Cathoglad — Commentaire catholique quotidien de l’Évangile au mois de juillet. Cathoglad publie chaque jour un nouveau commentaire de l’Évangile, fidèle à l, mois de juilleta tradition de l’Église et enraciné dans la Parole de Dieu. Cette page est mise à jour quotidiennement pour offrir une méditation claire, accessible et spirituellement solide, destinée à nourrir la prière, éclairer la vie intérieure et accompagner chacun dans sa rencontre avec le Christ.ure et accompagner chacun dans sa rencontre avec le Christ.
Vendredi 31 juillet
• Gloire à DIEU
Commentaire de Saint Hilaire
Aussi longtemps que je jouirai du souffle de vie que tu m’as accordé, Père Saint, Dieu Tout-Puissant, je te proclamerai Dieu éternel, mais aussi Père éternel. Jamais je ne m’établirai juge de ta toute-puissance et de tes mystères. Jamais je ne ferai passer ma connaissance limitée avant la notion vraie de ton infini. Jamais je n’affirmerai que tu as existé autrefois sans ta sagesse, ta puissance et ton Verbe, Dieu l’unique engendré, mon Seigneur Jésus-Christ.
Car même si le langage humain est faible et imparfait lorsqu’il part de toi, il ne rétrécira pas mon esprit au point de réduire ma foi au silence, faute de mots capables d’exprimer le mystère de ton être.
Déjà dans les réalités de la nature, il y a bien des choses dont nous ne connaissons pas la cause, sans pourtant en ignorer les effets. Et lorsque, de par notre nature, nous ne savons que dire de ces choses, notre foi se teinte d’adoration.
Si je contemple le mouvement des étoiles, le flux et le reflux de la mer, la puissance cachée dans la plus petite semence, mon ignorance m’aide à te contempler, car si je ne comprends pas cette nature qui est à mon service, je discerne ta bonté, du fait même qu’elle est là pour me servir.
Moi-même, je perçois que je ne me connais pas, mais je t’admire d’autant plus. Tu m’as donné la raison et la vie et mes sens d’homme qui me causent tant de joie, mais je n’arrive pas à comprendre quel a été mon commencement d’homme.
C’est donc en ne connaissant pas ce qui m’entoure que je saisis ce que tu es, et en percevant ce que tu es, je t’adore.
C’est pourquoi, lorsqu’il s’agit de tes mystères, ne pas les comprendre n’amoindrit pas ma foi en ta toute puissance.
La naissance de ton Fils éternel dépasse la notion même d’éternité. Elle est antérieure aux temps éternels. Avant tout ce qui existe, il est le Fils sorti de toi, Dieu-Père. Il est vrai Dieu.
Jamais tu n’as existé sans Lui. Tu es le Père éternel de ton unique engendré avant les temps éternels.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 31 juillet • Gloire à DIEU
Jeudi 30 juillet
• Le neuf et l’ancien (tradition).
Dans la première lecture, le vase qu’il façonnait de sa main avec l’argile fut manqué. Voici un vase raté. Il recommence avec la même matière, la même patience, jusqu’à ce qu’elle devienne ce qu’elle doit être à l’image du potier. C’est l’image que Dieu choisit pour parler de son rapport à son peuple.
Et le filet de l’Évangile dit la même chose autrement. Il ramasse tout, le bon et le mauvais ensemble. Et la séparation n’appartient pas aux pécheurs. Elle appartient à Dieu.
Qu’est-ce que veut dire cette séparation ? Saint Augustin nous apprend que ceux qui voudraient arracher l’ivraie avant le temps troublent l’Église plus qu’ils ne la servent. Leurs ailes intempestives les rendent eux-mêmes ennemis de l’unité.
Ne condamnons pas notre prochain. La justice divine fera le travail. Notre rôle n’est pas de trier.
C’est de demeurer dans le filet avec patience, sans participer au péché de ceux qui nous entourent, mais sans les juger non plus. Soyons ailés, oui, mais respectons toujours.
Jésus dit alors que le scribe instruit pour le royaume tire de son trésor du neuf et de l’ancien. Qu’est-ce que cela veut dire ?
Cette image est le cœur de ce que la tradition catholique est. Elle est vivante précisément parce qu’elle est héritée. La transmission, la tradition.
Les églises ne sont pas un musée. La tradition n’est pas quelque chose de folklorique. Elle est un organisme vivant qui porte en elle des gestes accumulés par des générations de croyants qui ont su avant nous que la prière du cœur seul ne suffit pas toujours à dire ce que le corps et la communauté doivent exprimer ensemble.
Qu’est-ce que cela veut dire ? Déjà, comprendre que nous ne venons pas de nulle part et que tout ce qui a été fait avant coule dans nos veines en quelque sorte.
Mais là, j’ai pris un exemple qui est connecté à l’actualité. Vous allez comprendre.
La tradition, c’est par exemple les rogations. Des processions de suppliants qui parcourent des champs avant les semailles pour demander la protection des récoltes. C’est une supplique du peuple entier, debout, en mouvement, qui dit avec son corps ce que les mots seuls n’atteignent pas.
La bénédiction des cartables à la rentrée, la procession aux flambeaux, la bénédiction des bateaux des pêcheurs, etc., chacun de ces gestes tire du trésor quelque chose d’ancien qui reste profondément neuf parce qu’il répond à un besoin humain que le temps n’efface pas.
L’homme a toujours besoin de l’assistance de Dieu et Dieu attend qu’il lui demande. Demandez et vous recevrez.
Et quand la Gironde brûle, chers amis, quand la sécheresse fissure les terres, quand une communauté traverse une épreuve collective, pourquoi rester chacun chez soi à prier seul ?
Le rassemblement public de prière dit quelque chose que la prière privée ne dit pas. Nous sommes un peuple, nous dépendons ensemble de Dieu et nous le proclamons ensemble, debout, à l’Assemblée le dimanche.
Dans la rue ou dans les champs lorsque c’est des processions ou des rogations, osez demander à vos pasteurs ces pratiques qui font partie de la tradition mais qui ne sont pas poussiéreuses.
Au contraire, osez demander à vos pasteurs. Leur ministère n’est pas de tout repos, ils font beaucoup. Certains ont des charismes, certains ont des facilités, certains sont plus à même de répondre à ces demandes que d’autres.
Mais l’Évangile du jour nous apprend à ne pas juger. Et si leur ministère n’est pas de tout repos, c’est précisément pour cela qu’ils ont besoin que le peuple leur signifie ces besoins.
Alors dites vos besoins à vos prêtres, à vos pasteurs. L’Église n’est pas un service où l’on attend passivement, c’est un corps dont chaque membre porte la responsabilité de la vie commune.
Tirer du neuf et de l’ancien, c’est savoir que ces gestes ancestraux sont toujours actuels et avoir le courage de les demander et de les vivre.
Chers amis, sortons de nos maisons pour proclamer la Parole. On ne la proclame pas chez soi, on prend des sandales et on avance sur les terres pour annoncer l’Évangile. Cela se fait dans nos villages et dans nos villes.
Saint Pierre Chrysologue, priez pour nous.
Parole et Évangile du jour | Jeudi 30 juillet • Le neuf et l’ancien (tradition)
Mercredi 29 juillet
• Ste Marthe, Marie et S Lazare
Dans la première lecture, Jérémie dit ceci : « Serais‑tu pour moi un mirage comme une eau incertaine ? »
Il a dévoré la parole, il a choisi de se tenir à l’écart des moqueurs, il a payé le prix de sa fidélité. Et pourtant la souffrance dure, la blessure refuse de guérir. C’est la prière la plus honnête de toute l’Écriture.
Beaucoup ont ces paroles en leur cœur, n’osent peut‑être pas le dire à voix haute. Mais la souffrance est présente chez beaucoup. Dieu ne la balaie pas, cette souffrance.
Il répond dans la première lecture également : « Si tu reviens, tu reprendras ton service devant moi. Je fais de toi un rempart de bronze. »
Cette réponse de Dieu à la plainte de Jérémie ne justifie rien. C’est juste une présence renouvelée et une mission confirmée. Elle n’évoque pas le pourquoi du comment la souffrance dure. Il dit simplement : « Moi, je suis avec toi. »
Ce déplacement que Dieu nous invite à faire dans notre cœur est toute la démarche de l’accès à sa miséricorde. La question du sens de tout cela reste ouverte. Mais la solitude, elle, est fermée. Elle n’est pas acceptée parce que Dieu est toujours présent.
Et il le dit : Dieu permet qu’on s’éloigne, qu’on se pose des questions, qu’on boude. Mais il nous invite toujours à revenir comme l’enfant prodigue, comme le fils prodigue, à revenir dans la maison du Seigneur.
C’est dans cette lumière que Marie s’assoit au pied de Jésus. Marthe porte quelque chose de réel dans sa fatigue et dans sa plainte. Mais ce n’est pas l’agitation de Marthe qui est condamnée. C’est l’endroit depuis lequel elle parle. Elle parle depuis son manque, depuis ce qu’elle porte seule. Marie, elle, parle depuis ce qu’elle reçoit.
Et Jésus dit : « Une seule est nécessaire. » Une seule, pas une liste, ni un équilibre, ni un programme spirituel établi, ni toute autre chose. Le seul point de gravité, c’est Jésus.
Saint Ephraïm dit que quand Jésus a pleuré devant le tombeau de Lazare, ses larmes étaient comme la pluie, Lazare comme le grain, le sépulcre comme la terre. Et sa voix de tonnerre a fait jaillir la vie.
La lumière de la vie dont parle l’Alléluia, c’est cela : une voix qui appelle dans le sépulcre de nos souffrances et qui fait sortir ce qu’on croyait définitivement mort. Là est le miracle.
Marie l’avait compris avant que Lazare ne ressuscite. Elle s’était déjà placée là où la voix pouvait l’atteindre.
Alors la question « Dieu serait‑il un mirage ? » que pose Jérémie. Non, Dieu est bien là. Il est présent au milieu de nous dans nos souffrances. C’est le témoignage de tous ceux qui sont passés par des souffrances : « Je ne le savais pas, mais Dieu était avec moi. »
Sainte Marthe, sainte Marie, saint Lazare, priez pour nous.
Parole et Évangile du jour | Mercredi 29 juillet • Ste Marthe, Marie et S Lazare
Mardi 28 juillet
• Le Royaume de Dieu est en vous
Commentaire de Saint-Hilaire
Alors les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père.
