Commentaire du samedi 31 Janvier
•Demander un coeur pur
Commentaire de Saint Padré Pio
Ô Dieu, soyez mon guide et mon pilote ! Gardez-vous toujours de transformer vos occupations en troubles et en inquiétudes spirituelles. Et bien que vous soyez embarqué sur les flots, pris dans les tempêtes, de nombreuses difficultés, levez toujours votre regard vers le haut et dites toujours à notre Seigneur.
Ô Dieu, pour vous, je vogue et voyage. Soyez mon guide et mon pilote. Vous, pendant ce temps, employez-vous à expédier les affaires l’une après l’autre du mieux que vous pourrez. Et appliquez-y fidèlement votre esprit, mais avec douceur et suavité. Si Dieu vous en accorde la réussite, bénissez-le. S’il ne lui plaît pas de vous l’accorder, bénissez-le également. Qu’il vous suffise de vous employer à réussir de bon cœur.
Le Seigneur et la raison elle-même n’exigent pas de vous des résultats, mais l’application, l’engagement et la diligence nécessaires. Beaucoup de choses dépendent de nous, mais pas le succès. Vivez en paix et reposez-vous sur le divin cœur sans aucune peur. Car on est bien là, à l’abri des tempêtes. Et même la justice de Dieu ne peut arriver jusque-là.
Efforcez-vous de bien dominer les angoisses de votre cœur.
Confiance et calme dans la grande œuvre de votre sanctification et de celle d’autrui. A Jésus le reste.
Commentaire du vendredi 30 Janvier
• Le Règne de Dieu
Nous pouvons être confiants parce que la parole de Dieu est une parole créatrice, destinée à devenir le grain tout formé dans l’épi. Cette parole, si elle est accueillie, porte certainement du fruit.
Parce que Dieu lui-même l’a fait germer et mûrir par des voies que nous ne pouvons pas toujours vérifier et d’une façon que nous ne connaissons pas. Tout ceci nous fait comprendre que c’est toujours Dieu, toujours Dieu, qui fait grandir son royaume. C’est pourquoi nous prions tant que ton règne vienne.
C’est lui qui le fait grandir, l’homme et son humble collaborateur, qui contemple et se réjouit de l’action créatrice divine et en attend patiemment les fruits.
Commentaire du jeudi 29 Janvier
• Tout ce qui est caché sera manifesté !!
Les balances du Seigneur sont différentes des nôtres. Ils pèsent différemment les personnes et leurs gestes. Dieu ne mesure pas la quantité, mais la qualité. Il scrute le cœur, il regarde la pureté des intentions.
Cela signifie que notre don, à Dieu dans la prière et aux autres dans la charité, devrait toujours fuir le ritualisme et le formalisme, tout comme la logique de calcul, et qu’il doit être une expression de gratuité, comme Jésus l’a fait avec nous.
Il nous a sauvés gratuitement. Il ne nous a pas fait payer la rédemption, il nous a sauvés gratuitement. Et nous-mêmes devons faire les choses comme expression de gratuité.
Commentaire du mercredi 28 Janvier
• Qui garde sa Parole en son coeur ?
Commentaire de Saint Josemaria Escriva de Balaguer. Semer dans le monde entier Voici que le semeur est sorti pour semer. La scène est d’actualité. Aujourd’hui, le semeur divin sème encore sa semence à la volée. L’œuvre du salut continue de se réaliser.
Et le Seigneur veut se servir de nous. Il désire que nous, les chrétiens, nous ouvrions à son amour tous les chemins de la terre. Il nous invite à propager son message divin par la doctrine et par l’exemple jusqu’aux confins du monde.
Il nous demande, à nous, citoyens de la société qu’est l’Église, et citoyens de la société civile, d’être chacun un autre Christ dans l’accomplissement fidèle de ses devoirs, en sanctifiant son travail professionnel et les obligations de son état.
Si nous considérons ce monde qui nous entoure et que nous aimons parce qu’il est l’œuvre de Dieu, nous y verrons se réaliser la parabole. La parole de Jésus est féconde.
Elle suscite en de nombreuses âmes la soif de se donner et d’être fidèles. La vie et le comportement de ceux qui servent Dieu ont modifié l’histoire. Et même beaucoup de ceux qui ne connaissent pas le Seigneur sont mus, peut-être sans le savoir, par des idéaux dont l’origine se trouve dans le christianisme.
Nous voyons aussi qu’une partie de la semence tombe dans la terre stérile, ou parmi les épines et les broussailles, qu’il y a des cœurs qui se ferment à la lumière de la foi. Si les idéaux de paix, de réconciliation, de fraternité sont acceptés et proclamés, ils sont trop souvent démentis par les faits. Quelques-uns s’acharnent en vain à baïonner la voix de Dieu en ayant recours pour empêcher sa diffusion, soit à la force brutale, soit à une âme moins bruyante, mais peut-être plus cruelle, parce qu’elle insensibilise l’esprit.
L’indifférence. Aujourd’hui, chers amis, c’est la fête de Saint Thomas d’Aquin et pour fêter ce grand docteur de l’église, Dominiquin, on lance un parcours spécial de 5 jours sur la spiritualité.
Pour ceux qui ne savent pas vraiment ce que c’est, voilà une catechèse pour vous expliquer tout. Le frère Clément Binachon, Dominiquain lui aussi, va nous accompagner chaque jour pour décoder la vie spirituelle et la rendre enfin concrète.
Commentaire du mardi 27 Janvier
• Les frères de Jésus
Dans le langage biblique, les frères désignent les proches, les membres du clan, comme on le voit partout dans l’Ancien Testament. S’arrêter à cette question, comme le font certains, revient à s’arrêter à la première barrière du texte, sans entrer dans son sens. Jésus déplace toujours le regard, et dans cet évangile, il dit que la vraie proximité avec lui ne repose pas sur le sang, mais sur l’accueil de la volonté de Dieu.
Il ne dévalorise pas sa famille, il l’élargit, il ouvre une famille nouvelle, accessible à tous, où l’appartenance se joue dans l’obéissance aimante et concrète au Père. Le propos de l’évangile n’est donc pas polémique, il est libérateur, et chacun peut alors devenir intime de Dieu, ici et maintenant. La première lecture quant à elle éclaire cette vérité par le geste de David, devant l’arche, signe de la présence de Dieu, il danse sans retenue, il offre, il bénit, il partage, rien de calculé, rien de mondain, il se tient simplement à la place, juste devant le Seigneur.
Cette attitude rejoint l’essence de la spiritualité de Charles de Foucault, c’est-à-dire faire la volonté de Dieu à chaque instant, sans se perdre dans l’après, ni dans les faux débats. Être frère de Jésus consiste précisément en cela, accueillir la présence de Dieu dans le moment présent, y répondre de tout son cœur et laisser cette obéissance devenir source de joie et de dons pour les autres. Là se trouve la vraie gloire, chantée par le psaume, laisser entrer le Roi dans nos vies, non par de grands discours, mais par une fidélité humble, concrète et totale.
Aujourd’hui l’église célèbre Saint Angèle Méricy, femme de feu intérieur et de grande liberté spirituelle. Elle a compris que Dieu façonne les âmes par l’intérieur dans la fidélité quotidienne et que l’éducation du cœur ouvre l’avenir de l’église.
On l’a pris pour apprendre à discerner la volonté de Dieu au milieu du monde, à servir sans bruit et à garder une foi vivante, ferme et douce, capable de transmettre l’évangile sans le durcir.
Angèle désirait ardemment partir en périnage en terre sainte, sur la route elle devint aveugle, elle poursuivit pourtant le voyage guidé par d’autres, acceptant cette épreuve dans une paix étonnante. Arrivée alors à Jérusalem, en prière au sein sépulcre, elle retrouva la vue. Elle comprit alors que Dieu l’appelait moins à voyager qu’à ouvrir les yeux des âmes. Surtout celles des jeunes filles, par l’éducation et la foi vécues dans le quotidien.
Commentaire du lundi 26 Janvier
• C’en est fini de Satan
Ce passage de l’évangile selon saint Marc met en lumière un affrontement décisif autour de l’identité et de l’œuvre de Jésus.
Les scribes ne nient pas les faits, les démons sont expulsés, des vies sont libérées, ok. Leur refus porte plutôt sur l’origine de cette puissance en attribuant l’œuvre de l’esprit.
A Satan, ils inversent volontairement la lumière et les ténèbres, la meilleure stratégie du diable ça, ils se travestient en bien et il fait que le bien passe pour du mal. Saint Augustin explique que le blasphème contre l’Esprit-Saint, cité dans l’évangile, ne consiste pas en une parole isolée, c’est-à-dire que l’on dit comme ça sans but, mais en une fermeture intérieure persistante à la vérité reconnue comme telle.
Le péché devient alors sans pardon, parce que l’homme refuse la source même du pardon. Là où l’esprit révèle le bien, ils choisissent d’y voir le mal à la place.
Jésus répond alors par une logique simple. Un mal divisé contre lui-même s’effondre, dit-il, l’expulsion des démons manifeste au contraire que le règne de Satan est déjà ébranlé. Les pères de l’église lisent aussi l’image de l’homme fort ligoté comme une clé spirituelle.
Saint Thomas d’Aquin, par exemple, s’appuie sur la tradition patristique et enseigne que le Christ entre dans la maison du monde dominée par le péché. Il lit Satan par l’obéissance de la croix et libère ceux qu’il tenait captifs. L’expulsion des démons ne révèle donc pas d’un prodige spectaculaire, mais du signe que la domination du mal touche à sa fin.
Reconnaître l’action de Dieu exige un cœur humble et disponible.
Quand l’homme se ferme à cette reconnaissance, il s’enferme lui-même. Mais là où l’œuvre du Christ est accueillie comme venant de l’esprit, la vie est rendue à sa liberté première et le règne de Dieu se manifeste alors déjà au milieu des hommes.
Commentaire du dimanche25 Janvier
• La vraie lumière rayonne sur vos visages
Alors en ce dimanche, dimanche de la parole de Dieu, dimanche aussi qui termine la semaine de l’unité, nous avons l’appel des quatre disciples.
Nous avons vu les deux semaines précédentes Jésus qui sortait de l’eau, c’est à son baptême, et tout de suite il va faire vivre à ses disciples la même expérience, il va les sortir de l’eau. Ce sont des pêcheurs au bord de la mer, ils pêchent à l’épervier, ils ont de l’eau à peu près à mi-hauteur et ils sortent de l’eau à la voix du Christ. Et j’aime bien regarder peut-être les lieux qui sont indiqués parce qu’ils indiquent le message que Jésus veut faire passer.
Quand on nous dit que Jésus va habiter à Capharnaüm, ville située au bord de la mer de Galilée, on indique les territoires de Zabulon, de Neftali, en fait on veut nous dire que Jésus va être dans un lieu où il y a énormément de passages. C’est beau parce que ça nous parle de l’église.Le but de l’église, c’est la mission.
Et comment on va signifier cette mission ?
Par un lieu où il y a des gens très très différents qui passent par ce lieu-là. Ça c’est important, l’église n’est pas un club refermé sur lui-même, l’église existe principalement pour ceux qui n’y appartiennent pas, pour les gens à l’extérieur. Je suis ordonné, je suis élu pour le monde, pour les gens qui ne sont pas de cette communauté, de cette église. Donc ça c’est la première chose.
