Commentaire du Mercredi 31 Décembre
• C’est la dernière heure
En ce dernier jour de l’année, l’Évangile nous ramène au commencement, au commencement était le Verbe. Tout finit, mais tout recommence en Dieu.
Le temps humain s’achève, mais la parole demeure, chers amis. Elle demeure, avant et après vous. Ce passage d’une année à l’autre, qu’il soit joyeux ou douloureux, est un miroir.
Ce qui s’éteint en nous laisse place à ce qui ne meurt pas. Comme le veilléard Siméon, nous avons vu la lumière dans l’enfant et nous pouvons le dire, mes yeux ont vu ton salut. Dieu n’est pas un souvenir, il est le commencement permanent.
A chaque fin, il se propose à nouveau. La vie éternelle n’est pas ce qui vient après la mort, elle est ce qui commence quand nous cessons de vivre pour nous-mêmes. Celui qui reconnaît le Christ dans la chair du monde, dans la trame des jours ordinaires, commence déjà à vivre éternellement.
Si vous êtes en train d’écouter cette vidéo, c’est que vous commencez sûrement déjà à vivre pour l’éternité. Mais saint Jean nous avertit dans la première lecture, il dit c’est la dernière heure.
Et voici qu’il parle de l’antichrist.
L’ennemi n’est pas seulement un homme du futur, ni un monstre de films apocalyptiques. Il est une logique, une voie qui singe le bien pour détourner le vrai. L’antichrist n’est pas celui qui détruit violemment, mais celui qui au nom du bien étouffe la lumière.
Il prend souvent les traits de la compassion ou de la lucidité, c’est pour ça qu’on dit souvent que le malin est rusé, parce qu’il ne se présente pas à nous de manière puante, non la tentation est toute douce, mais elle mène à la mort. Cette personne qui s’indigne parce qu’on parle d’émerveillement devant ceux qui souffrent par exemple, croyant défendre les blessés alors qu’elle leur ferme la porte de la joie. Jésus l’a dit à Pierre, arrière Satan, non pas parce que Pierre était mauvais, mais parce qu’il voulait protéger Jésus de la croix, c’est une bonne intention en soi, mais protéger Jésus de la croix, c’est l’empêcher de nous apporter le chemin du salut.
L’esprit du mal se glisse souvent là où l’on veut faire le bien sans Dieu, là où l’on cherche à aimer sans se laisser traverser. L’antichrist n’est donc pas d’abord dehors, mais en nous, chaque fois que par peur de la souffrance ou désir de contrôle, nous refusons la logique du don. Et pourtant, Siméon le nouveau théologien nous rappelle l’inouï de ce mystère, Dieu s’est fait cher pour que l’homme devienne Dieu, rien que ça, est-ce qu’on peut même se l’imaginer ? Voilà la réponse à toute peur, oui nous avons un corps, avec ses pulsions comme on l’a vu hier, ses limites, sa chimie, mais ce corps est devenu un lieu, le lieu même de la divination.
En assumant la chair, Dieu n’a pas supprimé nos instincts, il les a transfigurés, le verbe ne nous arrache pas à la terre, il l’a rempli de feu, nous pouvons aimer au delà de ce que nos neurones permettent, pardonner sans en avoir l’envie, espérer sans raison. Cela, c’est la trace de l’éternité dans l’homme, alors que cette fin d’année soit donc un passage, non vers la fuite du monde, non vers des résolutions que l’on aura du mal à tenir, mais que ce soit un passage comme un accomplissement en nous, parce que nous croyons, alors Seigneur du temps de l’éternité.
Toi qui fais naître la lumière au cœur des nuits, fais de la fin de cette année un seuil où nous renaissons à ta présence, délivre-nous des faux visages du bien et rends nos cœurs simples, brûlants, éveillés à ton verbe, Amen, chers amis, bonne fin d’année à tous.
