Cathoglad, Commentaire catholique quotidien de l’Évangile. Cathoglad publie chaque jour un nouveau commentaire de l’Évangile, fidèle à la tradition de l’Église et enraciné dans la Parole de Dieu. Cette page est mise à jour quotidiennement pour offrir une méditation claire, accessible et spirituellement solide, destinée à nourrir la prière, éclairer la vie intérieure et accompagner chacun dans sa rencontre avec le Christ.

Lundi 12 octobre

• Sa gloire domine les cieux

Jonas est resté trois jours et trois nuits dans le ventre du grand poisson. C’est une référence à Jésus, qui est resté trois jours dans le tombeau avant sa résurrection. Ce signe de Jonas, Jésus le donne comme réponse à l’hypocrisie et à une religiosité rigide, comme celle de certains pharisiens. Le véritable signe de Jonas, c’est la confiance dans le salut que nous apporte le sang du Christ. Il y a des chrétiens qui pensent être sauvés uniquement par leurs actions. Oui, les œuvres sont importantes, mais elles sont une réponse à l’amour miséricordieux de Dieu, qui est le véritable salut. Sans cet amour, nos actions ne suffisent pas. C’est ce que j’appelle le syndrome de Jonas, qui touche ceux qui se fient uniquement à leur propre mérite. Dans la première lecture, Paul rappelle qu’il est apôtre non pas parce qu’il l’a mérité, mais parce qu’il a été appelé par Dieu. Et c’est pareil pour nous, nous sommes appelés par Jésus Christ. Le signe de Jonas nous invite à suivre le Seigneur avec humilité, reconnaissant que nous sommes tous pécheurs. C’est à la fois un appel et un choix que nous devons faire.

Parole et Évangile du jour | Lundi 12 octobre • Sa gloire domine les cieux

Dimanche 11 octobre

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, si l’on se contente de la première partie de la parabole, on pourrait se dire que tout va bien. Jésus cherche à expliquer aux grands prêtres, aux pharisiens, en quoi consiste le Royaume des Cieux, c’est-à-dire qui est réellement uni à Dieu, qui a vraiment fait alliance avec le Seigneur.
Il leur explique donc que les premiers invités de la noce ayant fait faux bond, le roi les remplace par les pauvres, des gens disponibles à la croisée des chemins. Le message est donc parfaitement clair pour les pharisiens et les grands prêtres. Ce sont eux les premiers invités des noces, et puisqu’ils refusent de venir, Dieu va les remplacer.
Et donc, nous qui sommes les baptisés, nous avons le beau rôle. Nous sommes ces pauvres, bons et mauvais, à la croisée des chemins, qui avons été invités aux noces du roi. Nous avons remplacé les premiers invités de l’Ancien Testament. Nous sommes dans la salle des noces.
Le problème, c’est que la parabole continue. Permettez-moi de vous relire ces derniers versets. Le roi entre pour examiner les convives, et là il voit un homme qui ne porte pas le vêtement de noce. Il lui dit : « Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir le vêtement de noce ? » L’autre garde le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : « Jetez-le, pieds et poings liés, dans les ténèbres du dehors. Là, il y aura des pleurs et des grincements de dents. »
Ainsi donc, entrer dans la salle des noces ne suffit pas. Il faut aussi avoir la tenue de circonstance. Autrement dit, chers frères et sœurs de Cathoglad, ce que Jésus nous explique ici très clairement, c’est qu’être baptisé ne suffit pas. Il faut en plus avoir la tenue de noce. Être chrétien ne suffit pas. Il faut avoir la tenue correcte. Il faut avoir le cœur bien habillé.
Or, derrière cette image du vêtement de noce, se cache un grand mystère que la tradition chrétienne a appelé la grâce. Avoir le cœur habillé pour la noce, c’est avoir le cœur revêtu de l’amour de Dieu. Avoir revêtu le Christ, cela signifie être imprégné de son amour, être imbibé de sa grâce.
Or, il s’agit là de l’enjeu le plus central de notre vie, chers frères et sœurs. C’est même la seule chose qui compte vraiment, car c’est cela qui déterminera si nous irons au ciel à l’heure de notre mort ou si nous n’y irons pas. Il faut porter la tenue de noce. Il faut être dans la grâce de Dieu.
Alors, il est impossible de le savoir avec une certitude absolue, d’être parfaitement certain que nous sommes en communion avec le Seigneur. Toutefois, la tradition spirituelle a identifié plusieurs critères qui peuvent éclairer notre discernement. J’en retiendrai deux. Ce sont les deux D du vêtement de noce : notre désir et notre détermination.
Le désir d’abord. Comme l’explique saint François de Sales, savoir si nous aimons vraiment Dieu par-dessus toute chose, ce n’est pas en notre pouvoir, à moins que Dieu nous le révèle. En revanche, ce que nous pouvons savoir, c’est si nous désirons l’aimer. Si nous sentons en nous le désir du saint amour, nous savons que nous commençons à l’aimer.
Autrement dit, frères et sœurs, nous ne pouvons pas savoir si notre cœur porte bien le vêtement de la grâce, mais nous pouvons savoir si nous le désirons, car nous savons quel désir habite le fond de notre cœur.
Dans un passage célèbre de l’Épître aux Philippiens, saint Paul explique à quel point il est tiraillé par son désir. D’un côté, il a le désir de s’en aller au ciel, auprès du Christ. De l’autre, il se sent appelé à rester auprès de ses frères pour soutenir leur foi. Dans tous les cas, il est clair qu’il a un très fort désir de plaire à Dieu, parce que le désir, c’est une sorte d’amour inachevé. Le désir, c’est l’amour de ce qu’on ne possède pas encore parfaitement.
Et donc, pour nous, sur cette terre, frères et sœurs, aimer Dieu, ce sera toujours empreint de désir. Au ciel, notre cœur se reposera, mais ici-bas, il désire sans cesse. Il est donc normal pour nous d’être un peu insatisfaits, je ne dis pas anxieux ou agités, mais de ressentir une sorte de confiante insatisfaction, lorsque notre médiocrité spirituelle nous saute aux yeux, lorsque nous ressentons à quel point nous sommes loin de la sainteté à laquelle Dieu nous appelle, lorsque nous faisons l’expérience de la misère de notre volonté ou de la mesquinerie de notre générosité.
Eh bien, si cela réveille notre envie de nous convertir, si cela attise notre soif de plaire à Dieu davantage, si cela excite notre désir d’aimer, eh bien c’est positif. C’est même le signe que nous portons le vêtement de la grâce, que nous sommes bien ces pauvres types que les anges ont trouvés à la croisée des chemins et qui ont été conduits dans la salle des noces.
Toutefois, un second signe est nécessaire pour être certains que nous portons bien ce vêtement. Ce second signe, c’est notre détermination. La preuve que notre désir est bien une marque de la grâce, c’est qu’il est déterminé, c’est-à-dire qu’il est solide, qu’il est persévérant. C’est notre détermination qui prouve que notre désir n’est pas une émotion passagère, mais un vrai marqueur de la grâce.
Cette détermination se mesure selon deux critères : un critère psychologique et un critère moral.
Psychologiquement, on peut dire que notre désir est déterminé lorsque nous observons que ce désir est capable de vaincre nos sentiments immédiats. Mon désir de plaire à Dieu, par exemple, il est déterminé quand il me pousse à avouer mon péché en confession, malgré la honte que j’en éprouve.
Ou encore, mon désir est déterminé quand il me permet de passer par-dessus les petites irritations causées par mon enfant, par mon mari, par mon épouse, par mon coloc. Parce que je sais que tous ces gens-là, ce sont les prochains que Dieu m’a confiés et que je désire les aimer de l’amour même de Dieu.
Mon désir, encore une fois, il est déterminé quand il me permet de passer outre ma peur de déplaire, de marquer mon désaccord avec une décision malhonnête ou une conversation oiseuse ou médisante.
Dans toutes ces situations, vous voyez que mes émotions me poussent dans un sens, mais mon désir de plaire à Dieu m’amène ailleurs ; il m’amène là où est le vrai bien, là où se trouve l’amour objectif.
Le critère psychologique montre que notre désir profond est plus fort que l’émotion du moment. Et le critère moral vient souligner que ce désir s’achève dans des actes, dans des actions objectives et non pas dans des rêveries ou des velléités.
Mon désir de me convertir m’amène concrètement à persévérer dans la prière, malgré la sécheresse de mes sentiments. Mon désir persévérant m’amène à patienter envers mes parents âgés qui me fatiguent, envers mes enfants adolescents qui m’exaspèrent, parce que l’amour dans mon cœur est revêtu du vêtement de la grâce.
« Ne soyez pas ce que vos émotions veulent faire de vous », disait Mère Teresa à ses sœurs. La grâce n’est pas à la merci de nos émotions. Elle nous pousse à agir parfois avec elles, mais parfois sans elles et parfois même contre elles. Ce qui compte, c’est le bien objectif.
Ainsi donc, chers frères et sœurs de Cathoglad, n’ayons pas peur de nous examiner lucidement, de vérifier si nous portons bien le vêtement des noces, c’est-à-dire de vérifier si notre désir d’aimer Dieu est bien déterminé.
Mais surtout, quelle que soit la conclusion de notre enquête, terminons-la avec Jeanne d’Arc. Avec elle, tournons-nous humblement vers le Seigneur et disons-lui :
« Mon Dieu, si mon cœur est bien revêtu du vêtement de votre grâce, je vous en prie, gardez-le ainsi. Mais s’il ne l’a pas, je vous en supplie, donnez-le-moi vite. »