Et puis le moyen pour aller vers toutes les nations, c’est peut-être la croix. Vous voyez, le mystère de la croix est mis avec Jean-Baptiste. Quand Jésus a pris l’arrestation de Jean le Baptiste, il sera tiré en Galilée et puis il va habiter au bord de la mer de Galilée, à Capharnaüm. On voit bien que Jésus ne commence pas son ministère avant la mort de Jean le Baptiste, comme si cette mort était comme une semence, un grain de blé qui tombe en terre, afin que Jésus puisse commencer et porter du fruit.
C’est le même mouvement pour nous, c’est-à-dire qu’il y a comme une fécondité dans le don de la vie de Jean-Baptiste, du Précurseur, et de la même manière nos épreuves, notre offrande plus largement, parce que ce n’est pas la croix qui est féconde, c’est l’amour dans la croix, eh bien l’offrande de notre vie va porter du fruit, va être source de fécondité.
Ça c’est la première chose.
La croix est ce qui permet de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu. Et puis la deuxième chose, c’est que je comprends qu’il va falloir disparaître pour engendrer. C’est parce que Jean-Baptiste s’en va que Jésus peut apparaître. Jésus fera faire vivre la même chose avec ses disciples quand il dira, il faut que je m’en aille, sinon vous n’allez pas recevoir le Saint-Esprit.Il faut que Jésus vive l’ascension pour que les disciples en quelque sorte se mettent à bosser. Bon, ça c’est important pour nous, c’est-à-dire comment je dois disparaître.
On voit bien dans les communautés, ce qui paralyse parfois une communauté, c’est le fondateur qui reste, qui reste, qui reste, qui n’arrive pas à partir.Un fondateur qui meurt, c’est une communauté qui vit. Un fondateur qui vit, c’est une communauté qui meurt. Au sens, bien sûr, c’est super quand le fondateur est vivant, mais au sens mourir, au sens spirituel, au sens laisser la place.Il faut que je diminue, comme disait Jean-Baptiste, pour que lui grandisse.
Et donc c’est peut-être ce deuxième point.
Tu veux porter l’Évangile au bout du monde, eh bien regarde comment tu peux mourir, c’est-à-dire laisser la place, mettre d’autres personnes en route.Alors on l’a vu dans l’histoire de l’Église, des gens qui ont accepté de partir. Je pense à Benoît XVI qui avait donné cette démission. Mais ça peut être aussi partir au sens large, ça peut être faire différemment.
La mission suppose de faire mourir des habitudes passées. C’est ce que disait le pape François dans la Joie de l’Évangile, quand il disait il nous faut trouver un nouveau style d’annonce, il nous faut trouver un nouveau langage, un choix missionnaire où on va changer nos habitudes. Et vous voyez dans l’Église de Corinth, eux, ce qu’ils doivent faire mourir, c’est leur attachement à la personne de Paul, d’Apollos, de Pierre ou même du Christ. En fait, Paul leur dit attendez, vous suivez le Christ, vous ne suivez pas tel ou tel gourou s’il vous plaît, ne confondez pas le doigt qui désigne la lune et la lune que vous regardez. Non, nous ne sommes que des instruments.
Voilà donc on peut repérer dans notre vie tous les lieux où en fait la fécondité est liée à la mort.Je pense dans l’évangélisation où je me rends compte parfois que je dois me taire pour que l’autre s’exprime. Ceux qui ont vécu parfois des parcours alpha, ils le découvrent. Dans une table, j’apprends à écouter, je suis en retrait mais pour que l’autre puisse dire le fond de sa pensée sans être contredit et avoir quelqu’un qui lui fait la morale.Alors, cette mort, et je termine par là, est bien sûr symbolisée par le double appel des disciples.
Les premiers disciples doivent quitter leur filet. Simon, André, aussitôt laissant les filets et le suivre.Et puis les autres doivent quitter leur père et les ouvriers. C’est intéressant, dans notre vie on va quitter des biens et des personnes. Il faut repérer quels sont ces biens qui m’empêchent d’annoncer l’évangile et quelles sont les personnes auxquelles je suis lié qui m’empêchent d’être libre et d’annoncer l’évangile.
Jean-Baptiste, c’est celui qui va mourir à cause d’un homme qui est lié, qui s’appelle Hérode. Il est lié par Hérodiade et par toute une cour qu’il admire. En fait, il n’arrive pas à être libre.
Voilà, donc que le Seigneur nous montre quelle est cette Galilée dans laquelle nous sommes appelés à proclamer l’évangile et quels sont ces détachements, ces morts que nous devons vivre, ces disparitions, afin que la vie se fasse à travers une parole qui est possible que soit je donne, soit d’autres donnent, parce que le grain de blé est tombé en terre, parce que j’ai appris à disparaître comme Jean-Baptiste, comme Jésus.
Bon dimanche.
Commentaire du samedi 24 Janvier
• Saint François de Sales
L’évangile d’aujourd’hui nous place devant une scène particulière, très parlante. Jésus est entouré par la foule au point de ne plus pouvoir manger, et ses proches veulent intervenir, persuadés qu’il va trop loin.
Cela révèle une tension que nous connaissons tous, celle entre la faim du corps et la faim plus profonde du cœur. Cela nous rappelle que l’homme a besoin de deux nourritures pour vivre vraiment, premièrement la parole qui éclaire, et deuxièmement le pain qui soutient. Jésus montre par sa manière de vivre que la communion avec le Père passe avant toute chose. Il accepte l’incompréhension afin d’ouvrir un chemin où la vie de Dieu devient la vraie subsistance. Écoutez bien cela, il accepte l’incompréhension, pourquoi ?
Parce que nous sommes des êtres limités. Nous sommes en recherche de Dieu, et il faut savoir accepter de ne pas comprendre. L’incompréhension, l’acceptation de cette incompréhension permet d’ouvrir un chemin où la vie de Dieu devient la vraie subsistance, la vie de Dieu, la parole. Parfois, il faut accepter donc de ne pas comprendre. Mais nous comprenons alors là que suivre le Christ conduit à un déplacement intérieur. Si nous ne comprenons pas tout de suite, nous serons amenés à comprendre plus tard. C’est ce qui arrive dans la vie de tout chrétien.
Tous les saints n’ont pas eu la réponse à leurs questions. Ils n’ont pas été complètement à 100% alignés sur ce qui a été dit dans l’évangile. Pourtant, leur confiance leur a permis de, au fur et à mesure de leur avancement dans la foi, de comprendre certaines réalités. Mais nous ne sommes pas faits pour accueillir tout l’enseignement en une seule fois, ça se saurait. Alors, avec ce déplacement intérieur, nos priorités se réordonnent autour de ce qui fait vivre l’âme, et cela c’est selon l’enseignement du Christ.
Et la première lecture d’aujourd’hui prolonge cette lumière par l’attitude de David face à la mort de Saúl et de Jonathan. Au lieu de se réjouir d’une victoire qui le libère, il pleure, il jeûne et chante une lamentation. Son cœur ne se nourrit pas de la revanche, mais de la fidélité à Dieu, et de l’histoire partagée. Ces textes du jour enseignent donc que la vie croyante s’enracine dans la nourriture intérieure que Dieu offre, sans mesure, et quand nous recevons cette parole et ce pain, nos relations se transforment, notre regard s’élargit, on se décale, et alors même la souffrance devient un lieu où Dieu prépare le salut. Et aujourd’hui nous fêtons Saint François de Sales et je voulais vous faire un petit point sur la spiritualité de ce grand saint, et je vous invite à découvrir le traité de l’amour de Dieu, parce que c’est une des œuvres les plus complètes sur l’amour que j’ai pu lire, et je me dis quand je lis cette œuvre que ce n’est pas possible qu’un homme avec son seul esprit puisse écrire une merveille pareille.
Alors cette spiritualité de Saint François de Sales, elle naît d’une certitude simple, Dieu aime le premier. Dieu aime le premier et son amour précède tous nos mouvements. Dans le traité de l’amour de Dieu, dans son livre, il contemple un Dieu qui attire le cœur humain avec douceur, sans contrainte, respectant infiniment cette liberté, sa liberté. Nous découvrons que l’amour de Dieu agit comme une force intérieure, semblable à une inclination profonde de l’âme vers son bien véritable.
Aimer Dieu, pour Saint François, ça consiste moins à accomplir des exploits spirituels qu’à consentir à cette attraction, à laisser la volonté s’accorder peu à peu à la volonté divine. Cette vision-là libère de la peur et de la dureté.
Dieu ne se conquiert pas par violence, il se reçoit dans une relation vivante, une relation réelle, patiente et où la grâce travaille l’âme de l’intérieur comme une sève qui fait grandir sans bruit. Cette spiritualité fascine par son équilibre et sa profondeur.
Saint François nous dit et il nous montre que l’amour de Dieu s’exprime autant dans l’oraison que dans les actes les plus ordinaires, car tout peut devenir lieu d’union quand le cœur est tourné vers Dieu. Nous apprenons que la perfection chrétienne ne consiste pas à quitter le monde mais à y vivre avec un cœur unifié à Dieu, capable d’aimer sans se crisper, car si nous n’avons pas l’amour, la parole le dit, nous ne sommes rien sans l’amour. Même les faiblesses deviennent un chemin, car Dieu s’en sert pour attirer l’âme à lui avec encore plus de tendresse.
Cette vision ouvre un horizon large et apaisant, aimer Dieu c’est entrer dans un mouvement qui commence ici-bas et s’accomplit dans l’union finale où l’âme repose en celui qu’elle a cherché toute sa vie. Ainsi, la spiritualité salésienne révèle un Dieu proche, patient et profondément désireux de se donner, et elle invite chacun à répondre par une confiance amoureuse, humble et persévérante.
Saint François de Sales, priez pour nous. Bonjour chers amis, cela fait quelques temps que vous ne m’aviez pas vu, je voulais vous souhaiter une bonne et sainte année 2026, pourquoi sainte ?
Parce que nous sommes en perpétuel chemin, nous avons tous des moments de joie où la vie nous semble belle et des moments de peine où plus rien n’est possible, et l’on se retrouve un peu comme Job dans l’épreuve sans réponse. Mais l’espérance, c’est comme le disait Gandalf dans Le Seigneur des Anneaux que je regarde actuellement, il faut nous concentrer sur le temps qui nous est imparti.
Nous sommes ici pour nous préparer à vivre dans le royaume, et la seule boussole que nous devons avoir dans ce monde c’est Jésus, lui et uniquement lui. Alors notre chemin sur terre aussi, nous ne sommes jamais très stable dans notre état, et pourquoi cela ?
Parce qu’il y a des puissances spirituelles qui nous entourent, bonnes ou mauvaises, et il y a aussi la vie qui nous bouleverse de ces événements.
Mais ce qui compte c’est d’être en chemin, c’est ça le plus important.
Commentaire du vendredi 23 Janvier
• La liberté de l’accueil de la bonne nouvelle !
L’évangile de ce jour nous montre une scène fondatrice.
Jésus gravit la montagne, il en choisit douze, et il les envoie proclamer la bonne nouvelle. Ce terme, il surprend, car une bonne nouvelle annonce habituellement une victoire déjà acquise. Ici, la bonne nouvelle proclame que le royaume de Dieu s’approche, et que le mal a déjà commencé à perdre sa domination.
