchant maintenant encore sur la mer agitée de mon cœur. Voici que j’ai désiré tes préceptes.
Dans ta justice, fais‑moi vivre. Pardonne, ô mon Créateur, sois indulgent, toi qui m’as façonné. Aie pitié de moi, laisse‑toi fléchir, sois miséricordieux, sois compatissant. Et puisque je suis au milieu de la mer de cette vie, tends‑moi ta main réellement divine, et comme pierre, relève‑moi.
Gloire au Père et au Fils et au Saint‑Esprit.
Jadis, le prophète t’a vu à l’avance, jeune fille, comme un candélabre à sept flammes, portant le feu de la connaissance de Dieu, en le faisant briller sur ceux qui sont en péril dans les ténèbres de l’ignorance. Ô tout immaculée, et c’est pourquoi je crie vers toi : éclaire‑moi, je t’en prie.

Parole et Évangile du jour | Lundi 3 août • Illumine nos vallées de la mort Seigneur !

• Dimanche 2 août

Faut-il TOUT prévoir ou faire confiance à Dieu ?

En plein cœur de l’été, le Seigneur nous donne l’impression d’être dans une partie de monopolie. Qu’est-ce que cela veut dire ? Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer. Venez acheter du vin et du lait, sans argent, sans rien payer.
En effet, comment acheter si on n’a pas d’argent, si on ne paye pas ? Cela est assez énigmatique. Oui, nous savons que le Seigneur est généreux, puisque fondamentalement, il est le maître de toutes choses et que tout bien lui appartient. La terre, il nous l’a confiée pour que nous la fassions fructifier et en soyons les gardiens.
Le psaume nous le dit : le Seigneur ouvre sa main quand il le veut, il donne la nourriture autant voulue et rassasie tout vivant à plaisir. Voilà une chose bien rassurante.
À l’exemple du passage de l’évangile selon saint Matthieu : regardez les oiseaux du ciel, ils ne font ni semaille ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers et votre Père Céleste les nourrit. Vous-même ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux.
Il ne faudrait donc pas nous inquiéter de notre nourriture. Autre preuve : saint Paul nous dit que la faim et l’angoisse ne peuvent pas nous séparer de l’amour du Christ.
Et Jésus, dans l’évangile, multiplie les pains et les poissons pour la foule qui le suivait. Alors, pourquoi nous soucier de l’intendance ? N’est-ce pas une question secondaire ?
C’est une question que je me pose assez souvent sous différents angles. N’est-ce pas un manque de foi que de tout prévoir ? À l’inverse, n’est-ce pas une folie que de ne rien prévoir ? Nous pourrions trouver de nombreux passages de l’Écriture pour venir conforter l’une ou l’autre position.
Or, maintenant, lorsque je me rends compte que la parole de Dieu semble donner un nombre équivalent d’arguments pour deux positions opposées, cela m’invite naturellement à en déduire que le Seigneur veut nous faire passer par un chemin étroit, un chemin subtil comme celui de la brise légère.
C’est bien entre deux positions extrêmes qu’il nous faut chercher une médiété divine. Comme le disait Aristote, la vertu se tient au milieu.
Il ne nous faut donc pas manquer de foi en ne comptant que sur nous-mêmes et, de l’autre côté, il ne faut pas tenter le Seigneur en pensant que nous n’avons pas à faire notre partie du travail.
Car c’est bien par miséricorde que Dieu guérit les malades et leur procure à manger en envoyant les disciples distribuer la nourriture. Le miracle n’est pas le mode habituel pour s’assurer de remplir son frigo.
Non, le miracle est le mode habituel pour recevoir la nourriture spirituelle quotidienne qu’est l’Eucharistie, le corps du Christ.
Finalement, les Écritures nous aident à distinguer la nourriture terrestre et la nourriture céleste. L’action de Dieu se prolonge à travers les actes humains et tout particulièrement à travers les actes de miséricorde.
Alors, si vous croisez durant ce temps estival des personnes affamées, n’oubliez pas ce que le Seigneur fit pour la foule et agissez en mémoire de lui en proclamant ses merveilles.
Amen.

Parole et Évangile du jour | Dimanche 2 août • Providence ou Prévoyance

Samedi 1er Août

• ST Alphonse de Liguori

Commentaire du pape François

Derrière ces personnages se cache Satan, le semeur de haine chez la femme, le semeur de vanité chez la jeune fille, le semeur de corruption chez le roi. Et le plus grand homme né d’une femme, finit seul, dans une sombre cellule de prison, à cause du caprice d’une danseuse vaniteuse, de la haine d’une femme diabolique et de la corruption d’un roi indécis.

Il est un martyr, qui a laissé sa vie s’éteindre, s’éteindre, pour faire place au Messie. La vie n’a de valeur que lorsqu’elle est donnée, donnée avec amour, en vérité, donnée aux autres, dans la vie quotidienne, dans la famille. Il faut toujours donner sa vie. Si quelqu’un s’approprie la vie pour la protéger comme le roi corrompu, ou la dame avec sa haine, ou la jeune fille, la jeune femme avec sa vanité, un peu adolescente, insouciante, eh bien, la vie meurt. La vie finit par se flétrir. Elle est inutile. Je vous conseille simplement de ne pas trop y penser, mais de vous souvenir de l’image des quatre personnages, le roi corrompu, la femme qui ne connaissait que la haine, la jeune fille vaniteuse et naïve et le prophète décapité, seul dans sa cellule.

Méditons là-dessus et que chacun de nous ouvre son cœur afin que le Seigneur puisse nous parler à ce sujet. Aujourd’hui, nous fêtons Saint Alphonse de Ligaurie qui est le saint dont nous lisons les écrits dans le parcours, la retraite de cet été avec la communauté Claves. Saint Alphonse de Ligaurie, priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Samedi 1er Août • S Alphonse de Liguori