Samedi 10 octobre

• Heureux, qui écoute la Parole de Dieu !

Heureux plutôt ceux qui écoutent la parole de Dieu et qui la gardent. C’est dans le silence eternel de la vie interieure de Dieu que la décision de la rédemption a été prise. Et c’est dans l’obscurité d’une maison silencieuse de Nazareth que la force de l’Esprit Saint est descendu sur la Vierge seule et en prière et que l’incarnation du Sauveur c’est réalisée. Ensuite, réunie autour de la Vierge silencieuse en prière, l’Église naissante espérait la nouvelle effusion de l’Esprit qui avait été promise pour lui donner vie, lui donner sa clarté intérieure, sa fécondité et son efficacité.
Dans ce dialogue silencieux entre les êtres bénis de Dieu et leur Seigneur se préparent les événements de l’histoire de l’Église, visibles de loin et qui renouvellent la face de la terre. La Vierge qui gardait dans son cœur chaque parole dite de la part du Seigneur préfigure les êtres attentifs en qui la prière sacerdotale de Jésus renaît sans cesse à la vie. »
Dans cet extrait de l’Évangile, une femme s’exclame en louant la mère de Jésus, Marie, pour avoir porté et nourri un tel fils. Cependant, Jésus répond en détournant l’attention de la louange exclusive de Marie vers un enseignement plus profond, affirmant que ceux qui écoutent et mettent en pratique la Parole de Dieu sont véritablement bienheureux.
Par cette réponse, Jésus invite à une perspective spirituelle plus large, où la relation avec Dieu ne dépend pas seulement des liens de sang ou des mérites humains, mais plutôt de l’écoute active et de l’obéissance à la volonté divine. Il met en lumière que la bénédiction suprême vient de l’accueil de la Parole et de sa mise en pratique.
Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, dans son commentaire, souligne le rôle de la Vierge Marie comme modèle d’obéissance silencieuse à la Parole de Dieu. C’est dans le silence et la prière que l’Incarnation du Sauveur a eu lieu et que la vie de l’Église a été préparée.
Elle met en avant que la vraie fécondité spirituelle se trouve dans l’écoute intérieure et la méditation des paroles, en suivant l’exemple donc de Marie, qui a gardé chaque parole dans son cœur.
Ainsi, ceux qui entendent la Parole de Dieu et la gardent deviennent les instruments par lesquels Dieu renouvelle le monde.

Parole et Évangile du jour | Samedi 10 octobre • Heureux, qui écoute la Parole de Dieu !

Vendredi 9 octobre

• Ne laissez pas de place au Démon !

Commentaire de sainte Catherine de Sienne
L’âme unie à Dieu résiste aux assauts du démon.
Sainte Catherine de Sienne a entendu Dieu lui dire :
« Il est bien vrai que le démon ne dort jamais. Son exemple fait la leçon à ces négligents qu’il abuse, et qui emploient à dormir un temps dont ils pourraient tirer tant de profit. Mais à ces âmes parfaites, sa vigilance ne peut nuire, car il ne peut supporter l’ardeur de la charité, ni l’odeur de cette union qu’elles ont avec moi, l’océan de paix.
L’âme ne peut être trompée tant qu’elle demeure ainsi unie à moi. Le démon fuit d’elle, comme la mouche de la marmite qui bout sur le feu, par la peur qu’elle a de s’y brûler. Mais si la marmite était tiède, la mouche n’aurait plus peur, elle entrerait dedans, bien que souvent elle en sorte bien vite, parce qu’elle la trouve bien plus chaude qu’elle s’imaginait.
Il en va ainsi pour l’âme qui n’est pas encore parvenue à l’état parfait. Le démon, la croyant tiède, pénètre en elle par des tentations aussi variées que multiples. Mais il se rend compte que cette âme est en acte de se connaître elle-même et de concevoir de la douleur et du regret de ses fautes. Elle résiste à l’attaque ; pour qu’elle ne consente pas, elle enchaîne sa volonté dans les liens de la haine du péché et de l’amour de la vertu.
Que toute âme se réjouisse qui éprouve ces nombreux assauts. C’est la voie qui conduit à ce doux et glorieux état. »
Chers amis, vous avez là une image parfaite de ce qu’est la communion avec Dieu aujourd’hui, dans notre temps. La communion à la messe nous unit au Christ. La confession nous fait regretter les péchés.
Dans ce commentaire, vous avez bien notifié que quand on est uni au Christ, le diable ne peut pas s’approcher de nous, car il y trouve le Christ en lui. Et quand on va se confesser et qu’on regrette nos péchés, le diable est de moins en moins capable d’entrer en nous, pour nous faire pécher, pour nous tenter.
Alors vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Parole et Évangile du jour | Vendredi 9 octobre • Ne laissez pas de place au Démon !