C’est pourquoi il leur donne le pouvoir d’expulser les démons. Ce n’est pas une performance spirituelle des disciples, mais le signe que la présence du Christ libère l’homme de ce qui l’enferme. Cette annonce naît au sein du peuple d’Israël, héritier des promesses de Dieu.
Puis elle s’ouvre à toutes les nations, car le salut offert en Jésus concerne toute l’humanité. La révélation se déploie ainsi, patiemment, par appel et en voie, afin que l’homme entre librement, et c’est un mot important ici, dans une relation vivante avec Dieu. Parce que la bonne nouvelle, chers amis, est proclamée, mais elle doit encore être accueillie dans le cœur, librement. C’est pourquoi elle n’est pas encore accomplie, et que la notion de ce royaume qui s’approche est importante. Les portes nous sont ouvertes, mais c’est à nous d’aller à ces portes.
Et la première lecture éclaire cette mission par une scène de retenue et de miséricorde. David tient Saúl à sa merci, mais il refuse de porter la main sur celui qui a reçu l’onction. Il reconnaît donc que la justice véritable vient de Dieu, et non de la vengeance. Ce choix manifeste déjà la bonne nouvelle en acte. Le mal ne se combat pas par le mal, mais par une fidélité, confiante, qui laisse Dieu agir.
Le psaume reprend cette attitude intérieure en plaçant le cœur sous l’abri des ailes du Seigneur. A la lumière du Concile Vatican II, cette scène annonce la mission confiée aux apôtres et à l’Église. Porter au monde une victoire qui passe par le respect de la personne et par la confiance dans l’œuvre de Dieu. Tout ce qui est à côté de ce respect de la personne, tout ce qui est à côté de la confiance de l’œuvre de Dieu, le Seigneur fera avec, mais c’est nous qui en subirons les conséquences.
Chaque chrétien doit se poser la question, quand il fait un acte dans la société, quel respect pose-t-il par cet acte à Dieu et à la personne qu’il a en face de lui ?
Annoncer la bonne nouvelle consiste alors à rendre visible par des choix concrets que l’amour et la vérité de Dieu dominent plus haut que toute violence et que toute peur.
Commentaire du jeudi 22 Janvier
• Garder vos oreilles et vos langues
Dans la première lecture, tout commence par un chant populaire. Les femmes accueillent Saûl et David après la victoire et elles répètent un refrain, elles disent « Saûl a tué ses milliers et David ses dizaines de milliers ».
Ce chant sert de miroir intérieur à Saûl. Jusque là, il est roi, victorieux, reconnu. Mais en entendant cette parole, quelque chose se fissure. Le texte dit qu’il le prit très mal et qu’il devint irrité.
La Bible montre ici comment naît la jalousie. Elle surgit quand la reconnaissance reçue semble diminuée. Même si rien n’a été réellement enlevé. Elle naît d’un rien, d’un sentiment de frustration.
David n’a rien pris à Saûl et pourtant, le regard de Saûl change. À partir de ce jour, il regardait David avec méfiance. Ce détail est décisif.
Le péché commence rarement par un acte brutal. Il commence souvent par une petite fissure, une lecture faussée de l’autre nourrie par la peur de perdre sa place. Et cela est nourri jour après jour avec des événements dont on ajoute à la lourdeur de l’argument pour dire « regarde, regarde, voilà ce qu’il fait ». Et cela vient à être gros et puis s’agrossit et ça devient un péché.
Voilà un combat intérieur, chers amis. Un combat intérieur redoutable. Et il ne faut pas y céder. Alors on dit souvent « il ne faut pas, il faut faire ci, il faut faire ça » mais vraiment là, gardez-vous, gardez vos oreilles de toute calomnie et gardez vos lents de toute malveillance. Cela veut dire ce que ça veut dire.
L’évangile selon saint Marc éclaire cette dynamique d’un autre côté. Jésus se tient au milieu de la foule, entouré de malades et de personnes blessées. La scène parle sans discours. Il n’y a pas de parole forcément de Jésus dans cet évangile.
C’est une scène, voilà. Les foules se pressent, certains cherchent à le toucher, les esprits impurs crient une vérité qu’ils ne comprennent pas et Jésus garde la maîtrise de tout cela. Il y a une foule, c’est difficile à gérer une foule. Il faut préparer une barque pour ne pas être écrasé. Il impose le silence à ceux qui parlent mal de lui, même quand leur mot semble juste.
Cette scène révèle une loi spirituelle. Tout ce qui dit la vérité ne vient pas forcément d’un cœur juste. Là on parle des esprits impurs qui reconnaissent en Jésus le Christ, le fils du Dieu vivant. Leur parole ne vient pas, elle est leur parole qui est la vérité, ne vient pas forcément d’un cœur juste.
Jésus accueille la foule mais il refuse une reconnaissance qui enferme ou qui déforme. Là où Saûl se laisse envahir par une parole qui blesse son cœur, Jésus demeure libre face aux paroles qui l’entourent.
Voyez la différence, Jésus nous montre le chemin. Le texte invite à apprendre ce discernement intérieur et surtout Jésus aurait pu, tout humain qui subit cela aurait pu dire ce que vous dites est un mensonge et puis se défendre avec des arguments. Jésus ne réagit pas comme nous.
Il nous montre le chemin de l’humilité, alors il faut écouter sans se laisser dominer par le discours de l’autre, prendre le temps, agir sans chercher la gloire et laisser Dieu garder la vérité de nos vies.
Commentaire du mercredi 21 Janvier
• Ne soyez pas dur de coeur
Un fil traverse les textes.
Le cœur. Dans l’Évangile, Jésus regarde les pharisiens avec une douleur mêlée d’autorité, Car il perçoit l’endurcissement de leur cœur. Ce durcissement surgit quand l’homme se protège, Quand il préfère la maîtrise à la confiance.
Saint Augustin enseigne que le cœur se durcit quand il cesse d’aimer, Et qu’il se replie sur sa propre justice. Chacun reconnaît ce mouvement intérieur. Écouter sans se laisser toucher, Prier sans attendre de conversion, Servir sans laisser Dieu déranger.
Et ce signe alerte, Car un cœur fermé oriente peu à peu les choix vers la perdition. Il y a là une fidélité éteinte. Un refus de la grâce. Un refus de l’amour. Et le cœur se ferme. Jésus nous invite à briser cette croûte intérieure, Afin que la vie de Dieu circule à nouveau. Les pharisiens observent Jésus, Afin de le prendre en faute dans l’Évangile. Leur piège repose sur une question de règles.
Guérir le jour du sabbat. Ce mécanisme traverse aussi nos vies. Nous cherchons parfois à enfermer Jésus dans nos conditions, Agir selon nos attentes, Bénir nos choix déjà arrêtés, Et rester discrets afin de ne rien bouleverser. Ces pièges que nous tendons à Jésus, Prennent la forme d’une foi calculée, D’un dialogue intérieur, Où Dieu devrait confirmer nos sécurités.
Mais Jésus répond toujours de la même manière. Il place la personne au centre. Il appelle l’homme à s’avancer. Il révèle ce qui est blessé. Il rend la capacité d’aimer, Et d’agir, Et il enlève les écailles des yeux. Nous mettant face à nos propres contradictions, Il échappe à tout piège.
Car l’amour, offert sans réserve, Reste insaisissable. Et ce regard éclaire aussi la figure de Sainte Agnès, Que nous fêtons aujourd’hui. Son cœur reste à libre face aux pressions, Et aux calculs de son temps. Elle choisit de se laisser aimer, Plutôt que de négocier sa foi. A la suite de David, Et de l’homme à la main atrophiée de l’évangile, Elle révèle un enseignement qui dépasse les siècles.
Dieu désarme les cœurs fermés, Par une miséricorde active. Le Christ se laisse approcher, Mais jamais enfermé.
Alors ne tentons pas de l’enfermer dans nos tactiques, Dans nos pensées, Parce que lui, il est là pour nous guérir, Pour nous relever. Il nous aime jusqu’au bout de notre ingratitude. Alors celui qui accueille cette compassion du Seigneur, Découvre une force capable de transformer Tous ses combats intérieurs en chemin de vie. C’est le chemin de la croix.
Et c’est cela que le Christ nous appelle à suivre, Dans la confiance toujours. Vous avez peut-être remarqué que dans beaucoup de prières, Il y a le mot confiance. Ce n’est pas vain. Ce n’est pas une confiance que l’on chante pour se rassurer. C’est vraiment réel. La confiance dans le Seigneur. L’abandon dans sa divine volonté.
Lâchez prise et faites confiance.
Commentaire du Mardi 20 Janvier
• Le jour du Seigneur
Commentaire de Benoît XVI
Le sabbat a été fait pour l’homme et non pas l’homme pour le sabbat. Il est particulièrement urgent à notre époque de rappeler que le dimanche, le jour du Seigneur, est aussi le jour du repos par rapport au travail. Nous travaillons vivement, que cela soit reconnu comme tel par la société civile, de sorte qu’il soit possible d’être libre des activités du travail, sans être pour autant pénalisé.
En effet, les chrétiens, en relation avec la signification du sabbat dans la tradition juive, ont toujours vu également dans le jour du Seigneur, le jour du repos, du labeur quotidien. Cela a un sens précis, Constituant une relativisation du travail qui est ordonnée à l’homme, le travail est pour l’homme et non l’homme pour le travail. Il est facile de comprendre la protection qui en découle pour l’homme lui-même, qui est ainsi émancipé d’une forme possible d’esclavage.
Comme j’ai eu l’occasion de l’affirmer, le travail est de première importance pour la réalisation de l’homme et pour le développement de la société, et c’est pourquoi il convient qu’il soit toujours organisé et accompli dans le respect, dans le plein respect de la dignité humaine, et au service du bien commun. En même temps, il est indispensable que l’homme ne se laisse pas asservir par le travail, qu’il n’en fasse pas une idole, prétendant trouver en lui le sens ultime et définitif de la vie.
C’est dans le jour consacré à Dieu, que l’homme comprend le sens de son existence ainsi que de son travail.
Commentaire du Lundi 19 Janvier
• Sang du Christ, enivre moi
Commentaire, prière de Saint Nersès Snorhali
Daigne renouveler mon âme, Seigneur. Sur la robe neuve reçue à la fontaine sacrée, j’ai endossé les vieux haillons du péché, qui, en la déchirant, prirent une couleur triste et repoussante.
Hôte de moi le vêtement de Silice, et revez-moi de celui qui rend joyeux. Et la robe intérieure de mon âme, lave-la avec l’eau des larmes des yeux. Je n’ai pas renouvelé la vieille outre, l’âme, de la vétusté du péché, pour que le vin nouveau du commandement fût conservé en moi sans s’écouler.
Daigne me renouveler, toi qui es la droite puissance du Père fort, pour que ton vin, aux vignes plantées par le Père, soit conservé en moi, incorruptible.
Commentaire du Dimanche 18 Janvier
• La liberté qui rend esclave et celle qui libère
Bonjour à tous chers frères et sœurs de Cathoglad, je suis Don Ambroise Paul Dauphin, je suis prêtre depuis un an et demi et j’ai la joie de servir dans la paroisse de Sarcelles dans l’iocèse de Pontoise.
