Dimanche 31 mai
• Fête de la Très Sainte TRINITÉ
En ce jour de la Trinité, nous fêtons une très grande fête, une fête autour d’un dogme, ce qui n’est pas courant. On a plutôt l’habitude de fêter des événements de la vie du Christ. Mais pourquoi fêter un dogme ? Parce qu’un regard sur Dieu authentique nous conduit à un regard sur ce que nous devons être et faire.
Nous sommes à l’image de Dieu. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nous sommes à l’image de la Trinité. Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa.Hommes et femmes, il les créa. Donc, plus nous allons comprendre l’être de Dieu, plus nous allons comprendre notre vocation et notre identité. Alors, d’abord, en préambule, Dieu est amour.
Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que Dieu est communion de personnes avant que l’homme existe. Il n’est pas amour car il aime l’homme, mais il est amour en lui-même. Très, très important. Sinon, l’homme serait peut-être une nécessité pour Dieu. J’ai besoin de toi, l’homme, pour aimer. Non, Dieu est amour en lui-même. Et si vous êtes amour, vous êtes obligé d’être une communion de personnes. Vous ne pouvez pas être amour si vous êtes tout seul, évidemment.
Alors, la Trinité peut-être nous dit, parce que c’est le titre de Dieu que Dieu est amour, nous dit par sa simple présence ce que signifie aimer.
Aimer, c’est donner. Aimer, c’est recevoir. Et cette relation d’amour est l’amour échangé. Le Père, en quelque sorte, c’est tout l’amour donné. Le Fils, c’est l’amour reçu. Et l’Esprit Saint, c’est l’amour échangé. Le Père, c’est l’amour donné. Aimer, c’est donner. Aimer, c’est donner.
Aimer, c’est tout donner et se donner soi-même. J’aime bien ce que disait une religieuse. Elle disait, la joie est ce qui demeure quand on a tout donné. La joie est ce qui demeure quand on a tout donné.
Le Père est dans la joie, cette joie qu’on a dans la deuxième lecture. Pourquoi ? Parce qu’il ne garde rien pour lui. Il est dans ce don, le don le plus total, le plus absolu. La joie est ce qui demeure quand on a tout, tout donné. Et donc, aimer, c’est donner.
Le concile disait, l’homme ne se trouve que dans le don des intéressés de lui-même. J’aime bien voir les enfants qui aiment nous donner des fois un objet, un jouet. Ils aiment bien jouer au don, au don de quelque chose. Aimer, c’est donner.
Et le Père, je crois, dans la Trinité, le signifie vraiment. Aimer signifie donner. Aimer, c’est aussi recevoir. C’est se recevoir de l’autre et se recevoir aussi de Dieu. Recevoir, si aimer, c’est recevoir, ça veut dire que aimer, c’est être dans une écoute profonde de l’autre et de Dieu.
Et c’est en quelque sorte la marque du Fils. Dans l’évangile de Jean, on nous dit, le Fils ne peut rien faire par lui-même. Il ne fait que ce qu’il voit faire au Père. Tout ce que le Père fait, le Fils le fait également. Donc, aimer, c’est recevoir. Si le Père est plutôt signifié par le don, le Fils est davantage identifié et caractérisé par le fait de tout recevoir du Père.
Tout, tout, tout, il reçoit tout du Père. Vous savez, il y a parfois une difficulté à recevoir. Recevoir un ordre. Recevoir un cadeau. Recevoir l’idée d’un autre. Mais non, mais moi, je n’ai besoin de personne.
Je ne demande jamais mon chemin. Je n’aime pas être pauvre, je n’aime pas être dans l’indigence. J’aime être autosuffisant, je ne demande jamais conseil. Mais mon pauvre, en fait, tu n’aimes pas. Puisque aimer, c’est recevoir et être dans cette écoute profonde de l’autre et de Dieu. Et puis aimer, c’est disparaître.
L’Esprit Saint, je disais, c’est l’amour échangé. C’est l’amour qui, en quelque sorte, demeure derrière le don entre le Père et le Fils. En fait, aimer, c’est disparaître tout en demeurant derrière pour que ne reste entre nous que l’échange d’amour qui nous occupe. Le fruit de notre amour. L’Esprit Saint, on ne le voit pas, car il disparaît derrière ses effets. Son activité est toute discrète, mais ses effets sont bien là.
On parle des effets de sa présence, on va parler des fruits de l’Esprit, comme la joie, la patience, la paix. Le passage de l’Esprit Saint, il est signé par les effets. Et du coup, je comprends que aimer, c’est disparaître. Si le Père, c’est l’amour donné, le Fils, c’est l’amour reçu. L’Esprit Saint, c’est l’amour échangé. C’est cet amour entre le Père et le Fils qui est tellement fort qu’il est une personne.
Et donc, cet amour, il se diffuse, il se manifeste par une présence, mais il ne signe pas cette présence. Le Père, disait Augustin, c’est l’aimant. Le Fils, c’est l’aimer. L’Esprit, c’est l’amour.
Alors, du coup, quelques convictions. La première, peut-être que aimer, c’est œuvrer à plusieurs. La Trinité nous pousse à dépasser l’individualisme, à sortir de moi mon écran. Un homme qui vit à l’image de la Trinité, c’est un homme qui sait travailler à plusieurs. Pensez bien que l’œuvre de la création ou de la rédemption est une œuvre commune.
Certes, le Père est créateur. On le caractérise comme ça. Le Fils est rédempteur et l’Esprit est sanctificateur. Mais chacune des personnes sont présentes dans chacune des actions. On le voit dans l’Évangile d’aujourd’hui où le Père est convoqué dans la rédemption. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils.
Être à l’image de la Trinité, c’est œuvrer à plusieurs. C’est toujours important de se demander pourquoi j’ai du mal à œuvrer à plusieurs. Pourquoi dès qu’il y a un groupe de partage dans une communauté, je m’en vais ? Pourquoi j’ai peur de demander de l’aide ? Pourquoi je veux toujours me débrouiller tout seul ? Essayons de ne pas confondre autonomie et indépendance.
Nous sommes appelés à être autonomes mais pas indépendants. Nous sommes appelés à entrer dans une dépendance. Être autonome, c’est bien. Ça veut dire au sens, pas au sens étymologique pour le coup, mais au sens je m’assume, je sais vivre seul, je n’ai pas besoin de l’autre pour être heureux. Au sens étroit du terme. Mais j’entre dans une dépendance de l’autre.
C’est-à-dire que j’arrive à entrer dans une interdépendance. C’est-à-dire que je vais consulter les autres, je vais donner des choses à l’autre, recevoir des autres. Et plus nous sommes capables de nous assumer correctement, plus nous pouvons entrer dans une interdépendance. Moins nous sommes capables de nous assumer, plus nous sommes un peu un poids sur l’autre ou nous demandons à l’autre d’être notre médecin ou notre pansement. Voilà.
La deuxième chose, c’est qu’aimer, c’est se réjouir de la différence de l’autre.
La différence avant le péché, elle est un lieu de joie, de communion, de bonté, d’échange. La différence après le péché, elle est un lieu de combat. On le voit avec Adam et Ève après le péché, qui ne supportent pas leur différence. Et la marque de la différence dans le monde, la marque de la Trinité dans le monde, est dans la sexualité. Et c’est un des sens du sacrement de mariage. Hommes et femmes, il les créa à l’image de Dieu. Dieu fit l’homme et c’est hommes et femmes qu’il les créa. Donc ça, c’est intéressant de se dire en quoi ma différence apporte un plus dans la relation. On n’est pas simplement complémentaire, mais bien plus que ça.
Notre différence va créer quelque chose de nouveau. Parce que tu n’es pas moi, parce que je ne suis pas toi, j’apporte quelque chose qui produit quelque chose qui n’est ni le fruit de notre seule intelligence, ni le fruit d’une simple addition de deux personnes.
Et puis la dernière chose, c’est qu’aimer, c’est aimer toute personne de manière égale. Dans la Trinité, il n’y a pas une personne qui est plus importante que l’autre. Elles sont toutes d’égale importance, consubstantielles. C’est important, c’est-à-dire que aimer, ce n’est pas être supérieur à l’autre.
Parfois, on a l’image de l’amour, un peu du bon samaritain qui va apporter de l’aide à l’autre. Mais apporter de l’aide à l’autre, c’est être quelqu’un qui fait de la bienfaisance. Mais la bienfaisance, ce n’est pas l’amitié. L’amitié, c’est vraiment à l’image de la Trinité où là, il y a un échange à la même hauteur. Quand le pauvre, je reconnais qu’il m’apporte autant que je lui apporte, à ce moment-là, on n’est plus serviteur du pauvre ou de l’autre en général, mais on est ami.
Donc, récapitulons :
Le Père, c’est la joie du don. Le Fils, c’est la joie de l’écoute. Et l’Esprit Saint, c’est l’humilité de l’amour reçu du Père et du Fils.
Puissions-nous vivre, peut-être, aujourd’hui, à l’image de la Trinité, à la hauteur de notre humanité, à l’image de Dieu.
Parole et Évangile du jour | Dimanche 31 mai • Fête de la Très Sainte TRINITÉ
Samedi 30 mai
• Par quelle autorité ?
L’église est la famille de Jésus. L’église confesse que Jésus est le fils de Dieu qui s’est fait chair. C’est cela le scandale, et c’est pour cela qu’il persécutait Jésus. Mais pourquoi Jésus constituait-il un problème ?
Ce n’est pas parce qu’il faisait des miracles, a répondu le pape. Et pas plus parce qu’il prêchait et parlait de la liberté du peuple. Le problème qui scandalisait ces personnes, a-t-il dit, était ce que les démons criaient à Jésus. Tu es le fils de Dieu, tu es le saint. Cela, cela est le point central.
Et même aujourd’hui, nous entendons souvent dire, mais vous, chrétiens, soyez un peu plus normaux. Comme les autres personnes, soyez raisonnables, ne soyez pas aussi rigides.
En conclusion, le pape a exhorté les fidèles à demander au Seigneur de ne pas avoir honte de vivre avec ce scandale de la croix. Il a invité à invoquer de Dieu la sagesse pour ne pas se laisser prendre au piège de l’esprit du monde, qui fera toujours des propositions courtoises, des propositions civilisées, des propositions bonnes.
Nous sommes à la remorque d’un monde qui s’enfuit, nous oublions les temps à venir, nous sommes avides d’actualité. Mais nous ne tenons pas compte du jugement qui vient déjà, nous n’accourons pas à la rencontre du Seigneur qui vient. Convertissons-nous, frères, convertissons-nous vite.
Le Seigneur, du fait qu’Il tarde, qu’Il attend encore, prouve Son désir de nous voir revenir à Lui, Son désir que nous ne périssions pas. Dans Sa grande bonté, Il nous adresse toujours Ses paroles. Je ne désire pas la mort du pécheur, mais qu’il se détourne de sa voie et qu’il vive.
Convertissons-nous, frères, n’ayons pas peur de ce que le temps se fait court. Son temps à Lui, l’auteur du temps, ne peut pas être rétréci. La preuve en est que ce brigand de l’Évangile qui sur la croix à l’heure de sa mort a escamoté le pardon, s’est saisi de la vie, et voleur du paradis avec effraction, il a réussi à pénétrer dans le Royaume. Gardons espoir pour chacun de nous.
Gardons espoir pour toutes les personnes de notre entourage que nous voyons parfois échouer, buter sur un point, être immobilisés.
Invitons le Seigneur à venir réparer ses âmes, ses cœurs, ses histoires. Prions pour la conversion de nos frères et sœurs qui nous entourent. Nous voyons certaines fois des personnes dans notre entourage avoir ce regard fade, ce regard vide, ce regard blessé. Prions pour elles, pour leur conversion, pour qu’elles découvrent la figure du Christ qui les rendra libres.
C’est la mission que le Christ a donnée à chacun de nous. Prenons-la au sérieux et appliquons-la. Et je vous invite à faire cette toute petite prière. Le Seigneur a dit que quand on récitera cette prière pour un pécheur avec foi, il lui donnera la grâce de la conversion.
Que ce soit maintenant, plus tard, à l’heure où on ne verra peut-être pas les effets de cette prière, ou à l’heure de la mort, cette prière fera effet. Et je vous invite à la dire juste après moi. Elle est très courte.
Au sang et eau qui avait jailli du cœur de Jésus, du cœur de Jésus, comme source de miséricorde pour nous, j’ai confiance en vous, j’ai confiance en vous. Au sang et eau qui avait jailli du cœur de Jésus, comme source de miséricorde, j’ai confiance en vous.
Parole et Évangile du jour | Samedi 30 mai • Par quelle autorité ?
Vendredi 29 mai
• Ô Jésus sauveur !
L’évangile de ce jour nous donne plusieurs éléments pour réfléchir, mais nous allons nous concentrer sur deux éléments principaux qui étonnent.
Le premier, c’est le figuier. Cette parole de l’évangile est très étonnante puisque Jésus voit au loin un figuier qui avait des feuilles, il voulait aller voir s’il y avait des fruits, sûrement il avait faim, et il arrive, l’arbre n’a pas de figues parce que ce n’est même pas la saison. Et le Seigneur dit que jamais plus personne ne mange de tes fruits.
Et pour préciser que cela est bien arrivé, l’évangile rajoute « et ses disciples avaient bien entendu ». Bon, alors là on se dit comment Jésus peut-il, lui qui est l’amour, lui qui pardonne jusqu’à la croix, maudire un arbre qui ne fait pas de fruits parce que c’est pas la saison ? Comment comprendre cela ?
Et bien, saint Jean de la Croix nous enseigne que Dieu agit parfois par des voies qui déconcertent l’entendement humain, des voies obscures à l’intelligence, lumineuses à l’âme, qui acceptent de ne pas tout comprendre. Le figuier couvert de feuilles sans fruits révèle quelque chose que Jésus ne supporte pas, l’apparence sans la réalité, la façade spirituelle, le feuillage abondant de la piété extérieure, des rites accomplis, des mots justes et haut-dedans, rien n’a donné, aucun fruit.
Saint Jérôme le voit dans l’expulsion des marchands du temple. Personne n’a osé résister parce que personne ne pouvait s’opposer au fils qui réparait l’injure faite à son père. La même indignation sainte traverse les deux gestes, le temple transformé en marché, le figuier transformé en décor.
Jésus révèle dans les deux cas ce que la chose est déjà devenue. Et dans nos vies, combien de feuilles portons-nous sans porter de fruits ? Chers amis, posons-nous la question. Ensuite, nous pouvons parler de la montagne, la montagne qui se jetterait dans la mer si on avait assez de foi
Dans la tradition juive, la montagne désigne l’obstacle qui écrase, qui semble éternelle, qui dépasse toute force humaine, auquel on ne pourra jamais rien faire. Mais Jésus nous dit que cette montagne qui nous semble impossible à traverser, avec lui, si on a la foi, ce sera possible. Dans toutes nos vies, je vous invite à réfléchir et à identifier un élément que vous considérez comme une montagne, quelque chose d’infranchissable qui ne pourra jamais partir.