Jeudi 8 octobre

• Demandez et vous obtiendrez ! + L’Esprit Saint

L’Évangile du jour est assez clair avec nous, n’est-ce pas ? Est-il même besoin de l’expliquer ? « Demandez, on vous donnera. » Point. C’est simple.
Mais finalement, demander quoi ? Et obtenir quoi ? À la fin, on comprend peut-être qu’il parle de l’Esprit Saint. Parce que Jésus ne nous dit pas ici que Dieu accomplira mécaniquement chacun de nos désirs.
La dernière phrase de l’Évangile nous donne la clé : « Combien plus le Père du Ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui le lui demandent ? » Voilà d’abord ce qu’il faut demander. L’Esprit Saint. C’est-à-dire Dieu lui-même, venant habiter notre vie, éclairer notre intelligence et fortifier notre volonté. Nous apprendre donc à vouloir ce qui est bon.
Placer les choses dans le bon ordre est capital ici. Demander l’Esprit Saint permet, par la suite, de pouvoir demander ce dont nous avons besoin. Confier une maladie, une difficulté, un travail, une inquiétude. Un besoin particulier. Ou même une personne que nous aimons.
Elle consiste à lui permettre de purifier peu à peu ce que nous désirons, afin que nous apprenions à recevoir ce qui est véritablement bon. Surtout. Alors je vous invite, chers amis, à bien placer les choses.
Nous pouvons aussi comprendre l’Évangile comme une chose que nous demandons aux autres hommes, et pas simplement à Dieu. Finalement : demandez et vous obtiendrez. Curieusement, Jésus commence justement par l’histoire d’un homme qui va demander du pain à un ami. Il ne nous demande pas de vivre dans une sorte d’autosuffisance spirituelle où nous n’aurions besoin de personne.
Nous pouvons demander de l’aide. Il est même recommandé de demander de l’aide dans l’Évangile. Nous appuyer les uns sur les autres. Frapper à la porte d’un ami.
Derrière cette image, Jésus nous parle bien du Père. Celui vers qui nous pouvons revenir encore et encore, même lorsque la porte semble fermée. Même lorsque nous avons l’impression que notre prière ne produit rien.
Et c’est là que la première lecture rejoint admirablement l’Évangile. Saint Paul rappelle aux Galates que l’Esprit n’est pas quelque chose que l’on obtient parce qu’on aurait suffisamment mérité, suffisamment accompli, suffisamment réussi. Non, l’Esprit est un don reçu dans la foi.
Je vous invite, pour ceux qui ne l’auraient pas vue, à aller voir la vidéo que j’ai faite sur la grâce, que je vous mets en lien en description. Car elle parle exactement de ça.
Alors, chers amis, la vraie question devient peut-être celle-ci : que faisons-nous lorsque nous avons demandé, cherché, frappé et que rien ne semble venir, que rien ne bouge ? Lorsque nous avons prié longtemps, lorsque nous avons recommencé, que le silence de Dieu finit par nous fatiguer.
C’est précisément là que Raban Maur, un abbé, nous invite à ne pas lâcher prise. Pour lui, la persévérance dans la prière n’est pas une manière de forcer Dieu. Elle est le refus de laisser le découragement nous arracher à lui. Parce que c’est ça dont il est question.
Ainsi dit-il : « Tu ne dois pas manquer de confiance en Dieu, ni désespérer de sa miséricorde. Chante au Seigneur ces paroles du prophète : “Comme les yeux des serviteurs vers les mains de leur maître, comme les yeux d’une servante vers les mains de sa maîtresse, ainsi nos yeux vers le Seigneur notre Dieu, jusqu’à ce qu’il nous prenne en pitié. Pitié pour nous, pitié, Seigneur, pour nous, car nous sommes saturés de mépris.”
Si nous sommes saturés de mépris à cause du grand nombre de nos péchés, nos yeux doivent cependant rester tournés vers le Seigneur notre Dieu jusqu’à ce qu’il nous prenne en pitié. Et nous ne devons pas cesser de le supplier jusqu’à ce qu’il nous donne le pardon de nos fautes.
Pour que tu n’en viennes pas à penser que tu offenses le Seigneur en persistant par tes prières alors que tu ne mérites pas d’être écouté, rappelle-toi la parabole de l’Évangile. Tu y découvriras que ceux qui prient Dieu avec une persévérance importune ne lui sont pas désagréables. Car il est dit : “Si ce n’est pas par amitié qu’il donne à son ami, il se lèvera cependant à cause de son importunité, et il lui donnera ce dont il a besoin.”
Comprends donc que c’est le diable qui nous suggère de désespérer d’être exaucés, afin que nous soit retirée cette espérance en la bonté de Dieu, qui est l’ancre de notre salut, le fondement de notre vie, le guide sur le chemin qui mène au ciel. L’apôtre Paul le dit : “Nous sommes sauvés par l’espérance.” »
Que cette parole, chers amis, soit une graine qui aille dans votre cœur et y demeure comme une flamme. Amen.

Parole et Évangile du jour | Jeudi 8 octobre • Demandez et vous obtiendrez ! + L’Esprit

Mercredi 7 octobre

• Notre Dame du Rosaire !