Le Christ remettra le royaume à son Père, dit saint Paul. Non pas en ce sens qu’il renoncerait à sa puissance en lui remettant son royaume, mais parce que c’est nous qui serons le royaume de Dieu, lorsque nous aurons été rendus conformes à la gloire de son corps, constitués royaume de Dieu par la glorification de son corps. C’est nous qu’il remettra au Père en tant que royaume, selon ce qu’il est dit dans les Évangiles : « Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la création du monde. »
Les justes brilleront alors comme le soleil dans le royaume de leur Père. Car le Fils livrera à Dieu, comme étant son royaume, ceux qu’il a conviés à son royaume, ceux à qui il a promis la béatitude propre à ce mystère par ses mots : « Bienheureux les cœurs purs, car ils verront Dieu. »
Voici que ceux qu’il remet à son Père comme étant son royaume voient Dieu. Le Seigneur lui‑même a déclaré à ses apôtres en quoi consiste ce royaume : « Le royaume de Dieu est au‑dedans de vous. »
Et si quelqu’un cherche à savoir qui est celui qui remet le royaume, qu’il écoute : « Le Christ est ressuscité d’entre les morts, pour être parmi les morts le premier ressuscité. Car la mort étant venue par un homme, c’est par un homme aussi que vient la résurrection. »
Tout cela concerne le mystère du corps. Car le Christ est le premier ressuscité d’entre les morts. C’est donc pour le progrès de l’humanité assumée par le Christ que Dieu sera tout en tous.
Parole et Évangile du jour | Mardi 28 juillet • Le Royaume de Dieu est en vous
Lundi 27 juillet
• Le Dieu qui t’a engendré, tu l’oublies
Commentaire de saint Maxime de Turin
Nous lisons dans l’Évangile : « Si le grain de blé ne tombe en terre et ne meurt, il reste seul ; s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. »
Le Seigneur Jésus est le grain de blé, mais il est aussi le levain. En venant homme et seul dans le monde, le Seigneur Jésus a donné à tous les hommes la possibilité de devenir ce qu’il est lui‑même. Tout homme qui s’unit au levain du Christ devient lui aussi du levain, utile à lui‑même et profitable à tous. Il sera sauvé et il sauvera autrui.
Avant d’être disséminé dans un monceau de farine, le levain est broyé, écrasé, émietté ; il est complètement dissous. Mais c’est alors qu’il rassemble en une même fermentation les grains innombrables et dispersés de la farine. Il ramène en un corps solide une substance qui, d’elle‑même, était aussi inconsistante que la poussière. Il fait enfin une pâte utile de ce qui semblait n’être qu’un rien éparpillé.
Ainsi le Seigneur Jésus‑Christ, le levain du monde entier, a été brisé par beaucoup de souffrances, lacéré et détruit, et son sucre — c’est‑à‑dire son précieux sang — s’est répandu pour nous afin d’affermir, en s’y mêlant, tout le genre humain dispersé.
Nous qui étions comme une farine de peuple, nous voilà rassemblés comme du levain.
Parole et Évangile du jour | Lundi 27 juillet • Le Dieu qui t’a engendré, tu l’oublies
Dimanche 26 juillet
• Les merveilles du Seigneur !
Au cœur de l’été, nous avons, en ce 17ᵉ dimanche du temps ordinaire, une parabole — ou plusieurs paraboles — sur le royaume des cieux. Qu’est‑ce que ça veut dire, cette présence de Dieu au cœur de nos vies ? Comment l’obtenir ? Comment la garder ? Comment peut‑elle nous construire ?
Cette image du trésor : « Le royaume des cieux est comparable à un trésor caché dans un champ. L’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, il achète ce champ. »
C’est intéressant : cela nous explique vraiment ce qu’est la conversion. La conversion, ce n’est pas je vends tout et j’ai un trésor, mais j’ai un trésor et je vends tout.
Et pour nous, au cœur de l’été, c’est de se poser la question : est‑ce que ce don de Dieu est suffisamment fort pour que je me mette en route, pour que je vende quelque chose ? Est‑ce que Dieu m’attire suffisamment pour que je préfère sa présence à mes babioles, mes richesses et tout le reste ?
Pour reprendre la première lecture avec le texte sur Salomon.
Quelles sont les implications de ce trésor dans le champ pour notre vie ?
D’abord, c’est que Dieu est caché. Parce que Dieu nous aime, il ne nous force pas : donc il faut le chercher. Est‑ce que je recherche Dieu ?
On voit bien dans l’Évangile comment on a plusieurs types de personnes. Vous avez des personnes comme le jeune homme riche qui cherche Dieu : « Maître, que dois‑je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? » Et puis vous en avez d’autres : Jésus leur parle en parabole. Jésus vient vers eux, vers ce peuple. Il ne demande pas d’explication.
Donc, est‑ce que je suis un homme, une femme tendu vers cette présence de Dieu ?
La deuxième chose après la recherche : est‑ce que Dieu est un trésor ? Il est comparé à une perle précieuse dans le deuxième texte.
À quoi je vois que Dieu est un trésor ? C’est qu’on va vendre tout ce qu’on possède pour acheter ce champ. On va vendre ce qu’on possède, on achète la perle. Bref, il y a quelque chose de l’ordre de la préférence et de la rupture.
Avec le Christ, choisir le Christ implique des ruptures. On va quitter ses parents, on va quitter ses amis, les ouvriers dans la barque, on va quitter un métier parfois. Montre‑moi ce dont tu es capable de te soustraire, et je te dirai si vraiment tu aimes celui qui vient à toi.
Voyez le choix du célibat, par exemple, pour un prêtre : c’est une rupture, et ça signifie aussi une préférence, la présence, la venue de Dieu dans ma vie, dans une vie.
Quand je prépare des gens au mariage, je vérifie toujours que des ruptures ont été faites. Quelqu’un, par exemple, qui se marie avec quelqu’un d’autre qui a une famille qui habite au loin : cela supposera certainement des voyages à l’étranger plus importants que deux personnes qui habitent dans l’Hexagone, par exemple, et qui n’ont pas des parents au loin.
Bref, parfois on a du mal à faire ses choix parce qu’on pense être malheureux en les faisant. La vie avec le Christ implique des ruptures. Et parfois on ne voit pas suffisamment ce que le Christ pourra nous apporter. Et parfois on oublie : on a du mal à faire ses choix parce qu’on oublie la finalité de notre vie.
Dans la troisième parabole, le royaume de Dieu est comparable à quelqu’un qui va tirer, au soir, à la fin du monde, un filet sur la berge, et il y aura dans ce filet des poissons qui vont être triés. Le mot important, il me semble, c’est à la fin du monde, au soir de notre vie. Et donc il nous faut toujours vivre notre vie en fonction aussi du soir.
Comment j’aimerais être trouvé au soir de ma vie ? Dans quel état ? Dans quelle disposition ? Avec quelles affaires ? Quels objets ? Qu’est‑ce que je voudrais avoir donné ? Qu’est‑ce que je voudrais avoir gardé pour moi ?
La dernière chose, c’est en cet été aussi se dire comment on peut transformer notre être par la pratique de la vertu. Vous savez, notre vie, ce n’est pas simplement de faire des choses pour les autres, mais que les choses, les activités nous fassent, nous transforment.
Et donc, dans ce jugement dernier, avec ces poissons qui vont être triés sur la rive, en fait on ne sait pas très bien quel est le bon ou le mauvais poisson. On ne sait pas très bien quel est l’ivraie et le bon grain. On n’arrive pas tellement à distinguer. Ce n’est qu’au soir de la vie qu’on distingue si une vie a du poids.
Et donc, peut‑être demander la grâce de se demander comment les activités que nous faisons nous transforment ; comment les difficultés, finalement apparentes au premier regard, ne sont pas tellement des difficultés pour être transformé.
Vous voyez ce que dit saint Paul dans la deuxième lecture : « Quand les hommes aiment Dieu, Dieu lui‑même fait tout contribuer à leur bien, puisqu’ils sont appelés selon le dessein de son amour. » Dieu fait tout contribuer à notre bien.
Et donc nous sommes un petit peu comme ce scribe qui arrive au soir de sa vie à sortir du neuf et de l’ancien de ce qu’il a reçu durant sa vie. C’est‑à‑dire : tiens, ça c’est neuf, c’est peut‑être une histoire très ancienne qui m’est arrivée, mais comme je la recueille aujourd’hui avec la sagesse que j’ai, j’y comprends comme une nouveauté pour moi, une sagesse. Et puis il y a d’autres choses qui seront du domaine de l’ancien, au sens où elles vont disparaître, que je ne vais pas garder.
Donc soyons envoyés dans ce temps qui est le plus calme au cœur de l’été. Demandons cette sagesse pour distinguer la présence de Dieu qui nous attire, et que l’on puisse décrypter notre vie, lire notre vie, pour comprendre ce que le Christ nous demande maintenant dans notre quotidien, chaque jour.
Parole et Évangile du jour | Dimanche 26 juillet • Les merveilles du Seigneur !
Samedi 25 juillet
• St Jacques
Jacques était le frère de Jean l’évangéliste. Ils étaient les deux disciples auxquels, dans l’un des dialogues les plus marquants de l’Évangile, Jésus posa cette fameuse question : « Pouvez‑vous boire la coupe que je vais boire ? » Et ils répondirent : « Nous le pouvons. »
C’était une parole de bonne volonté, de courage, une attitude typique de la Genèse, non exclusive à elle mais présente chez tous les chrétiens et particulièrement chez ceux qui acceptent d’être apôtres de l’Évangile.
La généreuse réponse des deux disciples fut acceptée par Jésus. Il leur dit : « Ma coupe, vous la boirez. »
Ces paroles s’accomplirent en Jacques, fils de Zébédée, qui, par son sang, témoigna de la résurrection du Christ à Jérusalem.
Jésus avait posé la question de la coupe que les deux frères allaient boire lorsque leur mère, comme nous le lisons dans l’Évangile, s’était adressée au Maître pour lui demander une place particulière pour eux deux dans le royaume.
Mais le Christ, voyant leur empressement à boire la coupe, leur dit : « Ma coupe, vous la boirez. Quant à siéger à ma droite et à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder. Il y a ceux pour qui cela est préparé par mon Père. »
Jésus profita alors de cette occasion pour expliquer à tous que la vocation à son royaume n’est pas une vocation au pouvoir, mais au service. Car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude.
Chers amis, quel est ce service que nous mettons à disposition des autres ? Est‑ce que nous nous mettons au service ? Posons‑nous la question.
Parole et Évangile du jour | Samedi 25 juillet • St Jacques
Vendredi 24 juillet
• St Charbel + Douceur
Jésus nous invite aujourd’hui à regarder en nous, à rendre grâce pour notre bonne terre et à travailler sur des terrains qui ne sont pas encore bons. Demandons‑nous si notre cœur est ouvert pour accueillir avec foi la semence de la parole de Dieu. Demandons‑nous si les pierres de la paresse sont encore nombreuses et grandes. Identifions et appelons par leur nom les ronces d’Èvis.
Trouvons le courage de faire un bon assainissement du terrain, un bel assainissement de notre cœur, en portant au Seigneur, dans la confession et dans la prière, nos pierres et nos ronces.
En faisant ainsi, Jésus, bon semeur, sera heureux d’accomplir un travail supplémentaire : purifier notre cœur, en enlevant les cailloux et les épines qui étouffent sa parole.
Au nom du Père, du Fils et du Saint‑Esprit. Amen.
Dieu infiniment saint est glorifié dans vos saints, qui avez inspiré aux saints moines et ermites Charbel de vivre et de mourir dans une parfaite ressemblance avec Jésus, lui accordant la force de se détacher du monde afin de faire triompher dans son ermitage l’héroïsme des vertus monastiques : la pauvreté, l’obéissance et la chasteté.