Vous pouvez dépasser cet obstacle. Mais il enchaîne aussitôt avec quelque chose de décisif pour cette réflexion. Il dit pardonner, afin que votre père vous pardonne. La foi qui déplace les montagnes passe par le pardon. Saint Pierre rajoute, la charité couvre une multitude de péchés dans la première lecture. C’est connecté à l’évangile.
La charité active, concrète, celle qui pardonne, même quand elle est blessée, possède une puissance de purification que rien d’autre ne peut produire, et le brasier des épreuves. Ne trouvez pas étrange le brasier allumé parmi vous, dit le Seigneur. C’est précisément le creuset où cette foi devient réelle.
Le brasier est l’épreuve, et nous sommes associés par l’épreuve à la croix du Christ. Notre épreuve participe à la rédemption du monde, autrement dit. L’âme repoussée par les affronts rentre en elle-même et s’affermit en Dieu, d’autant plus solidement qu’elle ne trouve rien à l’extérieur où se reposer.
Communier aux souffrances du Christ, entrer dans ce chemin, c’est entrer dans la logique du figuier qui porte du fruit parce qu’il est vivant, jusqu’aux racines, et de la montagne qui se déplace parce que le coeur est unifié dans la foi et le pardon. Et tout cela, chers amis, les racines vont à la source. Ces racines du figuier, s’il veut porter du fruit, doivent aller à la source, et la parole nous le dit très clairement, la source, c’est la parole, justement la parole vivante qui nous fortifie et qui nous alimente.
La source, c’est cela, et elle est un remède pour nos coeurs et nos vies.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 29 mai • Ô Jésus sauveur !
Jeudi 28 mai
• Le Seigneur est bon !
Commentaire de Jean Toller :
Je suis la lumière du monde. Il est cette lumière qui donne leur éclat à toutes les lumières de la terre, aux lumières matérielles telles que le soleil, la lune, les étoiles et les sens physiques de l’homme, et aussi à la lumière spirituelle, à l’intelligence de l’homme, grâce à laquelle toutes les créatures doivent refluer vers leur origine.
Sans ce reflux, ces lumières créées sont en elles-mêmes de vraies ténèbres, comparées à cette véritable lumière par essence qui est une lumière pour le monde entier. Notre cher Seigneur nous dit « Renonce à ta lumière qui est vraiment ténèbre, comparez à ma lumière et qui m’est contraire, car je suis la vraie lumière et je veux en échange de tes ténèbres te donner ma lumière éternelle afin qu’elle t’appartienne comme à moi-même et que tu aies comme moi-même mon être, ma vie, mon bonheur et ma joie. »
Quel est donc le chemin le plus court qui conduit à la vraie lumière ? Voici ce chemin, se renoncer vraiment soi-même, aimer et n’avoir en vue que Dieu seul, ne vouloir en aucune chose son intérêt propre, mais désirer et rechercher seulement l’honneur et la gloire de Dieu, attendre tout immédiatement de Dieu et sans aucun détour ni intermédiaire, lui rapporter toute chose, d’où qu’elle vienne, afin qu’entre Dieu et nous il y ait un flux et un reflux tout à fait immédiat.
Voilà le vrai, le droit chemin.
Parole et Évangile du jour | Jeudi 28 mai • Le Seigneur est bon !
Mercredi 27 mai
• La grandeur selon Dieu
Commentaire du pape Benoît XVI Qui est grand ?
Qui est le premier pour Dieu ? Le regard va tout d’abord au comportement que risque d’avoir ceux qu’on regarde comme les chefs des nations, dominer et faire sentir leur pouvoir. Jésus indique aux disciples une manière totalement différente.
Il ne doit pas en être ainsi parmi vous. Sa communauté suit une autre règle, une autre logique, un autre modèle. Celui qui voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Et celui qui voudra être le premier parmi vous sera l’esclave de tous. Le critère de la grandeur et du primat, selon Dieu, n’est pas la domination, mais le service. La diachonie est la loi fondamentale du disciple et de la communauté chrétienne, et nous laisse entrevoir un peu de la seigneurerie de Dieu.
Et Jésus indique également le point de référence, le Fils de l’homme qui est venu pour servir. Il résume ainsi sa mission sous la catégorie du service, entendu non pas au sens générique, mais au sens concret de la croix, du don total de la vie comme rachat, comme rédemption pour le plus grand nombre. Et il l’indique comme une condition de la séquella pour suivre le Christ.
Aujourd’hui, nous fêtons Saint Augustin, qui nous apprend que dire oui au Seigneur signifie aussi accepter d’être envoyé là où on ne voudrait pas aller, si c’est le pape lui-même qui le demande. Augustin le sait bien, lui qui passe de sa vie tranquille de prieur dans un monastère bénédictin à Rome à un long voyage vers des terres inconnues et plus hostiles. Mais Augustin a fait vœu d’obéissance.
Saint Augustin, priez pour nous.
Parole et Évangile du jour | Mercredi 27 mai • La grandeur selon Dieu
Mardi 26 mai
• Êtes vous divisé en vous même ?
Saint-Pierre nous dit « Cessez de vous conformer aux convoitises d’autrefois, et quelque chose en nous résiste immédiatement, parce que même baptisé, même rempli de l’Esprit, ces convoitises sont encore là. On se retrouve souvent avec deux vitesses en nous, une vie spirituelle sincère et une autre accrochée aux vieilles habitudes. Sommes-nous tous bipolaires ? Disons plutôt que nous sommes ancrés dans la réalité du monde et du péché, et plus l’écart entre nos deux vies, c’est-à-dire celle spirituelle et celle qui est collée au péché, plus l’écart entre ces deux vies est grand, plus on s’épuise et plus on est en danger. La sainteté, ce à quoi nous appelle l’Évangile, c’est précisément réduire cet écart, vivre unifié de l’intérieur. Satan travaille exactement là, il est le diviseur, l’accusateur, il divise le cœur en nous, il creuse l’écart, il installe la double vie, la convoitise est toujours le début.
Saint Pierre dit « comme les enfants ». Soyez comme les enfants, parce que l’enfant obéit avant de comprendre, il fait confiance parce qu’il aime, et pour ceux qui trouvent cet écart trop lourd à porter seuls, les écrits des saints sont une ressource réelle, saint Jean de la Croix, saint Thérèse d’Avila, padre Epio, tous ont traversé ce combat et en ont laissé la carte. Pierre, dans l’Évangile, dit à Jésus « voici que nous avons tout quitté pour te suivre ». Et Jésus répond « vous recevrez le centuple, et ce dès maintenant ». Dès maintenant, il dit, ce n’est pas seulement après la mort dans une vie, plus tard, non, dès maintenant. Le centuple, c’est une famille que tu n’avais pas.
Une appartenance que le monde ne fabrique pas. Une paix intérieure que rien d’extérieur ne peut t’acheter. Pareil pour la joie. Rappelle-toi la dernière fois que tu as désobéi. As-tu ressenti une libération ou un enchaînement ? Tu connais par expérience le prix à payer, la lutte intérieure produit le contraire du renoncement. Elle produit de l’espace, de la légèreté, de la liberté, cette lutte intérieure, cette lutte contre le péché.
Et par-dessus tout, elle produit la vie éternelle. Ce centuple commence ici, mais est pleinement accompli à la fin de notre vie, là où nous accéderons aux portes du ciel. Et saint Augustin tranche en disant « Attention, soyez joyeux dans le Seigneur. Non selon le monde, il indique bien là la différence de joie. Celui qui veut être l’ami de ce monde sera l’ennemi de Dieu. On ne peut pas servir deux maîtres, on le sait, on l’a vécu.
Choisissons pleinement Dieu, comme l’a fait saint Philippe Néry, dont l’Église fait mémoire aujourd’hui. Il a converti Rome, la Rome du XVIe siècle, par la joie, une joie débordante, communicative, ancrée dans le Seigneur. Lui qui répétait que la tristesse n’est jamais de Dieu, sa vie entière était la démonstration vivante de ce centuple promis par Jésus. Le combat spirituel peut aussi se révéler dans la tristesse. La tristesse fait partie du combat spirituel. Elle n’est pas toujours justifiée pleinement par des choses qui se passent dans nos vies.
Alors pour garder cette joie parfaite, saint Philippe Néry priait pour nous.
Parole et Évangile du jour | Mardi 26 mai • Êtes vous divisé en vous même ?
Lundi 25 mai
• L’Homme Régénéré par l’Esprit + Marie, Mère
Le lendemain de la Pentecôte, l’esprit nous a été donné. Jésus avait confié à ses disciples quelque chose de très important, le pouvoir de régénérer les hommes en Dieu. Aller baptiser toutes les nations au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
Régénérer, le mot est fort, c’est faire naître à nouveau. Saint-Irénée le dit, la farine sèche sans eau reste farine. On a beau la mélanger, elle reste des petits grains. L’esprit est cette eau venue d’en haut. C’est l’eau qui vient unir la farine, qui nous rend un et qui nous rend fécond. Ainsi l’esprit a été envoyé sur les disciples pour qu’ils soient unis au Fils et au Père. Le baptême opère dans le corps cette unité qui le rend incorruptible. Et l’esprit opère la même chose dans l’âme. Deux naissances pour un seul homme, celle de la chair et celle de l’esprit.
Et c’est cette seconde naissance, celle de l’esprit, que les disciples ont reçu mission de transmettre au monde entier. Marie était là, dans la chambre haute, en prière avec eux, avant même que l’esprit descende. Elle y était parce qu’elle connaissait cet esprit depuis plus longtemps que quiconque. C’est lui qui était venu sur elle à l’Annonciation. « L’Esprit Saint viendra sur toi », lui avait dit l’ange, la rendant capable de recevoir ce que Dieu seul peut donner. La doctrine de l’Immaculée Conception dit précisément cela.
Dieu avait préparé Marie, l’avait rendue digne, l’avait adaptée à une mission qui la dépassait infiniment. Et sa liberté à Marie est restée entière. Ce n’est pas Dieu qui a décidé cela, sans le consentement de Marie.
« Qu’il me soit fait selon ta parole ». Elle est la première régénérée, la première pétrie par l’esprit, la première à avoir dit oui jusqu’au bout, jusqu’au pied de la croix, où Jésus la confie à Jean, et Jean à elle. Le bienheureux pape Paul VI l’a proclamée à Vatican II, Marie est mère de l’Église, et c’est la fête que nous fêtons aujourd’hui. De tout peuple de Dieu, elle est la mère. Mère de ceux que l’esprit régénère depuis la Pentecôte jusqu’à aujourd’hui.
En face, l’accusateur, Satan, qui divise l’homme avec lui-même, les hommes entre eux, et l’homme, les hommes avec Dieu. Mais le Seigneur nous a donné le défenseur.
Il a confié l’homme blessé, tombé aux mains des brigands, à cet esprit qui pense, qui relève, qui rend fécond ce qui était stérile. Marie, dans la chambre haute, nous montre comment le recevoir, en priant, en attendant, en restant disponible. Avant d’aller recevoir, l’esprit se demande, et lorsqu’on l’appelle, il nous transforme.
Parole et Évangile du jour | Lundi 25 mai • L’Homme Régénéré par l’Esprit + Marie, Mère
Dimanche 24 mai
• VIENS ESPRIT SAINT !
Il en va de l’Esprit-Saint et de la Pentecôte comme pour toute la Bible. Il faut faire attention, chères frères et sœurs, à ne pas isoler un passage du reste de l’écriture. Car si on ne retient qu’un petit passage isolé de tout le reste, et qu’on en fait une loi générale, eh bien, on risque fort de dire des bêtises.
Aujourd’hui, c’est très clair. Si l’on ne prend que la première lecture pour comprendre l’action de l’Esprit-Saint, on risque bien de ne jamais le reconnaître dans nos vies. Dans les actes des apôtres, au jour de la Pentecôte, l’Esprit-Saint a opéré trois signes prodigieux.
Il s’est manifesté avec un violent coup de vent, puis avec des langues de feu, puis il a permis aux apôtres de parler des langues étrangères qu’ils n’avaient même pas apprises. Donc ce jour-là, l’Esprit-Saint a agi de manière tout à fait spectaculaire. Tous ont pu parfaitement voir les langues de feu et entendre les langues étrangères.
Ce jour-là, l’Esprit-Saint a agi de manière spectaculaire. Mais cela ne signifie pas qu’il agit toujours de cette manière. Cela ne signifie pas qu’aujourd’hui encore, il devrait agir de manière aussi spectaculaire pour qu’on soit sûr de sa présence.
Il ne faut pas faire de l’événement de la Pentecôte l’unique modèle de l’action de l’Esprit-Saint. Et ce n’est pas parce qu’on n’a pas de langue de feu au-dessus de sa tête, ni parce qu’on ne parle pas tibétain, tagalog ou swahili, que l’Esprit-Saint n’est pas présent et agissant dans notre cœur.
Heureusement, les autres lectures de ce jour nous donnent d’autres signes de la présence active et tout aussi certaine de l’Esprit-Saint dans nos cœurs.
J’en vois au moins trois. Au moins trois signes qui attestent que l’Esprit-Saint demeure et agit à l’intérieur de nos cœurs.
Le premier signe, c’est la foi en Jésus. Saint Paul le dit dans sa première épitre aux Corinthiens, qui fait la première lecture, et c’est une phrase magnifique qu’on peut apprendre par cœur, personne n’est capable de dire « Jésus est Seigneur » sinon dans l’Esprit-Saint. Ce signe-là, il est toujours valable pour nous, 2000 ans plus tard, 2000 ans après la Pentecôte. « Chers frères et sœurs de Cathoglad, si vous êtes capables de dire que Jésus est Seigneur, si vous avez foi en lui, c’est parce que l’Esprit Saint habite en votre âme.
Notez bien d’ailleurs que Saint Paul ne dit pas que ça doit être facile. Il ne dit pas qu’on doit être emporté par l’enthousiasme, mais il dit simplement que sans l’Esprit-Saint dans notre cœur, personne n’est capable de dire que Jésus est Seigneur. Mais donc, si nous sommes dans la peine, si nous sommes dans l’épreuve, mais que nous affirmons, nous croyons, nous désirons que Jésus soit notre Seigneur, nous pouvons être certains que c’est parce que l’Esprit-Saint est là, en nous, et nous permet de dire cela.
Le second signe nous est donné dans l’Évangile. Quand Jésus répond à l’Esprit-Saint sur ses disciples, il les envoie en mission, il leur donne le pouvoir de pardonner. Ce signe-là aussi, il est toujours valable pour nous deux mille ans après la Pentecôte. Quand l’Esprit-Saint habite notre cœur, il le met en mouvement, il l’envoie vers les autres, il nous rend missionnaire. L’Esprit-Saint est un esprit d’amour, quand il remplit un cœur, il le fait déborder. Quand nous sommes remplis de l’amour de Dieu, nous sommes poussés à partager cet amour.