Pierre, dans la première lecture, savait très bien que les chrétiens venus du paganisme avaient toute leur place dans l’Église. À Antioche, il mangeait avec eux jusqu’au jour où arrivent des croyants issus du judaïsme devant lesquels il craint d’être jugé. Alors il se retire, et d’autres l’imitent. Paul le reprend publiquement parce que son attitude finit par contredire l’Évangile qu’il annonce.
Et cette faiblesse de Pierre nous ressemble. Nous savons parfois ce qui est juste, puis le regard des autres suffit à modifier notre comportement. Nous assumons quelqu’un jusqu’à ce qu’une personne, une autre personne, entre dans la pièce, nous taisons une conviction parce qu’elle risque de nous isoler, etc.
Or, quelques lignes plus tard, Jésus apprend à ses disciples à commencer leur prière par un seul mot : « Père ». Si Dieu est notre Père, alors nous ne pouvons pas décider discrètement lesquels de ses enfants méritent davantage notre proximité.
Les disciples priaient déjà dans l’Évangile de ce jour. D’ailleurs, chers amis, nous prenons les lectures du calendrier romain parce qu’il est universel. Nous ne prenons pas le calendrier français, le calendrier d’Afrique du Nord, le calendrier de Belgique, du Canada, etc. Car chaque pays a son propre calendrier des lectures en fonction des fêtes importantes pour le peuple en question.
Dans l’Évangile de ce jour, dans ce calendrier, les disciples priaient déjà comme tout juif croyant de leur époque. Et pourtant, ils voient Jésus prier d’une manière qui leur donne envie d’apprendre. Alors il leur confie le « Notre Père ».
Il faut savoir que le mot « Père » existait déjà pour parler de Dieu dans la tradition d’Israël. Mais Jésus fait entrer ses disciples dans l’intimité de sa propre relation avec lui. Ailleurs, l’Évangile conserve même le mot araméen « Abba ». Et saint Paul écrira justement aux Galates que l’Esprit crie dans nos cœurs « Abba, Père ».
Le « Notre Père » devient ainsi comme la colonne vertébrale de toute prière chrétienne. Avant de parler de ce qui nous manque, nous remettons Dieu au centre, puis nous lui demandons le pain dont nous avons besoin aujourd’hui, et nous déposons devant lui ce qui demande encore à être pardonné.
Mais Jésus prie aussi dans le silence. Dans sa prière, il intercède et rend grâce à Dieu. À Dieu le Père. C’est ainsi que Jésus ne nous enferme pas dans une seule succession de mots à réciter pour être en accord avec ses paroles. Il nous apprend vers qui toute prière doit conduire.
C’est aussi ce qui permet de comprendre le Rosaire que nous célébrons aujourd’hui. Notre-Dame du Rosaire. Il s’est formé progressivement dans l’histoire de l’Église comme une manière de contempler longuement la vie du Christ avec Marie.
Le chapelet et la prière du Rosaire, il y a ici des dizaines, qui commencent d’ailleurs par un « Notre Père », des dizaines avec la prière de la Vierge Marie. Cette prière à la Vierge nous ramène en grande partie à l’Évangile de Luc, tandis que notre esprit demeure sur un mystère de la vie de Jésus. La répétition n’est alors pas là pour multiplier les mots, elle peut nous aider à rester présents lorsque notre esprit s’échappe sans cesse.
La fête du 7 octobre garde aussi la mémoire de la bataille de Lépante en 1571, lorsque le pape saint Pie V avait demandé aux chrétiens de prier le Rosaire.
Mais ce matin, l’enjeu tient peut-être dans la demande très simple des disciples : « Seigneur, apprends-nous à prier. » Apprends-nous à demeurer auprès du Père assez longtemps pour que notre prière finisse aussi par transformer notre manière de regarder ses enfants.

Notre-Dame du Rosaire, priez pour nous.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Notre-Dame du Rosaire, Mère des miséricordes, Trésorière des richesses célestes, notre force contre les ennemis de notre salut, priez pour nous. Sauvez-nous.
Ô Vierge et Reine du saint Rosaire, Fille du Père céleste, Mère du divin Fils, Épouse de l’Esprit aux sept dons, vous pouvez tout auprès de la Sainte Trinité. Je vous supplie d’implorer pour moi cette grâce dont j’ai tant besoin, pourvu qu’elle ne soit pas un obstacle à mon salut.
Je vous la demande par votre Immaculée Conception, par votre divine maternité, par vos joies, vos douleurs, par vos triomphes. Je vous la demande par le Cœur de votre Jésus d’amour, par ces neuf mois pendant lesquels vous l’avez porté dans votre sein, par les souffrances de sa vie, par sa cruelle Passion, par sa mort sur la croix, par son nom très saint, par son sang très précieux.
Je vous la demande enfin par votre cœur très doux, en votre nom glorieux, ô Marie, qui êtes l’Étoile de la mer, la Dame puissante, la Mère des douleurs, la Porte du ciel, la Mère de toutes grâces et la Reine du très saint Rosaire.
J’ai confiance en vous, j’espère tout de vous, je me consacre entièrement à vous. Amen.
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du mal. Car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles. Amen.
On va être honnête : si vous aviez un proche défunt dans votre famille qui pouvait vous parler, est-ce que vous accepteriez de l’écouter ? Et si quelqu’un pouvait vous révéler votre avenir ? Ou même s’il vous assure qu’il peut vous guérir avec un don que la médecine n’explique pas ? Soyez honnêtes, qu’est-ce que vous répondriez ?
Ça fascine, et c’est précisément pour ça que des millions de personnes s’intéressent au magnétisme, aux médiums, aux cartes, au spiritisme ou aux énergies. Ça arrive comme ça : « Je veux juste essayer. » « Va voir mon magnétiseur, il est super, il m’a guéri d’une addiction. » « Il a coupé le feu d’une brûlure que la médecine n’aurait jamais pu guérir. »
Mais maintenant, si je vous disais que toutes ces pratiques ont un point commun : elles ouvrent une porte. Et qu’est-ce qu’il y a derrière cette porte ? Des liens invisibles, des oppressions, des malédictions parfois même, des conséquences qui touchent l’entourage, la descendance ; cela peut même aller jusqu’à la possession.
Beaucoup disent la même chose : « Si j’avais su, jamais je n’aurais ouvert la porte. » Parce que sous des apparences de pratiques qui peuvent faire le bien, comme soigner, pourquoi s’interroger ? Soigner, c’est bien, mais d’où vient le don ?
Le 8 octobre, on organise une conférence pour répondre à toutes ces questions que l’on se pose sur le sujet, avec des témoins qui nous parleront de leurs expériences. Nous avons un prêtre qui était un ancien luciférien, nous avons un ancien magnétiseur et nous avons un psychologue qui est expert des sujets d’emprise.
Oui, chers amis, la conférence du 8 octobre arrive à grands pas. Merci de réserver vos places, car il en reste quelques-unes, et de partager à vos amis parisiens cette conférence qui peut peut-être les intéresser.
Et je voulais vous dire bien sûr que cette conférence va être retransmise, pas en direct, mais en rediffusion, quelques jours après, et je vous en informerai. Mais pour ceux qui peuvent se déplacer, c’est toujours intéressant de rencontrer les personnes, dont l’équipe Cathoglad et l’équipe SethTalk, mais aussi les auteurs qui viennent et qui pourront dédicacer des livres, et nous pourrons parler autour d’un cocktail dînatoire, ce que permettent ces soirées et ces conférences.