Nous vous supplions de nous accorder la grâce de vous aimer et de vous servir à son exemple.
Seigneur tout‑puissant, qui avez manifesté le pouvoir de l’intercession de saint Charbel par de nombreux miracles et faveurs, accordez‑nous la grâce que nous implorons par son intercession. Ainsi soit‑il.
Notre salut, il est roi tout‑puissant, Dieu créateur ; chantons sans fin pour gloire au Saint et son nom. Marchons vers lui, allons en rendant grâce.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 24 juillet • St Charbel + Douceur
Jeudi 23 juillet
• Heureux vos yeux puisqu’ils voient
Jérémie rapporte une parole de Dieu qui ressemble à une déclaration d’amour blessé : « Je me souviens de la tendresse de tes jeunes années, ton amour de jeunes mariés lorsque tu me suivais au désert. »
Il y a eu un premier élan, une fraîcheur, une disponibilité totale. Et puis le peuple a troqué la source d’eau vive contre des citernes fissurées qu’il a creusées lui‑même, des substituts fabriqués qui donnent l’illusion de tenir l’eau, mais qui fuient.
Et cette image touche quelque chose de très concret dans la vie affective. Nos compensations bien construites, nos équilibres trouvés seuls et nos habitudes de vie soigneusement organisées peuvent devenir exactement cela : des citernes qui ne retiennent pas vraiment l’eau, mais qu’on préfère à la source parce qu’elles sont à nous, parce qu’elles ne nous demandent rien.
Sainte Brigitte de Suède, dont l’Église fait mémoire aujourd’hui, a traversé des états de vie successifs — épouse, mère de huit enfants, pèlerine, fondatrice, mystique, etc. — sans jamais changer de personnalité, de personne : elle est restée la même. Chaque état a approfondi le même élan intérieur.
Ce que cela dit à ceux qui sont accomplis dans leur vie intérieure, célibataires ou en couple depuis longtemps, c’est que la vocation unifiée se reconnaît précisément à sa capacité de traverser les états sans se figer dans aucun.
Le cœur alourdi dont parle Jésus dans l’Évangile, celui qui regarde sans voir, qui entend sans comprendre, c’est souvent le cœur qui s’est trop bien installé dans ce qu’il connaît déjà pour recevoir ce qu’il ne contrôle pas. « Heureux vos yeux, puisqu’ils voient, et vos oreilles, puisqu’elles entendent. »
Voir vraiment l’autre, dans une rencontre, dans un couple qui dure, demande un cœur encore disponible à être surpris.
Et Jean‑Paul II dit que la sève unique qui circule entre la vigne et le sarment ne détruit pas le sarment : elle le rend capable de porter du fruit qu’il n’aurait jamais produit seul.
La question posée à chacun de nous est simple : est‑ce que je cherche encore la source, ou est‑ce que je m’occupe de mes citernes ?
Parole et Évangile du jour | Jeudi 23 juillet • Heureux vos yeux puisqu’ils voient
Mercredi 22 juillet
• Sainte Marie Madeleine
La bien‑aimée du Cantique se lève la nuit. Elle tourne dans la ville, interroge les gardes, cherche sans relâche celui que son âme désire.
Cette recherche n’est pas seulement la figure de l’Église cherchant le Christ. Elle dit quelque chose de vrai sur ce que toute âme traverse quand elle aime vraiment.
L’amour humain, l’amour de la vocation connaît cette nuit du manque où l’on ne sait plus si ce qu’on cherche existe encore, si l’on mérite de le trouver, si l’on ne rêvait pas. Et dans cette nuit surgit la tentation de saisir, non plus l’autre comme il est, mais l’image que l’on s’en est faite, la présence que l’on voudrait garder pour soi, contrôler, retenir, etc.
« Je l’ai saisi et je ne le lâcherai pas », dit‑elle. Ce geste est beau dans le Cantique. Mais Jésus dira à Marie‑Madeleine : « Ne me retiens pas. »
La guérison du cœur passe par là : apprendre à aimer sans posséder, à chercher sans vouloir figer ce qu’on trouve.
Les disciples sont partis et elle reste. Grégoire le Grand dit que c’est précisément parce qu’elle reste que le désir grandit. Et parce que le désir grandit, elle peut saisir ce qu’elle trouve.
Elle ne reconnaît pas Jésus quand il est là, elle le prend pour le jardinier. Et puis, au moment où il dit son nom — « Marie » — un seul mot, et cette corde sensible qui résonne particulièrement en elle s’active, cette corde que personne d’autre ne peut faire vibrer ainsi.
Grégoire dit que ce qu’elle cherchait extérieurement était celui‑là même qui lui enseignait intérieurement à le chercher. On ne trouve pas le Christ par nos seules forces de recherche. C’est lui qui, de l’intérieur, oriente le désir vers lui‑même.
Alors, chers amis, à ce moment‑là, la résurrection n’est pas seulement un événement passé : elle est ce qui se passe dans le cœur de Marie‑Madeleine quand elle entend son nom. Quelque chose de mort revient à la vie et elle repart.
Elle qui voulait retenir devient celle qui annonce. C’est le mouvement de toute âme guérie, de la tentation de possession. Elle reçoit, elle lâche et elle transmet.
« J’ai vu le Seigneur », dit‑elle. Elle ne le garde pas pour elle.
Parole et Évangile du jour | Mercredi 22 juillet • Sainte Marie Madeleine
Mardi 21 Juillet
• Dieu demeure en nous ?
Commentaire de sainte Catherine de Sienne
Vous participez à la substance de la vigne.Sainte Catherine de Sienne a entendu Dieu lui dire : « C’est moi qui suis la vigne. Mon Père est le vigneron, et vous êtes les rameaux. Telle est la vérité. C’est bien moi qui suis le vigneron, puisque toute chose qui a l’être est venue et vient de moi. Ma puissance est incompréhensible, et par ma puissance et ma vertu, je gouverne tout l’univers, si bien que rien n’est fait ni ordonné en dehors de moi.
Oui, je suis le vigneron : c’est moi qui ai planté la vraie vigne de mon Fils unique dans la terre de votre humanité, pour que vous, les rameaux, unis à cette vigne, vous portiez des fruits. Qui ne produira pas le fruit des œuvres bonnes et saintes sera retranché de la vigne et se desséchera. Car séparé du cèpe, il perd la vie de la grâce et est jeté au feu éternel, comme la branche qui ne porte pas de fruits et mise au feu parce qu’elle n’est plus bonne à autre chose.
Ainsi en va‑t‑il pour cela : coupés de la vigne par leur propre faute, s’ils demeurent dans le péché mortel, la divine justice ne peut rien que les jeter au feu qui les brûle éternellement.
Ce n’est pas ainsi que font mes serviteurs, et c’est comme eux que vous devez faire, en demeurant unis à cette vigne et greffés sur elle. Dès lors, vous produirez des fruits abondants, parce que vous participerez à la sève du cèpe.
En demeurant dans le Verbe, mon Fils, vous demeurez en moi, parce que je suis une même chose avec lui, et lui avec moi. En demeurant en lui, vous suivrez ses enseignements. En suivant ses enseignements, vous participerez de la substance de ce Verbe, c’est‑à‑dire que vous participerez de ma divinité éternelle, unie à l’humanité, et puis aurez en elle un amour divin où l’âme s’enivre.
Voilà pourquoi je t’ai dit que vous participeriez à la substance de la vigne.
parole et Évangile du jour | Mardi 21 juillet • Dieu demeure en nous ?
Lundi 20 juillet
• Comprenez vous les signes ?
Ces docteurs de la loi ne comprenaient pas les signes du temps et demandaient un signe extraordinaire. Jésus leur en a donné un après.
Mais pourquoi ne comprenaient‑ils pas ? Avant tout parce qu’ils étaient fermés. Ils étaient fermés dans leur propre système. Ils avaient réglé parfaitement la loi. Un chef‑d’œuvre. Tout était réglé.
Ils ne comprenaient pas que Dieu est le Dieu des surprises, que Dieu est toujours nouveau. Et ils ne comprenaient pas, et ils se fermaient dans ce système réalisé, avec beaucoup de bonne volonté.
Et ils demandaient à Jésus : « Mais donne un signe. » Et ils ne comprenaient pas les nombreux signes que donnait Jésus et qui indiquaient que les temps étaient mûrs. C’est la fermeture.
Ensuite, ils avaient oublié qu’ils étaient un peuple en chemin. En chemin. Et quand on se met en chemin, quand quelqu’un est en chemin, il trouve toujours de nouvelles choses, des choses qu’il ne connaissait pas.
Et cela doit nous faire penser : « Moi, je suis attaché à mes affaires, à mes idées. Est‑ce que je suis fermé ? Ou alors est‑ce que je suis ouvert au Dieu des surprises ? Est‑ce que je me laisse surprendre par Dieu ? Je suis une personne fermée ou une personne en chemin ? »
Moi, je crois en Jésus‑Christ. En Jésus, celui qui est mort, ressuscité, et fin de l’histoire. Je crois que le chemin avance vers la maturité, vers la manifestation de gloire du Seigneur. Est‑ce que je le crois vraiment ?
Moi, je suis capable de comprendre les signes des temps et d’être fidèle à la voix du Seigneur qui se manifeste en eux ?
Nous pouvons nous poser aujourd’hui ces questions et demander au Seigneur un cœur qui aime la loi, parce que la loi est de Dieu, qui aime aussi les surprises de Dieu, et qui sache que cette loi sainte n’est pas une fin en soi.
Parole et Évangile du jour | Lundi 20 juillet • Comprenez vous les signes ?
Diamche 19 juillet
• Seigneur, écoute ma prière
Chers amis de Cathoglad, la liturgie de ce dimanche nous propose des paraboles du royaume des cieux.
Nous restons dans la suite de la parabole du semeur, dimanche dernier, pour nous rappeler que ce qui est semé dans le monde, c’est la parole de Dieu, et que le but de cette semence est de faire lever le royaume des cieux dans les cœurs et dans le monde.
Dieu destine l’homme au ciel, c’est‑à‑dire qu’il veut réaliser en lui une transformation : faire de nous, qui sommes des pécheurs, des saints, afin que nous puissions partager sa vie, une vie dans l’amour et la vérité, dans la justice et la paix.
Et le moyen que Dieu prend, c’est de nous donner sa parole de vérité, qui est son Fils. Le royaume des cieux est fondamentalement lié à l’écoute et à la mise en pratique de la parole de Dieu, ou pour dire autrement, à accueillir Jésus dans nos cœurs et dans nos vies en mettant en pratique ses commandements.
Mais si Dieu a semé une bonne semence par sa parole, d’où vient alors l’ivraie qui lève dans le champ, ou le mal que l’on voit dans le monde ? C’est la question de ce dimanche, et par conséquent : que faire de ce mal ? Nous sommes au cœur d’une question fondamentale de notre vie chrétienne.