Les apôtres sont partis aux quatre coins du monde, parce que l’Esprit-Saint débordait de leur cœur. Alors peut-être que nous, nous ne sommes pas appelés à partir à l’autre bout du monde, mais nous sommes appelés, nous aussi, à répandre le feu de l’amour de l’Esprit-Saint, à être des artisans de paix, de pardon, de bonté autour de nous. Aux apôtres, Jésus a donné le pouvoir de pardonner les péchés.
Nous aussi, nous pouvons libérer ceux qui, autour de nous, sont enfermés dans leur faute ou rongés par la culpabilité avec notre pardon. En pardonnant ceux qui nous ont offensés, nous aussi, nous libérons notre prochain. Et si ce pardon est trop difficile à donner, nous pouvons demander à l’Esprit-Saint de nous donner sa force pour nous rendre capables de poser ce pardon. Avec l’Esprit-Saint dans le cœur, nous aussi, nous pouvons libérer notre prochain. Et nous aussi, nous sommes envoyés en mission.
Enfin, le troisième signe vient confirmer les deux précédents. Avant l’arrivée de Jésus et avant qu’ils aient reçu l’Esprit-Saint, l’Évangile nous dit que les disciples étaient craintifs et cachés dans un lieu verrouillé. Mais quand Jésus les rejoint, ils sont remplis de joie et la crainte les abandonne. Ce signe-là aussi, il est toujours valable pour nous, deux mille ans après la Pentecôte. En nous aussi, l’Esprit-Saint chasse les peurs qui nous paralysent. En nous aussi, l’Esprit-Saint fait déborder sa joie, sa douceur et sa paix. Alors vous l’aurez compris, frères et sœurs, même si vous ne parlez pas de langues étrangères que vous n’avez pas apprises, même si vous n’avez pas de langue de feu au-dessus de vos têtes, l’Esprit-Saint habite en vos cœurs.
Il habite en vos cœurs baptisés et confirmés quand vous proclamez que Jésus est votre Seigneur. Quand vous sentez le désir d’instaurer son règne en vous et autour de vous, quand vous sentez son amour qui vous procure une joie plus forte que vos peurs, c’est parce que l’Esprit-Saint est là. Il est là, il habite en vous, frères et sœurs.
L’Esprit-Saint habite en vos cœurs. Mais attention, il ne veut pas seulement les habiter, il veut les purifier complètement. Il veut les transformer à son image, il veut les embraser.
L’écriture nous donne des signes clairs de sa présence, de la présence de l’Esprit-Saint dans nos cœurs. Mais ce n’est pas pour qu’on soit en contente, c’est pour que nous puissions aller de l’avant, certains de sa présence, désirer de son amour. Il n’est pas question de rester tranquille avec ses dons, il faut les cultiver, il faut les faire grandir, il faut permettre à l’Esprit-Saint de déployer comme une nouvelle pentecôte en chacune de nos vies.
Alors, oui, viens, Esprit-Saint, viens en nos cœurs, envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière. A tous ceux qui ont la foi, à tous ceux qui en toi se confient, donne cette don sacré, donne mérite et vertu, donne le salut final, donne la joie éternelle.
Amen.
Parole et Évangile du jour | Dimanche de Pentecôte 24 mai • VIENS ESPRIT SAINT
Samedi 23 mai
• Messe du Matin
Paul est à Rome, prisonnier, assigné à résidence avec un soldat qui le surveille. Et depuis ce logement, depuis sa cellule, il reçoit tout le monde. Il annonce le règne de Dieu, enseigne Jésus-Christ, avec une entière assurance et sans obstacle. Les chaînes de Paul n’ont pas réduit l’homme.
Elles l’ont fixé au seul endroit où il pouvait encore rayonner. Et Jean, lui, clôt son évangile en disant que si on devait écrire tout ce que Jésus a fait, le monde entier ne suffirait pas pour contenir les livres. Jésus dit à Pierre « Toi, suis-moi ». Pierre venait de se retourner pour regarder Jean, pour comparer, pour savoir ce qui allait lui arriver à lui.
Et Jésus le recentre d’un mot. Benoît XVI le rappelle en disant que Jean n’est pas un théoricien de l’amour. Il ne fait pas un traité. Il témoigne juste de quelqu’un qu’il a connu, qu’il a aimé, contre lequel il s’est penché à table en écoutant son chœur. Dieu est amour. C’est sa nature à Dieu, ce n’est pas son activité.
Et c’est cette nature-là que Paul annonce le Christ et que Jean aussi à travers son évangile. Puissions-nous prendre un petit temps aujourd’hui pour songer à ce Dieu d’amour.
Parole et Évangile du jour | Samedi 23 mai • Messe du Matin
Vendredi 22 mai
• M’aimes tu ?
Jésus demande à Pierre, Simon, m’aimes-tu, de cet amour total et inconditionné. Avant l’expérience de la trahison, l’apôtre aurait certainement dit, je t’aime, de manière inconditionnelle. Maintenant qu’il a connu la tristesse amère de l’infidélité, le drame de sa propre faiblesse, il dit avec son humilité, Seigneur, j’ai beaucoup d’amitié pour toi, c’est-à-dire je t’aime de mon pauvre amour humain.
Le Christ insiste, Simon, m’aimes-tu de cet amour total que je désire ? Et Pierre répète la réponse de son humble amour humain, Seigneur, j’ai beaucoup d’amitié pour toi, comme je sais aimer. La troisième fois, Jésus dit seulement à Simon, as-tu de l’amitié pour moi ? Simon comprend que son pauvre amour suffit à Jésus, l’unique dont il est capable.
Mais il est pourtant attristé que le Seigneur ait dû lui parler ainsi. Il répond donc, Seigneur, tu sais tout, tu sais combien j’ai d’amitié pour toi. On pourrait dire que Jésus s’est adapté à Pierre, plutôt que Pierre à Jésus. C’est précisément cette adaptation divine qui donne de l’espérance aux disciples, qui a connu la souffrance de l’infidélité. C’est de là que naît la confiance qui le rendra capable de la séquella Christi, de suivre le Christ jusqu’à la fin. Pierre est arrivé à mettre sa confiance en ce Jésus qui s’est adapté à sa pauvre capacité d’amour.
Et il nous montre ainsi le chemin à nous aussi, malgré toutes nos faiblesses, nous savons que Jésus s’adapte à cette faiblesse.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 22 mai • M’aimes tu ?
Jeudi 21 mai
• Dieu nous dit « Courage » pour annoncer sa vérité !
Paul vient de provoquer une émeute dans le Saint-Nédrin. Une phrase, une seule, c’est à cause de la résurrection que je passe en jugement, et tout à coup l’assemblée se déchire. Les coups partent, le commandement romain doit envoyer la troupe pour éviter qu’on écharpe Paul. La résurrection, c’est ça le problème.
La nuit suivante, le Seigneur apparaît et lui dit « courage ». Il lui dit pas « bien joué, tu as été diplomate ». Il lui dit pas « la prochaine fois, sois prudent ». Il lui dit « courage », parce que ce qui vient d’arriver était exactement ce qui devait arriver. Il y a une tentation très répandue aujourd’hui qui consiste à croire que, pour que le message passe, il faut l’adoucir, l’édulcorer, l’arrondir, attendre le bon moment. Bien sûr qu’il y a un bon moment, mais ne rien dire qui pourrait froisser n’est pas une règle.
C’est une erreur de charité de penser cela. Bien sûr, les choses s’adaptent en fonction de ce que la personne en nous peut entendre, dans l’état où elle est, etc. Nous pouvons prendre des précautions.
Mais taire une vérité à quelqu’un par peur de sa réaction, par peur de le froisser, de l’éloigner de l’Église, taire cette vérité, c’est le traiter comme un enfant incapable de l’entendre. C’est exactement ce que des parents trop indulgents font avec leurs enfants, et ces enfants le leur reprochent vingt ans plus tard. Pourquoi tu ne m’as pas dit ça ? Dieu veut que nous annoncions ce qui nous a été enseigné, non pas avec une attitude qui pourrait paraître condescendante, mais une attitude pleine de bienveillance.
Oui, Dieu veut que nous annoncions ce qui nous a été enseigné, sans brutalité, sans mutilation, sans manipulation de notre part aussi. Il y aura toujours des forces contraires. C’est comme cela.
Des assemblées qui se divisent, des gens qui ne peuvent pas entendre et qui se mettent très en colère, et cela n’est pas forcément un échec. C’est le signe que la parole a touché quelque chose de réel dans le cœur de ces gens. Et ce que Dieu veut, c’est que la vérité soit annoncée. Ce qu’il permet, c’est que certains la refusent, parce qu’il n’écrase pas la liberté de ceux qui disent non. Mais il ne nous dispense pas pour autant de parler. Et dans l’Évangile, Jésus termine sa prière au Père par ces mots « Que moi aussi je sois en eux ». C’est le sommet de tout, cette phrase.
Et pas seulement qu’ils soient unis entre eux, mais que lui soit en eux, que l’amour du Père pour le Fils habite en chacun de nous. Saint-Augustin le dit, c’est l’unité qui fait un peuple. Sans cette unité, sans elle, c’est une foule. Et une foule, c’est des individus juxtaposés. Ils ne sont pas unis. Un peuple, c’est des personnes reliées par quelque chose qui les dépasse.
Ce quelque chose pour l’Église, c’est le Christ, présent en chacun, et nulle part plus réellement que dans l’Eucharistie, où nous devenons littéralement ce que nous recevons, l’amour, un temple vivant où il règne, où nous accueillons le Christ en nous. Et quand il règne en nous, il règne dans nos vies concrètes, dans nos métiers, dans nos familles, dans nos conversations. Certains évangéliseront sans le savoir.
Certains évangéliseront sans le savoir par leur vie. Certains, ce sera de l’évangélisation directe dans la rue, d’autres dans un bureau, d’autres par le service, etc. Tout ça selon les charismes. L’Esprit distribue ses dons selon la volonté, et non pas selon nos préférences. Il distribue ses dons quand nous sommes en mission, et pas autrement. Ce n’est pas des pouvoirs.
La seule question finalement, ça devrait être celle-ci, est-ce que je rayonne quelque chose, ou est-ce que je retiens pour moi tout ?
Parole et Évangile du jour | Jeudi 21 mai • Dieu nous dit « Courage » pour annoncer sa vérité !
Mercredi 20 mai
• Nous n’appartenons pas au monde
Aujourd’hui, nous allons décortiquer l’Évangile en trois points, inspirés de saint Augustin, saint Thomas d’Aquin, et de la prière sacerdotale de Jean. Jésus ne prie pas pour que ses disciples pensent pareil. C’est le premier point, on parle de l’unité.
Il ne veut pas que ses disciples soient pareils, votent pareils, et aient les mêmes sensibilités, les mêmes charismes. Il prie pour qu’ils soient un comme le Père et Lui sont un. Vous remarquerez là que le Père et Jésus sont deux personnes différentes de la Trinité. C’est une unité d’amour et de vie partagée, ce n’est pas une uniformité complète. Ce n’est pas une unité d’opinion. L’Église a traversé vingt siècles de disputes théologiques, de schismes, de tensions internes, ça continuera encore, mais la prière de l’unité tient toujours.Parce que l’unité dont parle Jésus ne repose pas sur la perfection des hommes qui la composent, bien au contraire, elle repose sur le nom du Père, dans lequel ils sont gardés. C’est Dieu qui tient l’édifice, pas nous. Ce qui détruit l’unité, ce n’est pas alors le désaccord, c’est l’orgueil qui refuse d’être gardé par plus grand que soi.
Le deuxième point de cet évangile, c’est Judas. Aucun ne s’est perdu, sauf celui qui s’en va à sa perte, de sorte que l’écriture soit accomplie. Alors cette phrase est étrange, et puis elle dérange, parce qu’elle semble dire que Judas était programmé pour trahir. Et de ce fait, s’il n’y avait pas eu Judas, il n’y aurait pas eu le salut, donc il a joué le rôle du méchant. Mais ce n’est pas cela, Jésus ne dit pas que Judas a été forcé. Il dit que sa liberté même, mauvaise, a été intégrée dans un dessein plus grand. On a la notion que Dieu, du mal, peut en faire un bien, et bien voilà l’exemple parfait. Dieu n’a pas organisé les choses pour que Judas trahisse Jésus, ce n’est pas cela qu’il faut comprendre. Saint Thomas d’Aquin distingue ce que Dieu veut et ce que Dieu permet.
Dieu n’a pas voulu la trahison de Judas, mais il l’a permise, et il en a fait le levier du salut du monde. Vous le savez, Jésus, dans plusieurs passages de l’évangile, est insaisissable. Quand les soldats viennent le chercher, il dit « jamais un homme n’a parlé comme lui », alors on n’a pas pu le capturer en gros. Et puis, quand il est en face d’autres personnes qui veulent le tuer, qui veulent le prendre, il passe au milieu d’eux, comme si de rien n’était, et il ne le remarque pas. Donc Dieu est tout-puissant, il peut se permettre de ne pas entrer dans les plans humains et de les déjouer. Mais là, il a laissé Judas trahir Jésus, et Jésus le savait à la table.
Donc ce n’est pas une question de « on va laisser Judas jouer le méchant ». C’est la liberté de Judas qui a été, jusqu’au bout, permise par Dieu, parce que c’était effectivement le temps, et il y a ce levier du salut du monde. Sans la trahison, il n’y a pas d’arrestation, et sans l’arrestation, il n’y a pas de croix, et sans la croix, il n’y a pas de résurrection. Ça aurait pu être différemment. Mais in fine, c’est comme ça que ça se finira, ça serait fini. C’est un peu comme le péché originel, on peut dire « oui, mais moi, si j’étais Adam et Ève, je n’aurais pas croqué la pomme ». In fine, on ne sait pas, peut-être que Dieu était déjà intervenu à plusieurs reprises pour éviter qu’Adam et Ève croquent la pomme, mais au bout d’un moment, même au bout de la millième fois, bon, il y a la liberté qui est en jeu après ça. Donc c’était comme ça que ça devait se passer.
Judas n’avait donc pas un rôle au sens d’un acteur qui joue un texte écrit d’avance et oh le pauvre, après, il a joué le rôle du méchant, il a fait un choix libre et mauvais. C’est un choix réel. Et Dieu, sans le vouloir, en a fait quelque chose. Dieu ne voulait pas que cela s’accomplisse, mais il en a fait quelque chose. C’est peut-être la démonstration de la providence divine. Dieu n’a pas besoin que les hommes soient bons pour accomplir ses desseins, il travaille avec ce qu’il a, et même parfois le pire.