Parole et Évangile du jour | Mercredi 7 octobre • Notre Dame du Rosaire !

Mardi 6 octobre

• Une seule chose est necessaire !

Si à Marie le Seigneur n’a rien enlevé, à Paul, à saint Paul, il lui a tout pris. Le Seigneur a tout pris à saint Paul, mais il lui a tout donné. Et c’est par là qu’on va commencer aujourd’hui.
Paul faisait arrêter des hommes et des femmes dans leur maison. Il les traînait devant les tribunaux, il votait leur mort. Et il le faisait avec la conviction absolue de servir Dieu. Avec cette ardeur jalouse de croyants qui pensent défendre la vérité en écrasant ce qui la menace.
Et c’est cet homme-là que Dieu choisit. Cet homme précisément, et non un autre. Pas un disciple docile, pas un cœur déjà façonné par la douceur de l’Évangile. Celui qui avait les mains les plus sales. Celui dont la conversion allait être le signe le plus incompréhensible pour tous ceux qui l’avaient connu.
Les Églises de Judée entendaient circuler cette nouvelle à propos de saint Paul et rendaient gloire à Dieu. Non pas parce qu’un homme s’était amélioré, mais parce que Dieu avait fait d’un persécuteur un témoin, un allié, et pas des moindres, de l’Église.
Tout combattant de l’Église aujourd’hui qui affronte un adversaire de la foi ferait bien de garder cela dans le cœur. Parce que sur la route, il y a toujours une rencontre qui change tout. Parfois une irruption directe du Seigneur dans la vie des gens, comme il a fait avec Paul sur le chemin de Damas. Parfois ce sont des serviteurs ordinaires, des hommes et des femmes simples, comme vous et moi, à travers lesquels Dieu passe sans que personne ne l’ait prévu.
Jeanne d’Arc n’avait ni la force d’un homme, ni l’autorité d’un général. Et c’est par elle que le royaume a été renversé. David n’était pas l’homme le plus fort. Il était le plus jeune fils d’une famille ordinaire, celui qu’on avait laissé garder les troupeaux pendant que ses frères plus imposants attendaient le prophète. Mais c’est lui qui a vaincu Goliath.
Le Seigneur a toujours choisi des hommes et des femmes que les hommes eux-mêmes n’auraient pas choisis. Et le mal apparent, la persécution, la chute, peuvent alors devenir, entre ses mains, ses mains toutes-puissantes, le creuset d’un bien naissant que personne n’aurait pu et n’aurait su imaginer. Voilà une preuve que Dieu existe.
Alors Dieu a tout enlevé à Paul : sa croyance, son zèle, son zèle pour le persécuter, pour persécuter les chrétiens. Il lui a enlevé toute sa confiance, etc. Et il l’a refondé en lui redonnant son zèle, mais dans le bon sens, avec des racines dans le Christ. C’est précisément là que Dieu a pu tout prendre pour tout redonner. Ce passage où Paul renonce à persécuter l’Église.
Marthe, elle, que l’on entend dans l’Évangile, Marthe s’agite, elle fait des choses bonnes, nécessaires, charitables, et Jésus ne lui dit pas qu’elle a tort de servir. Il lui dit qu’elle se donne du souci pour bien des choses quand une seule est nécessaire.
L’activisme charitable est une réalité, chers amis, que nous connaissons tous : cette tendance à multiplier les œuvres, les engagements, les services, jusqu’à ce que le bruit de l’action couvre entièrement la voix intérieure qui voudrait se taire et écouter, jusqu’à ce que cela couvre entièrement notre vie pour ne plus penser, pour ne plus songer.
Il n’est ici pas question d’opposer l’action à la contemplation, comme si l’une excluait l’autre, mais d’établir entre elles un ordre juste, et cet ordre, Jésus nous le dit : Marie a choisi la meilleure part. Ce qui nous en éloigne, ce n’est pas l’action en elle-même, c’est l’action devenue fin en elle-même, l’agitation qui n’est plus au service de quelque chose, mais qui s’est substituée, qui a pris la place du silence dont elle aurait dû naître.
Alors comprenons, chers amis, que la contemplation, c’est habiter dans le présent, et l’action est bonne tant qu’elle permet cette contemplation. Mais si on met l’action devant, elle devient de l’activisme, de l’activisme mal enraciné, et qui, même dans les meilleures intentions, peut devenir nocif.
Et aujourd’hui, nous célébrons saint Bruno. Benoît XVI, visitant la Chartreuse, car saint Bruno est le fondateur des Chartreux, a dit de lui : « Le moine, en abandonnant tout, prend des risques, pour ainsi dire. Il s’expose à la solitude et au silence, pour ne rien vivre d’autre que l’essentiel. Et justement, en vivant de l’essentiel, il trouve aussi une profonde communion avec ses frères, avec tout homme. »
Le silence de Bruno, loin d’être une fuite du monde, était le lieu où il devenait capable de recevoir ce que l’agitation lui aurait rendu inaudible. Et c’est depuis ce silence que la grâce peut traverser une vie, comme elle traverse la vie de tout homme qui consent à se vider de lui-même, pour laisser passer quelque chose de plus grand.
C’est quand on se dépouille dans l’humilité, chers amis, que l’on peut laisser Dieu entrer en nous, car alors nous nous sommes vidés de tout ce qui nous empêchait de le laisser passer par nous. C’est lorsque je suis faible que je suis fort. Lorsque je ne suis rien, que je suis tout, car Dieu est avec moi.
Saint Bruno, priez pour nous.
De toi dépendent mes jours.

Parole et Évangile du jour | Mardi 6 octobre • Une seule chose est necessaire !

Lundi 5 octobre

• QUI est mon prochain ?