L’ivraie du mal, du péché, est présente dans le cœur de l’homme et dans le monde. C’est un constat douloureux, mais un fait irrécusable. Saint Paul reconnaît : « Le bien que je veux faire, je ne le fais pas. Le mal que je ne veux pas, je le fais. » Il conclut : c’est le péché en moi.
Dans les membres de mon corps, je découvre une autre loi qui combat contre la loi que suit ma raison et me rend prisonnier de la loi du péché présente dans mon corps. La loi que suit ma raison me dicte le bien à faire et la parole de Dieu. Mais en moi, une autre loi combat cette loi de la raison et du bien : la loi du mal, ou le péché en ma chair.
Dans l’Évangile, nous sommes étonnés d’entendre Jésus, dans sa parabole, dire aux serviteurs qui voulaient arracher l’ivraie : « Laissez‑les pousser ensemble jusqu’à la moisson. » Laissez pousser l’ivraie jusqu’à la moisson, c’est‑à‑dire jusqu’au jour du jugement dernier.
Comprenons bien cette parole de Jésus : c’est là que tient la leçon si importante de ce dimanche. Jésus est venu délivrer l’homme du péché. C’est une certitude. Il ne veut pas que le péché prolifère dans nos vies et se propage dans le monde.
Quel est alors le sens de laisser pousser l’ivraie et de ne pas chercher à l’arracher trop tôt ?
Nous aimons tant la perfection, ou plus exactement le perfectionnisme, que nous ne voulons pas supporter une seule minute l’imperfection ou les défauts que nous voyons. Nous sommes si impatients à vouloir éradiquer le mal que nous voyons chez les autres ou dans le monde.
Il est étonnant que Dieu puisse être patient, lui qui a horreur du mal et du péché. Ce qui importe plus à Dieu, c’est la croissance de la bonne semence.
Il y a des personnes qui ne peuvent s’empêcher de parler dès qu’elles remarquent un défaut, une faute. Sont‑elles dérangées de voir la paille dans l’œil du prochain sans vouloir voir la poutre qui est dans le sien ? Un psaume affirme de ces hommes : « Ils se voient d’un œil trop flatteur pour trouver et haïr sa faute. »
L’ivraie et le mal se mettent dans le cœur de tout homme, et de ce fait, en chaque famille ou communauté de vie, en chaque paroisse et dans toute société, l’ivraie est là, cachée, qui grandit en même temps que fructifient les bonnes œuvres.
Le mal n’est pas seulement extérieur à l’homme. Depuis Adam et Ève, la nature humaine elle‑même est blessée, entachée par le péché, et l’homme — tout homme, et moi en premier — est incapable de l’enlever par ses propres forces.
Jésus demande donc de laisser pousser l’ivraie, de peur qu’en voulant l’arracher trop tôt, nous arrachions aussi le bon blé qui lève. Bien et mal se trouvent mêlés dans notre cœur.
Dieu distingue bien mieux que nous le bien et le mal, et bien plus que nous il hait le péché ; mais plus que nous, il aime le pécheur et sait patienter jusqu’au jour de sa conversion et de son retour dans le droit chemin.
En réalité, le mal n’a pas de consistance : il ne peut subsister par lui‑même. Le mal, par définition, est une corruption d’une chose bonne. Le cœur de l’homme est fait pour Dieu ; voici le mal qui entre dans son cœur. Il ne faut pas arracher son cœur : il s’agit de le convertir, il s’agit de le purifier.
Le péché, livré en nous, est comme un parasite qui vit, épuise sa vitalité en se greffant sur une réalité juste et bonne que Dieu a créée. C’est pourquoi, chez l’homme, il ne faut jamais vouloir arracher le mal en détruisant la personne, la chose qu’il corrompt, car un pécheur peut devenir un grand saint, à l’instar d’un saint Paul, lorsqu’il réoriente son zèle et sa force : pour combattre le Christ et sa doctrine, il devient un héros, un témoin de son Évangile.
Il ne s’agit pas alors de briser l’élan du bien et des bons désirs en nous. Saül avait un grand zèle pour Dieu, mais il se trompait en pensant que Jésus était un faux prophète. Dès qu’il a ouvert ses yeux, c’est avec le même zèle, la même force, le même courage qu’il va travailler à répandre l’Évangile.
C’est pourquoi Jésus nous dit qu’il a horreur des tièdes dans le livre de l’Apocalypse.
Les sept péchés capitaux puisent dans les désirs d’amour, de bonté, de beauté, de fierté présents au cœur de l’homme pour atteindre de mauvaises cibles, pour convoiter un bien mondain. Il s’agit alors de présenter au cœur et à l’âme le véritable bien, pour réordonner les mouvements de nos cœurs, afin que là où se trouve notre trésor, là aussi soit notre cœur.
Pour combattre le mal en nos cœurs, nous ne pouvons pas seulement prendre de vives résolutions. Parfois, nous combattons le mal avec trop d’orgueil, trop de colère, trop d’égo, et nous sommes alors abattus, découragés, en retombant dans les mêmes travers. Cette manière de combattre ne fait que renforcer le mal en nous.
Il faut combattre le mal avec l’Esprit de Jésus, dans la douceur, la patience et la miséricorde. Saint François de Sales avait une grande patience envers lui‑même, et il conseille de se reprendre avec douceur, en s’encourageant à revenir au Seigneur.
Je paraphrase : il pourrait dire « Te voilà tombé à nouveau dans le péché ; allons, confiance mon âme, relevons‑nous et allons vers le Seigneur de miséricorde. Lui nous pardonnera, lui nous redonnera des forces pour avancer sur son chemin. »
Il ne s’agit pas d’ignorer que le mal est un mal et que le péché blesse le cœur de Dieu, mais il s’agit de confiance. Voilà pourquoi le Père a envoyé son Fils dans le monde.
Par son incarnation, le Verbe de Dieu s’est uni à cette nature humaine blessée pour guérir l’homme et réorienter ses forces vers celui qui est à la source de sa vie, et lui apprendre peu à peu comment se comporter en fils de Dieu.
La conversion, comme œuvre de l’Esprit Saint en nous, déploie en nos membres la grâce du Christ, pour que le royaume des cieux advienne d’abord en nos cœurs avant de mieux se répandre dans le monde.
Alors, chers amis, prions‑le :
Seigneur, tu es venu pour établir le royaume des cieux. Accorde à tes disciples la grâce du discernement pour bien distinguer le bon grain et l’ivraie dans nos cœurs, et ainsi favoriser la croissance de ce que toi‑même as semé dans nos cœurs. Et donne‑nous la force de ta charité pour accomplir le bien que tu nous demandes. Amen.
Parole et Évangile du jour | Dimanche 19 juillet • Seigneur, écoute ma prière
Samedi 18 juillet
• La douceur nous est demandé !
Aujourd’hui, dans l’Évangile, il y a un enseignement qui vient nous saisir, puisque c’est l’enseignement de l’attitude à avoir face à la faiblesse.
Les pharisiens viennent de sortir de la synagogue et se réunissent pour décider comment tuer Jésus. Lui, en l’apprenant, se retire, et par la même occasion guérit tous ceux qui le suivent. Il n’y a pas en lui de riposte, pas de discours, il continue ce pour quoi il est venu.
Matthieu cite alors Isaïe : « Il n’écrasera pas le roseau froissé. Il n’éteindra pas la mèche qui faiblit. »
Pensez à quelqu’un dans votre entourage qui traverse quelque chose de difficile. Ça peut être une dépression, une addiction, un mariage qui s’effondre, une foi chancelante. Bref, il est dans une situation délicate. Il est en détresse, même si parfois il ne le montre pas. Son cœur est vidé.
Notre réflexe naturel, c’est souvent de finir le geste, d’avoir le mot de trop, d’avoir une vérité balancée au mauvais moment, une correction qui arrive quand la personne ne peut pas encore la recevoir, etc.
Jésus, lui, voit le roseau froissé et le tient. Il ne finit pas le geste. Il a cette compassion d’âme entière.
Tertullien dit que Dieu s’est fait petit pour que l’homme devienne grand. Ce n’était pas digne de lui, mais c’était nécessaire à l’homme.
Et le pape François dit que c’est exactement notre style missionnaire : annoncer sans crier, sans gronder, sans arrogance, une attraction vers le Christ par le témoignage, pas par l’imposition.
La mèche qui faiblit dans la vie de ceux qui nous entourent, eh bien, notre rôle, c’est de la protéger et pas de souffler dessus.
Alors, chers amis, nous pensons parfois que nous devons dire la vérité, et c’est vrai, nous devons parfois dire la vérité. Mais la vérité peut être blessante. Et il y a aussi une attitude à avoir par rapport à ceux qui nous entourent, et aux passifs, etc.
Nous sommes tous concernés par ces choses‑là, parfois certains plus que d’autres. Mais il faut prendre soin de ceux qui nous entourent et tout simplement se mettre à l’école, à l’étude de l’attitude de Jésus pour appliquer cela dans nos vies. Et il y a besoin à ce qu’on s’en rappelle, puisque souvent, on oublie.
Parole et Évangile du jour | Samedi 18 juillet • La douceur nous est demandé !
Vendredi 17 juillet
• Le jour du Seigneur
Les pharisiens voient les disciples arracher des épis un jour de sabbat. Ils ne voient pas des hommes qui ont faim, ils voient une infraction. Et c’est bien là que Jésus met le doigt sur quelque chose de précis.
Vous avez tellement travaillé à protéger la règle que vous avez oublié pourquoi elle existait. Le sabbat a été donné à l’homme pour qu’il se repose, qu’il respire, qu’il se tourne vers Dieu. Il n’a jamais été donné pour qu’on laisse les gens souffrir de faim à côté d’un champ de blé.
Voilà un enseignement que beaucoup devraient entendre et que peu comprennent : « Je veux la miséricorde et non le sacrifice. » Cette phrase vient d’Osée. Jésus cite l’Ancien Testament aux spécialistes de l’Ancien Testament.
Et ce qu’il leur dit, c’est : « Vous connaissez les textes mieux que quiconque et vous êtes passés à côté de leur cœur. » Le sacrifice sans la miséricorde devient une performance religieuse. C’est le piège permanent des gens pratiquants. Et notre piège à nous aussi.
On peut avoir tout observé correctement, ne manquer aucun dimanche, connaître le catéchisme par cœur, et avoir le cœur aussi fermé que ces pharisiens devant des hommes qui ont faim.
Origène ouvre alors une perspective. Il fait comprendre que le vrai sabbat pour un chrétien, ce n’est pas uniquement un jour de la semaine. C’est un état intérieur.
Cet état, c’est demeurer dans le Christ, s’abstenir des œuvres du monde, non par obligation, mais par amour. Laisser l’âme habiter sa vraie demeure, là où on a notre avenir.
Et cette demeure, dit‑il, c’est la justice, la vérité, la sagesse, la sainteté. Notre vraie demeure, chers amis, c’est le Christ. Là est la source.
Le sabbat existe pour Lui, et nous existons pour demeurer en Lui. C’est là le seul repos véritable.