Troisième point qu’il faut éclaircir ici, c’est la parole, parce qu’il dit « je leur ai donné ta parole ». Pas des paroles, ta parole dans l’évangile. La parole de Dieu, la parole vivante. Alors la parole de Dieu n’est pas un enseignement moral, ni un recueil de sagesse, ni un guide de vie. Ça c’est pour les autres religions, les autres spiritualités, les autres philosophies. Nous, pour nous, l’évangile, c’est le Verbe lui-même, celui qui était au commencement, par qui tout a été fait. C’est la même parole qui créa l’univers, qui nous parle à travers cet évangile.
Il parle à qui ? Eh bien à nous, à notre cœur, à notre sensibilité et à notre inclinaison. Quand Jésus donne la parole à ses disciples, il leur donne quelque chose de vivant qui agit, qui sanctifie, qui sépare. C’est pour cela que le monde les prend en haine, non parce qu’ils sont différents culturellement, ce qui pourrait s’entendre, mais parce que cette parole en eux témoigne que le monde n’est pas la dernière réalité. Il y a quelque chose au-delà. Ils n’appartiennent pas au monde, de même que moi je n’appartiens pas au monde, dit Jésus. Nous sommes, nous chrétiens, dans le monde, pleinement, sans fuite, sans mépris.
Comme dit Newman, nous sommes des étrangers domiciliés. Notre patrie est ailleurs et c’est précisément cette étrangeté-là et non l’arrogance, non le repli, mais la légèreté de celui qui sait qu’il est de passage, qui est le témoignage le plus puissant que l’Église puisse donner au monde. Vous le savez, il y a cette parole, on n’est pas prophète en son pays, et bien puisque nous ne sommes pas de ce pays, de ce monde, peut-être nous sommes appelés à être des prophètes et des prêtres et des rois.
Qu’attendons-nous?
Parole et Évangile du jour | Mercredi 20 mai • Nous n’appartenons pas au monde + Parcours Esprit ST
Mardi 19 mai
• Ce virus s’est répandu partout
Depuis plusieurs jours, les lectures nous parlent du Père, du Fils, de l’Esprit, parce que nous arrivons à la pentecôte. Le Fils glorifie le Père, le Père glorifie le Fils, l’Esprit est envoyé par le Fils, tout ce que le Père a appartient au Fils, etc. Pour quelqu’un qui ouvre l’Évangile sans préparation, c’est vertigineux, et honnêtement qui parmi nous peut expliquer la Trinité simplement ? Ce n’est pas facile. Mais avant de chercher à l’expliquer, il faut d’abord comprendre pourquoi cette révélation dérange autant chez les Juifs.
Parce qu’à l’époque, Jésus qui se dit envoyé par Dieu, qui parle au Père comme à quelqu’un qu’il connaît de l’intérieur, qui dit tout ce qui est à toi est à moi, etc. C’est un scandale absolu à l’époque. Un blasphème passible de mort, c’est précisément pour ça d’ailleurs qu’il est crucifié. Un homme qui se dit Dieu dans la tradition ne peut être que fou ou imposteur. Imaginez-vous aujourd’hui quelqu’un qui viendrait et qui dirait « Je suis Jésus » qui revient. Est-ce que vous le croiriez ? Peut-être, peut-être pas, c’est difficile de juger les Juifs parce que peut-être que nous on aurait fait pareil.
Nous aussi quelque part, finalement, suite à tout ça, quand on regarde avec un regard millénaire de 2000 ans sur ce qui s’est passé, eh bien, on a attrapé le virus de la crédulité retournée, en tout cas c’est ce qu’on pourrait se dire, on a attrapé un virus de crédulité. Qui nous dit que croire en quelque chose d’aussi extraordinaire, c’est manquer de sens critique ? Que les miracles eucharistiques sont des phénomènes psychosomatiques, que les apparitions sont des projections émotionnelles, il y a aussi les mystiques qui étaient des déséquilibrés. Ce virus s’est répandu, il se transmet par l’air du temps et il a ceci de particulier qu’il ne soigne pas par des arguments parce que ce n’est pas une question d’intelligence, c’est une question de disposition et d’inclinaison intérieure.
Alors, puisque ce virus s’est répandu partout, posons la question franchement, pourquoi se compliquer la vie avec tout ça, cette révélation ? Le Père glorifie le Fils, l’Esprit Saint, tout ça. Pourquoi il faut obéir aux tables de la loi, pourquoi il faut aimer son prochain, pourquoi ne pas simplement bien se comporter ? Finalement, pourquoi ne pas être un homme bon ? Traiter les autres correctement et laisser les questions métaphysiques aux théologiens qui déraillent souvent. C’est une position honnête que celle-ci, mais elle repose sur une illusion, l’illusion que nous nous suffisons à nous-mêmes, que notre bonté naturelle est suffisante et il faut d’ailleurs définir qu’est-ce que la bonté, définie par qui, quoi, comment, quel peuple, quelle histoire.
C’est facile de dire cela avec des racines qui nous ont constituées de la manière de penser qui est très en liberté aujourd’hui, nous pensons avec une certaine liberté. Or, l’expérience de chaque homme, s’il est honnête, dit le contraire. Nous savons ce qui est bien et nous ne le faisons pas.
Nous voulons aimer, mais nous blessons, nous promettons et nous manquons à nos promesses. Ça, c’est l’homme. Saint Paul l’a dit avant nous, le bien que je veux faire, je ne le fais pas, ce n’est pas une question de mauvaise volonté finalement, c’est une question de nature blessée.
Et c’est précisément à cela que répond la révélation chrétienne. Ce n’est pas un besoin de se rassurer, ni d’entrer dans un cocon protégé en se disant que oui, moi j’aurai la vie éternelle et ça me rassure de savoir qu’il y a quelque chose après la mort. La chrétienté répond à une blessure réelle, constitutive, qu’aucune bonne volonté humaine ne peut seule refermer.
Jésus dit dans cette prière, ils sont à toi, dans l’évangile, en parlant des disciples, des apôtres, et l’on pourrait entendre là quelque chose d’inquiétant, une possession, une mainmise. Être à Dieu, dans la logique de Jean, c’est être à sa destination, comme on dit d’une rivière qu’elle appartient à la mer, non parce que la mer la possède et la domine, mais parce que c’est là qu’elle trouve son accomplissement. Et nous sommes faits à l’image de Dieu et cette image n’est pas une métaphore, c’est une structure ontologique, il y a effectivement en chaque homme une capacité de relation, d’amour, de connaissance et de don de soi qui ne trouve son plein déploiement que dans la relation avec celui dont elle est l’image.
Newman le dit, le Christ ne se présente pas à nous, il nous prend avec lui, il entre en nous et prend possession de l’héritage qu’il s’est acquis. Ce n’est pas une religion, la chrétienté de l’observance de règles pour mériter une récompense qui est le paradis, c’est une proposition de relation, une rencontre avec quelqu’un qui nous connaît mieux, que nous nous connaissons et qui veut entrer dans ce que nous sommes, c’est-à-dire des êtres dont la nature est blessée, défaillante, lui qui est parfait veut entrer en nous pour nous relever, pour nous redresser. Et c’est là qu’intervient l’Esprit-Saint, Saint-Basile nous en parle au IVe siècle.
Il dit que l’Esprit-Saint est comme un rayon de lumière, un rayon du soleil, présent à chacun comme si celui-ci était seul, répandant sur tous la grâce en plénitude. Quand l’Esprit touche une âme purifiée, dit-il, cette âme devient elle-même lumineuse et renvoie la grâce sur les autres. Les faibles sont conduits par la main, ceux qui progressent deviennent parfaits, et le sommet de ce qu’ils osent écrire, c’est devenir Dieu, non pas se substituer à Dieu, mais être plongé en lui au point de rayonner ce qu’il est.
C’est cela que Paul avait compris quand il disait « j’achève ma course ». Il n’avait pas couru pour lui-même, il avait été traversé par quelque chose de plus grand que lui et il en avait fait le chemin de toute sa vie. La Trinité, c’est une vie à recevoir.
Parole et Évangile du jour | Mardi 19 mai • Ce virus s’est répandu partout
Lundi 18 mai
• Royaumes de la terre, soyez dans la PAIX
Commentaire de saint Jean-Paul II
Dans le monde, vous trouverez la détresse. Mais ayez confiance, je suis vainqueur du monde. Les familles, les groupes, les États, les communautés internationales elles-mêmes ont besoin de s’ouvrir au pardon pour renouer les liens rompus, pour dépasser les situations stériles de condamnation réciproque, pour vaincre la tentation d’exclure les autres en leur refusant toute possibilité d’appel. La capacité de pardonner est à la base de tout projet d’une société à venir plus juste.
Le refus du pardon, au contraire, surtout s’il entretient la poursuite de conflits, a des répercussions incalculables pour le développement des peuples. Les ressources sont consacrées à soutenir la course aux armements, les dépenses de guerre, ou à faire face aux conséquences des rétorsions économiques. C’est ainsi que font défaut les disponibilités financières nécessaires au développement, à la paix, à la justice.
De quelle souffrance l’humanité n’est-elle pas affligée parce qu’elle ne sait pas se réconcilier ? Quel retard ne subit-elle pas parce qu’elle ne sait pas pardonner ? La paix est la condition du développement, mais une paix véritable n’est possible qu’à travers le pardon. La proposition du pardon n’est pas une chose que l’on admet comme une évidence ou que l’on accepte facilement, et par certains aspects, c’est un message paradoxal. En effet, le pardon comporte toujours à court terme une perte apparente, tandis qu’à long terme, il assure un gain réel.
La violence est exactement le contraire. Elle opte pour un gain à brève échéance, mais se prépare pour l’avenir lointain, une perte réelle et permanente. Le pardon pourrait sembler une faiblesse.
En réalité, aussi bien pour l’accorder que pour le recevoir, il faut une grande force spirituelle et un courage moral à toute épreuve. Loin de diminuer la personne, le pardon l’amène à une humanité plus profonde et plus riche. Il la rend capable de refléter en elle un rayon de la splendeur du Créateur.
Parole et Évangile du jour | Lundi 18 mai • Royaumes de la terre, soyez dans la PAIX
Dimanche 17 mai
• Le cri d’amour de Jésus avant de partir
L’ascension fut un bouleversement total dans la vie religieuse des apôtres. Nous ne nous en rendons pas bien compte, mais essayons d’imaginer. Pendant trois ans, ils s’adressaient à Jésus qui était physiquement présent avec eux.
Ils étaient avec lui au quotidien et ils avaient appris à très bien le connaître. Bien sûr, la compagnie de Jésus prolongée les a profondément marqués, transformés même. Sa présence, majestueuse et douce, imposante et discrète, à la fois pleine d’affection pour eux, mais aussi parfois très exigeant, son enseignement aussi les avait vivement frappés et avaient fondamentalement transformé leur vision de Dieu, d’eux-mêmes et du monde, ce qui est rare à l’âge adulte.
Et la scène « Je vous appelle mes amis » et le spectacle inouï du crucifié, les apparitions du ressuscité, ils avaient vécu tout cela ensemble, ils étaient intimement liés à Jésus. Leur vie était complètement commandée par toutes ces années passées ensemble et cette extraordinaire densité de relations qui les unissaient. Après l’ascension, ils ont dû réenvisager complètement leur relation avec Jésus, sans sa présence physique, ni sa voix, ni son regard, comme une flamme de feu, dit l’Apocalypse.
Et pour autant, selon le mot de Saint Léon le Grand, « Lorsqu’il eut fait retour dans la gloire de son Père, le Seigneur commença d’une manière mystérieuse à être plus présent par sa divinité, alors qu’il était plus éloigné quant à son humanité ». C’est dire l’intensité de leur vie mystique, si Jésus dans la gloire du Père leur paraissait plus proche, plus présent que quand il était avec eux. Cette puissante présence de Jésus ressuscité était non seulement une expérience spirituelle personnelle, mais aussi un nouveau lien qui les unissait entre eux. Jésus comme tête de l’église se manifestait à eux dans un sentiment nouveau d’être unis les uns aux autres par des liens spirituels.
Ils se savaient son église, un seul corps, une seule âme, tous unanimes, dit les actes des apôtres. Il participait assidûment à la prière avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus, et avec ses frères. Tous unanimes, quelle force dans leur communion, assidus à la prière, quelle ferveur dans leur prière.
Le terme grec exprime la ténacité et la constance de l’action. Assidus, accrochés à la prière. Saint Paul parle souvent en ces termes de la prière.
Soyez persévérant dans la prière, persévérez dans la prière, veillez en elle. Les apôtres donc vivaient tout simplement dans la gloire du ressuscité qui constituait leur relation avec Dieu et leur relation entre eux. La mention de Marie ici est la seule en dehors des évangiles.
Elle est nommée Marie, mère de Jésus. Quel plus beau titre que celui-là. Si Dieu a voulu réaliser l’incarnation de Marie, il a voulu aussi qu’elle soit présente à la naissance de l’église.Et après l’ascension de son fils, une nouvelle dimension de la maternité de la Sainte Vierge commence. Marie est le centre de la prière de l’église des apôtres. Elle appelle l’Esprit Saint qui doit venir.
Le lien nouveau de communion entre les apôtres passe par elle. Tous unanimes, ils participaient assidûment à la prière avec quelques femmes dont Marie, mère de Jésus. Cette unanimité et cette assiduité vient de Marie, de sa maternité sur les âmes et sur l’église.
Les apôtres au Cénacle ont les yeux fixés sur la mère de Jésus. Ils la regardent, habité par l’Esprit Saint. Elle les regarde et les enfante par son regard et sa prière, par sa présence, qui ressemble tellement à celle de Jésus, à la fois physiquement et spirituellement.
Ce nouvel ordre de relations qui constitue la relation de foi avec Dieu en Jésus, retourné dans la gloire de son Père, et qui constitue aussi la relation de communion dans l’église, passe en Marie. Chères frères et sœurs de Catoglad, cette semaine qui nous prépare à la Pentecôte, pendant ce mois de mai, est une belle opportunité de rester unanimes, assidus dans la prière auprès de Marie. Travaillons à la communion fraternelle entre nous en Marie.
La tiédeur de notre foi et les ferments de division nous menacent plus que jamais. Luttons contre ces germes avec Marie et par elle. C’est la mère qui crée l’unité dans la famille, c’est elle qui nous relie à Jésus et par lui à la Sainte Trinité.
Parole et Évangile du jour | Dimanche 17 mai • Le cri d’amour de Jésus avant de partir
Samedi 16 mai
• Demandez ce que vous désirez !
Commentaire de Saint Augustin
Celui qui demande à Dieu la seule chose qui importe, et la recherche, peut le faire avec certitude et confiance. Ce bien unique est la paix qui surpasse tout entendement.
Nous ne savons pas le demander comme il faut dans nos prières. Car ce que nous pouvons imaginer dans la réalité, nous ne le connaissons pas véritablement. Et d’autre part, tout ce qui nous vient à la pensée, et que nous rejetons, refusons et réprouvons, nous savons que ce n’est pas l’objet de notre recherche.