Qui a déjà voulu changer l’Évangile pour le conformer au regard et au confort de sa propre croyance et de ses besoins ? Mais Dieu n’est pas dupe. Sachant cela, il faut choisir : est-ce par les hommes, par des hommes ou par Dieu que je veux me faire approuver ?
Le docteur de la Loi dans l’Évangile connaît la réponse. Il sait qu’il faut aimer Dieu de tout son être et le prochain comme soi-même. Et puis il ajoute cette petite phrase qui révèle en réalité l’état de son cœur : « Mais qui est mon prochain ? »
La justification. Oui, il lit bien, mais il interprète en cherchant à se couvrir, à savoir jusqu’où il doit aller avant d’être quitte. Le calcul a trouvé dans la Loi elle-même la frontière qui le protégerait de son exigence.
Et selon le cœur de l’homme, il y a différentes lectures de la même parole. Certaines lectures justes, certaines maladroites. Et d’autres franchement mauvaises. Parce que l’Évangile n’est pas une invention humaine que l’on modèle selon la forme de ses propres besoins. Et que Dieu voit ce travail, silencieux, que le cœur accomplit pour rester à l’abri de ce qui le dérangerait vraiment.
Jésus aurait pu répondre simplement que le prochain, c’est celui qui souffre et qui a besoin, et il aurait eu raison. Mais il prend le temps d’une parabole plutôt longue. Parce que le cœur dur d’oreille n’entend pas une définition. Il entend une histoire. Et dans l’histoire, quelque chose s’ouvre doucement dans le cœur que seul l’argument ne peut pas forcer.
Le prêtre passe, le lévite passe, deux hommes de Dieu, deux hommes de la Loi, et c’est le Samaritain qui s’arrête. Celui que le docteur de la Loi aurait lui-même classé du côté de ceux dont on ne se fait pas approuver. Et c’est lui qui verse l’huile, c’est lui qui paye l’aubergiste, c’est lui qui revient vérifier.
Jésus lui fait comprendre que la question n’est pas « qui est mon prochain », c’est « de qui as-tu été le prochain ». Voyez-vous le déplacement et la délicatesse de Jésus ? Ce n’est plus « qui est mon prochain », c’est « de qui as-tu été le prochain ». Voilà toute la différence entre une religion de la définition et une foi de la disposition intérieure.
La miséricorde de Dieu nous ouvre à la grâce, et sans miséricorde, il n’y a pas de salut. Si nous ne sommes pas miséricordieux avec notre prochain, si nous ne l’aimons pas, comment voulons-nous entrer dans le lieu où tout est amour ? Comment pourrions-nous y être préparés, nous qui aurions passé notre vie à chercher la frontière exacte de ce que nous devions donner ?
Sainte Faustine, que nous fêtons aujourd’hui, a reçu du Christ cette parole dans son Petit Journal : « La miséricorde est le plus grand attribut de Dieu, et les hommes qui me font confiance obtiendront une grande miséricorde dans mon tribunal. » Et ailleurs : « Je ne peux pas punir même le plus grand pécheur s’il recourt à ma miséricorde. »
C’est par là que la grâce passe, par ce cœur ouvert, disposé, qui a cessé de chercher la frontière de ce qu’il doit donner et qui laisse quelque chose de cet amour traverser ses mains, ses actes de charité vers ceux qui l’entourent, même quand c’est inconfortable, même quand ce n’est pas celui qu’on aurait choisi, même quand personne ne voit ce que l’on fait.
Oh oui, gardons cela en secret, dans le trésor de notre cœur, disposons-nous à la grâce.
Sainte Faustine, toi qui as compris le mystère de la miséricorde infinie de Dieu, puisses-tu nous aider à y plonger jour après jour. Amen.

Parole et Évangile du jour | Lundi 5 octobre • QUI est mon prochain ?

Dimanche 4 octobre

Le paradoxe de la croix : Pourquoi le mal a produit la grâce

Commentaire du père Paul Dollié

En ce 27e dimanche du temps ordinaire, nous avons une parabole qui est plus exactement une allégorie, c’est-à-dire un texte où, derrière chaque terme, on peut retrouver un personnage de notre histoire sainte.
Donc on a ce maître, cet homme qui va confier à des vignerons sa vigne. Cet homme, c’est Dieu lui-même qui confie à des vignerons. Alors les vignerons, ça peut être le peuple d’Israël, ou peut-être les autorités simplement.
Sa vigne : la vigne, c’est les gens qui nous sont confiés, c’est-à-dire le monde. Je le dis à partir de la première lecture, Isaïe 5 : on nous représente en fait le peuple, le peuple de Dieu, comme une vigne. Ça peut être aussi notre baptême, ça peut être la parole de Dieu, ça peut être la vie même de Dieu qui nous est confiée, comment on prend soin de cette vie qui nous est donnée.
Il envoie des serviteurs, c’est-à-dire les prophètes, c’est assez facile, qu’on va tuer, assez facile à comprendre. Et enfin, il va envoyer son fils, son unique, il n’en a pas d’autre. Alors ils pensent recevoir l’héritage en tuant le fils, ce qui est totalement absurde, ce n’est pas grave. Mais ils vont jeter hors de la ville, donc, le fils, comme Jésus sera jeté hors de Jérusalem.
Dans cette homélie, j’aimerais aborder deux thèmes, qui sont la question des fruits et la question de la sanction.

La question du fruit. Je me disais : mais peut-être qu’ils sont un petit peu embêtés par rapport aux serviteurs qui viennent là, tous ces vignerons, parce que peut-être ils n’ont pas porté de fruits, en fait. Quand vous avez quelqu’un qui vient inspecter le travail, qui se rend compte que vous n’avez rien fait, que vous n’avez pas de fruits, c’est peut-être très embêtant, c’est possible.
Je dis ça à la lumière de la première lecture. En Isaïe 5, on nous dit : « Il en attendait de beaux raisins, mais elle en donna de mauvais. »
Donc la question du fruit, est-ce que ça me parle ? Est-ce que ça m’intéresse ? Jésus dit : « Je suis venu pour que vous alliez, que vous portiez du fruit, que votre fruit demeure. » Quand la petite Thérèse rentre au Carmel, elle rentre pour porter du fruit, afin de prier pour les prêtres et de sauver les âmes.
Donc la question du fruit, je ne sais pas si c’est ma question, si c’est votre question. Souvent, ce n’est pas tellement une question chez les gens. À la fois dans le monde laïc, profane, dans le monde religieux, on est beaucoup dans la recherche du confort, du bien-être, peut-être du succès, peut-être du pouvoir.
Vous savez, quand j’étais prêtre dans le Morbihan pendant plusieurs années, je n’ai personne qui m’a dit : « Mais est-ce que tu portes du fruit à Vannes ? » J’ai plutôt eu des questions du style : « Est-ce que tu es heureux ? Est-ce que c’est sympa ? Est-ce que tu as une bonne équipe ? » Mais « est-ce que tu portes du fruit ? », je n’ai jamais eu cette question-là. Alors pour avoir cette question, il faut être un petit peu décentré.
Qu’est-ce que signifie pour moi porter du fruit ? À quoi je vois que je porte du fruit ? Est-ce que je peux le qualifier quantitativement ? Quand on va parler des disciples, on va dire que beaucoup vont suivre Jésus. Il y a quelque chose qui est de l’ordre de la quantité, ou ça peut être de l’ordre de la qualité. Parfois, on dit : « Tiens, dans telle paroisse, il y a une bonne humeur, il y a une joie, il y a un rayonnement. » Ce n’est pas forcément quantitatif, mais ça peut être une forme de ressenti.
Est-ce que moi, cette question du fruit est une question pour moi ? Qu’est-ce que j’ai envie de transmettre au soir de ma vie ? Qu’est-ce que j’ai envie d’avoir porté comme fruit tout au long de ma vie ? Est-ce que c’est ma question, ou pas du tout ?