Et nous avons pour cela, chaque jour de dimanche, un jour pour Dieu, pour ouvrir nos cœurs et nous rendre disponibles. Au‑delà d’un jour de repos pour le corps de l’homme, c’est un jour de repos pour l’âme, pour demeurer en Lui.
Parce qu’un corps fort, mais une âme faible, c’est une personne, eh bien, qui est sur la pente raide.
Alors on peut se poser la question : si on respecte tout, c’est très bien, mais est‑ce qu’on ne passe pas à côté de l’essentiel ? Voilà la vraie question du jour.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 17 juillet • Le jour du Seigneur
Jeudi 16 juillet
• Remettons notre fardeau à Jésus
Aujourd’hui, l’Évangile tombe à pic pour ceux qui sont fatigués et qui ont besoin d’être relevés. Le Seigneur nous dit de venir à lui, nous tous qui peinons.
Prendre le joug du Christ, c’est une image concrète. Dans l’Antiquité, le joug unit deux bœufs, le plus fort portant l’essentiel du poids. Se mettre sous le joug du Christ, c’est accepter d’être attelé à lui, de ne plus porter seul, de laisser sa force combler là où la nôtre lâche.
Cela ne veut pas dire tout lui remettre. Bien sûr, on peut tout lui confier. Il peut tout porter. Mais il fait avec nous.
Et ceci n’est pas de la passivité. C’est un lâcher‑prise qui demande plus de courage que de s’acharner seul. Finalement, le courage, c’est ceux qui font confiance à Dieu dans leur foi, dans la providence divine.
Jésus ajoute quelque chose : il dit « je suis doux et humble de cœur ». Il ne gronde pas. Il ne comptabilise pas.
La Vierge Marie a vécu toute sa vie à cette école : s’appuyer sur Dieu plutôt que sur ses propres forces. Elle intercède aujourd’hui pour nous. Notre Dame du Mont Carmel, priez pour nous.
Parole et Évangile du jour | Jeudi 16 juillet • Remettons notre fardeau à Jésus
Mercredi 15 juillet
• Faites vous tout petit
Il y a deux manières de chercher Dieu. La première passe par l’accumulation : plus de lectures, plus de connaissances, plus d’arguments, plus de certitudes intellectuelles.
La seconde passe par le dépouillement, et Jésus, ce matin, choisit son camp : « Père, je te loue d’avoir caché cela aux sages et aux savants, et de l’avoir révélé aux tout-petits. »
Le roi d’Assour, dans la première lecture, venait de proclamer : « C’est par la vigueur de ma main que j’ai agi, par ma sagesse, car j’ai l’intelligence. » Et Isaïe lui répond : « Le ciseau se glorifie-t-il aux dépens de celui qui s’en sert ? »
L’intelligence humaine sans Dieu finit par se croire l’origine de ce qu’elle accomplit. C’est le piège de l’intellectualisme spirituel : connaître tous les arguments de l’existence de Dieu sans avoir jamais rencontré Dieu.
Saint Vincent de Paul nous dit que Dieu se plaît dans une âme humble, instruite de lui seul, qui ne fait point de cas de la science du monde.
Saint Bonaventure, dont l’Église fait mémoire aujourd’hui, était l’un des plus grands esprits du Moyen Âge, et c’est lui qui écrit : « Si tu cherches comment l’âme s’unit à Dieu, interroge la grâce et non le savoir, ton inspiration profonde et non ton intellect, le gémissement de ta prière et non ta passion pour la lecture. »
Devant la croix, toute spéculation doit être laissée là. Ce feu qui embrase l ‘être et le transportant, Dieu, dit il, s’allume dans l’obscurité consentie, dans le silence imposé aux convoitises et à l’imagination. Cela ne signifie pas qu’il faille fuir le savoir. Bonaventure lui-même était docteur en théologie, maître à Paris, l’un des esprits les plus rigoureux de son siècle.
L’Église l’appelle le docteur séraphique, précisément parce qu’il a uni la rigueur intellectuelle et la contemplation mystique.
Ce que Jésus pointe, et ce que saint Bonaventure pointe avec lui, c’est la différence entre la connaissance sur Dieu et la connaissance de Dieu. Connaître Dieu. On peut accumuler toute la théologie du monde et rester à la porte.
« Le savoir est la charrue », dit Bonaventure, « et la contemplation est la moisson. » Et on a besoin des deux, mais quand la charrue devient une faim en elle-même, on laboure sans jamais récolter.
Cultivez donc le savoir, lisez, étudiez, approfondissez, mais gardez toujours ce cœur de tout-petit qui sait que la connaissance de Dieu est un don et qu’elle se reçoit à genoux.
Saint Bonaventure, priez pour nous.
Parole et Évangile du jour | Mercredi 15 juillet • Faites vous tout petit
Mardi 14 juillet
• Si vous ne gardez pas la foi
Mais quelles sont donc ces villes dans l’Évangile ? Sodome, la ville du péché absolu dans la Genèse, détruite par le feu du ciel à cause de sa corruption totale. Sodome, dans la culture juive, c’est dire le pire exemple imaginable de l’impiété humaine.
Tyr et Sidon, qui sont deux grandes cités phéniciennes, aujourd’hui au Liban, des villes païennes, commerçantes, puissantes, condamnées par les prophètes Isaïe et Ézéchiel pour leur orgueil et leur idolâtrie. Dans l’esprit juif de l’époque, ce sont les villes symboles du monde étranger à Dieu.
Corazine et Bethsaïde, deux villages juifs au bord du lac de Tibériade. Jésus y a accompli beaucoup de miracles, et ce sont des communautés qui connaissent les Écritures, qui attendaient le Messie et qui avaient vu tous les codes religieux.
Capharnaüm, la ville où Jésus s’était installé, sa ville de mission principale : c’est là qu’il avait le plus agi et le plus enseigné.
Alors, que nous dit cet Évangile ? Les pires villes de l’histoire, Sodome, Téidon, seront jugé moins sévèrement que des villages juifs pieux qui ont vu Jésus en personne et sont restés indifférents alors qu’ils connaissaient les écritures. Plus on à reçu, plus la responsabilité est grande et cela nous concerne. Nous qui avons les sacrements, la parole, l’église et parfois aussi le coeur fermé, aussi fermé que la ville de Cafarnaum.
Jésus fait des reproches à ces villes qui ont vu ses miracles et qui n’ont rien changé. C’est un constat qui révèle quelque chose : voir ne suffit pas. Tyr et Sidon se seraient converties sous le sac et la cendre si elles avaient vu ce que Corazine et Bethsaïde ont vu. Mais ces villes ont vu et sont restées telles qu’elles.
Ce qui bloque le passage du signe à la foi, c’est rarement le manque de preuves. C’est la dureté du cœur, qui a décidé d’avance de ne pas changer. Et cette dureté est d’autant plus grave qu’elle s’installe au cœur même de la grâce reçue.
Posons-nous honnêtement la question : qu’est-ce que Dieu a accompli pour nous ? Une guérison inexpliquée ? Une rencontre qui a tout changé ? Une prière exaucée au moment exact ? Ou que sais-je ? Tout cela, peut-être parfois sans que nous en ayons tiré de fruits durables.
Isaïe dit au roi : « Si vous ne croyez pas, vous ne pourrez pas tenir. » La foi, c’est une décision : celle de s’appuyer sur Dieu plutôt que sur ses propres calculs, ses propres forces. Et ce refus de s’appuyer, même devant les signes, c’est le péché silencieux qui condamne et qui nous ferme à la grâce.
Alors parfois, on peut se dire : « Mais je suis trop pécheur et je m’éloigne, parce que finalement j’ai honte. » Très bien. Mais ce n’est pas la gravité de la blessure qui éloigne de la miséricorde : c’est le refus de la montrer. Et ceux qui rapetissent leur faute n’attirent à eux que peu de tendresse.
La conversion bloquée à Corazine, ce n’est pas une question d’intelligence ni de culture : c’est une question de disposition intérieure. Gardez donc un cœur simple. Et le cœur simple se dit simplement : J’ai vu, j’ai reçu, et je change. Un cœur d’enfant. Il ne se complique pas, il ne reporte pas, il ne trouve pas mille raisons pour que ce ne soit pas le bon moment.
Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur, dit l’alléluia de cette messe, mais écoutez la voix du Seigneur. C’est tout.
Parole et Évangile du jour | Mardi 14 juillet • Si vous ne gardez pas la foi
Lundi 13 juillet
• Jésus divise ?
L’Évangile nous dit que Jésus est venu, non pas apporter la paix, mais le glaive. Combien d’entre nous ont vécu une séparation ? Un ami qui s’éloigne, un frère qui décroche, un parent qui regarde avec inquiétude depuis que nous avons changé. Ce changement, c’est Jésus qui est entré dans nos vies.
Jésus l’annonce dans cet Évangile : « Je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère ; on aura pour ennemi les gens de sa propre maison. » Cette parole dérange parce qu’elle est vraie, et elle est vraie parce que la vérité divise. Ce n’est pas la violence qui divise, ce n’est pas le fanatisme, c’est la vérité.
Mettons-nous une seconde à la place de ceux qui nous regardent changer. Pour eux, nous croyons en quelque chose d’incrédule, de dépassé, de vieux, de poussiéreux, peut-être même de dangereux. C’est exactement la même réaction que nous aurions envers quelqu’un qui nous annoncerait croire à la réincarnation, à l’astrologie comme boussole de vie, ou aux ovnis comme origine de l’humanité, ou à un gourou charismatique qui détiendrait la seule vérité.
Nous penserions que cette personne a perdu pied. Il entre dans quelque chose dont il ne sortira pas. Finalement, la crainte, c’est de perdre la personne, telle qu’elle était, telle qu’on la connaissait.
Et c’est précisément ce que pensent ceux qui nous aiment et qui nous voient suivre un homme mort il y a 2000 ans, ressuscité selon nous, et présent dans un morceau de pain. La différence est absolue. La différence avec toutes les choses que j’ai citées précédemment, c’est que Jésus ne demande pas une adhésion à une théorie. Il demande une relation. Et cette relation réordonne absolument tout dans nos vies : nos priorités, les attachements, les appartenances, etc.
Isaïe dit à ceux qui multiplient les sacrifices sans changer de vie : « Vos mains sont pleines de sang. J’ai horreur de votre encens. » Dieu n’est satisfait d’aucune pratique religieuse qui ne transforme pas le cœur.
C’est peut-être là la vraie raison des séparations. Ceux qui nous observent voient que quelque chose a changé en nous, que nous ne répondons plus aux mêmes codes, que nous plaçons quelque chose au-dessus d’eux. Et ça fait peur.
Parfois, ils ont un autre dieu. Parfois, ce dieu pourrait ressembler de loin au nôtre, mais le leur n’a pas de croix, n’a pas de résurrection, n’a pas d’exigence d’amour radical qui dérange, et surtout n’a pas de cohérence avec deux mille ans de saints et d’histoire de saints. Ça, c’est un trésor, chers amis. Et surtout, n’a pas de miracle eucharistique, n’a pas de miracle d’apparition. Parfois, ils n’ont pas de dieu. Parfois, leur dieu, c’est leur croyance en la terre, en dame nature, etc. Mais nous nous égarons.