J’appartiens à la communauté Saint-Martin et j’aurai la joie de commenter l’évangile quelques fois cette année pour vous sur la chaîne Cathoglad. Merci de prier pour moi et je prie pour vous.
Chers frères et sœurs de Cathoglad, les textes de la parole de Dieu de ce deuxième dimanche du mois ordinaire nous posent une question très simple.
Qui veux-tu servir?
De toute façon, chers frères et sœurs, chacun d’entre nous nous servons. Nous servons quelqu’un, qu’on le veuille ou non.La question c’est est-ce que je veux servir en étant un esclave ou est-ce que je veux servir en étant un fils, une fille? Je vais commencer par vous raconter une histoire.
Il y a très longtemps avant la création du monde visible, Dieu a créé des milliards et des milliards d’esprits qui peuplent le monde invisible, chacun de ces esprits étant doué d’une liberté, capable de se prononcer pour Dieu. Au sommet de la hiérarchie de tous ces esprits, le plus beau d’entre eux, celui qu’on appelait le porteur de la lumière, Lucifer, a posé une décision très grave, irrémédiable, lorsqu’il a appris la volonté qu’avait Dieu de créer un être à la fois charnel et spirituel, l’être humain, et de le placer au sommet de sa création.
Ce Lucifer se dressa contre Dieu et lui cria au visage non serviam, je ne servirai pas. Au moment même où il a pris cette décision, au moment même où il a fait ce choix, son identité de porteur de la lumière a été complètement déformée, inversée, et du plus beau des anges qu’il était, il devint le plus laid des démons, celui qu’on appelle le diviseur, Satan.
Chacun d’entre nous, comme les anges, nous avons été créés pour être serviteurs de Dieu, c’est notre vocation, c’est ce que nous avons entendu dans la première lecture du prophète Isaïe, tu es mon serviteur Israël, et un peu plus loin, le Seigneur parle, lui qui m’a façonné dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, c’est pour cela que nous avons été créés par le Seigneur pour le servir, c’est notre identité, notre vocation.
Alors pour chacun d’entre nous, une alternative se présente, deux chemins s’ouvrent devant nous, deux modèles, l’anti-serviteur, Satan, ou le serviteur par excellence, celui qui est venu nous montrer cet exemple du service parfait, Jésus. Écouter la voix du séducteur, la voix du démon, c’est notre première option, c’est écouter la voix de celui qui veut nous pousser à reproduire son refus de servir.
On le voit à travers un mal très répandu dans notre société, le mal de l’addiction.L’addiction, c’est une apparence de liberté, parce qu’après tout, l’addiction, on refuse d’obéir à toute norme, à toute moralité, à toute limite, à toute mesure, et pourtant quiconque a déjà parlé avec quelqu’un qui souffre d’une addiction, ou quiconque a déjà peut-être vécu dans sa propre chair cette souffrance de l’addiction, sait à quel point c’est une illusion de liberté, à quel point c’est même une anti-liberté, un esclavage.
La deuxième option que nous avons, c’est d’écouter la voix de Dieu, qui nous invite à être comme Jésus, son serviteur, qui nous a créés, façonnés dès le sein de notre mère, pour que nous soyons à son service, telle est notre vocation. Il y a plusieurs lignes dans l’Ancien Testament qui nous annoncent différentes facettes de la personnalité de Jésus.On connaît bien celles qui nous annoncent le roi, le nouveau David, on connaît bien celles qui nous annoncent le Messie, c’est-à-dire celui qui a reçu l’onction du Seigneur. On connaît bien aussi le Fils de l’Homme, celui qui est annoncé mystérieusement dans les prophètes apocalyptiques comme étant cet être divin qui vient du ciel à la fin des temps.
Mais il y a peut-être une ligne que nous négligeons plus souvent, en tout cas que les juifs de l’époque de Jésus n’avaient certainement pas pensé à associer à la figure du Messie, celle du serviteur souffrant.Jean-Baptiste fait référence à cette figure dans l’évangile que nous avons entendu lorsqu’il désigne Jésus comme l’agneau de Dieu. C’est probablement assez inattendu, comme je vous le disais, pour la majorité des juifs qui attendaient à cette époque plutôt un Messie roi, mais peu parlaient d’un Messie agneau.
L’agneau rappelait chaque année pourtant aux juifs que Dieu les avait libérés, et Moïse avait bien insisté pour que le sang de l’agneau soit le signe de génération en génération de la libération que Dieu avait accordée à son peuple.Mais l’agneau rappelle aussi le serviteur de Dieu, comme je vous le disais, annoncé par Isaïe dans son livre au chapitre 53. Je vous cite Isaïe, maltraité, il s’humilie, il n’ouvre pas la bouche, comme un agneau conduit à l’abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n’ouvre pas la bouche, arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Voilà donc le modèle que nous devrions suivre.Mais comment, comment chers frères et soeurs, pouvons-nous imiter un tel modèle ? Est-ce que ça n’est pas complètement au-dessus de nos forces ?
Si nous comprenons cette imitation comme un effort volontariste crispé, c’est sûr que cela va nous rebuter et nous paraître impossible à réaliser. Mais il nous faut comprendre quelle était la force profonde de Jésus, son moteur profond, et bien c’était sa relation avec son Père. D’ailleurs c’est la révélation ultime sur l’identité de Jésus que fait Jean-Baptiste aujourd’hui.Celui-ci est le Fils de Dieu. Il aurait pu dire celui-ci est le Messie, celui-ci est le Sauveur, celui-ci est le Lion de Judas. Non, il dit celui-ci est le Fils.
Voilà, chers frères et soeurs, le moteur profond de l’action de Jésus. Il se sent Fils de son Père. Il se sait aimé de lui.Il se sait béni de lui. Il se sait validé, confirmé, protégé, aimé. Il sait qu’il est dans sa main.Voilà quelle est sa force profonde, chers frères et soeurs.
Et bien souvent, nous imaginons la vocation chrétienne comme une sorte de succession d’efforts et d’efforts à rajouter à encore des efforts pour devenir peut-être un petit peu meilleur par nos propres forces. Mais nous ne soupçonnons pas qu’en réalité, la force des saints réside dans cette certitude qu’ils avaient d’être fils et filles de Dieu.
Non pas une certitude intellectuelle, mais quelque chose qui se joue au niveau du cœur, j’allais dire au niveau des tripes. Ils se sentent fils et filles de Dieu. Tel est leur moteur profond. Alors, chers frères et soeurs, si nous voulons non pas être comme Satan dans l’illusion de ne servir personne, tomber dans ce panneau, dans ce mensonge, il nous faut donc, vous l’avez compris, être comme Jésus des serviteurs.
Mais cela commence par être des fils et des filles de Dieu. Souvent, notre relation avec le Père est peut-être un petit peu un angle mort de notre vie spirituelle.Il est plus facile de prier Jésus qui s’est rendu visible dont la vie nous est racontée, dans les évangiles, que nous pouvons nous imaginer. Et nous ne pensons pas toujours à nous adresser à notre Père. Peut-être parce que notre relation avec notre Père charnelle est parfois blessée, parfois difficile, parfois marquée par la souffrance, et nous avons donc du mal à projeter cette image de la paternité sur Dieu.Pourtant, c’est pour cela que Jésus est venu, pour nous révéler que Dieu est notre Père. C’est la seule prière qui nous est apprise, la prière du notre Père.
Voilà, chers frères et sœurs, ce que nous apprennent les textes de la parole de Dieu d’aujourd’hui.Notre vocation est d’être serviteurs de Dieu. Mais loin d’être déshonorant, cette mission, cette vocation que nous avons reçue, cache une identité plus profonde, celle d’être fils et fille de Dieu. C’est ce que Jean-Baptiste a compris en désignant Jésus à la fois comme le serviteur souffrant, l’agneau de Dieu, et comme le fils de Dieu par excellence. Alors je vous laisse avec cette piste concrète pour votre vie spirituelle.
Où en est ma relation avec Dieu le Père ? Est-ce que je pense à le prier quotidiennement ? Je pense certainement à prier Jésus, à prier peut-être l’Esprit Saint, mais est-ce que je pense à me confier à Dieu le Père ? Est-ce que je pense à lui demander sa bénédiction ? Est-ce que je pense à lui demander de me faire comprendre ce que signifie être son fils, être sa fille ? Est-ce que je pense à lui demander de me révéler tout son amour ? Chers frères et sœurs, c’était cela le moteur intime de Jésus, être fils de Dieu et faire la volonté de son Père. C’était cela la vocation et le moteur profond de tous les saints.
C’est notre vocation aussi, c’est ce qui est appelé à nous mettre en mouvement dans notre vie chrétienne. Alors puissions-nous, chers frères et sœurs, découvrir l’amour du Père, et comme le dit Saint Paul dans la deuxième lecture, à vous, la grâce et la paix de la part de Dieu notre Père. Amen.
Commentaire du Samedi 17 Janvier
• Depouillez vous et CHOISISSEZ le Christ
Commentaire de Saint Ambroise.
L’apôtre Paul a dit « Dépouillez-vous du vieil homme avec ses agissements et revêtez l’homme nouveau. »
Telle a été l’œuvre que le Christ a accomplie en appelant Lévi. Il l’a refaçonné et a fait de lui un homme nouveau.
Aussi est-ce au titre de créature nouvelle que l’ancien publicain offre un festin au Christ, parce que le Christ se plaît en lui et que lui-même mérite d’avoir sa part de bonheur avec le Christ. Il le suivait maintenant heureux, allègre, débordant de joie. « Je ne fais plus figure de publicain, de collecteur d’impôts, disait-il. Je ne porte plus le vieux Lévi. J’ai dépouillé Lévi en revêtant le Christ.
Je fuis ma vie première. Je ne veux plus suivre que toi, Seigneur Jésus, qui guérit mes blessures, qui me séparera de l’amour de Dieu qui est en toi.
La tribulation, c’est-à-dire dans la foi comme dans la vie, une épreuve prolongée qui met notre cœur à nu, qui le vide de ses forces. Ou alors l’angoisse ou la faim.
Je suis attaché à toi par la foi comme par des clous. Je suis retenu par les bonnes entraves de l’amour. Tous tes commandements seront comme un cotaire que je tiendrai appliqué sur ma blessure. Le remède mort, mais il enlève l’infection de l’ulcère.
Retrange donc, Seigneur Jésus, par ton glaive puissant la pourriture de mes péchés. Viens vite inciser les passions cachées, secrètes, variées. Purifie toute infection par le bain nouveau. Écoutez-moi, homme collé à terre, vous qui avez la pensée enivrée par vos péchés. Moi aussi, Lévi, j’étais blessé par des passions semblables.
Mais j’ai trouvé un médecin qui habite le ciel et qui répand ses remèdes sur la terre. Lui seul peut guérir mes blessures, car il n’en a pas. Lui seul peut ôter au cœur sa douleur et à l’âme sa langueur, car il connaît tout ce qui est caché.
Alors, chers amis, revêtez-vous aussi, l’homme nouveau.
Choisissez le Christ, même si vous avez renoncé, si vous êtes tombés. Reconnaissez que le Seigneur est Dieu et que ce Dieu-là vous aime et qu’Il peut tout pour vous. Tout ce qu’Il veut, sa main peut l’accomplir.