Quand le pape François parle dans sa première grande encyclique à l’Église, le thème des fruits est très important. Dans La Joie de l’Évangile, il donne trois critères pour savoir si on porte du fruit ou on veut porter du fruit.
Pourquoi je vous parle de La Joie de l’Évangile ? Parce que Léon XIV, dans les vêpres à Notre-Dame, vendredi, nous a parlé de La Joie de l’Évangile. Il dit aussi : « Chers évêques, prêtres, diacres, personnes consacrées, séminaristes de France » – et je pourrais même dire « chers laïcs » aussi – « mettez en priorité Evangelii gaudium, La Joie de l’Évangile, c’est-à-dire cette conversion missionnaire dont le pape François nous a donné le témoignage dès sa première exhortation apostolique. » Mettez en priorité la joie de l’Évangile.
Premier critère : la joie. Alors, dans La Joie de l’Évangile, on nous parle des fruits au numéro 21. On nous dit aussi : « La joie de l’Évangile qui remplit la vie de la communauté des disciples est une joie missionnaire. Cette joie est un signe que l’Évangile a été annoncé et a donné du fruit. »
Donc, ça veut dire que souvent, l’Évangile porte du fruit parce qu’il y a la joie dans la communauté ou chez la personne. Souvent, il y a peu de fruit, c’est assez stérile quand je suis dans la râlerie, ou quand je suis dans le volontarisme. Il faut faire des choses pour faire des choses, mais un peu par devoir. Ce n’est pas porté par la joie, et curieusement, il n’y a pas des dizaines de catéchumènes qui se manifestent.
Deuxième critère : la mise en pratique. La deuxième chose après la joie comme signe d’une fécondité proche, au numéro 233, il y a la mise en pratique comme critère pour porter du fruit. « Ne pas mettre en pratique, c’est édifier sur le sable », je cite, « demeurer dans la pure idée et tomber dans l’intimisme et le gnosticisme qui ne donnent pas de fruit ». Le gnosticisme, c’est la connaissance pour la connaissance.
Donc, des gens qui ne mettent pas en pratique, ils sont simplement dans des idées, et des idées, ça ne porte pas de fruit. On peut avoir en paroisse, dans notre communauté, un groupe de Bible, etc., un groupe d’adoration, mais où les gens viennent pour eux, pour avoir des connaissances, pour rechercher un certain bien-être. Mais ils ne sont pas dans l’esprit des Actes des Apôtres où, dès qu’ils ont reçu le Saint-Esprit, ils ont le cœur transpercé, ils disent : « Que devons-nous faire ? »
Le signe du passage de Dieu dans la vie d’un chrétien, c’est toujours une question sur le « faire » : « Que devons-nous faire ? » Vous imaginez si toutes nos homélies, je rêve, se terminaient par une action très concrète à envisager ? Vous imaginez, 50 dimanches de l’année où je me mets à faire quelque chose de pratique à la fin de la messe ?
Troisième critère : grandir. La troisième chose : je vois qu’il y a du fruit au fait que ce que j’entends, ce que je reçois, ce que je fais, me fait évoluer, me fait grandir. Donc, est-ce que j’ai l’impression, vous voyez, de dépasser des manières de faire, de changer, d’évoluer ?
Dans La Joie de l’Évangile, au numéro 33, on nous dit : « La pastorale en termes missionnaires exige d’abandonner le confortable critère du « on a toujours fait ainsi ». Donc, j’invite chacun à repenser les objectifs, les structures, le style, les méthodes missionnaires de chaque communauté. »
Donc, ça, c’est la première chose, voyez. Essayons de demander peut-être à des personnes un peu extérieures, à Dieu lui-même : « Seigneur, montre-moi mes angles morts. Tu es à la fois le juge et le médecin. Tu vas me montrer qu’est-ce qui fait que je ne porte pas de fruit, et je voudrais que tu me donnes le remède aussi, mais pas tout seul, mais en étant aidé avec d’autres. Qu’est-ce qui, Seigneur, stérilise ma communauté, ma paroisse ? Montre-moi où sont mes maladies. »
Alors, voilà. Est-ce que j’accepte que Dieu me parle ? Est-ce que j’accepte, vous voyez, peut-être de demander un conseil à d’autres personnes, et de ne pas rejeter ce conseil ?

La question de la sanction. La deuxième et dernière chose que je voudrais dire, c’est qu’en fait, dans la parabole, on nous dit : qu’est-ce qu’on va faire ? Qu’est-ce que Dieu, qu’est-ce que le maître va faire de ces vignerons ? Eh bien, il les fera périr misérablement. Il la louera à d’autres vignerons.
Alors, en fait, c’est exactement ce qui ne s’est pas passé pour nous. C’est-à-dire que nous, on a tué le fils. Est-ce qu’il nous a fait périr misérablement ? Pas du tout. Il nous a donné la vie.
En fait, on a tué le fils, et en tuant le fils, on a eu l’héritage. Vous êtes héritiers, cohéritiers avec le Christ. Vous avez la grâce qui remplit votre cœur (Romains 5, 5).
Donc, vous voyez, c’est là où cette parabole, il faut la prendre aussi par contraste. La punition pour nous, c’est la rédemption. Le mal qu’on a fait au fils est devenu un bien pour moi.
Donc, il y a comme un contraste où, normalement, on devrait périr misérablement parce qu’on s’est comporté de manière inique envers le fils. Eh bien, la rédemption, l’amour infini du Père pour nous et du Fils pour nous, fait que c’est l’inverse qui s’est produit. Ô admirable sagesse, heureuse faute qui nous a valu un tel Rédempteur !

Voilà. Donc, que le Seigneur nous donne de nous questionner, peut-être, par rapport à notre fécondité. Qu’est-ce que ça veut dire vraiment pour moi ? Et que, peut-être, les erreurs, vous voyez, de notre vie ne nous condamnent pas, mais peut-être nous permettent de relire autrement notre vie, peut-être d’entrer dans ce qu’on appelle la résilience. Un mot un petit peu difficile pour dire tout simplement que des voies nouvelles sont données à ceux qui tirent une sagesse de leurs erreurs.
Bon dimanche.