Mais alors, comment l’expliquer à ceux qui s’éloignent de nous parce que nous croyons au Christ ? Saint Jean Chrysostome nous donne une réponse : Accueille l’étranger avec empressement, avec joie, avec générosité, parce que c’est le Christ qui entre avec lui.
La séparation que Jésus annonce n’est pas une invitation à couper les ponts. Elle est une invitation à aimer autrement. Avec la liberté de celui qui a trouvé quelque chose de plus grand que les liens du sang, et qui, justement parce qu’il a trouvé cela, peut aimer sans s’accrocher, servir sans attendre de retour, tendre un verre d’eau fraîche même à celui qui ne comprend pas.
« Qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera. » Ceux qui s’éloignent de nous ne perdent pas quelqu’un qui leur échappe : ils voient quelqu’un qui a trouvé. Et peut-être que ce n’est pas leur temps, et qu’ils n’ont pas encore trouvé.
Mais, chers amis, quelle attitude avoir envers ceux qui s’éloignent ? Quelle attitude avoir envers ceux qui s’éloignent de nous mais qui s’éloignent aussi peut-être du bon chemin ? C’est de les regarder avec sollicitude, d’être là, de ne pas couper les ponts. Parce que couper les ponts, c’est couper la relation.
Est-ce que Dieu coupe un pont ? Est-ce que Jésus a coupé les ponts avec ceux qu’il côtoyait et qui ne répondaient pas à ses exigences ? La réponse est non. Il leur a parlé clairement. S’ils se repentaient, alors ils pouvaient venir. Ils pouvaient être dans la joie. Mais s’ils ne se repentaient pas, eh bien, ils s’éloignaient.
Ainsi, nous ne maîtrisons pas la vie des autres. Mais nous maîtrisons la nôtre. Et nous pouvons, nous avons ce pouvoir, ce devoir de parole. C’est pour ça que ces derniers jours, on nous a invités dans les Évangiles à témoigner.
Alors rassurez-vous : notre cœur est en liberté grâce au Christ. Il nous libère. Et ça, c’est une vérité.
Chers amis, la loi sur l’euthanasie arrive en France. Nous sommes un peu défaits et nous vous demandons de prier, de vous engager à prier pour un député. Il existe un site qui a été fait spécialement pour cela. Vous pouvez y aller et piocher un député et prier pour lui.
Nous n’avons plus que trois jours pour ces prières. Nous espérons que cela change, et pour ça, eh bien, on a besoin de prier. Alors n’hésitez pas à cliquer sur ce lien . Vous pourrez alors aller piocher un député pour les derniers jours qui restent et prier pour ces trois prochains jours.
Et il y a aussi un autre lien pour s’engager à jeûner. C’est le mercredi 15, le jour du vote. Le mercredi 15 juillet, c’est le jour du vote de cette loi.
Nous espérons que vous serez nombreux à aller prier pour un député et à vous inscrire, vous engager à jeûner. Cela est important pour les chiffres, pour que le site en question, qui s’appelle Osana, puisse partager le nombre de personnes qui a jeûné. C’est une force qui peut porter d’autres personnes à jeûner également et à s’engager contre cette loi.
Nous vous remercions.
Parole et Évangile du jour | Lundi 13 juillet • Jésus divise ?
Dimanche 12 juillet
• Venez à la source !
Chers amis de Cathoglad, nous la connaissons cette parabole du semeur. Mais les paroles de l’Évangile, nous pouvons les relire sans cesse et y trouver toujours une lumière nouvelle.
Dans cet Évangile de Matthieu, la parabole du semeur est la première des sept du discours sur le royaume de Dieu. Elle parle des différentes variétés de terres où tombe la semence semée à la volée par le semeur. Il s’agit d’une grande métaphore de la prédication de la parole de Dieu au long de l’histoire.
Cette parabole explique pourquoi la même semence de l’Évangile produit des effets si différents chez les gens qui la reçoivent, chacun selon ses dispositions. Avec la variété des sols que la semence peut rencontrer en tombant, Jésus résume les types de personnes qu’il accueille.
Aussi, non seulement il transmet une connaissance précieuse de ce que nous sommes, mais il nous interpelle et nous pousse à examiner ce que nous pouvons faire pour que notre correspondance soit meilleure. C’est ce que le pape François nous explique.
Notre cœur, comme du terreau, peut être bon : alors la parole donne du fruit, beaucoup de fruits. Mais il peut être aussi dur, imperméable. C’est ce qui se passe quand nous écoutons la parole, mais qu’elle nous est indifférente : elle ne nous touche pas, elle n’arrive pas à pénétrer chez nous.
Voilà donc le semeur sorti pour semer. Tandis qu’il sème, des grains sont tombés sur le chemin, d’autres sur le sol pierreux, d’autres dans les ronces, d’autres enfin sur la bonne terre, et ceux-là seulement ont donné du fruit.
Jésus ne s’est pas contenté de présenter la parabole : il l’a expliquée. Oui, écoutons nous aussi l’explication de la parabole du semeur.
Les grains tombés sur le chemin désignent ceux qui écoutent la parole sur le royaume de Dieu, mais ne la comprennent pas. Survient le mauvais, et il emporte ce qui a été semé dans leur cœur. Le mauvais marche souvent sur cette route, et il s’emploie à empêcher que la semence germe dans le cœur des hommes. Telle est la première comparaison.
La deuxième est celle du grain tombé sur le sol pierreux. Ce sol désigne les personnes qui écoutent la parole, qui l’accueillent aussitôt avec joie, mais qui n’ont pas de racines, qui sont inconstantes. Quand vient la tribulation, quand vient la persécution à cause de la parole, elles tombent aussitôt.
Quelle psychologie dans cette comparaison du Christ ! Nous connaissons bien en nous et autour de nous l’inconstance de personnes dépourvues des racines qui peuvent faire croître la parole.
Ce terrain rocailleux est donc le cœur superficiel qui accueille le Seigneur, veut bien prier, aimer, rendre témoignage, mais ne persévère pas. Il se fatigue, il ne décolle jamais, dit toujours le Pape. C’est un cœur sans profondeur, où les cailloux de la paresse l’emportent sur la bonne terre, où l’amour est inconstant et passager. Or, celui qui n’accueille le Seigneur que quand ça lui dit ne donne pas de fruits.
Le troisième cas est celui du grain tombé dans les ronces. Le Christ explique qu’il pense aux personnes qui écoutent les paroles, mais qui, à cause de leurs soucis dans ce monde et de leur attachement à la richesse, étouffent la parole, qui ne donne pas de fruits.
Les ronces sont donc le vices qui étouffe la présence de Dieu. Ce sont surtout les idoles de la richesse mondaine, une vie avidement vécue pour soi-même, pour les biens possédés et pour le pouvoir. Si nous cultivons ces ronces-là, nous étouffons la croissance de Dieu en nous.
Chacun peut reconnaître ses petits ou ses grands buissons, les vices qui habitent son cœur, les arbustes plus ou moins enracinés qui ne plaisent pas à Dieu et qui empêchent que le cœur soit propre. Il faut les arracher. Autrement, la parole ne donnera pas de fruits et la semence ne se développera pas.
Enfin, la semence tombée dans la terre fertile représente ceux qui écoutent la parole et qui la comprennent. La parole porte du fruit en eux.
Toute cette parabole magnifique nous parle bien sûr aujourd’hui comme elle parlait aux auditeurs de Jésus il y a 2000 ans. Cette parabole du semeur est une page en quelque sorte autobiographique parce qu’elle reflète l’expérience même de Jésus et de sa prédication. Il s’identifie au semeur qui sème la bonne semence de la parole de Dieu.
Et bien sûr, notre Seigneur Jésus-Christ s’est rendu compte des différents effets obtenus selon le type d’accueil qui est réservé à cette annonce. Il y a ceux qui écoutent la parole de façon superficielle, qui ne l’accueillent pas. Il y a ceux qui l’accueillent sur le moment mais qui ne sont pas constants et qui perdent tout. Il y a ceux qui se laissent dominer par les préoccupations et les séductions du monde. Et puis il y a ceux qui écoutent de façon réceptive, comme la bonne terre. Là, la parole porte du fruit en abondance.
Alors oui, chers amis de Cathoglad, devenons une terre fertile qui reçoit la semence de l’Évangile et qui porte du fruit. Conscients des timidités de l’âme humaine pour accueillir la parole de Dieu.
Oui, prions l’Esprit Saint, adressons à l’Esprit cette ardente prière :
Viens en nous, Esprit Créateur, visite les âmes de tes fidèles, remplis de la grâce d’en haut les cœurs de tes créatures.
Par cette prière, nous ouvrons nos cœurs en suppliant l’Esprit Saint de les remplir de lumière et de vie. Oui, Esprit de Dieu, rends-nous disponibles à ta visite, fais grandir en nous la foi en la parole qui sauve, sois la source vive de l’espérance qui germe en nos vies, sois en nous le souffle d’amour qui nous transforme et le feu de charité qui nous pousse à nous donner nous-mêmes à travers le service de nos frères.
Toi que le Père nous a envoyé, enseigne-nous toutes choses, fais-nous saisir la richesse de la parole du Christ. Affermis en nous l’homme intérieur, fais-nous passer de la crainte à la confiance, afin que jaillisse en nous la louange de ta gloire.
Sois la lumière qui vient remplir le cœur des hommes et leur donne le courage de te chercher sans relâche. Toi, l’Esprit de vérité, introduis-nous dans la vérité tout entière pour que nous proclamions avec fermeté le mystère du Dieu vivant qui agit dans notre histoire.
Éclaire-nous sur le sens ultime de cette histoire. Éloigne de nous les infidélités qui nous séparent de toi, écarte de nous le ressentiment et la division, fais grandir en nous un esprit d’unité pour que nous sachions bâtir la cité des hommes dans la paix qui nous vient de Dieu.
Fais-nous découvrir que l’amour est au plus intime de la vie divine et que nous sommes appelés à y participer. Apprends-nous à nous aimer les uns les autres comme le Père nous a aimés en nous donnant son Fils.
Oui, que tous les peuples te connaissent, toi Dieu, le Père de tous les hommes, que ton Fils Jésus est venu nous révéler, toi qui nous as envoyé ton Esprit Saint pour nous communiquer les fruits de la rédemption.
Amen.
Parole et Évangile du jour | Dimanche 12 juillet • Venez à la source !
Samedi 11 Juillet
• La peur n’est pas pour les chrétiens !
La peur est l’un des ennemis les plus laids de notre vie chrétienne. Jésus exhorte : n’ayez pas peur. N’ayez pas peur.
Et Jésus décrit trois situations concrètes qu’ils devront affronter. Elles sont comme trois tentations : La première : édulcorer l’Évangile, le diluer. La deuxième : la persécution. Et la troisième : la sensation que Dieu nous a laissés seuls.
Jésus a aussi souffert cette épreuve dans le jardin des Oliviers et sur la croix : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? » dit Jésus. On ressent parfois cette sécheresse spirituelle.