Mais si nous ignorons encore ce que représente réellement cet objet. Il y a donc en nous, ce que j’appellerais, une docte ignorance, instruite par l’Esprit de Dieu, qui soutient notre faiblesse. Car après avoir dit, si nous ne voyons pas ce que nous espérons, nous l’attendons avec patience, l’apôtre ajoute, nous ne savons pas ce que nous devons demander.
Mais l’Esprit lui-même intercède pour nous par des gémissements ineffables. Et celui qui scrute les cœurs connaît l’aspiration de l’Esprit. Il sait qu’il intercède pour les saints.
Ceci ne doit pas s’entendre de façon à nous faire croire que l’Esprit Saint de Dieu, qui est Dieu immuable en la Trinité, et un seul Dieu avec le Père et le Fils, cela ne doit pas nous faire croire qu’il intercède pour les saints comme quelqu’un qui n’est pas Dieu. On dit qu’il prie pour les saints parce qu’il fait prier les saints. Il les fait donc prier par des gémissements ineffables en leur inspirant le désir de ce grand bien encore inconnu que nous attendons avec patience.
Peut-être aujourd’hui, chers amis, nous pouvons demander à l’Esprit, et bien de nous inspirer le désir que nous attendons avec impatience par ces gémissements ineffables.
Parole et Évangile du jour | Samedi 16 mai • Demandez ce que vous désirez !
Vendredi 15 mai
• Votre joie, personne ne vous l’enlèvera
Nous devons dire la vérité.
La vie chrétienne n’est pas toujours une fête. Loin de là. Nous pleurons si souvent quand on est malade, quand on a un problème familial avec son fils, sa fille, son conjoint, ses parents, quand on voit que son salaire ne suffit pas pour tenir jusqu’à la fin du mois et qu’on a peut-être un enfant malade, qu’on ne peut plus payer son crédit immobilier et qu’on doit partir. Tant de problèmes.
Mais Jésus nous dit n’ayez pas peur. Oui, tu seras triste, tu pleureras, et même ceux qui sont contre toi se réjouiront. Ta tristesse se changera en joie, nous dit-il. Mais il est difficile lorsqu’on s’adresse à un malade qui souffre énormément de lui dire Courage, demain tu trouveras la joie. Même si on le dit, cela ne peut être entendu.
Il faut lui faire ressentir ce que Jésus lui fait ressentir. Nous aussi, lorsque nous sommes vraiment plongés dans les ténèbres, lorsque nous ne voyons rien, nous pouvons dire je sais Seigneur que cette tristesse se changera en joie. Mais je ne sais pas comment. Mais je te fais confiance.
Cet acte de foi dans le Seigneur, c’est un acte de foi. Avoir du courage dans la souffrance et penser qu’après vient le Seigneur, après vient la joie, après les ténèbres vient le soleil.
Que le Seigneur nous donne à tous cette joie dans l’espérance.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 15 mai • Votre joie, personne ne vous l’enlèvera
Jeudi 14 mai
• Passer d’une foi de sensations à une foi adulte
Chers amis de Catoglad, dans ce jeudi de l’Ascension, je vous souhaite une bonne fête, un bon repos, où nous allons méditer en quelque sorte cette dernière apparition du Christ. J’aime bien dire que l’Ascension, ce n’est pas le départ du Christ. Jésus ne vient pas dans l’Écriture, dans la vie à l’excès d’ici, il ne vient pas donner sa vie, sa présence pour la reprendre.
Il le dit dans l’Évangile, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Et la joie va être le signe de cette présence. En quelque sorte, si le Christ était parti, il ne serait pas dans la joie. Mais on le voit en particulier dans l’Évangile de Luc, la fin de l’Évangile, on voit que les disciples vont louer, chanter, rester dans cette joie dans le Temple. Du coup, j’aime bien dire qu’il n’y a pas de départ du Christ, mais que des venus. La venue du Christ dans la chair à Noël, la venue dans la gloire à la fin des temps et la venue dans la foi aujourd’hui.
Le Christ ne cesse de venir aujourd’hui dans ma vie. Et aujourd’hui à l’Ascension, il vient d’une manière particulière dans son corps qui est l’Église. Au point que Matthieu ne parle même pas de l’Ascension, mais montre la présence du Christ dans le mandat, dans la parole des disciples.
Tout se passe comme si l’assurance que Jésus donne de sa présence aux côtés des apôtres avait comme occulté sa disparition physique. Jésus dit dans l’Évangile, cette parole forte, « Tout pouvoir m’a été donné au ciel sur la terre. Allez de toutes les nations, faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »
Il y a comme un départ physique du Christ, même avec son corps glorieux, mais tous les textes et en particulier la deuxième lecture nous disent « Attendez, le Christ demeure physiquement autrement dans son Église. » Et c’est ce que dit saint Paul dans la deuxième lecture, « Dieu lui a tout soumis et le plaçant plus haut que tout, il a fait de lui la tête de l’Église qui est son corps.
Et l’Église est l’accomplissement total du Christ, lui que Dieu comble totalement de sa plénitude. » C’est fort de dire que l’Église est l’accomplissement total du Christ. Il y a comme quelque chose qui est achevé, comme s’il manquait quelque chose au Christ, s’il ne s’était pas uni à l’Église.
Il y a une sorte de plénitude dans ce dialogue entre l’époux et l’épouse qui s’accomplit aujourd’hui d’une manière parfaite avec la présence des disciples qui vont partir dans le monde. Alors, cette venue du Christ dans l’Église suppose le départ sensible du Christ. C’est-à-dire que le Christ n’est plus visible physiquement, extérieurement.
Et du coup, j’arrive à comprendre qu’il y a un lien entre l’ascension et la vie de foi. Finalement, être un chrétien adulte avancé dans la foi, ce n’est plus le sentir, ce n’est plus le voir. Il y a comme une séparation sensible du Christ avec ses apôtres, mais ce n’est pas une séparation tout court.
L’ascension n’est pas le départ du Christ, mais l’entrée dans l’âge adulte du chrétien. Une entrée au niveau de la foi. Et c’est bien symbolique au niveau des 40 jours. On a eu comme une préparation. 40 jours, c’est le temps d’une gestation, comme 40 semaines. Il leur a montré qu’il était là, qu’il était avec eux pendant 40 jours. Vous allez à la pêche, je suis là. Vous allez en direction d’Emmaüs, je suis sur votre route. Vous êtes triste, je rejoins votre tristesse comme avec Marie-Madeleine.
À chaque fois, Jésus est le compagnon de notre vie, de nos tristesses. En même temps, on n’a pas reconnu le Christ. On le prend pour un jardinier, pour le seul habitant de Jérusalem qui ignore les événements qui se sont passés. Et à ce moment-là, Jésus, pendant ces 40 jours, va nous permettre de faire mémoire. Il va parler à Marie, il lui dit, mais Marie, avec ce mot magnifique, qui va renvoyer cette femme à son passé. Il va rompre le pain, qui va renvoyer les disciples à l’événement de la fraction du pain, etc.
Donc à chaque apparition, il y a comme quelque chose qui se produit pour que le disciple prenne conscience que Jésus est vivant, même s’il n’est pas physiquement devant lui. Je suis vivant, je suis à vos côtés. J’apparais, je disparais, je suis là.
Et l’Ascension, c’est comme cette dernière apparition où maintenant, il nous faut vivre deux fois. J’aime bien les disciples d’Emmaüs parce que, en fait, dans cet épisode, le Christ explique aux disciples les Écritures et on n’a aucune explication dans l’Évangile, dans la fin de Saint Luc. Comme si on voulait nous dire, mais attendez, cette explication, vous l’aurez dans l’Église.
Penchez-vous sur l’Église, écoutez les actes des apôtres qui, eux, vont reprendre les Écritures et les expliquer. Et puis, au-delà des actes des apôtres, aimez l’Église, c’est elle qui va vous donner la connaissance des Écritures. Le Christ n’a rien écrit.
Par contre, il a consacré douze apôtres qui sont en sa présence. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. Puissions-nous, vraiment, en ce jour de l’Ascension, nous prendre conscients de la présence du Christ au milieu de nous, dans son Église, pas simplement à travers le prêtre ou le pape, les évêques, mais aussi à travers chacun d’entre nous.
Alors, peut-être deux pistes de réflexion. La première piste, c’est au niveau psychologique. Est-ce que j’accepte de dépasser mon passé ? Souvent, on peut être des êtres du passé. Imaginez les disciples qui ont aimé le Christ, qui l’ont connu d’une certaine manière. C’est exactement ce qui se passe chez Marie, Marie-Madeleine. Elle est très retournée vers le passé. Mais donnez-moi ce Seigneur, donnez-moi mon Seigneur, que je puisse prendre ce corps, le vénérer. Jésus va lui dire, c’est autrement que tu vas le découvrir. Tu vas le découvrir dans l’Église, maintenant.Va trouver mes frères. L’Ascension, c’est un peu ce qu’a vécu Marie-Madeleine, mais pour les apôtres, cette fois-ci, où le corps disparaît. Est-ce que j’accepte, moi-même aussi, au niveau humain, à sortir d’un certain nombre de consolations que j’ai connues ? Ça peut être spirituel, mais ça peut être humain aussi. À telle époque, j’étais capable de faire ça. Maintenant, je ne peux plus et j’en reste à mon passé. J’étais mariée et maintenant, il y a une rupture dans mon couple et je ne serai plus jamais heureuse. Quel dommage, quel dommage, plus jamais heureux. Beaucoup de gens se fixent dans leur passé, où je deviens veuve, veuve. Dommage.
Vous voyez, le départ de quelqu’un, la douleur, l’épreuve, la disparition, le changement ne doivent pas nous conduire à la désolation, mais à la confiance, où Dieu, parce qu’il chemine sur ma route, va me donner autrement sa présence. Et puis, au niveau spirituel, eh bien, vivons de foi. Ne soyons pas simplement dans la recherche, vous voyez, de sensations, même spirituelles. Apprenons à vivre de foi, c’est-à-dire en considérant que le Seigneur est à nos côtés. Et il nous laisse quand même sa présence physique, mais autrement, ça s’appelle les sacrements.
À chaque Eucharistie, nous pouvons vraiment le toucher, l’embrasser, communier à sa présence. Tous les miracles eucharistiques qu’on connaît sont là pour nous rappeler que le Christ est au milieu de nous, il est dans notre monde.
Donc, puissions-nous sur cette terre vivre de foi, afin de vivre éternellement de la claire vision. Bonne fête de l’Ascension !
Parole et Évangile du jour | Jeudi 14 mai de l’ASCENSION du Seigneur
Mercredi 13 mai
• L’Esprit et ND de Fatima
L’Évangile de Saint Jean nous présente un extrait du long discours d’adieu prononcé par Jésus, peu avant sa passion. Dans ce discours, il explique aux disciples les vérités les plus profondes qui le concernent, et ainsi la relation entre Jésus le Père et l’Esprit est-elle tracée. Jésus sait qu’il est proche de la réalisation du dessein du Père, qui s’accomplira par sa mort et sa résurrection.
C’est pour cela qu’il veut assurer aux siens qu’il ne les abandonnera pas, car sa mission sera prolongée par l’Esprit Saint. Il y aura l’Esprit pour prolonger la mission de Jésus, c’est-à-dire pour mener l’Église de l’avant. Jésus révèle en quoi consiste cette mission.
Avant toute chose, l’Esprit nous conduit à comprendre les nombreuses choses que Jésus lui-même a encore à dire. Il ne s’agit pas de doctrine nouvelle ou spéciale, mais d’une pleine compréhension de tout ce que le Fils a entendu du Père et qu’il a fait connaître à ses disciples. L’Esprit nous guide dans les nouvelles situations existentielles, avec le regard tourné vers Jésus, et dans le même temps, ouvert aux événements et à l’avenir.
Il nous aide à avancer dans l’histoire solidement enracinée dans l’Évangile, et aussi avec une fidélité dynamique à l’égard des traditions et des habitudes. C’est pour cela, chers amis, que nous invoquons l’Esprit Saint pour discerner. Et en ce 13 mai, l’Église fête Notre-Dame de Fatima, et cela prend une résonance particulière au cœur de ce mois de mai, traditionnellement consacré à Marie.
Pourquoi Marie apparaît-elle parfois dans l’histoire ? Et bien non pas pour ajouter une nouvelle révélation à l’Évangile, comme si le Christ n’avait pas tout donné et que l’Esprit Saint n’était pas capable de tout donner, mais pour réveiller les consciences lorsque le monde s’éloigne de Dieu. Marie est la messagère. L’Église est d’ailleurs très prudente avec les apparitions.
Toutes ne sont pas reconnues comme authentiques, certaines se révèlent fausses, exagérées ou mêlées d’erreurs humaines, et c’est précisément pour cela que l’Église examine longuement les fruits spirituels. La fidélité à la foi catholique, l’humilité des voyants et la cohérence du message avant de reconnaître une apparition. A Fatima, le message de la Vierge fut d’une grande simplicité et d’une grande gravité.
C’est un appel à la conversion, à la prière, au rosaire quotidien, à la pénitence pour les pécheurs et à la confiance dans le cœur immaculé de Marie. Marie n’est jamais au centre pour elle-même. Lors des apparitions vraies, elle apparaît toujours pour conduire à Jésus, comme une mère qui voit ses enfants s’éloigner du feu, vivants, de Dieu, et qui vient les avertir avec tendresse.
« Ne vous éloignez pas de ce feu. » Et peut-être est-ce cela, au fond, la vraie dévotion mariale, ne pas courir après le sensationnel, comme certains sont tentés de le faire, ou les secrets, mais accueillir Marie comme une mère qui nous aide à revenir au Christ avec, je le dis avec gravité, simplicité. Le moine Marie nous rappelle qu’aucune nuit intérieure n’est trop profonde pour être visitée par la grâce.
A Fatima, la Vierge a parlé dans un monde traversé par les guerres, les idéologies et les peurs. Aujourd’hui encore, son appel reste actuel, nous le ressentons. Beaucoup de catholiques se tournent vers Notre-Dame de Fatima pour demander la protection des familles, la guérison, la paix du cœur, ou celle des nations.
Et nous aussi, dans cette neuvaine et cette prière qui va suivre, nous pouvons déposer nos inquiétudes, nos blessures, nos espérances entre les mains de celles qui, depuis Cana jusqu’à Fatima, ne cessent de redire « faites tout ce qu’il vous dira ». Alors, chers amis, confions à Marie Notre chemin de vie, elle nous permettra de nous rediriger tout droit vers le Christ toujours. Cette neuvaine à Notre-Dame de Fatima est à prier tous les jours pendant neuf jours. Nous pouvons la prier pour les âmes du purgatoire, pour la guérison, pour la pureté des jeunes, pour la foi et la concorde des familles et la paix. Mais aussi pour toute autre grâce que nous voulons demander à notre Mère du Ciel. Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Amen. Mon Dieu, j’ai un très grand regret de vous avoir offensé parce que vous êtes infiniment bon et que le péché vous déplait.
Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence. Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. Amen. Je vous salue Marie, pleine de grâce. Le Seigneur est avec vous. Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
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parole et Évangile du jour | Mercredi 13 mai • L’Esprit et ND de Fatima
Mardi 12 mai
• L’Esprit nous aide à combattre
Commentaire de Sainte Catherine de Sienne
Courage, mes frères ! Ne nous laissons pas abattre, ni par le péché commis, ni par aucune illusion, aucune tentation du démon. La route a beau être rude et fangeuse, le Christ, notre médecin, nous a donné un remède pour toutes nos infirmités, un baptême de sang et de feu dans lequel l’âme purifie et lave tous ses péchés, consume et détruit toutes les tentations et les illusions du démon.
L’homme, tant qu’il vit dans la prison corruptible de son corps, éprouve une loi perverse qui l’invite et le sollicite toujours au péché. La douce bonté de Dieu lui a donné un remède continuel qui fortifie sa raison et sa liberté. Ce remède continuel est le feu du Saint-Esprit qui ne s’éteint jamais et répand toujours sa grâce et ses bienfaits, tellement que chaque jour nous pouvons nous appliquer ce doux baptême qui nous est donné par la grâce et non par le mérite.
Ainsi donc, quand l’âme regarde et voit en elle ce trésor et ce feu de l’Esprit-Saint, elle s’enivre tellement de l’amour de son Créateur qu’elle se renonce entièrement. Elle voit et considère seulement son néant et la bonté de Dieu à son égard. Elle voit que cette bonté infinie ne veut autre chose que son bien, et alors son amour devient parfait envers Dieu.
Elle n’a pas d’autre pensée, d’autre affection. Elle ne peut retenir l’élan de son désir, mais elle court sans fardeau et sans lien, car elle s’est délivrée de tous les obstacles qui pouvaient l’arrêter.
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Parole et Évangile du jour | Mardi 12 mai • L’Esprit nous aide à combattre
Lundi 10 mai
• La providence Divine par l’Esprit
Paul, dans la première lecture, voulait aller en Asie. L’Esprit l’en a empêché. Il essaie la Bithynie et même chose.
Deux portes fermées d’affilée, sans explication, sans justification. Et c’est dans ce couloir sans issue qu’il reçoit la vision qu’il envoie en Macédoine. On a tendance à penser que Dieu guide en ouvrant des chemins lumineux devant nous.
Mais dans l’exemple de la vie de Paul, la Providence se manifeste d’abord par des blocages. Ce mur que l’on vit parfois dans nos vies, cette opportunité qui s’effondre, cette relation qui ne se fait pas, etc., ce n’est peut-être pas un abandon. C’est peut-être, au contraire, comme dans cet exemple, un chemin d’ouverture vers quelque chose d’autre.
Paul parle d’ailleurs d’une écharde dans la chair, une souffrance permanente, une limite qu’il a portée toute sa vie et dont il a supplié trois fois d’être délivré. Quelle est cette écharde ? Et quel est le lien avec cette Providence et ce refus ? Eh bien, c’est un mystère. Mais dans nos vies, parfois, nous sommes limités.
Et cette écharde peut être cette limite. La réponse reçue à cette écharde et à cette limite de Paul, c’est Dieu qui lui dit que ma puissance se déploie dans la faiblesse. On ne sait pas exactement ce qu’était cette écharde.
Une maladie, une tentation, un combat intérieur, peu importe. Ce que Paul comprend progressivement et que nous sommes invités aussi à comprendre, c’est que Dieu avait permis cette limite, précisément pour le protéger de l’orgueil. Après toutes les grâces extraordinaires qu’il avait reçues, les visions, les révélations, les miracles, cette faiblesse maintenue était une cage protectrice. Une cage dorée, protectrice qui mène au ciel. Bien évidemment que ce n’est pas toujours agréable. Mais Dieu nous protège puisque nous lui demandons de nous protéger.
Dieu ne supprime pas la croix que nous pouvons avoir dans nos vies. Il l’habite avec nous. Et c’est à travers elle que la puissance apostolique de Paul restait pure, féconde et humble.
Ensuite dans l’évangile, Jésus promet le défenseur. Saint-Irénée le dit avec une précision particulièrement intéressante. Là où Satan accuse, l’esprit défend. Satan te dit que tu es perdu. Il t’embrume l’esprit. Il te fait voir des choses que tu perçois comme étant vraies mais qui sont fausses.Bref, il essaie vraiment de perdre l’âme. Et il te mène vers des chemins qui ne mènent nulle part. Et qui se définissent uniquement alors par des échecs. Le regard qu’on a sur nous même après est complètement défait. Et on ne peut espérer en rien. C’est là où on s’attache à des choses qui ne sont pas de Dieu. Et l’esprit qui est le défenseur témoigne d’autres choses. Il intervient surtout avant. Et c’est ce qu’on a vu avec la providence divine qui vient contrecarrer les plans qui nous auraient peut-être fait tomber.
C’est lui qui ferme la route de l’Asie à Paul. C’est l’esprit saint. C’est le défenseur. C’est lui qui maintient nos vies dans des limites que l’on voudrait faire sauter. Mais qui nous protègent. Didyme d’Alexandrie dit que l’esprit nous comble de sa grâce au point de ne plus laisser de place à ce qui serait indigne.
Quand bien même le désir que l’on aurait irait dans le sens contraire de l’esprit saint. Il est là pour nous protéger. Alors l’esprit ne vient pas là nous imposer quelque chose. Il vient comme une transformation intérieure qui rend peu à peu le mal moins désirable. Les mauvais chemins moins attrayants. Il travaille du dedans. Mais il peut arriver aussi que par des événements extérieurs puisque la providence le permet. Le Seigneur à travers son esprit nous ferme des portes.
Ça peut être à travers une tempête. On était censé partir quelque part et tout à coup le train est annulé, l’avion est annulé. La destination où on aurait été, aurait été peut-être une destination où on aurait péché. Faire un grand péché qui nous aurait détourné de Dieu petit à petit.
Et l’esprit nous protège. Quand on est fidèle, il est toujours présent. Et même quand on n’est pas fidèle d’ailleurs puisqu’il se souvient lui de l’intention de notre cœur quand on le prie. Et si on lui demande avec une intention profonde qu’il nous protège, il le fera. Donc l’église ne va pas dire tel événement, telle tempête a empêché, c’est un miracle. Elle ne va pas le préciser comme ça. Mais c’est des choses qui arrivent. Et on ne peut pas statuer dessus. Et Dieu se sert de ce qui se passe dans l’univers. Il ne va pas faire éclater des trucs comme ça. Il ne va pas faire disparaître l’avion par exemple, non. Mais il y a des choses qui se passent, qui sont mystérieuses. Et que chacun d’entre nous peut témoigner. Peut-être en commentaire, comme ça, ça inspirera certaines personnes. Si vous avez quelques histoires assez courtes, n’hésitez pas à les partager.
Donc l’esprit saint rend peu à peu certaines choses qui sont mal, moins désirables.
Alors pourquoi, malgré tout, malgré ses protections, malgré le défenseur, certains sombrent-ils ? Et bien parce que l’esprit ne force personne. On a le libre arbitre quand même. Ces événements se passent dans des conditions particulières. Et nous avons notre choix. On peut y aller quoi qu’il arrive, à cette destination qui nous aurait perdu.
Vous voyez. Mais l’esprit saint avertit. Il retient. Il murmure. Il ferme des portes. Voilà l’action. Elle est douce. Mais elle est présente. Saint Paul lui-même reste libre. S’il voulait vraiment aller en asile, il serait allé. Mais il reste docile à l’esprit saint. Mais ça c’est une condition particulière de missionnaire qui reste à l’écoute des choses qui leur arrivent. Il essaie. Il discerne. Puis il accepte. Voilà le chemin.
Et c’est dans cet espace de liberté consentie que la providence peut agir. Quand on refuse cet espace, quand on étouffe méthodiquement cette voie intérieure, année après année, choix après choix, eh bien on a toujours le choix de se perdre. Bon c’est dommage. Mais c’est possible. Donc l’esprit saint et la volonté divine ne va pas à l’encontre de notre liberté. Donc cette porte, on peut la fermer nous-mêmes. Mais la bonne nouvelle, c’est que tant qu’on respire, on peut encore l’ouvrir cette porte. Il n’est jamais trop tard.
Donc il suffit d’un tout petit espace d’espérance qui peut être apporté par d’autres personnes. Et cette espérance peut être alors source d’ouverture. Et comme Paul qui accepte de ne pas comprendre pourquoi l’Asie lui est refusée, et qui repart quand même, ailleurs, en Macédoine, et maintenant nous pourrons y lire, peut-être, parfois, une protection de la providence divine.
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Parole et Évangile du jour | Lundi 11 mai • La providence Divine par l’Esprit
Dimanche 9 mai
•Pourquoi vous avez besoin d’un défenseur spirituel ?
Chers frères et sœurs de Catoglad, vous feriez bien d’appeler votre avocat. C’est un petit peu ce que semble nous dire Jésus dans cet évangile. Nous avons dans la traduction française le mot défenseur pour qualifier l’Esprit-Saint dans la bouche de Jésus.
Mais derrière ce mot français se cache un mot grec qui est la langue de rédaction de l’évangile et ce mot grec c’est le mot paraclétos traduit parfois en français par paraclet ou même par avocat. Paraclétos c’est celui qui est appelé auprès de quelqu’un. Voilà comment Jésus nous décrit l’Esprit-Saint.
C’est l’avocat qu’il faut appeler auprès de nous, comme si nous étions dans un procès et que nous avions quelqu’un à côté de nous pour nous défendre. Alors nous allons dans cette homélie nous attarder sur ce mot qui est extrêmement riche de signification pour notre vie spirituelle, ce mot avec lequel Jésus qualifie l’Esprit-Saint qu’il nous promet. La première chose c’est que Jésus nous parle d’un autre défenseur.
C’est donc que l’Esprit-Saint n’est pas le premier avocat, n’est pas le premier paraclet. Le premier c’est tout simplement Jésus lui-même et ce qui est beau c’est que Jésus dit de l’Esprit-Saint la même chose qu’il avait dit de lui-même. Il dit que l’Esprit-Saint sera dans les disciples de la même manière qu’il avait dit moi je demeure en vous.
Il dit que l’Esprit-Saint sera avec eux de la même manière que Jésus a promis d’être avec ses disciples et puis il dit que l’Esprit-Saint le paraclet sera avec eux à jamais de la même manière qu’il avait promis qu’il serait avec eux tous les jours jusqu’à la fin du monde. Ce n’est pas un hasard, ce n’est pas que Jésus se répète, c’est que l’Esprit-Saint vient accomplir la même mission que Jésus. Les deux partagent la même mission et on peut dire que si l’Esprit-Saint est un autre défenseur c’est parce que c’est Jésus notre premier défenseur et c’est parce que l’Esprit-Saint vient mener à sa perfection la présence de Jésus en nous.
Il est bon de se le rappeler parce que parfois on pourrait être un peu jaloux des apôtres qui ont vécu avec Jésus en se disant mais ce serait tellement plus simple ma vie spirituelle si j’avais Jésus en chair et en os à mes côtés, à côté de moi. Mais pourtant Jésus l’a dit à ses apôtres il vaut mieux pour vous que je m’en aille dit-il à ses apôtres dans Saint-Jean, un autre endroit de l’évangile. Pourquoi ? Et bien parce que la présence de l’Esprit-Saint n’est pas un lot de consolation.
La présence de l’Esprit-Saint va mener la présence de Jésus à un niveau inégalé. La présence de l’Esprit-Saint va permettre que la présence de Jésus dans le coeur des croyants soit parfaite et donc le fait que l’Esprit-Saint soit un autre défenseur et bien se comprend en référence au premier défenseur qui était Jésus mais se comprend aussi comme un progrès, comme une progression, comme un accomplissement du dessein d’amour de Dieu pour nous. Alors c’est donc le premier point c’est que l’Esprit-Saint est un défenseur, notre avocat, pas le premier, il est un autre défenseur.
Le deuxième point que je vous propose d’explorer c’est de se poser la question mais il est un défenseur contre qui ? Et bien en face d’un défenseur, en face d’un avocat, il faut un accusateur et l’accusateur nous dit l’Apocalypse, c’est le démon, c’est l’ennemi des origines, c’est Satan. C’est lui qui est, nous dit l’Apocalypse, l’accusateur de nos frères, c’est lui qui est celui qui veut nous réduire à notre péché, qui veut nous enfermer dans la culpabilité, qui veut nous faire douter de la possibilité de la miséricorde. Dans un très beau livre sur le mariage, John et Stacy Eldredge utilisent cette image en parlant de leur propre expérience de couple.
Ils disent que parfois dans leur couple, ils se sont fourvoyés en s’imaginant que l’un comme l’autre pouvait être leur ennemi. Oui, l’autre parfois me semble être un ennemi, mais pourtant, John et Stacy Eldredge poursuivent dans leur livre en disant, pourtant nous avons compris en progressant dans la foi que oui, notre couple avait bien un ennemi, mais que ça n’était pas notre conjoint, que c’était Satan. C’est lui notre accusateur, il vient à la fois accuser nos frères dans notre coeur, nous pousser à les juger, il vient aussi nous accuser nous-mêmes en nous poussant à nous rabaisser, en nous poussant à nous enfermer dans la culpabilité et en nous poussant à douter de la possibilité de la miséricorde.
Alors en face de cet accusateur, nous avons un défenseur, l’Esprit-Saint. Là où l’ennemi nous accuse, l’Esprit-Saint, lui, nous relève. Là où l’ennemi veut nous accabler d’un fardeau de culpabilité, l’Esprit-Saint, lui, vient nous assurer du pardon.
Là où l’accusateur nous inquiète, nous trouble, l’Esprit-Saint, lui, nous donne son fruit de paix et de joie intérieure. Alors, chers frères et sœurs, quand nous avons l’impression que l’accusateur parle dans notre cœur, lorsque nous avons le sentiment qu’il vient accuser en nous nos frères ou qu’il vient même nous accuser nous-mêmes, comme le dit Saint Jean, si votre cœur vous accuse, Dieu est plus grand que votre cœur. Il nous envoie un défenseur.
Alors quand nous avons l’impression que cet accusateur se déploie dans notre vie, dans notre cœur, appelons le défenseur, appelons notre avocat auprès de nous, appelons l’Esprit-Paraclet. Et puis enfin, eh bien, avec quelle arme ce défenseur nous défend-il? Nous l’avons compris, ce défenseur c’est un autre défenseur, le premier c’est Jésus, et comme c’est un autre défenseur, il vient mener à sa perfection la présence du premier défenseur en nous qui est Jésus. Défenseur contre qui? Contre l’accusateur, c’était notre deuxième point.
Et maintenant défenseur avec quelle arme? Eh bien Jésus nous le dit, avec l’arme de la vérité. Cet esprit est un esprit de vérité, nous dit Jésus. L’Esprit-Saint est un avocat, oui, un avocat qui dit la vérité, un avocat qui n’a pas besoin de mentir, bien plus un avocat qui s’oppose au père du mensonge qui est Satan.