Du fond des mers au fond des abîmes, béni soit Dieu pour tout ce qu’Il fait.
Commentaire du Vendredi 16 Janvier
• Pardonner les péchés
Commentaire de Saint Augustin
Arrive des gens qui lui amènent un paralysé. Un homme dont les forces intérieures sont affaiblies pour tout bien, ne pouvons-nous pas le soulever comme le paralytique de l’Évangile et lui ouvrir le toit de l’Écriture pour le descendre au pied du Seigneur ? Vous le voyez bien, un tel homme est un paralytique spirituel.
Et je vois ce toit de l’Écriture et je sais que le Christ est caché sous ce toit. Je vais faire donc, autant qu’il me sera possible, ce que le Seigneur a approuvé chez ceux qui découvrirent le toit de la maison et descendirent le paralytique à ses pieds. Celui-ci dit en effet « Mon fils, prends courage, tes péchés te sont remis ». Et Jésus guérit cet homme de la paralysie intérieure. Il lui remit ses péchés et il a fermi sa foi. Mais il y avait là des gens dont les yeux ne pouvaient pas voir la guérison de la paralysie intérieure.
Ils prirent pour un blasphémateur le médecin qui l’avait opéré. « Quel est donc cet homme, disent-ils, qui remet les péchés ? » Ils blasphèment. « Quel autre que Dieu peut remettre les péchés ? » Mais comme ce médecin était Dieu, il entendait ses pensées en leur cœur. Il croyait que Dieu avait vraiment ce pouvoir, mais il ne voyait pas Dieu présent devant eux. Alors ce médecin agit aussi sur le corps du paralytique pour guérir la paralysie intérieure de ceux qui tenaient ce langage.
Il opéra quelque chose qu’ils puissent voir pour qu’ils croient eux aussi. Courage donc, toi aussi, dont le cœur est faible, toi qui est malade jusqu’à être incapable de tout bien face à ce qui se passe dans le monde. Courage, toi qui es intérieurement paralysé. Ensemble, découvrons le toit des Écritures pour descendre aux pieds du Seigneur. Chères frères et sœurs, comme ce commentaire est riche, voyez-là saint Augustin qui nous amène une réflexion que nous n’avions peut-être pas compris en écoutant l’Évangile, qui est quand même assez subtile. Jésus, en guérissant le paralytique, guérit aussi la paralysie intérieure de ceux qui ne croyaient pas que Jésus était Dieu.
C’est fort, n’est-ce pas ? Je vous laisse sur ces paroles.Je vous invite aussi à faire la prière pour combattre le péché de saint Louis qui est en lien, en haut à droite qui s’affiche maintenant, et aussi dans la description, qui a été faite hier mais que j’ai oublié de mettre en lien.
Vous pouvez la faire, elle est sur la chaîne prière de Cathoglad.
Vous pouvez la faire tous les jours où vous vous sentez défaillir, où vous pensez qu’il va y avoir des tentations.
Saint Louis, c’est un saint très droit et prenons exemple sur lui, il faisait cette prière très souvent. Je vous laisse sur ces paroles.
Commentaire du Jeudi 15 Janvier
• La véritable lèpre, c’est le péché
Commentaire de saint Jean Chrysostome.
Jésus descendit de la montagne et de grandes foules se mirent à le suivre. Un lépreux s’approcha de lui en disant « Seigneur, si tu le veux, tu peux me purifier. » Grande était la discrétion et la foi de celui qui s’approchait ainsi.
Il se garda d’interrompre l’enseignement de Jésus, il ne traversa pas la foule qui écoutait, mais il attendit le moment opportun et s’approcha du Seigneur lorsque celui-ci fut descendu. Il ne s’adresse pas à lui de façon banale, mais avec une grande ferveur en tombant à ses genoux, comme le dit un autre évangéliste, avec une profonde foi et une idée exacte concernant le Christ. Il ne dit pas non plus « Seigneur, purifie-moi », mais il s’en remet entièrement à lui, il le rend maître de sa guérison et témoigne de sa toute-puissance.
Jésus ne répond pas « Sois purifié », mais « Je le veux, sois purifié ». Il désirait, par ces mots, affermir tout le peuple ainsi que le lépreux dans la conviction qu’ils avaient de sa puissance.
Voilà pourquoi il dit « Je le veux ». Pourquoi, lorsqu’il lui suffisait de vouloir et de parler pour purifier, touche-t-il de la main ? Il me semble qu’il n’avait d’autres raisons que de montrer par là qu’il se situait non pas sous la loi, mais au-dessus, et que devenu impur au contact de la lèpre, au contraire, le corps du lépreux fut purifié par cette main très sainte.
C’est que le Christ n’est pas venu seulement pour guérir les corps, mais pour élever les âmes à la sainteté et nous apprendre que la seule lèpre à craindre est celle du péché.
Commentaire du Mercredi 14 Janvier
• Parle, Seigneur !
Commentaire du Vème siècle sur la prière.
Le bien suprême, c’est la prière, l’entretien familier avec Dieu, la prière est la lumière de l’âme, la vrai connaissance de Dieu, la médiatrice entre Dieu et les homes. Par elle, l’âme s’élève vers le ciel et embrasse Dieu dans une étreinte inexprimable.
Comme un enfant pleurant vers sa mère, elle exprime la profondeur de son désir. Elle exprime ses volontés profondes. Et elle reçoit des présents qui dépassent toute la nature visible.
Car la prière se présente comme une puissante ambassadrice. Elle réjouit, elle apaise l’âme. Lorsque je parle de prière, ne t’imagines pas qu’il s’agisse de paroles. Elle est un élan vers Dieu, un amour indicible qui ne vient pas des hommes et dont l’apôtre Paul parle ainsi, « Nous ne savons pas prier comme il faut, mais l’esprit, lui-même, intervient pour nous par des cris inexprimables.»
Une telle prière, si Dieu en fait la grâce à quelqu’un, est pour lui une richesse perpétuelle, un aliment céleste qui rassasit l’âme. Celui qui l’a goûtée est saisi pour le Seigneur d’un désir éternel, comme d’un feu dévorant qui embrase son cœur.
Commentaire du Mardi 13 Janvier
• Cette parole est vivante et tranchante
La parole de Dieu est vivante et efficace, plus incisive qu’un glaive à deux tranchants. Toute la grandeur, la force et la sagesse de la parole de Dieu, voilà ce que l’apôtre montre par ses mots à ceux qui cherchent le Christ, lui qui est la parole, la puissance et la sagesse de Dieu. Quand on proclame cette parole, la voix qui la prononce donne à une parole extérieurement audible la puissance de sa parole intérieurement perçue. Dès lors, les morts ressuscitent, et ce témoignage fait surgir de nouveaux enfants d’Abraham.
Elle est donc vivante cette parole, vivante dans le cœur du Père, vivante sur les lèvres du Prédicateur et vivante dans les cœurs remplis de foi et d’amour. Et puisque c’est une parole vivante, nul doute qu’elle ne soit aussi efficace. Elle agit avec efficacité dans la création du monde, dans son gouvernement et dans sa rédemption.
Qu’est-ce qui pourrait être plus efficace ou plus fort ? Qui dira les prouesses du Seigneur ? Qui fera entendre toute sa gloire ? L’efficacité de cette parole se manifeste dans ses œuvres, elle se manifeste aussi dans la prédication, car elle ne vient jamais sans effet, mais elle profite à tous ceux à qui elle est envoyée.
La parole est donc efficace, et plus pénétrante qu’une épée à deux tranchants, quand elle est reçue avec foi et amour.
En effet, qu’est-ce qui serait impossible pour celui qui croit ? Et qu’est-ce qui serait difficile pour celui qui aime ?
Commentaire du Lundi 12 Janvier
• La déchristianisation : quel regard chrétien ?
Non seulement une nouvelle, mais une bonne nouvelle !
Dans la mesure où notre monde veut être en rupture de Dieu, où on entend ce passé de Dieu s’organiser en deçà de Dieu, Dieu devient pour lui une nouveauté, et le Dieu de l’évangile redevient une nouvelle.
Le chrétien, en face de la déchristianisation, lutte souvent contre des faits, des événements nouveaux, pour que dure la foi là où il est. Il apparaît comme l’homme du passé. Au contraire, en face de l’athéisme, le chrétien, croyant parce qu’il est croyant, pose par sa vie une hypothèse de Dieu, la même où il n’y a plus d’hypothèse de Dieu. Sa foi en Dieu est pour ce nouveau monde un phénomène encore plus nouveau.
Le chrétien est pour ses frères un homme qui aime les choses du monde à la valeur et dans leur réalité, mais il est aussi un homme qui préfère à toutes ces choses le Dieu dont il est le croyant. Sa préférence l’amène à certains choix, et on le voit ainsi choisir Dieu, invisible. Ces choix sont interrogations à neuf pour le monde, sur ce qui dépasse le monde.
Quand des hommes ignorent que Dieu est leur bien, nous n’avons pas à nous aligner sur leur ignorance, leur misère. Nous ne devons pas seulement croire, mais comprendre que Dieu vivant de l’évangile peut être non seulement pour eux une nouvelle, mais une bonne nouvelle.
Commentaire du Dimanche 11 Janvier
• Le feu se plonge dans l’eau
Chers amis, je suis sûr que certains d’entre vous prient régulièrement les laudes et les vèpres. Il y en a sans doute un peu moins qui prie régulièrement l’office des lectures.
Dans cet office, il y a très souvent de belles méditations des pères de l’église en lien avec les fêtes liturgiques.
Et cette semaine, nous avons été particulièrement gâtés pour nous préparer à célébrer la fête du baptême du Seigneur.
Et je vous propose pour commencer un petit florilège de ces homélies qui nous permettront d’entrer dans la profondeur théologique de ce mystère.
Commençons par Saint-Pierre Chrysologue au 5e siècle. « Aujourd’hui, dit-il, le Christ qui va laver le péché du monde est entré dans le Jourdain. Aujourd’hui le Serviteur s’empare du Seigneur, l’Homme s’empare de Dieu, Jean s’empare du Christ. » Un autre auteur du 4e siècle écrit « Quels événements incroyables ! Le fleuve sans limite qui réjouit la cité de Dieu, comment est-il lavé dans un peu d’eau ? La source incompréhensible qui fait jaillir la vie pour tous les hommes a été recouverte par des eaux misérables et passagères. Celui qui se plonge avec foi dans ce bain se sépare du démon et il s’unit au Christ. Il sort du bain brillant comme le soleil, il en remonte fils de Dieu et co-héritier du Christ.
Saint Proclus de Constantinople, regardez ces merveilles incroyables ! Le soleil de justice qui se baigne dans le Jourdain, le feu qui se plonge dans l’eau. Dieu est sanctifié par un homme.
Saint Cyril d’Alexandrie, ce n’est pas pour lui-même que le Fils unique a reçu le Saint-Esprit, mais parce que c’est en fait homme, il possédait en lui toute la nature humaine, il a reçu l’Esprit afin de nous redresser tout entier, de nous restaurer.
Et enfin, Saint Maxime de Turin, le Christ est baptisé non pas pour être sanctifié par l’eau, mais pour sanctifier lui-même l’eau. Lorsque le Sauveur est lavé, c’est l’eau tout entière qui est purifiée en vue de notre baptême.