Nous ne devons pas avoir peur. Le Père prend soin de nous parce que notre valeur est grande à ses yeux.
Ce qui importe, c’est la franchise, c’est le courage du témoignage, du témoignage de notre foi. Reconnaître Jésus devant les hommes et aller de l’avant en faisant du bien.
Tout de suite, votre parcours d’été : l’art d’aimer Jésus.
Parole et Évangile du jour | Samedi 11 juillet • La peur n’est pas pour les chrétiens !
Vendredi 10 juillet
• Paix sur notre Eglise
L’Eglise a des combats intérieurs. Ce sont des courants forts et le Pape se trouve au milieu de ces courants. Pareil pour les archevêques des grandes villes et au cœur même de nos paroisses.
Si nous savions à quel point c’est compliqué. Des œuvres bonnes et conduites par des personnes qui saisissent mal les enjeux, des projets féconds sabordés sous des apparences bien séantes. Il y en a pléthore dans l’Eglise.
Le Seigneur a fait avec des bras cassés. Pierre qui renie, Thomas qui doute, les disciples qui fuient. Être exempt des faiblesses de nos frères serait demander plus que ce qu’il a demandé aux apôtres.
Et Jésus le dit, le frère livrera son frère, les enfants se dresseront contre leurs parents, etc. Les loups ne sont pas toujours à l’extérieur. Catherine de Sienne a écrit au pape Grégoire XI avec cette liberté saisissante qui a fait sa renommée.
« Plus votre fardeau est pesant, dit-elle, plus votre cœur doit être fort, courageux et sans crainte. Elle lui dit d’aller au-devant des tempêtes, de se réjouir au milieu des périls, parce que la persécution de l’âme vertueuse finit toujours par la paix que méritent la vraie patience et la persévérance. Voilà le positionnement à avoir.
Être prudent comme des serpents, lucide sans naïveté sur ce qui se passe vraiment, candide comme des colombes, c’est-à-dire sans amertume, sans ce durcissement du cœur qui serait la vraie défaite. » La dernière parole de l’Évangile, « Vous n’aurez pas fini de passer dans toutes les villes d’Israël quand le Fils de l’homme viendra. La mission est plus grande que nos blessures, plus grande que les nœuds des égaux et les pièges du démon qui paralysent nos communautés et rendent certains projets inféconds, voire les étouffes dans l’œuf.
Il y a encore des villes à traverser. Alors prions, chers amis, pour notre Église, pour que dans ses murs règne cette paix qui rend fécond, qui permet d’avancer en délaissant ce qui encombre, en délaissant les pièges du démon grâce à l’Esprit. Car l’Église est la Jérusalem nouvelle, la cité de paix où l’Emmanuel habite au milieu de son peuple.
Pas encore dans sa plénitude, mais c’est vers cela qu’elle marche, et c’est pour cela que nous prions.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 10 juillet • Paix sur notre Eglise
Jeudi 9 juillet
parole et Évangile du jour | Jeudi 9 juillet • Prière de Bénédiction
Avez-vous déjà eu besoin de vous poser des questions sur la mission, sur la gratuité ? Est-ce que cela vous a déjà traversé l’esprit ? Car c’est cela dont les Évangiles parlent en ce moment même.
Si la réponse est non, gardez-vous bien, car la parabole des talents que certains enfouissent sans les faire fructifier vous concerne peut-être. Quiconque a trouvé un trésor et s’enterre avec ne ressemble pas à quelqu’un qui a rencontré le Seigneur. Et notre trésor, c’est bien le Seigneur. Celui qui a senti sa présence, même de manière fugace, veut la partager. La mission n’est pas réservée à une caste spirituelle : elle est la conséquence naturelle de la rencontre.
Jésus nous envoie sans or, sans sac, sans tunique de rechange. Ce dépouillement dit quelque chose : ce que j’apporte ne vient pas de moi. On annonce un Dieu qui donne gratuitement, la grâce.
Il faut savoir que la providence de Dieu supplée au manque matériel, mais aussi aux maladresses, aux maux qui accrochent, aux incapacités intérieures. Et le prophète Osée dit que Dieu guidait Israël comme un nourrisson qu’on soulève contre sa joue. Ce même Dieu accompagne celui qu’il envoie.
Alors l’Évangile dit que, quand on arrive dans une ville et que l’on ne nous écoute pas, il faut partir en secouant la poussière de nos pieds. Oui, parce que parfois les cœurs sont fermés. Le Seigneur lui-même a rencontré sur sa route des cœurs qui ne voulaient pas voir, alors qu’ils avaient le Messie en face d’eux.
Dans la culture juive, secouer la poussière, c’est un geste de séparation. On restitue à l’autre la responsabilité de son refus. On repart sans porter la culpabilité du rejet.
Parce que parfois, dans la mission, on a l’impression qu’on n’a pas assez bien parlé du Seigneur, qu’on n’a pas assez bien fait ceci. Mais il n’y a pas ces questions à se poser. Si le cœur de l’autre est en recherche, il pose des questions et s’ouvre petit à petit. Nous, nous avons à semer le grain.
Puisque Dieu choisit de ne pas forcer notre liberté, ne prétendons pas pouvoir persuader ou convaincre quelqu’un avec des arguments, parce que cela se passe dans le cœur.
Alors continuons la mission, dans la confiance et dans la providence divine. Mais aussi et surtout dans la prière. Et cela peut se faire en musique, avec cette bénédiction d’Aaron tirée de la Bible, qui est une prière que l’on peut adresser à ceux qui n’ont pas encore rencontré le Seigneur, ou à ceux qui l’ont déjà rencontré mais qui sont dans un combat, pour qu’il apporte la paix.
parole et Évangile du jour | Jeudi 9 juillet • Prière de Bénédiction
Mercredi 8 juillet
• Recherchez sans trêve le Seigneur !
L’homme contemporain croit davantage les témoins que les maîtres, l’expérience que la doctrine, la vie et les faits que les théories. Première forme de la mission : le témoignage de la vie chrétienne est aussi irremplaçable. Le Christ, dont nous continuons la mission, est le témoin par excellence, le modèle du témoignage chrétien.
La première forme de témoignage est la vie même du missionnaire, de la famille chrétienne et de la communauté ecclésiale, qui rend visible un nouveau mode de comportement. Le missionnaire qui, malgré toutes ses limites et ses imperfections humaines, vit avec simplicité à l’exemple du Christ, est un signe de Dieu, avec des réalités transcendantes.
Mais tous, dans l’Église, en s’efforçant d’imiter le divin Maître, peuvent et doivent donner ce témoignage. Dans bien des cas, c’est la seule façon possible d’être missionnaire.
Le témoignage évangélique auquel le monde est le plus sensible est celui de l’attention aux personnes et de la charité envers les pauvres, les petits et ceux qui souffrent. La gratuité de cette attitude et de ses actions, qui contrastent profondément avec l’égoïsme présent en l’homme, suscite des interrogations précises qui orientent vers Dieu et vers l’Évangile.
De même, l’engagement pour la paix, la justice, les droits de l’homme, la promotion humaine, est un témoignage évangélique dans la mesure où il est une marque d’attention aux personnes et où il tend vers le développement intégral de l’homme.
Parole et Évangile du jour | Mercredi 8 juillet • Recherchez sans trêve le Seigneur !
Mardi 7 juillet
• Ils recolteront la tempête !
Commentaire de Saint Vincent de Paul
Priez le maître de la moisson d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
Il y a bien des gens qui, pour avoir l’extérieur bien composé et l’intérieur rempli de grands sentiments de Dieu, s’arrêtent à cela. Ils se contentent des doux entretiens qu’ils ont avec Dieu dans l’oraison.
Ne nous trompons pas : toute notre tâche consiste à passer aux actes. Et cela est tellement vrai que l’apôtre saint Jean nous déclare qu’il n’y a que nos œuvres qui nous accompagnent dans l’autre vie.
Faisons donc réflexion à cela, d’autant plus qu’en ce siècle, il y en a beaucoup qui semblent vertueux — et qui en effet le sont — mais qui néanmoins inclinent à une voie douce et molle plutôt qu’à une dévotion laborieuse et solide.
L’Église est comparée à une grande moisson qui requiert des ouvriers, mais des ouvriers qui travaillent. Il n’y a rien de plus conforme à l’Évangile que d’amasser d’un côté des lumières et des forces pour son âme dans l’oraison, dans la lecture et dans la solitude, et d’aller ensuite faire part aux hommes de cette nourriture spirituelle.
C’est faire comme notre Seigneur a fait, et après Lui, ses apôtres. C’est joindre l’office de Marthe à celui de Marie. C’est imiter la colombe qui digère à moitié la pâture qu’elle a prise, puis met le reste par son bec dans celui de ses petits pour les nourrir.
Voilà comment nous devons témoigner à Dieu, par nos œuvres, combien nous l’aimons. Toute notre tâche consiste à passer aux actes.
Parole et Évangile du jour | Mardi 7 juillet • Ils recolteront la tempête !
Dimanche 5 juillet
• Un Fardeau Leger ? Le repos des vacances !
Venez à moi, dit le Seigneur, et moi je vous procurerai le repos, vous trouverez le repos pour votre âme. Au moment où beaucoup commencent actuellement les vacances, le temps annuel de repos, ces paroles de l’Évangile nous éclairent pour les envisager en chrétien.
Travail et repos sont prévus par Dieu. L’alternance de ces deux périodes structure la mission de l’homme dans la création. Le septième jour est le sabbat de Dieu. L’homme est à l’image de Dieu par son travail, mais aussi par son repos.
Pourquoi faut-il ces temps de repos ? À force de travail, on en viendrait à oublier que nous ne sommes que des collaborateurs de Dieu. Nous avons toujours tendance à oublier que c’est en Lui que nous avons la vie, le mouvement et l’être, ou encore que c’est Lui qui fait en nous le vouloir et le faire, pour citer saint Paul.
L’incapacité à prendre des vacances, à laisser le monde fonctionner sans moi, est un règlement au narcissisme, à la mise en scène de soi comme grand personnage indispensable. Ainsi, les vacances sont un acte d’humilité.
À notre travail aussi, nous mêlons souvent nos passions mauvaises : l’orgueil, l’instinct de puissance, la soif de domination, la cupidité financière. En ce sens, le repos n’est pas seulement une pause physique : il est une exigence spirituelle et morale, un acte de vertu qui permet de dominer nos passions. Les vacances peuvent ainsi être un acte de détachement.
La détente permet de consacrer du temps pour Dieu par la prière, du temps pour mon esprit par la lecture et la méditation, du temps pour les autres par des moments d’amitié où l’on peut véritablement prendre du temps pour des conversations approfondies, être disponible pour une écoute attentive. La détente permet aussi de consacrer du temps pour mon corps, pour retrouver le rythme de l’homme et non celui de la machine.