L’Écriture qualifie Satan de père du mensonge, c’est lui qui a inventé ce mensonge. La tentation des origines était un mensonge. Satan a voulu mentir à Adam et Ève en leur faisant croire qu’ils ne pouvaient pas faire confiance à Dieu.
Eh bien dans le procès que le monde fait à Jésus en permanence, que ce soit à l’extérieur de nous ou même dans notre cœur, l’Esprit-Saint est cet avocat, ce défenseur qui dit la vérité, qui vient défendre Jésus en témoignant de la vérité sur lui. Et de cette manière, chacun d’entre nous, grâce au paraclet que Jésus envoie, une conviction peut habiter notre cœur. Ce n’est pas le monde, c’est Jésus qui a raison.
Et donc oui, moi qui suis croyant, j’ai raison aussi de croire et de souffrir pour la cause de Jésus, parce que l’Esprit-Saint qui est un esprit de vérité, un défenseur qui a pour arme la vérité, me l’assure. Non ce n’est pas le monde qui a raison, non ce n’est pas le père du mensonge qui a raison et qui veut me faire croire qu’il est vain de mettre ma confiance en Dieu, qui veut me faire croire que le mal aura le dernier mot, que ce soit dans le monde ou dans mon cœur. Non, avec Jésus, l’Esprit-Saint m’assure que je suis déjà vainqueur du monde et du démon.
Voilà cet avocat qui dit la vérité, voilà cette arme, cette arme qui est une arme puissante contre le père du mensonge. Satan n’a de pouvoir sur nous que dans la mesure où nous croyons à ces mensonges. Alors lorsque ces mensonges semblent près de nous faire tomber, invoquons le défenseur qui est l’esprit de vérité.
Chers frères et sœurs de Cathoglad, Jésus dans notre évangile d’aujourd’hui nous le promet, moi je prierai le père et il vous donnera un autre défenseur qui sera pour toujours avec vous l’esprit de vérité. Chers frères et sœurs, à l’approche de la Pentecôte, approfondissons notre méditation sur l’Esprit-Saint, approfondissons notre désir de recevoir cet Esprit-Saint, cet autre défenseur qui vient perfectionner la présence de Jésus en nous, ce défenseur contre l’accusateur de nos frères et ce défenseur qui nous défend avec l’arme de la vérité contre le mensonge.
Chers frères et sœurs de Cathoglad, que le Seigneur Jésus, depuis la gloire du ciel, répande sur nous son esprit de vérité qui est notre défenseur.
Amen.
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Parole et Évangile du jour | Dimanche 10 mai • Il vous donnera un autre Défenseur
Samedi 8 mai
• Défends nous de l’Esprit du monde
ITrès souvent, Jésus, surtout lors de son congé des apôtres, parle du monde. Et là, il dit « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’a haï avant vous.»
Il parle clairement de la haine que le monde a eu envers Jésus et aura envers ceux qui le suivent envers nous. Et dans la prière qu’il fait à table avec les disciples lors de la scène, il demande au Père de ne pas les retirer du monde, mais de les défendre de l’esprit du monde. Nous pouvons nous demander quel est l’esprit du monde ? Quelle est cette mondanité capable de haïr, de détruire Jésus et ses disciples et même de les corrompre et de corrompre l’Église ? Comment est l’esprit du monde ? Cela nous fera du bien de réfléchir à cela.
La mondanité est une proposition de vie. Mais certains pensent que la mondanité, c’est faire la fête, vivre dans les fêtes. Non, la mondanité peut aussi être cela, mais fondamentalement ce n’est pas cela.
La mondanité est une culture. C’est une culture de l’éphémère, une culture de l’apparence, du maquillage, une culture de l’aujourd’hui, oui, demain, non, demain, oui et aujourd’hui, non. Elle a des valeurs superficielles, une culture qui ne connaît pas la fidélité parce qu’elle change selon les circonstances, elle négocie tout, elle est d’apparence, d’artifice.
Voilà ce qu’est la culture mondaine. Et Jésus insiste pour nous défendre de cela. Il prie pour que le Père nous défende de cette culture de la mondanité.
Parole et Évangile du jour | Samedi 9 mai • Défends nous de l’Esprit du monde
Vendredi 7 mai
• La source, la seule et l’unique
Il faut s’arrêter sur la précision du commandement dans cet évangile, le commandement de l’amour. Jésus ne dit pas aimez-vous les uns les autres comme vous aimeriez être aimés. Cette formulation là, on la trouve dans presque toutes les traditions humaines. Non, il dit comme je vous ai aimé.Aimez-vous comme moi je vous ai aimé.
Alors, il ne s’agit pas là de notre désir, ni de notre sensibilité. Ni de notre capacité naturelle à aimer. Jésus, c’est lui. A son image, à son exemple. Un Dieu qui s’est dépouillé de sa gloire, qui a lavé les pieds des disciples, qui a tendu l’autre joue, qui a pardonné depuis la croix. Il a souffert sa passion. Voilà l’exigence. Mais Jésus ne nous demande pas de produire cet amour par nos seules forces. Il nous demande de le laisser passer à travers nous, comme la sève passe par le sarment que l’on a vu cette semaine. Ce commandement est le plus grand parce qu’il nous dispose à demeurer dans l’amour de Dieu. Et cela nous branche à la source même de l’amour.
Et puis, il y a cette phrase qui devrait tout réordonner dans notre rapport à la foi. Plus tard dans l’évangile, il dit ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisi. Voilà quelque chose d’absolument unique dans l’histoire de l’humanité. Dans toutes les religions construites par l’homme, c’est l’homme qui s’élève vers le divin, qui cherche par la pratique, par la purification, par la connaissance ésotérique, par la discipline, etc. Il cherche Dieu, qui est le Dieu là-haut, puissant, lointain, exigeant, parfois même terrible.
Alors l’homme grimpe, il tente de grimper, mais ici le mouvement est inversé. Ce n’est pas nous qui avons conçu un idéal spirituel et lui avons donné un nom et une matière, un visage. C’est lui qui est descendu, le verbe s’est fait chair. C’est une entrée dans l’histoire, dans un corps, dans une famille, dans une culture précise, à un moment précis. Isaac de l’Etoile, qui est un moine cistercien du XIIe siècle, dit que par cette descente de Dieu, nous ne sommes plus seulement des créatures qui cherchent Dieu, nous sommes devenus des membres de son corps, son corps divin. Donc nous sommes devenus des fils adoptifs, capables de dire Abba, c’est-à-dire père avec la même voix que le fils.
Ce greffon d’amour divin dont parle l’évangile, c’est une réalité ontologique, quelque chose de la nature divine a été introduit en nous.
Mais alors, pourquoi ce commandement si beau, ce commandement de l’amour, cette initiative si extraordinaire, trouve-t-elle si souvent une porte fermée ? La question est honnête et mérite qu’on la regarde en face. Il y a des barrières qui ne sont pas des mauvaises volontés, mais qui sont des blessures, des héritages, des confusions.
Certains portent encore, sans s’en rendre compte, une vision de Dieu empruntée à une autre tradition. Le Dieu juge, le Dieu karma, la force impersonnelle du cosmos, les énergies spirituelles qu’on canalise, la réincarnation, etc. Ces représentations ne disparaissent pas d’un coup au moment du baptême ou de la conversion, elles coexistent, elles brouillent, elles empêchent de recevoir un amour personnel parce qu’on n’a pas encore vraiment rencontré une personne.
On est attiré par son message, mais on n’a pas encore rencontré.La foi en Jésus, c’est une rencontre à un moment donné. Et puis d’autres portent une blessure qu’ils ont sans le formuler clairement attribuée à Dieu, ou même peut-être parfois en le formulant clairement.
Un deuil, venu trop vite, trop soudain, injuste, une trahison, une maladie, un abandon. Et puisqu’il est maître de toutes choses, ce Dieu, c’est donc lui le responsable. Ce raisonnement est humain et compréhensible, on peut même être en colère contre Dieu. Mais il confond la toute puissance de ce Dieu avec l’arbitraire. Dieu ne cause pas le mal. Lui, tout ce qu’il fait, c’est qu’il entre dans le mal pour le traverser avec nous, comme il est entré dans la mort de sa passion pour en sortir vivant. D’autres encore sont blessés non par Dieu mais par l’Église. Et la blessure est réelle, parfois infligée par des hommes qui auraient dû être des témoins et qui ont été des scandales. Cela, dit l’Évangile, mieux aurait valu pour eux qu’on leur attache au cou une meule de moulin et qu’on les jette au fond de la mer.
Mais confondre l’Église pécheresse avec le Christ qui l’habite malgré ses membres défaillants, c’est refuser l’eau parce que la fontaine est abîmée. Or quand on a soif, on ne refuse pas l’eau. Alors que faire si l’on se reconnaît dans cette situation bloquée, empêchée d’accéder à ce commandement de l’amour divin ?
Eh bien chers amis, la réponse est très simple. Puisque ce n’est pas un effort moral qu’il faut fournir, c’est premièrement de nommer ce qui bloque, de le dire à voix haute. Seul ou avec quelqu’un de confiance ou dans la prière, même une prière maladroite, une prière en colère, Dieu reçoit tout. Il faut chercher un accompagnement parce qu’on ne peut pas vivre cela seul. Mais la guérison du cœur prend du temps, elle n’est pas forcément instantanée. Et Jésus nous a appelés dans ses derniers évangiles à vraiment se concentrer sur notre demeure avec lui, comme le Sarment.
Si nous vivons avec ce cœur en volonté, ce cœur que nous voulons en proximité avec Jésus, si nous voulons respirer avec lui, si nous voulons être connectés à lui, en utilisant un mot moderne, eh bien il faut aller au Sacrement. C’est là le lien.
L’Eucharistie est ce lien filial, ce greffon d’amour que Dieu réintroduit en nous chaque semaine ou chaque jour si vous le pouvez. Cette communion avec nos frères et sœurs, la charité qui est la joie parfaite, qui rend la joie parfaite, puisqu’elle applique en réalité le commandement de l’amour. Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimé.
Si nous restons, si nous demeurons avec Jésus, si nous suivons ses enseignements, même avec un cœur en colère, à l’instar de Job dans la Bible, eh bien malgré les épreuves, nous pourrons traverser, et être sauvés, et être renouvelés, et être des lumières pour ceux qui nous entourent, pour qu’ils puissent aussi voir cette lumière est entrée par la porte étroite.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 8 mai • La source, la seule et l’unique
Jeudi 6 mai
• Obtenir la Joie parfaite
IEst-ce que Jésus dit « Observez mes commandements pour ne pas être puni » ? Non, il dit « Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour et votre joie sera parfaite. » La structure de la phrase change beaucoup de choses, ce n’est pas une loi avec une sanction au bout, c’est une promesse avec une condition, comme on dirait à quelqu’un qu’on aime « Si tu restes près de moi, tu seras heureux ». Le commandement n’est pas la cage, il est le chemin qui mène à la source.
Parce que oui, ces commandements ne sont pas des lois que le Seigneur a imaginées pour que l’on puisse remplir des conditions pour aller là-haut, ces commandements sont en réalité des lois de vie, des lois d’amour.
Puisqu’il a créé le ciel et la terre, puisqu’il a fait tout ce qui nous entoure, il sait comment le mal entre en nous et pour ne pas que le mal entre en nous, il nous promulgue ces commandements qui, si nous ne les suivons pas, produisent une absence de bien et cette absence de bien produit le péché et c’est une contamination qui s’ouvre en chaîne infectée et qui, partant de rien, d’un petit mensonge, va jusqu’au meurtre, jusqu’à l’oubli total de Dieu.
Alors, posons-nous la question franchement, peut-on être flexible sur ces commandements parce qu’on se connaît tous et on se dit qu’on peut faire quelques entorses qui ne nous fermeront pas la porte du paradis.
Notre voix intérieure est experte dans cet art, elle négocie, elle aménage, elle trouve des circonstances atténuantes et nous promet une joie rapide, accessible, immédiate, tout en se disant que plus tard elle aura aussi la joie parfaite.
Mais cette joie-là, un à un nom précis, c’est une contrefaçon. La joie du monde est une contrefaçon. Elle a l’apparence du fruit sans avoir la saveur, elle rassasit l’instant et elle laisse une fin plus creuse qu’avant.
Le péché ne blesse pas d’abord parce qu’il transgresse une règle écrite, il blesse parce qu’il nous coupe de ce pourquoi nous sommes faits. Comme le sarment d’hier, la séparation ne tue pas instantanément mais elle dessèche. Et ce qui se dessèche en nous laisse des traces, une insensibilité qui grandit, une capacité d’amour qui rétrécit, une habitude du moindre qui s’installe, etc.La fleur du mal ne pousse pas d’un coup, bien sûr, elle colonise lentement le terrain qu’on lui abandonne.
Et saint Anselme, au XIe siècle, avait compris que la joie parfaite n’est pas la récompense de la vertu, elle est la communion avec Dieu. « Avec Dieu, fais que je te connaisse, fais que je t’aime pour que ma joie soit en toi », écrit-il dans le Prozologion.
Il ne demande pas à être épargné des épreuves, encore une fois, les épreuves font partie de la vie. Il demande à progresser chaque jour vers cette plénitude qui ne peut être que de Dieu, en Dieu. Et c’est là que la question se retourne.
Les tribulations de ce monde, la lutte contre nos penchants, les résistances à la voix qui nous dit « ce n’est pas si grave », valent-elles cette joie, cette joie parfaite qui nous est promis ? Si la joie parfaite, c’est d’être complètement en communion avec celui qui est la joie elle-même, mais pourquoi on se pose encore des questions ?
Bien sûr que oui, ces tribulations envahissent la chandelle, non pas parce que souffrir est bon, mais parce que ce à quoi on renonce est infiniment moins que ce à quoi on accède. Et Pierre le dit autrement ce matin dans les Actes, c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, non pas par nos performances, c’est par la grâce, la grâce. Mais la grâce demande qu’on lui ouvre la porte, et chaque commandement observé est précisément ce geste-là, la porte qu’on entr’ouvre un peu plus.
Alors, soyons obéissants, écoutons la parole qui nous forge dans la vérité, et restons attachés à cette vérité, parce que tout choix hors de cette vérité ne nous satisfera pas plus longtemps et creusera en nous un abîme que l’on voudra combler de plus en plus.
Parole et Évangile du jour | Jeudi 7 mai • Obtenir la Joie parfaite
Mercredi 5 mai
• Quelle est cette paix du Christ ?
Il y a une question que cet évangile pose sans la poser clairement, et qui brûle si on s’y arrête honnêtement. Vous allez voir, cette question c’est est-ce que je porte du fruit ? Non au sens d’une performance spirituelle à évaluer. Nous parlons là du sens propre, presque biologique de la vigne dans l’évangile.