L’Eglise n’a pas économisé ses forces et la splendeur de ses textes pour nous préparer à cette fête qui forme un triptyque avec l’Epiphanie et les noces de Cana.
Le baptême du Seigneur, c’est le moment où Jésus se montre au service de notre humanité. A Pâques, nous contemplons son corps glorieux jaillir du tombeau. Aujourd’hui, nous contemplons son corps de chair tout à fait semblable au nôtre qui sort des eaux du baptême de reportance et de conversion. Voilà qui n’est pas normal.
Ce qui serait normal, c’est de contempler son corps glorieux, irrigué de splendeur. Voilà le corps qui convient à Dieu. Mais depuis le jour de Noël, nous voyons Jésus assumer un corps tout à fait semblable au nôtre. Et nous le voyons aujourd’hui scandaleusement s’avancer dans ce fleuve où les pêcheurs viennent se purifier.
Le corps de Jésus, semblable au nôtre, s’avance dans le Jourdain pour continuer ce chemin d’humilité qui est à notre service. Dieu ne se fait pas petit pour faire joli. Tout ce qu’il fait, c’est au service du dessein de sa grâce pour que nous puissions partager sa vie bienheureuse. Et donc si Jésus prend un corps semblable au nôtre et s’avance au milieu des pêcheurs, ce n’est pas pour recevoir quelque chose, mais c’est pour donner. C’est pour permettre à cette eau de purifier et sanctifier l’homme à l’intime de son être.
Peut-être y a-t-il parmi vous qui m’écoutez des catécumènes qui se réjouissent en voyant le Seigneur préparer la piscine baptismale pour eux en y plongeant sa chair vivifiante.
Pour tous les autres baptisés, cette fête doit renouveler notre amour du Christ qui dans sa chair sainte a touché l’eau qui elle-même nous a purifiés.
Cette fête doit nous motiver pour nous approcher avec toujours plus de ferveur de l’eucharistie ou de la confession qui continue de nous purifier et de nous préparer à sa rencontre dans la gloire. De même qu’il a touché l’eau qui a touché notre chair pécheresse, de même notre chair est appelée à être purifiée entièrement, vivifiée par sa vie, assumée dans sa gloire, en contact avec son humanité glorifiée.
Le baptême du Seigneur, c’est une fête d’une immense intimité avec l’humanité de Jésus. Alors quand aujourd’hui vous plongerez votre main dans le bénitier en entrant dans l’église, essayez de voir ce geste comme une poignée de main avec notre Sauveur.
Vous touchez véritablement le lieu où sa chair est venue. Vous touchez l’eau par laquelle il a lavé les péchés du monde.
Commentaire du Samedi 10 Janvier
• Faites cela avant d’aller vous coucher !
Un homme ne peut rien s’attribuer, sinon ce qui lui est donné du ciel.
Commentaire de Saint-Hildegarde Dans l’humilité, mon soutien, la création s’épanouit sur l’ordre de Dieu. En cette humilité, Dieu se penche vers moi pour donner à nouveau le bonheur aux feuilles mortes, les hommes, qui sont tombées, un bonheur qui inspire toutes ces volontés. Il les avait pétrées avec la terre, et après leur chute, il les relève.
Dieu a réalisé toutes ces œuvres dans l’amour, l’humilité et la paix, afin que l’homme apprécia l’humilité, et saisit également la paix, pour ne pas sombrer avec celui qui, dès le début, tourne ses vertus en dérision. Ces vertus ne sont pas plus séparées de la divinité que la racine de l’arbre. Dieu, qui est amour, conserve son humilité en toutes ses œuvres et dans tous ses jugements.
Amour et humilité descendirent sur terre avec le Fils de Dieu, et c’est encore eux qui l’accompagnèrent quand il rejoignit le ciel. L’amour brûle dans l’ardeur des cieux, comme la pourpre et l’humilité dans la candeur de la droiture, écartent toute souillure de la terre.
L’amour est l’ornement des œuvres de Dieu, telle la pierre précieuse sertie sur une bague. L’humilité s’est manifestée et révélée dans l’humanité du Fils de Dieu, elle a jailli de la pure étoile de la mère, Marie.
L’humilité ne détient rien, elle maintient tout au sein de l’amour. C’est en son sein que Dieu se penche vers la terre, et c’est par l’humilité qu’il rassemble les vertus.
Dieu a réalisé toutes ses œuvres dans l’amour, l’humilité et la paix, afin que l’homme apprécia l’humilité et saisit également la paix, pour ne pas sombrer avec celui qui, dès le début, tourne ses vertus en dérision.
Gardons ces paroles en notre cœur.
Commentaire du Vendredi 9 Janvier
• Jésus étendit la main, À l’instant même
Commentaire de saint Antoine de Padoue Jésus étendit la main, le toucha et lui dit, « Je le veux, sois purifié.
Que j’admire cette main. Cette main de mon bien-aimé.
D’or rehaussé de pierrerie. Cette main dont le contact délit la langue du muet, ressuscite la fille de Jair et purifie le lépreux. Cette main dont le prophète Isaïe nous dit, « Elle seule a fait tous ses prodiges.»
Étendre la main, c’est donner un présent. Ô Seigneur, étends ta main. Cette main que le bourreau étendra sur la croix.
Touche le lépreux et fais-lui largesse. Tout ce que ta main touchera sera purifié et guéri. Il toucha l’oreille de Malcus, dit Saint Luc, et le guérit.
Il étend la main pour accorder au lépreux le don de la santé. Il dit, « Je le veux, sois guéri. » Et aussitôt la lèpre est guérie. Tout ce qu’il veut, il le fait. En lui, rien ne sépare vouloir et accomplir.
Or, cette guérison instantanée, Dieu l’opère chaque jour dans l’âme du pécheur par le ministère du prêtre.
Le prêtre a un triple office. Il doit étendre la main, c’est-à-dire prier pour le pécheur et avoir pitié de lui. Il doit le toucher, le consoler, lui promettre le pardon. Il doit vouloir ce pardon et le donner par l’absolution.
Tel est le triple ministère pastoral que le Seigneur confie à Pierre quand il lui dit par trois fois, « Sois le pasteur de mes brebis. »
Commentaire du Jeudi 8 Janvier
• Venez vous abreuver à la source !
Commentaire de Sainte Ambroise « Cette parole de l’écriture que vous venez d’entendre, c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit. Abreuve-toi d’abord à l’Ancien Testament pour boire ensuite au Nouveau.
Si tu ne bois pas au premier, tu ne pourras pas te désaltérer au second. Bois au premier pour apaiser ta soif, au second pour l’étancher complètement. Bois à la coupe de l’Ancien Testament et du Nouveau, car dans les deux c’est le Christ que tu bois.
Apaise ta soif avec le Christ, car il est la vigne, il est le rocher qui a fait jaillir l’eau, il est la source de la vie. Bois le Christ, car il est le fleuve dont le cour réjouit la cité de Dieu. Il est la paix, et de son sein jaillissent des fleuves d’eau vive.
Bois le Christ pour te désaltérer du sang, de ta rédemption et du Verbe de Dieu. L’Ancien Testament est sa parole, le Nouveau l’est aussi. On boit la Sainte Écriture et on la mange, alors le Verbe Éternel, la Parole de Dieu descend dans les veines de l’esprit et dans la vie de l’âme.
Ce n’est pas seulement de pain que vit l’homme, mais de toute parole de Dieu. Désaltère-toi donc de ce Verbe. Mais selon l’ordre qui convient, bois-le d’abord dans l’Ancien Testament, puis sans tarder dans le Nouveau.
Il dit lui-même, comme avec insistance, « Peuple qui marches dans les ténèbres, regarde cette grande lumière, toi qui habites un pays de mort. Une lumière se lève sur toi. Bois donc sans plus attendre, et une grande lumière t’éclairera, non plus la lumière quotidienne du jour, du soleil ou de la lune, mais cette lumière qui repousse l’ombre de la mort.»
L’évangile nous parle de pauvres, pourtant sous les oublions souvent. Pourtant, ce sont les destinataires explicitement mentionnés, car ils sont les bien-aimés de Dieu. Souvenons-nous d’eux, et souvenons-nous que, pour accueillir le Seigneur, chacun de nous doit se faire pauvre intérieurement.
Cette pauvreté qui fait dire « Seigneur, j’ai besoin de pardon, j’ai besoin de force, se faire pauvre à l’interieur.
Il s’agit là de vaincre toute prétention à l’autosuffisance pour se reconnaître comme ayant besoin de la grâce, ayant toujours besoin de Lui.
Si quelqu’un nous demande quel est le vrai chemin, le plus bref, pour rencontrer Jésus, la réponse, c’est d’avoir besoin, avoir besoin de sa grâce, avoir besoin de son pardon, avoir besoin de sa joie.
Et alors, il s’approchera de nous.
Commentaire du Mardi 6 Janvier
• Quand l’amour défie le possible
Il y a des jours où nos mains semblent vides, nos forces épuisées et nos prières sans écho. Au début de cette nouvelle année, on va regarder cet évangile avec un regard interrogatif.
Nous regardons la foule de nos responsabilités, les déserts de nos impuissances, et nous disons comme les apôtres où trouverons-nous de quoi nourrir tout cela. Et c’est la question qu’on pourrait tous se poser et que d’ailleurs on se pose tous. C’est là précisément que commence la foi.
Car la foi n’est pas une compétence de l’homme, c’est l’espace que Dieu se donne pour agir. Quand l’amour nous guide, comme le dit la première lecture, il déplace la mesure du possible. L’amour, aimez-vous les uns les autres, l’amour vrai, n’est pas un sentiment fragile et un vœu pieux. Il est la forme même de Dieu à l’œuvre. Dieu est amour. Et celui qui demeure dans l’amour demeure déjà dans le domaine du miracle.
Car Dieu est amour. Ce n’est pas une idée d’amour. C’est l’amour lui-même qui crée, qui guérit et qui multiplie, en l’occurrence la multiplication des pains dans cet évangile. Le Christ ne vient pas défier là les lois de la nature. Il est transfigure par la compassion. Parce qu’il a été saisi de compassion, il voit la faim du peuple et dit donnez-leur vous-même à manger.
C’est peut-être la phrase la plus bouleversante de l’évangile. Dieu rend possible ce que l’homme ose offrir, même s’il n’a presque rien. Le miracle commence quand nous cessons de calculer nos moyens et que nous osons aimer jusqu’à l’impossible. C’est pourquoi Jésus guérit les malades, non pour prouver sa puissance, mais pour révéler que le salut touche d’abord l’âme, comme on le disait hier.
Il faut d’ailleurs noter que les évangiles parlent de deux multiplications des pains, dans celle rapportée par Matthieu et Marc, il y a sept pains et sept corbeilles, signe de la plénitude, chiffre de la plénitude, et la foule est païenne. Le salut s’ouvre déjà aux nations. Dans celle que nous lisons aujourd’hui, Jésus nourrit cinq mille hommes avec cinq pains et deux poissons.
Ça fait quand même sept, mais c’est le symbole du peuple de l’alliance.
Dans les deux cas, le geste est le même, prendre, bénir, rompre et donner.
C’est le langage même de l’Eucharistie. La multiplication n’est donc pas forcément une prouesse, mais une préfiguration du banquet du royaume, ce festin d’Isaïe où Dieu essuie les larmes sur tous les visages.