Le paradoxe de la croix : Pourquoi le mal a produit la grâce

Samedi 3 octobre

• Le Seigneur du Ciel l’a caché aux Savants

Les évangélistes Matthieu et Luc nous ont transmis un joyau de la prière de Jésus, qui est souvent appelé hymne de jubilation ou hymne de jubilation messianique. Il s’agit d’une prière de reconnaissance et de louange, comme nous l’avons entendu.
Jésus s’adresse à Dieu en l’appelant « Père ». Ce terme exprime la conscience et la certitude de Jésus d’être le Fils, en communion intime et constante avec lui, et c’est le point central et la source de chaque prière de Jésus.
Nous le voyons clairement dans la dernière partie de l’hymne, qui éclaire tout le texte. Jésus dit : « Tout m’a été confié par mon Père, personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père, et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. »
Posons-nous maintenant la question : « À qui le Fils veut-il révéler les mystères de Dieu ? »
Au début de l’hymne, Jésus exprime sa joie parce que la volonté du Père est de tenir ces choses cachées aux savants et aux sages et de les révéler aux petits. La révélation divine n’advient pas selon la logique terrestre, selon laquelle ce sont des hommes cultivés et puissants qui possèdent les connaissances importantes et qui les transmettent aux gens simples.
Aux petits, Dieu a utilisé un tout autre style : les destinataires de sa communication ont été précisément les petits. Telle est la volonté du Père, et le Fils la partage avec joie.

Parole et Évangile du jour | Samedi 3 octobre • Le Seigneur du Ciel l’a caché aux Savants

Vendredi 2 octobre

• Saints Anges Gardiens !

« Il donne mission à ses anges de te garder sur tous tes chemins. »
Quel n’est pas le respect que cette parole doit susciter en toi, la ferveur qu’elle doit faire naître, la confiance qu’elle doit t’inspirer ? Le respect à cause de leur présence, la ferveur à cause de leur bienveillance, et la confiance à cause de leur vigilance.
Ils sont donc là, à tes côtés, non seulement avec toi, mais pour toi. Ils sont présents pour te protéger, pour te secourir.
Que rendrais-tu au Seigneur pour tout ce qu’il t’a donné ? C’est à lui seul qu’on doit rendre gloire et honneur pour ce secours. C’est lui qui leur en a donné l’ordre ; tout don parfait ne peut venir que de lui.
Mais on ne peut pas, pour autant, manquer de reconnaissance à l’égard des anges, en raison de la si grande charité avec laquelle ils obéissent et du besoin si grand que nous avons de leur aide. Soyons donc pleins de respect et de reconnaissance pour une telle vigilance de leur part. Aimons-les en retour et honorons-les autant que nous le pouvons, autant que nous le devons.

En Dieu, aimons ces anges, dans la conscience qu’ils seront un jour nos cohéritiers et que, d’ici là, le Père dispose et ordonne qu’ils soient pour nous des guides et des éducateurs. Car dès maintenant nous sommes enfants de Dieu, bien que cela ne paraisse pas encore clairement, puisque nous sommes encore des enfants soumis à des intendants, à des éducateurs, et nous semblons pour le moment ne différer en rien de serviteurs.
Pourtant, si petits que nous soyons, et si longue et dangereuse que soit la route qui nous reste à parcourir, qu’aurions-nous à craindre sous une si bonne garde ? Les anges sont fidèles, ils sont sages, ils sont puissants : qu’aurions-nous à craindre ?
Suivons-les seulement, attachons-nous à eux, et nous demeurerons sous la protection du Dieu du ciel.

Parole et Évangile du jour | Vendredi 2 octobre • Saints Anges Gardiens !

Jeudi 1er octobre

• Ste Thérèse de Lisieux

Le Seigneur les envoie deux par deux, sans argent, sans sac, sans chaussures de rechange, et avec cette instruction qui peut sembler dérisoire pour évangéliser le monde entier : « Si l’on vous accueille, entrez ; si l’on ne vous accueille pas, secouez la poussière de vos pieds et partez. »
Drôle de manière d’aller changer le monde. Et pourtant, il y a dans cette légèreté-là une sagesse que nous mettons du temps à comprendre, oui.
Parce que nous voudrions convaincre tout le monde, nous. Parce que nous sentons peser sur nous la responsabilité de ceux qui refusent. Nous n’avons pas réussi à les convaincre. Parce que le rejet nous fait croire que nous avons mal fait quelque chose.

Nous vivons dans un temps où les ennemis de la paix ne se cachent pas. Les réseaux sociaux en sont le théâtre permanent. Tout devient une source de polémique. Chacun poste son commentaire, chaque parole donnée dans la charité se retourne contre celui qui l’a prononcée, où les accusations fusent depuis des nuques raides qui ont décidé d’avance de ne pas entendre. Ce sont eux qui font le plus de bruit, les nuques raides.
Et le Seigneur nous dit : « Laissez-leur même la poussière sous vos pieds. » Vous avez fait votre devoir. Ne vous sentez pas responsables au point d’une sollicitude déplacée, qui vous épuiserait et vous éloignerait de l’essentiel.
Le mal se déguise, il harmonise sa venue pour troubler, pour diviser, pour faire douter, pour accuser. Et la meilleure réponse n’est pas de le combattre frontalement, mais de laisser l’Esprit agir dans ses méandres pendant que nous gardons le cœur ouvert.

Job le sait depuis sa cendre, depuis sa poussière, là où il est. La fidélité de Dieu ne dépend pas de ce que les hommes en disent. Et le Royaume qui s’est approché de nous ne devient pas moins réel parce que certains lui opposent leur refus. Ce refus ne fait que mettre des écailles sur leurs yeux et des bouchons dans leurs oreilles. Mais le Royaume s’approche, il est là.
La paix commence en nous, c’est là qu’elle se gagne d’abord, dans notre cœur, dans ce recueillement intérieur qui nous rend disponibles à la charité, parce que c’est par là que la grâce passe.
Et Thérèse de Lisieux, que nous fêtons aujourd’hui, s’est disposée ainsi dans l’infime de chaque journée au Carmel, dans les petits renoncements, dans les sourires donnés quand on n’en avait plus envie, dans la fidélité aux petites choses que personne ne remarquait. Et c’est en faisant cela qu’elle s’est approchée de la gloire divine, au point de devenir docteur de l’Église sans avoir jamais quitté son couvent.
Alors, rien que pour aujourd’hui, Seigneur, même pour un instant, viens régner en nos cœurs et aligne-nous sur ta vérité. Sainte Thérèse de l’enfant Jésus, priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Jeudi 1er octobre • Ste Thérèse de Lisieux