Le sarment ne se demande pas s’il mérite de porter du fruit. Non, il ne se demande pas parce qu’il est greffé et c’est conditionné ainsi, il demeure. Et parce qu’il demeure, la sève monte et le fruit vient, presque malgré lui. La fécondité chrétienne n’est pas le résultat d’un effort. Elle est le résultat d’une demeure. Mais Jésus dit aussi autre chose, il ne faut pas l’esquiver.
Le sarment qui ne porte pas de fruit, le Père l’enlève. Et attention, cette menace n’est pas lancée en l’air, c’est la loi du vivant. Un sarment coupé de la vigne ne meurt pas instantanément, il garde une apparence de vie. Les feuilles restent vertes quelques jours puis se dessèchent. Il y a des vies chrétiennes qui ressemblent à ça. Encore une forme, encore le vocabulaire, encore les gestes, mais la sève vitale n’est plus là.
Alors, le drame, ici, ce n’est pas l’épreuve. On n’est balloté par des épreuves, ni le péché, ni même le doute. Le drame, c’est le sarment qui ne s’aperçoit plus qu’il s’est desséché. Alors, comment savoir si je suis fécond ? Eh bien, la lettre à Doniette, ce texte du deuxième siècle d’une beauté magnifique, donne une réponse que personne n’aurait inventée. Ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. L’âme n’est pas visible, elle ne fait pas de bruit, elle n’occupe pas de territoire.
On ne peut même pas la voir, et pourtant, c’est elle qui maintient le corps vivant, qui l’unifie. La fécondité chrétienne ressemble à ça, invisible, intérieure, vitale. Elle ne se mesure pas au nombre de conversions, ni au projet accompli, ni aux plus belles églises et la plus haute que l’on construira, mais à cette présence discrète qui maintient quelque chose de vivant autour d’elle.
Là où tu es, est-ce que quelque chose de plus vivant existe parce que tu y es ? Et si oui, la réponse est « oui, je porte du fruit ». Padré Pio, à qui une âme se plaignait de ne pas progresser, de subir toujours les mêmes épreuves, répondait ceci. « Voudriez-vous sortir des mains d’un si magnifique artisan à l’état de pure esquisse ? La taille de la vigne, cette purification dont parle Jésus, ce n’est pas un châtiment, c’est le vigneron qui travaille précisément là où le fruit peut encore venir. Et l’épreuve, et l’épreuve dans nos vies, ça n’est pas le signe que Dieu est absent, qu’il ne répond pas à nos prières, mais c’est parfois le signe qu’il est au travail.
Alors soyons des sarments toujours, demeurant sur la vigne. L’Esprit-Saint vient, vient, vient L’Esprit-Saint, oh, l’Esprit-Saint revient, vient
Parole et Évangile du jour | Mercredi 6 mai • Fais de nous des Disciples !
Mardi 5 mai
• Quelle est cette paix du Christ ?
Dans la première lecture, Paul vient d’être lapidé, on l’a traîné hors de la ville pour mort. Il se relève, rentre dans la cité et repart le lendemain annoncer l’Évangile. Sans amertume, sans discours sur l’injustice subie, etc. Et c’est lui qui dira aux communautés qu’il visite, « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. » Pas comme une résignation fataliste. Comme une cartographie honnête du chemin. La paix chrétienne, ce n’est pas l’absence d’épreuve. La paix chrétienne, c’est tenir debout et tenir bon.
Et bien, pendant qu’elles arrivent. Jésus est très précis ce soir quand il leur dit « Je vous donne ma paix. » Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. Le monde cherche la paix par la force, par l’équilibre des puissances, par les traités. On le voit aujourd’hui. Cette paix-là n’est jamais qu’un intervalle entre deux guerres. Elle dure le temps que les rapports de force maintiennent. La paix du Christ suit une autre logique. La croix, le don de soi.
Se charger de l’autre plutôt que de l’écraser. Ce n’est pas une paix molle. Au contraire. C’est la paix la plus exigeante qui soit. Parce qu’elle demande de renoncer à la domination comme réponse à la peur. Jean Toller, ce dominicain du XIVe siècle, qui prêchait à Strasbourg pendant la peste noire, connaissait les épreuves de près.
Et il a écrit quelque chose de décapant. Dans la tribulation, plonge-toi dans le Christ. Dans sa pauvreté, son obéissance, sa patience. Tout ce que Dieu permet, la prospérité ou l’adversité, doit concourir au bien de l’homme. Ce n’est pas du stoïcisme. C’est une conviction ancrée dans la résurrection.
La résurrection de Jésus. Rien de ce que Dieu laisse arriver n’est hors de sa vue. Rien n’échappe à son amour. Alors la vie chrétienne, ce n’est pas ne pas avoir des preuves, demander de ne pas avoir des preuves que tout aille bien tout le temps. Ça n’existe pas, ce monde-là.
La vraie paix chrétienne, c’est de ne pas être défait par elle. Et cette force-là, on ne la fabrique pas, on la reçoit. En demeurant greffé sur le Christ comme le Sarment de la vigne, en allant à la communion le plus possible, et en se servant des sacrements que l’Église met à notre disposition pour toutes les situations de notre vie.
Parole et Évangile du jour | Mardi 5 mai • Quelle est cette paix du Christ ?
Lundi 4 mai
• L’Esprit Saint vous enseignera tout
Jésus dit dans l’Évangile d’aujourd’hui, «Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui-là qui m’aime. Or, celui qui m’aime sera aimé de mon Père et je l’aimerai, et je me manifesterai à lui.» C’est l’amour qui nous introduit dans la connaissance de Jésus. Grâce à l’action de cet avocat, que Jésus a envoyé, c’est-à-dire l’Esprit Saint, l’amour envers Dieu et envers le prochain est le plus grand commandement de l’Évangile. Le Seigneur nous appelle aujourd’hui à répondre généreusement à l’appel évangélique, à l’amour.
En plaçant Dieu au centre de nos vies et en nous consacrant au service de nos frères, spécialement ceux qui ont le plus besoin de soutien et de consolation. S’il y a une attitude qui n’est jamais facile, qui n’est jamais évidente, même pour une communauté chrétienne, c’est celle de savoir s’aimer, de s’aimer à l’exemple du Seigneur et avec sa grâce.
Chaque jour, il nous faut apprendre l’art d’aimer. Chaque jour, il faut suivre avec patience l’exemple de Christ. Chaque jour, il faut pardonner et regarder Jésus. Et cela avec l’aide de cet avocat, de ce consolateur que Jésus nous a envoyé qui est l’Esprit Saint.
Chaque jour, chers amis, chaque jour, quelque chose à renouveler dans nos cœurs. Si nous ne pouvons pas le faire avec notre cœur, notre humanité, si nous en sommes incapables, alors il faut demander, à l’Esprit Saint, pour le mettre au centre, parce que lui, il peut. Il vient suppler nos faiblesses. Il vient nous soutenir là où nous sommes faibles.
Parole et Évangile du jour | Lundi 4 mai • L’Esprit Saint vous enseignera tout
Dimanche 3 mai
• En marche vers le temple éternel !
Comprendre le vrai sens de l’Église
Je ne sais pas si vous avez prêté attention à une toute petite phrase de la première lecture de ce dimanche. « Une grande foule de prêtres juifs parvenait à l’obéissance de la foi ». Cela paraît banal car beaucoup de gens se sont convertis à la prédication des apôtres, toutes sortes de professions, des pêcheurs, des marchands ou des collecteurs d’impôts, mais voilà que des prêtres se convertissent eux aussi et ça, ce n’est pas banal du tout. Pourquoi ? Parce que pour un prêtre juif, le temple c’est toute sa vie, le temple c’est le lieu privilégié de la rencontre avec Dieu, c’est là qu’il y a la Shekinah, la présence concrète du Seigneur qui demeure dans son sanctuaire, c’est là qu’on le rencontre, c’est là qu’on obtient la purification par les sacrifices, c’est là que s’accomplit l’unité du peuple juif par les sacrifices de communion.
Voilà le bain culturel dans lequel baigne le prêtre juif, voilà la façon dont il rencontre Dieu, voilà le plus beau moment de sa vie liturgique. Alors s’il se convertit en voyant les disciples, c’est qu’il a vu quelque chose, quelque chose qui dépasse tout ce qu’il cherchait dans le temple de pierre. Il a réalisé que ce qu’il cherchait de tout son cœur dans cette figure du temple et du sacrifice s’est accompli dans la vie de Jésus et dans la prédication de ses disciples.
Jésus qui avait annoncé qu’il pourrait reconstruire le sanctuaire en trois jours et ces trois jours sont décisifs et c’est de ces trois jours que parlent sans arrêt les apôtres en ces premiers temps de la prédication évangélique. Ce sont les trois jours du mystère pascal dans lequel il s’est donné tout entier afin de nous donner ce qui est vraiment l’élément de la construction du véritable temple. C’est ce dont parle saint Pierre dans la deuxième lecture, vous aussi comme pierre vivante entrez dans la construction de la demeure spirituelle.
Ce temple de Dieu n’est plus fait de pierres que Dieu viendrait habiter, ce sont les pierres que Dieu habite déjà qui viennent s’assembler pour former un temple spirituel. Par le baptême, chaque membre de l’église est vivifié et rempli de l’Esprit Saint. Cet Esprit Saint est comme l’élément des cohésions de chaque pierre de ce temple qui peut se joindre aux autres et former ainsi le peuple saint qui reçoit en plénitude la Shekinah, la présence du Seigneur.
Non seulement dans chacun des membres, mais dans la réunion des membres entre eux, la Sainte Église. Voilà ce qu’ont vu les prêtres juifs en voyant les apôtres réunis, ils ont vu le véritable temple, ils ont vu le chemin qu’ils avaient cherché toute leur vie dans l’observance régulière des commandements, des sacrifices et de la loi. Ce chemin qu’ils ont vu, c’est le Christ.
Je suis le chemin, la vérité et la vie. Les grands prêtres ont vu la manifestation du Christ dans son corps mystique, dans sa Sainte Église. Ils ont vu le chemin de la véritable présence de Dieu qui réalise véritablement à la fois le pardon des péchés et la communion qccu’ils cherchaient tout le long de leurs sacrifices dans le temple.
Il y a donc, frères et sœurs, comme trois niveaux. Le temple de pierre, celui de Jérusalem, celui que les prêtres juifs connaissent. Le temple de pierre vivante, l’église qu’ils voient grandir devant eux, les baptisés, rassemblés par l’Esprit Saint. Et enfin, le temple de Dieu qui est la Sainte Trinité, le vrai temple dans lequel Jésus nous propose d’entrer après sa résurrection et après son ascension dans le ciel. Et l’élément qui fait l’union des différentes pierres vivantes est le même qui est l’union entre le Père et le Fils dans la Sainte Trinité, c’est-à-dire l’Esprit Saint. Et les pierres rassemblées entre elles par cet Esprit Saint préfigurent la communion encore plus parfaite qui nous unira au ciel lorsque Dieu lui-même sera notre temple.
Thomas demande à Jésus « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas et comment pourrions-nous savoir le chemin ? » Le chemin, ce n’est pas une route, ce n’est pas une méthode, mais c’est une personne et c’est le Christ. Et c’est ce chemin qui conduit au temple authentique, non pas un temple fait de pierres, mais l’intime même de la Trinité. « Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures. Je pars vous préparer une place, nous dit Jésus. Et voilà où nous allons. Voilà le temple vers lequel nous marchons. Voilà ce que les prêtres juifs ont entrevu en voyant les apôtres réunis. Voilà ce que nous sommes appelés à devenir, des pierres vivantes, habitées par l’Esprit, assemblées en un temple spirituel, en marche vers le temple éternel qu’est la Trinité. »
Parole et Évangile du jour | Dimanche 3 mai • En marche vers le temple éternel !
Samedi 2 mai
• Croyez moi : je suis dans le Père
Au cours de la dernière scène, Jésus, ayant affirmé que le connaître signifiait également connaître le Père, Philippe, presque naïvement, lui demanda « Seigneur, montre-nous le Père, cela nous suffit.» Jésus lui répondit avec un ton de reproche bienveillant.
« Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas, Philippe. Celui qui m’a vu a vu le Père.Comment peux-tu dire, montre-nous le Père ? Tu ne crois donc pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Croyez ce que je vous dis, je suis dans le Père et le Père est en moi. »
Ces paroles se trouvent parmi les plus importantes de l’Évangile de Jean. Elles contiennent une véritable révélation. Au terme du prologue de son Évangile, Jean affirme « Dieu, personne ne l’a jamais vu. Le Fils unique qui est dans le sein du Père, c’est lui qui a conduit à le connaître. » Eh bien, cette déclaration faite par l’évangéliste est reprise et confirmée par Jésus lui-même.
Mais avec une nouvelle nuance. Pour nous exprimer selon le paradoxe de l’incarnation, nous pouvons bien dire que Dieu s’est donné un visage humain, celui de Jésus. Et en conséquence, à partir de maintenant, si nous voulons vraiment connaître le visage de Dieu, nous n’avons qu’à contempler le visage de Jésus.
Dans son visage, nous voyons réellement qui est Dieu et comment est Dieu.
Parole et Évangile du jour | Samedi 2 mai • Croyez moi : je suis dans le Père
Vendredi 1er mai
Rien d’impossible pour Dieu
ésus voit la détresse des disciples, leur peur d’être abandonnés comme cela nous arrive lorsque nous sommes obligés de nous séparer de quelqu’un que nous aimons.
C’est pourquoi il dit « Je pars vous préparer une place, » « afin que là où je suis, vous soyez vous aussi. » Jésus utilise l’image familière de la maison, un lieu de relation et d’intimité. « Dans la maison de mon Père, dit-il à ses amis et à chacun de nous, » « il y a une place pour vous.» « Vous serez accueillis pour toujours par la chaleur d’une étreinte. » « Je suis aux cieux en train de vous préparer une place. »
Il nous prépare cette étreinte avec le Père, une place pour toute l’éternité. Frères et sœurs, cette parole est source de consolation, elle est source d’espérance pour nous. Jésus ne s’est pas séparé de nous, mais il nous a ouvert le chemin en anticipant notre destination finale, la rencontre avec Dieu le Père, dans le cœur duquel il y a une place pour chacun de nous. Ainsi, lorsque nous connaissons la fatigue, le désarroi et même l’échec, rappelons-nous où va notre vie.
Nous ne devons pas perdre de vue la destination, même si aujourd’hui nous risquons de l’oublier, d’oublier les questions ultimes, les questions importantes. Où allons-nous ? Vers où marchons-nous ? Qu’est-ce qui vaut la peine d’être vécu ? Sans ces questions, nous ne faisons que comprimer la vie dans le présent. Nous pensons qu’il faut en profiter le plus possible et nous finissons par vivre au jour le jour sans but, sans objectif.
Mais notre patrie est dans les cieux. N’oublions pas la grandeur et la beauté de la destination.
Parole et Évangile du jour | Vendredi 1er mai •Rien d’impossible pour Dieu