Saint Thomas d’Aquin, dans la Somme théologique, a une question entière sur le sujet : y a‑t‑il une vertu à jouer ? Et il répond : « De même que l’homme a besoin d’un repos physique pour refaire les forces de son corps qui ne peut travailler de façon continue, il en est de même de l’âme dont la vigueur aussi est limitée. Quand l’âme s’élève au-dessus des réalités sensibles pour s’appliquer aux œuvres de la raison, il en résulte une fatigue psychique… »
Or, de même que la fatigue corporelle se relâche par le repos du corps, de même la fatigue psychique se relâche par le repos de l’âme. Et saint Thomas poursuit : « Le repos de l’âme, c’est le plaisir ; c’est pourquoi il faut remédier à la fatigue de l’âme en s’accordant quelques plaisirs qui interrompent l’effort de la raison. Ces paroles et actions où l’on ne recherche que le plaisir de l’âme s’appellent divertissement ou récréation. »
Il est donc nécessaire d’en user de temps en temps comme moyen de donner à l’âme un certain repos. Puis saint Thomas explique que l’on peut pécher en jouant trop, mais aussi en ne jouant pas assez. Il est contraire à la raison, dit-il, d’être un poids pour les autres, lorsque par exemple on n’offre rien de plaisant et qu’on empêche aussi les autres de se réjouir.
C’est pourquoi Sénèque dit : « Conduis-toi sagement de façon que personne ne te tienne pour désagréable, ni ne te méprise comme vulgaire. » Or ceux qui refusent le jeu ne disent jamais de drôlerie et rebutent ceux qui en disent, parce qu’ils n’acceptent pas les jeux modérés des autres. C’est pourquoi ceux-là sont vicieux, et on les appelle pénibles et mal élevés, avec Aristote.
Je prendrai l’exemple encore de sainte Thérèse d’Avila, qui a mis les récréations dans sa règle comme un élément essentiel de la vie au Carmel. Les sœurs, qui toute la journée vivent, prient et travaillent en silence, se retrouvent deux heures par jour en récréation. Chacune apporte un petit panier avec un travail manuel léger comme la couture ou l’épluchage des légumes. Et pendant ce temps, elles échangent sur la vie du monde et de l’Église. Elles rient souvent, racontent des histoires, chantent et jouent des petites pièces de théâtre pour les fêtes.
« Ne faites pas la grimace, mes filles, quand vient l’heure de la récréation. Il est nécessaire de détendre l’esprit pour mieux prier ensuite. » Et encore : « Ne fuyez jamais les conversations honnêtes et joyeuses sous prétexte de ferveur et de recueillement. » En récréation, dit-elle, il faut parfois dire de petites facéties pour s’égayer un peu et pour aider les autres à porter leur croix.
Elle-même, la grande Thérèse d’Avila, venait souvent avec un tambourin, des castagnettes ou une flûte pour faire danser ses sœurs. Pour la réformatrice du Carmel, donc, les récréations sont essentielles pour préserver l’équilibre psychologique des religieuses. Et puis les récréations servent à construire l’amitié fraternelle et à fuir la fausse sainteté.
Tout ceci donc pour nous aider à envisager en chrétien nos vacances, comme un véritable temps qui appartient pleinement à notre mission sur terre.
Je voudrais aujourd’hui simplement conseiller aux parents et aux aînés dans les familles de jouer avec les petits-enfants, de leur apprendre la détente, le jeu. Ne vous contentez pas de les laisser jouer dans leurs coins pour qu’ils ne vous dérangent pas et restiez sur vos tablettes, vos téléphones ou à converser entre adultes, mais associez-vous à leur jeu longuement. Créez une connivence avec eux, spécialement pendant les vacances. Vous aurez d’autant plus d’autorité sur eux pour les éduquer, les enseigner et les corriger, que vous aurez su créer avec eux une véritable amitié par la détente et par le jeu.
Chers frères et sœurs de Cathoglad, bonnes et saintes vacances.
Parole et Évangile du jour | Dimanche 5 juillet • Un Fardeau Leger ? Le repos des vacances !
Samedi 4 juillet
• Des outres neuves : un Coeur nouveau !
Les disciples de Jean jeûnent, les pharisiens jeûnent, et les disciples de Jésus festoient. Voilà un scandale.
On fait la fête pendant les noces, et c’est cette image qui est une déclaration. Oui, parce que le Messie est là. Nous faisons la fête pendant les noces : les noces de Dieu avec l’humanité ont commencé. Alors nous faisons la fête. Le Christ célébrait ses noces avec l’Église. C’est pourquoi il acceptait les repas, se montrait humain, abordable.
Le jeûne viendra : les jours où l’Époux sera enlevé. Mais pour l’heure, la moisson est là, le vin coule, et jeûner au milieu des noces serait passer à côté de ce qui se passe.
Et voilà le vin nouveau. Amos l’avait annoncé : les montagnes ruisselleront de vins nouveaux. Le laboureur rejoindra le moissonneur tellement la récolte sera abondante. Ce vin nouveau, c’est l’Évangile.
Mais il demande des outres neuves. Jésus vise quelque chose de précis quand il dit cela : toutes nos structures mentales, héritées, qui résistent à la nouveauté de Dieu.
Nos vieilles outres, ce sont nos représentations d’un Dieu comptable, qu’on négocie. D’un Dieu tout-puissant, sans amour. Nos religions du mérite, où la foi devient un effort de performance, de monstration. Nos blessures, qui nous ont appris que l’amour se mérite et que la joie est suspecte.
L’Évangile déborde tout cela. On reçoit un Dieu qui donne en abondance, dans un amour infini. Et un cœur fermé par la peur ou le calcul éclate sous la pression.
Les outres neuves, c’est ce que Dieu veut faire de nous, si nous acceptons de lâcher les anciennes.
Parole et Évangile du jour | Samedi 4 juillet • Des outres neuves : un Coeur nouveau !
Vendredi 3 juillet
• St Thomas
Commentaire de Benoît XVI
Quand Jésus, en un moment critique de sa vie, a décidé d’aller à Béthanie pour ressusciter Lazare, s’approchant ainsi dangereusement de Jérusalem, Thomas a dit à ses condisciples : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui. » Sa détermination à suivre le Maître est vraiment exemplaire et nous donne un enseignement précieux. Elle révèle sa disponibilité totale à adhérer à Jésus, jusqu’à identifier son sort au sien, et à vouloir partager avec lui l’épreuve suprême de la mort.
En effet, quand les évangiles emploient le verbe suivre, c’est pour signifier que là où Jésus se dirige, là aussi doit aller son disciple. La vie chrétienne se définit donc comme une vie avec Jésus-Christ : mourir ensemble, vivre ensemble, être dans son cœur comme lui est dans le nôtre.
Une seconde intervention de Thomas nous est rapportée lors de la dernière Cène. Jésus, prédisant son départ imminent, annonce qu’il va préparer une place aux disciples pour qu’ils soient eux aussi là où il se trouve, et il leur précise : « Pour aller où je m’en vais, vous savez le chemin. » C’est alors que Thomas intervient en disant : « Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas, comment pourrions-nous savoir le chemin ? »
Ces paroles fournissent à Jésus l’occasion de prononcer la célèbre définition : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. » C’est donc en premier lieu à Thomas que cette révélation est faite, mais elle vaut pour nous tous et pour tous les temps.
En même temps, sa question nous confère aussi le droit, pour ainsi dire, de demander des explications à Jésus. Souvent, nous ne le comprenons pas, ayant le courage de dire : « Je ne te comprends pas, Seigneur, écoute-moi, aide-moi à comprendre. » Ainsi, avec cette franchise — qui est la vraie manière de prier, de parler à Jésus — nous exprimons notre pauvre capacité à comprendre, et en même temps nous nous mettons dans l’attitude de confiance de ceux qui attendent la lumière et la force de la part de celui qui peut les donner.
Chers amis, cette disposition du cœur nous permet de recevoir ce que Jésus veut nous donner. Autrement, si nous pensons que nous savons tout, que nous avons tout vu, le Seigneur n’a pas de porte ouverte pour agir en nous.
Alors, à l’exemple de saint Thomas, de l’apôtre Thomas, du disciple Thomas, mettons-nous dans cette disposition du cœur. Saint Thomas, priez pour nous.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 3 juillet • St Thomas !
Jeudi 2 juillet
• Il a fait des merveilles !
Quel merveilleux exemple de guérison ! L’action du Christ est une réponse directe à la foi de ces personnes, à l’espérance qu’elles reposent en lui, à l’amour qu’elles démontrent avoir les unes pour les autres. Jésus guérit donc, mais il ne guérit pas seulement la paralysie : il guérit tout, il pardonne les péchés, il renouvelle la vie du paralytique et de ses amis.
Il fait naître à nouveau, pourrions-nous dire, une guérison physique et spirituelle en même temps, fruit d’une rencontre personnelle et sociale. Imaginons à quel point cette amitié et la foi de toutes les personnes présentes dans cette maison se sont accrues grâce au geste de Jésus.
La rencontre qui guérit avec Jésus. Nous nous demandons alors : de quelle manière pouvons-nous aider notre monde à guérir aujourd’hui ? En tant que disciples du Seigneur Jésus, qui est médecin des âmes et des corps, nous sommes appelés à continuer son œuvre de guérison et de salut, au sens physique, social et spirituel.
Parole et Évangile du jour | Jeudi 2 juillet • Il a fait des merveilles !
Mercredi 1er juillet
• Les démons suppliaient Jésus
Établi par Dieu dans un état de justice, l’homme, séduit par le malin dès le début de l’histoire, a abusé de sa liberté en se dressant contre Dieu et en désirant parvenir à sa fin hors de Dieu. « Ayant connu Dieu, ils ne lui ont pas rendu gloire comme à un Dieu, mais leur cœur inintelligent s’est enténébré, et ils ont servi la créature de préférence au Créateur. »
Ce que la révélation divine nous découvre ainsi, notre propre expérience le confirme. Car l’homme, s’il regarde au-dedans de son cœur, se découvre enclin aussi au mal, submergé par de multiples maux qui ne peuvent provenir de son Créateur, qui est bon.
Refusant souvent de reconnaître Dieu comme son principe, l’homme a par le fait même brisé l’ordre qui l’orientait à sa fin dernière. Et en même temps, il a rompu toute harmonie, soit par rapport à lui-même, soit par rapport aux autres hommes et à toute la création.
C’est donc en lui-même que l’homme est divisé.
Voici que toute la vie des hommes, individuelles et collectives, se manifeste comme une lutte, combien dramatique, entre le bien et le mal, entre la lumière et les ténèbres. Bien plus, voici que l’homme se découvre incapable par lui-même de vaincre effectivement les assauts du mal, et ainsi chacun se sent comme chargé de chaînes.
Mais le Seigneur en personne est venu pour restaurer l’homme dans sa liberté et sa force, le rénovant intérieurement et jetant dehors le prince de ce monde qui le retenait dans l’esclavage du péché.
Quant au péché, il amoindrit l’homme lui-même en l’empêchant d’atteindre sa plénitude. Dans la lumière de cette révélation, la sublimité de la vocation humaine, comme la profonde misère de l’homme, dont tous font l’expérience, trouvent leur signification ultime.
Parole et Évangile du jour | Mercredi 1er Juillet • Les démons suppliaient Jésus