Et chaque messe, chers amis, prolonge ce miracle que nous entendons aujourd’hui dans les lectures. Le peu que nous avons, le peu que nous mettons à disposition des autres, avec notre foi fragile, nos questionnements, nos blessures, en gros nos cinq pains et nos deux petits poissons, déposés entre les mains du Christ.
Eh bien, de cela, dans le silence de la consécration, il devient nourriture pour une multitude de monde.
Nos talents, chers amis, nos talents, notre être mis entier au service de Dieu, eh bien, il multipliera nos talents pour servir son peuple, pour servir les autres.
L’amour partagé devient le corps offert à tous. Ainsi, ce miracle n’annonce pas seulement la compassion de Dieu, il révèle le mystère d’un Dieu qui continue de multiplier la vie à partir de nos pauvretés.
La question est, est-ce que, à l’instar des disciples, nous allons croire que c’est possible ? Nous allons mettre à disposition cela sans râler et sans bloquer l’impossible que nous pensons dans nos cœurs alors que Dieu peut le rendre possible. C’est la question de ce jour.
Si l’amour nous guide et si nous avons la foi, Dieu rend possible ce que l’homme croit impossible.
Commentaire du Lundi 5 Janvier
• Comment reconnaitre un Esprit de Dieu ?
Quand saint Jean dit « Ne vous fiez pas à n’importe quelle inspiration, mais examinez les esprits », il nous avertit que tout ce qui brille n’est pas lumière. Le monde est rempli de voix, de frissons, de révélations. Certaines caressent notre orgueil, sous couvert de spiritualité.
Certaines nourrissent notre orgueil, sous couvert de connaissances. Le vrai esprit, dit Jean, c’est celui qui confesse que Jésus est venu dans la chair. Voilà l’encre de la vérité.
Autrement dit, l’esprit qui conduit vers l’humilité, vers la croix, vers la chair assumée, est non celui qui la fuit. L’esprit de Dieu fait aimer la vérité, même lorsqu’elle blesse. L’esprit du mensonge flatte nos blessures, mais nous enferme en elle.
L’esprit de Dieu, c’est celui qui fait dire « Jésus est Seigneur ». L’esprit du monde, c’est celui qui te murmure « Sois ton propre Sauveur ». Et il y a là le combat spirituel, le plus subtil de notre temps. Beaucoup parlent au nom de Dieu, mais refusent la croix. Beaucoup s’expriment au nom de l’amour, mais rejettent celui qui en est la source.
L’écriture ne nous demande pas de tout suspecter, mais d’éprouver. Comment éprouver ? Eh bien, en écoutant, ce qui dans une parole nous oriente vers le Christ, ou nous en détourne. Vous avez vaincu le monde, car celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde.
Ce plus grand, c’est l’esprit qui fait discerner, non selon la surface, mais selon la vie intérieure, ce qui rend plus vrai, plus aimant et plus libre. Voilà pourquoi Jésus guérit. Non pas pour le spectacle, ni pour une simple compassion physique, mais pour révéler que son autorité vient d’ailleurs.
Le catéchisme l’explique. Les guérisons du Christ sont un signe éclatant qu’en Lui, le Royaume est tout proche. Elles manifestent que Dieu visite son peuple et invite à la foi. Et encore, le Christ qui a pris sur Lui nos souffrances n’a pas supprimé la souffrance, il ne l’a pas écarté du monde, mais il nous en a sauvés en y prenant part. Autrement dit, Jésus ne guérit pas pour supprimer la douleur, mais pour la transfigurer. Les miracles physiques ne sont pas la fin, c’est le signe.
Jésus rend la vue pour que l’homme voit Dieu. Il redresse les paralysés pour qu’ils se lèvent vers la vie éternelle. Il ressuscite les morts pour révéler que la mort n’est pas absolue.
Et quand il dit aux paralytiques « tes péchés sont pardonnés », il provoque le scandale car qui peut pardonner les péchés du cœur et donc d’une âme sinon Dieu seul ? C’est alors qu’il ajoute « pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité sur la terre pour remettre les péchés ». Il regarde le paralytique et lui dit « lève-toi et marche ». Il guérit donc pour prouver qu’il peut sauver l’âme. Car guérir le corps ne sauve pas une âme. Si le corps obéit à sa parole, à la parole du Christ, le cœur peut lui aussi renaître.
C’est toute la puissance, chers amis, de la parole de Dieu que vous écoutez chaque jour sur cette chaîne YouTube. C’est pour ça que Jésus est appelé le Verbe. Sa parole guérit. Devons-nous alors attendre la guérison ? La guérison du corps ? Oui et non.
Oui selon l’ordre du royaume. Non selon l’ordre du monde. Que c’est frustrant, n’est-ce pas ? Le chrétien peut prier pour la santé du corps, mais il ne l’exige pas. La vraie foi croit que la guérison suprême est intérieure. C’est la plus importante.
L’Évangile ne dit pas « Heureux ceux qui n’ont plus mal » mais « Heureux les pauvres de cœur » car celui qui croit que Dieu peut sauver son âme a déjà reçu la plus grande guérison. Les miracles visibles sont des éclats d’un feu plus profond. La réconciliation de l’homme avec Dieu.
Seigneur Jésus, Toi qui guéris les corps pour ouvrir les âmes, apprends-moi à discerner Ta voix parmi les mille voix du monde. Donne-moi un cœur qui ne cherche pas les sensations mais la vérité.
Guéris-moi de ce qui m’empêche d’aimer et fais de ma faiblesse un lieu où Ton royaume s’approche.
Amen.
Commentaire du Dimanche 4 Janvier
• Epiphanie
Aujourd’hui, nous fêtons l’épiphanie. C’est un mot ancien et presque oublié, mais qui porte en lui la secousse de Dieu qui se montre. Non pas Dieu se révèle, mais Dieu surgit.
Il traverse la matière, le réel et nos certitudes. L’épiphanie n’est pas une idée, c’est un éblouissement. C’est le moment où la lumière se fait visible, où ce qui n’était qu’espérance devient rencontre.
Enfin, le Sauveur nous est né. Isaïe l’avait vu avant tous, debout resplendie, car elle est venue, ta lumière. Ce cri n’était pas pour Jérusalem seule, il était pour toute âme qui consent à se lever quand tout est encore nuit.
Dieu n’apparaît pas dans un temple, à l’époque, ni dans les songes des rois, mais dans un enfant silencieux, sous un toit de paille. Et pourtant, de l’autre côté du monde, de l’autre bout du monde, des hommes se lèvent. Ils suivent une étoile qu’ils ne comprennent pas, une clarté fragile qui les attire sans qu’ils sachent pourquoi.
Voilà le mystère. L’homme spirituel n’avance pas par logique, mais par fascination. Ces mages sont la figure de tous ceux qui cherchent sans nommer, qui marchent sans savoir.
Ils ne connaissent pas les Écritures, ils ne font partie d’aucun peuple élu, mais ils ont gardé la nuit ouverte. Et c’est suffisant pour que la lumière les trouve. Il y a dans leurs gestes la plus belle théologie du monde.
Ils voient, ils s’inclinent, ils déposent. L’or de leur pouvoir, l’encens de leur désir, la myrrh de leur finitude. Ils ne viennent pas donner, ils viennent laisser tomber.
L’épiphanie, c’est cela, c’est apprendre à déposer ce qui nous empêche d’adorer. La foi ne consiste pas à comprendre Dieu, mais à consentir, à ne plus être le centre. Car devant Dieu, la connaissance se tait et le cœur fléchit.
Et c’est dans ce silence que s’allume la joie. Mais il faut le dire, la lumière n’est pas douce. Non, elle divise.
Hérod voit la même étoile que les mages et il y lit une menace. Il veut tuer ce qu’il ne peut pas posséder. Ainsi va le monde.
Ce qui sauve les uns scandalise les autres. L’épiphanie dévoile la lumière du Christ, mais aussi l’ombre qui s’y oppose. Et cette ombre n’est pas dehors, elle est en nous.
Elle s’appelle peur, orgueil, maîtrise, elle nous perd. Quand la lumière se montre, elle, elle ne s’impose pas, elle propose. Et tout dépend du regard que nous posons sur elle.
Saint Éphrène disait, la lumière est descendue jusqu’à la terre, mais les hommes n’ont pas voulu lever la tête. L’épiphanie, c’est cet appel. Lève-toi, sors du sommeil de la plainte, de la lourdeur du monde, des ténèbres que tu t’inventes.
Arrête d’engendrer ton propre malheur. Et la lumière ne viendra pas t’éblouir de l’extérieur, non. Elle veut naître en toi.
Ce que les mages ont vu dans le ciel, tu peux le trouver dans ton cœur. Mais il faut un long voyage. Non pas vers Bethléem, mais vers le fond de toi-même.
Le monde aujourd’hui s’éteint, non pas à faute de foi, mais faute d’émerveillement. L’homme moderne croit tout savoir, mais il ne sait plus s’agenouiller. L’épiphanie nous redit que le ciel ne s’ouvre qu’à ceux qui acceptent de ne pas dominer la lumière, mais de la recevoir.
Elle ne se conquiert pas, elle se reçoit. Comme un regard, comme une caresse, comme une évidence qui brûle, mais toujours sans forcer. En ce jour de l’épiphanie, Seigneur, toi la lumière que nul œil ne possède, viens percer nos ténèbres de l’intérieur.
Fais de nos vies une étoile pour d’autres errants, et que je n’ai jamais honte de m’incliner devant ta vérité. Fais-moi comprendre que l’or s’use, que la science s’épuise, mais que la lumière que tu donnes demeure. Éclaire mon âme, non pour qu’elle voit tout, mais pour qu’elle sache enfin t’aimer.
Amen.
Commentaire du Samedi 3 Janvier
• Le Saint Nom de Jésus : Il sauve
Le nom de Jésus, rien qu’à le prononcer, tout se tait. C’est un nom qu’on ne commande pas, qu’on invoque.
Un nom qui traverse la poussière, les cris, la honte, et dépose une paix qu’aucune parole ne peut donner. Quand Jean-Baptiste le voit venir et dit, voici l’agneau de Dieu, ce n’est pas une phrase, c’est un tremblement subtil. Dans ce regard, le ciel s’ouvre, et la terre respire.
Jésus ne discute pas, il avance, il prend la place des coupables, il descend dans l’eau où l’homme a chuté, il vient sauver de l’intérieur sans bruit, sans gants. C’est ça la force du nom de Jésus. Il entre là où plus rien ne veut entrer, dans la salissure, la honte, la peur.
Il ne recule pas. Ce nom, tu peux le crier dans la rue ou le murmurer dans ta chambre. Il agit, il ouvre une brèche, il met du ciel dans ta poitrine.
Et saint Jean ose dire, nous sommes enfants de Dieu. Et nous le sommes. Non pas demain, nous ne serons pas, nous le sommes maintenant.
Ce nom de Jésus, c’est le nôtre. Il nous a été soufflé au baptême, il a été marqué sur notre front, il a été confié à notre mémoire pour les jours où on oublierait qui on est. Quand tout s’effondre, quand les mots ne suffisent plus, il reste ce nom, Jésus.