Commentaire du Mardi 30 Décembre
• Nous avons une âme
L’évangile de ce jour est une douceur presque cachée.
Une femme âgée, Anne, qui depuis des décennies vit dans la prière et le jeûne, reconnaît l’enfant attendu depuis des siècles. Elle n’a plus rien, pas même la force des années, mais elle a gardé ce feu intérieur, l’espérance. Elle ne s’éloigne pas du temple, parce qu’elle a compris que Dieu finit toujours par passer là où on l’attend.
Dans nos vies aussi, il y a ces lieux de veille, une fidélité, un amour, une souffrance, où sans le savoir, nous préparons le passage de Dieu. Anne n’a pas vu un miracle éclatant, elle a simplement vu un enfant, et cela lui a suffi. Elle a compris que la consolation promise ne viendrait pas d’un monde transformé, mais d’une présence nouvelle au cœur du monde.
C’est peut-être cela la vraie sagesse, ne pas attendre que tout change, mais apprendre à discerner la grâce dans le petit, dans le discret, dans le quotidien. Mais Saint Jean, lui, nous trouble dans la première lecture, il dit n’aimer pas le monde. Comment comprendre cela, nous qui voyons que Dieu lui-même a tant aimé le monde qu’il lui a donné son Fils ? Le monde dont parle Jean, ce n’est pas la création, ni la beauté, ni le plaisir d’exister, ni les petits plaisirs de la vie.
C’est le système clos sur lui-même, cette manière d’aimer sans Dieu. Le danger n’est pas d’aimer les choses, mais de les posséder sans reconnaissance. Quand nous aimons le monde à la manière de Dieu, nous le faisons respirer.
Quand nous l’aimons pour nous seuls, nous l’étouffons, et c’est valable pour tout, même pour les relations. Les déprimés, parfois, croient haïr le monde. En réalité, ils haïssent un monde où Dieu semble absent.
Leur dégoût n’est pas le contraire de la foi, c’est souvent une soif déçue de beauté absolue. Le vrai détachement n’est pas le mépris, le mépris du monde, ni la haine de ce monde. C’est la liberté d’aimer sans se perdre.
Et Jean poursuit. Il dit la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, etc. Il ne condamne pas le corps.
Par ses paroles, il rappelle seulement qu’il ne peut être notre maître. Nous sommes faits de chimie, d’hormones, de pulsions, oui, et Dieu s’est fait chair dans tout cela. Mais l’homme est le seul être capable de dire non à un instinct pour dire oui, à un amour plus grand.
François Tcheng le disait, l’esprit, c’est ce qui dans l’homme permet à la vie de s’élever au-dessus d’elle-même. La vache, par exemple, ne se retient pas de brouter une herbe grasse. Nous, nous pouvons jeûner par amour.
La vache, elle, ne peut pas jeûner. Elle voit une herbe grasse, elle se précipite pour la manger. Voilà le signe que nous avons, une âme. Nos limites biologiques ne sont pas un péché. Elles sont le point de départ de la liberté spirituelle.
Aimer le monde, ce n’est donc pas s’y perdre, mais c’est l’habiter avec une âme éveillée, assez vaste pour y faire entrer la lumière.
Oui, c’est compliqué et c’est pour ça qu’on finira par cette petite prière. Seigneur Jésus, toi qui es venu habiter le monde sans t’y enfermer, apprends-nous à aimer sans posséder, à jouir sans oublier, à désirer sans nous perdre.
Que ton esprit, plus fort que nos instincts, fasse de nos corps un lieu d’offrande et de liberté.
Commentaire du Lundi 29 Décembre
•Syméon : La paix par la fin de l’attente
Lumière qui se révèle aux nations
Il y a dans la scène de la présentation une douceur qui cache un combat.
Le vieillard Siméon, après une vie d’attente, reconnaît enfin la lumière et peut s’en aller en paix. Noël n’est pas seulement la naissance d’un enfant, mais le passage d’un monde ancien à un monde illuminé. Siméon représente tous ceux qui ont espéré s’en voir, et qui soudain découvrent, dans la fragilité d’un petit corps, le salut du monde.