Il ne promet pas de tout arranger, il promet de tout traverser. Il est la main dans le noir, le souffle au creux de la peur, il est la tendresse qui ne s’éteint pas. Prononçons-le lentement, jusqu’à sentir que notre cœur recommence à battre du bon côté.
Parce qu’à chaque fois qu’on dit Jésus, le monde entier se remet à espérer. Jésus veut dire le Seigneur sauve.
Retrouvez la litanie du Saint Nom de Jésus en lien en haut à droite et dans la description. Ces litanies furent approuvées par le pape Pie IX et le pape Pie XI décida de donner l’indulgence plénière aux conditions ordinaires si ces litanies sont récitées chaque jour pendant un mois complet.
Litanies du SAINT NOM DE JESUS : Chaque jour pendant 1 mois :
Saint Bernardin de Sienne et Saint Jean de Capistran, tous deux franciscains, seraient à l’origine de la première ébauche des Litanies du Saint Nom de Jésus. Ces Litanies furent approuvées en 1862 par le pape Pie IX et c’est le pape Pie XI qui décida le 2 janvier 1933 de donner l’indulgence plénière aux conditions ordinaires si récitées chaque jour pendant un mois complet.
Le fidèle doit réciter les Litanies du Saint Nom de Jésus avec une tendre piété envers Jésus, car toutes les paroles prononcées sont tirées des saints prophètes et des autres écritures saintes.
Et le Saint-Esprit, qui a dicté lui-même ces paroles, les a en même temps consacrées à la louange et à la gloire éternelle de Jésus Christ, notre Sauveur. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Ayez pitié de nous. Jésus, soleil de justice, ayez pitié de nous. Jésus, fils de la Vierge Marie, ayez pitié de nous.
Jésus, aimable, ayez pitié de nous. Jésus, admirable, ayez pitié de nous. Jésus, Dieu fort, ayez pitié de nous.
Jésus, Père des siècles à venir, ayez pitié de nous. Jésus, ange du grand conseil, ayez pitié de nous. Jésus, très puissant, ayez pitié de nous.
Jésus, très patient, ayez pitié de nous. Jésus, très obéissant, ayez pitié de nous. Jésus, doux et humble de cœur, ayez pitié de nous.
Jésus, qui aimait la chasteté, ayez pitié de nous. Jésus, qui nous aimait, ayez pitié de nous. Jésus, Dieu de paix, ayez pitié de nous. Jésus, auteur de la vie, ayez pitié de nous.
Jésus, modèle des vertus, ayez pitié de nous. Jésus, zélateur des âmes, ayez pitié de nous. Jésus, notre Dieu, ayez pitié de nous. Jésus, notre refuge, ayez pitié de nous.
Jésus, père des pauvres, ayez pitié de nous. Jésus, trésor des fidèles, ayez pitié de nous. Jésus, bon pasteur, ayez pitié de nous.
Jésus, vraie lumière, ayez pitié de nous. Jésus, sagesse éternelle, ayez pitié de nous. Jésus, bonté infinie, ayez pitié de nous.
Jésus, notre voix et notre vie, ayez pitié de nous. Jésus, joie des anges, ayez pitié de nous. Jésus, roi des patriarches, ayez pitié de nous. Jésus, maître des apôtres, ayez pitié de nous. Jésus, force des martyrs, ayez pitié de nous. Jésus, lumière des confesseurs, ayez pitié de nous.
Jésus, pureté des vierges, ayez pitié de nous.
Jésus, couronne de tous les saints, ayez pitié de nous.
Soyez-nous propices, pardonnez-nous Jésus.
Soyez-nous propices, exaucez-nous Jésus. De tout mal, délivrez-nous Jésus. De tout péché, délivrez-nous Jésus. De toute colère, délivrez-nous Jésus. Des embûches du démon, délivrez-nous Jésus. De l’esprit de fornication, délivrez-nous Jésus. De la mort éternelle, délivrez-nous Jésus. Du mépris de vos inspirations, délivrez-nous Jésus.
Par le mystère de votre sainte incarnation, délivrez-nous Jésus. Par votre nativité, délivrez-nous Jésus.
Par votre enfance, délivrez-nous Jésus.
Par votre vie toute divine, délivrez-nous Jésus.
Par vos travaux, délivrez-nous Jésus.
Par votre agonie et votre passion, délivrez-nous Jésus.
Par votre croix et votre abandonnement, délivrez-nous Jésus.
Par vos longueurs, délivrez-nous Jésus.
Par votre mort et votre sépulture, délivrez-nous Jésus.
Par votre résurrection, délivrez-nous Jésus.
Par votre ascension, délivrez-nous Jésus.
Par l’institution de la sainte Eucharistie, délivrez-nous Jésus.
Par vos joies, délivrez-nous Jésus.
Par votre gloire, délivrez-nous Jésus. Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, pardonnez-nous Jésus.
Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, exaucez-nous Jésus. Agneau de Dieu, qui effacez les péchés du monde, ayez pitié de nous Jésus. Jésus, écoutez-nous. Jésus, écoutez-nous.
Jésus, exaucez-nous. Jésus, exaucez-nous. Prions. Seigneur Jésus-Christ qui avait dit « Demandez et vous recevrez, cherchez et vous trouverez, frappez et l’on vous ouvrira. Donnez-nous, nous vous en supplions, un tel attrait de votre amour tout divin, que nous vous aimions de tout cœur, de bouche et d’action, et que nous ne cessions jamais de vous louer, vous qui vivez et régnez dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il. »
Notre Père qui es aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne vienne, que votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donnez-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laissez pas entrer en tentation, mais délivrez-nous du mal. Amen.
Je vous salue Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes, et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni. Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l’heure de notre mort. Amen.
Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, comme il était au commencement, maintenant et pour les siècles des siècles. Amen.
Commentaire du Vendredi 2 Janvier
• Jésus Christ est Seigneur
ILe premier jour du Monde Nouveau, Jean le Baptiste déclare « Au milieu de vous se tient celui que vous ne connaissez pas.»
Voilà toute la tension de la foi. Dieu est là, mais voilé. Le monde croit chercher Dieu, mais souvent refuse son visage.
Et saint Jean l’apôtre le dit sans détour « Le menteur, c’est celui qui nie que Jésus soit le Christ. » Il ne parle pas d’athée agressif, mais de cette tentation spirituelle plus subtile, celle de croire en un Dieu pur, sans chair, sans croix, sans sandales, un Dieu universel, un peu connecté à Mère Nature par exemple, mais sans visage, un Dieu qui n’a que faire de nous.
Ce Dieu sans Jésus, ce Dieu qu’on ne sait pas qualifier d’amour, ce Dieu supérieur, a beaucoup de disciples aujourd’hui.
On le trouve dans des discours religieux qui parlent d’amour, qui confondent tout, qui prennent toutes les spiritualités possibles et qui en font quelque chose de beaucoup plus puissant, parce que voyez-vous, ça rassemble tout.
C’est discours de lumière, de paix, mais sans jamais prononcer le nom. C’est une religiosité anesthésiée qui garde le confort spirituel et supprime le feu. Pourtant, sans Jésus, Dieu devient une idée, et sans Dieu, Jésus devient un simple homme.
L’incarnation relie les deux. Elle est ce pont brûlant entre le ciel et la terre. Rejeter le Fils, c’est fermer la porte à la lumière même. C’est le drame des temps modernes. Vouloir la compassion sans vérité, la tolérance sans conversion, l’amour sans la croix.
Le visage du mensonge, c’est celui qui dit on peut aimer sans Jésus, ou on peut sauver sans lui. Gare à vous les cœurs tièdes, parce que la vraie lumière ne se trouve qu’en lui. Elle ne s’impose pas. Elle se donne comme le témoignage de Siméon, le nouveau théologien le dit. Elle vient quand on est épuisé, quand tout s’éteint. Elle se montre puis s’enfuit, laissant derrière elle un feu qui brûle plus fort que tous les soleils.
Cette lumière, c’est le Christ lui-même. Il ne nous éclaire pas de l’extérieur, il naît au-dedans. Il est la présence qui nous désarme. Ceux qui ont vraiment vu cette lumière ne peuvent plus se satisfaire d’un Dieu neutre. Ils savent qu’elle a un nom, un cœur, un sang versé cette lumière.
Elle n’éteint pas la raison, elle la transfigure. Elle ne nous demande pas de nous soumettre, mais de rechercher, d’enquêter sur cette vérité. Elle purifie donc les révélations. Par le visage de Dieu fait homme, Jésus.
Car si l’homme cherche la lumière, Dieu seul la donne. Et cette lumière a pris chair en ce Jésus. Ainsi, toute religion, toute sagesse, tout amour vrai qui ne s’achève pas en lui, reste en chemin. Mais celui qui reconnaît le Fils, possède déjà le Père. Il n’a plus besoin d’idées. Il vit alors d’une présence, d’une relation.
Alors, chers amis, ne soyez pas tièdes dans votre foi, car Dieu vomit les tièdes.
Commentaire du Jeudi 1 Janvier
• 2026 avec Marie ! Sainte Marie, Mère de Dieu
Il est bouleversant que l’année nouvelle commence, non par un commandement, mais par une bénédiction. Avant toute résolution, avant tout effort, Dieu dit simplement que le Seigneur te bénisse et te garde.
Voilà la première parole de l’an nouveau, une parole de lumière. Ce visage qui s’illumine sur toi, c’est celui de Dieu qui se penche sur la terre comme un père sur son enfant endormi. C’est aussi le visage de Marie, la mère première bénie et première croyante dans la crèche.
Elle ne parle pas, elle médite. Elle porte le silence du monde et le visage de Dieu sur son cœur. Le premier jour de l’année nous place donc sous ce double signe, celui du Dieu qui bénit et de la femme qui garde.
Tout commencement véritable naît d’un visage qui s’incline et d’un cœur qui écoute. Voilà pourquoi la fête de Marie, mère de Dieu, ouvre l’année, pour nous apprendre que rien de durable ne se fonde sur la performance, mais sur la grâce reçue. Et Saint Paul nous en donne la clé.
Dieu a envoyé son Fils né d’une femme. En ce passage du temps, nous célébrons le passage de Dieu dans notre temps, dans le temps présent. Il s’est fait cher non pour ajouter un nom de plus à l’histoire, mais pour que l’histoire entière devienne lieu de filiation.
Par Marie, le temps humain a été traversé par l’éternité. Par elle, Dieu a désormais un visage. Et nous avons en lui un cœur de fils.
Ainsi commence toute vie nouvelle. Quand nous laissons l’esprit crier en nous à bas pair, et peut-être est-ce cela la vraie bénédiction de l’année qui vient, non pas qu’elle soit facile, mais qu’elle soit habitée. Que chaque instant joyeux ou sombre dans cette année soit porté par les bras de Marie comme un enfant dans les bras de sa mère.
Car si la fin est déjà contenue dans le commencement, alors ce premier jour n’est pas un simple 1er janvier, c’est le signe que tout peut recommencer, cette année, puisque Dieu lui-même a voulu naître.
Dans nos vies aussi, Dieu peut enfanter quelque chose de nouveau. Nous avons fêté la Sainte Famille. La famille est un pilier, chers amis.
Alors mettons notre effort dans cette fondation qu’est la famille, parce qu’elle nous portera tout au long de cette année.