« Il ne demande plus rien, il ne retient plus rien. Mes yeux ont vu ton salut, » dit-il. En Jésus, Dieu se donne à voir, la foi devient vision.
Mais cette lumière ne se pose pas sans douleur. « Ton âme sera traversée d’un glaive, » dit-il. Le mystère de Noël porte déjà celui de la croix.
Celui qui apporte la paix provoque la contradiction, parce que la lumière met à nu les pensées du cœur. C’est justement là que la première lettre de Jean nous conduit. « Aimer son frère, c’est demeurer dans cette lumière.
Haïr, c’est s’en éloigner et retomber dans la nuit. L’enfant de Bethléem ne vient pas nous attendrir, il vient nous convertir. Nous convertir le cœur.
Être chrétien, ce n’est pas admirer la crèche. C’est marcher comme Jésus a marché. Doux, vrai, blessé parfois, mais toujours habité d’un amour plus fort que la peur.
Siméon s’en va dans la paix parce qu’il a reconnu le Christ. Et nous, nous restons dans la paix si nous reconnaissons le Christ dans les visages de nos frères. Le salut n’est pas à chercher ailleurs, il est là, dans nos bras, chaque fois que nous accueillons la lumière sans la posséder.
Alors que le Seigneur, chers amis, fasse briller sa lumière dans nos ténèbres intérieures, qu’il nous apprenne comme Siméon à le reconnaître dans la simplicité.
À l’aimer sans réserve.
Que notre joie soit parfaite dans cette lumière du Christ.
Commentaire du Dimanche 28 Décembre
• la SAINTE FAMILLE
En écoutant l’Évangile que l’Église nous propose pour la fête de la Sainte Famille, on peut avoir l’impression, chers frères et sœurs de Cathoglad, que leur vie a été un peu facilitée par les anges. Prenons Saint Joseph. Un ange lui apparaît en songe pour qu’il prenne Marie pour épouse, puis de nouveau pour qu’il déménage en Égypte, puis de nouveau pour qu’il déménage en Égypte, puis encore un pour qu’il retourne dans leur pays.
Et donc, en disant l’Évangile un peu distraitement, on pourrait croire que l’action de Joseph est constamment guidée par Dieu lui-même, et qu’il n’a qu’à suivre les consignes reçues par des anges pour faire la volonté de Dieu. Et de là, on a vite fait de se dire qu’on aimerait bien que les choses soient aussi simples dans notre famille, qu’on aimerait bien que le bon Dieu nous envoie aussi des anges plus souvent, et qu’on aurait moins de questions à se poser. Je comprends cette impression, mais je pense qu’elle est simpliste.
Je pense même qu’elle ne rend en réalité pas vraiment compte de la foi de Saint Joseph et de la réalité de la Sainte Famille. Pour mieux comprendre l’Évangile, il faut le relire plus attentivement. Il faut être attentif au contexte, aux détails, aux non-dits de l’Évangile.
Car lorsqu’on prend en compte tout cela, et bien un autre portrait de la Sainte Famille nous apparaît. Un portrait à la fois beaucoup plus proche de nous et beaucoup plus intéressant pour nous. Le contexte de ces apparitions d’abord.
Certes, Saint Joseph reçoit des messages de la part de l’ange du Seigneur, mais c’est au cours d’une vie de famille dramatiquement mouvementée. Si l’on résume leurs aventures, il y a des fiançailles compliquées avec une fiancée enceinte à accueillir, puis une grossesse compliquée par une visite auprès de la cousine Elisabeth et puis surtout un recensement à Bethléem, à l’autre bout du pays. Et puis enfin une naissance dans des conditions déplorables que tout le monde connaît.
La visite d’inconnus, des bergers ou des rois mages qui repartent aussi vite qu’ils sont venus. Et puis surtout, dès le départ des mages, une nouvelle fuite, à l’étranger cette fois-ci, pour échapper à des assassins d’enfants qui massacreront les saints innocents. Et donc la Sainte Famille part en Égypte, à des centaines de kilomètres, où elle doit vivre en exil avant de pouvoir rentrer et s’installer dans une région qui n’est pas celle de la famille de Joseph.
Autrement dit, il y a certes des messages angéliques, mais ils arrivent toujours dans un contexte dramatique. L’histoire de la Sainte Famille n’est pas le récit tranquille d’un gentil petit couple constamment assisté par l’ange du Seigneur. C’est une aventure dramatique d’un pauvre foyer qui n’a pas d’endroit où reposer la tête.
Et un détail du texte vient accentuer ce portrait. Certes, l’ange du Seigneur apparaît trois fois à Saint Joseph, mais il lui apparaît en songe pendant la nuit. Autrement dit, ce n’est pas un message clair que Saint Joseph pourrait relire à tête reposée une fois bien réveillée le lendemain matin.
C’est un songe en pleine nuit. Une apparition qui éclaire la conscience de Saint Joseph, mais de nuit, dans un songe, et donc qui lui laisse la tâche difficile de déterminer précisément quelles actions il doit entreprendre une fois réveillé.
Pensez au deuxième songe. Les mages viennent de partir, leurs présences sont à peine rangées dans un coin, et déjà l’ange du Seigneur invite à la fuite en Égypte, parce que les bourreaux d’Hérode vont venir tuer tous les enfants. Mais Saint Joseph, il a appris tout cela pendant un songe, et le matin même, il doit décider. Il doit décider s’il faut fuir ou non à l’étranger immédiatement avec une toute jeune maman et un tout nouveau-né.
Donc la décision n’a pas dû être facile. Il n’avait qu’un songe, et sa conscience, et sa foi, pour décider de partir. Les décisions de la Sainte Famille n’ont pas été prises facilement à la suite d’apparitions angéliques.
Elles ont été prises dans l’obscurité de la foi, et dans les drames de l’histoire des hommes. Enfin, les non-dits du texte ne doivent pas être oubliés non plus. L’Évangile nous parle de ces trois apparitions, mais il ne nous dit presque rien de la trentaine d’années de la vie familiale de Jésus.
L’Évangile est extrêmement discret sur l’intimité de la Sainte Famille, mais parce que cette vie familiale a dû être extraordinairement ordinaire. Il n’y avait pas d’ange tous les jours, il n’y avait pas de miracle tous les jours, il n’y avait pas d’apparition tous les jours. Il y avait simplement un père, une mère et leur enfant qui veut faire la volonté du Tout-Puissant, dans l’ordinaire de leur vie, dans la pauvreté, dans l’exil, dans le quotidien d’une vie cachée, en Égypte puis à Nazareth.
Alors, frères et sœurs de Cathoglad, ne laissons pas courir notre imagination avec des anges qui viendraient régler tous les problèmes. Prenons plutôt exemple sur la Sainte Famille. Mettons nos familles à son école et recevons ses leçons.
La première leçon, c’est que l’histoire sainte n’est pas un long fleuve tranquille. Que faire la volonté de Dieu ne nous épargne ni les épreuves, ni les situations dramatiques. La vie de la Sainte Famille fut ainsi.
Dieu nous guide et nous conduit au travers d’événements qui nous échappent, qui peuvent nous sembler absurdes. Mais comme la Sainte Famille, nous devons alors rester unis et fidèles et accepter que nous comprendrons plus tard l’œuvre du Seigneur.
La deuxième leçon, c’est que dans ces épreuves et ces difficultés, Dieu nous parle surtout à travers notre foi et notre conscience. Parfois, il envoie des anges pour nous éclairer. Parfois, il envoie des messagers pour nous informer. Mais cela n’enlève pas la responsabilité des parents de chercher en conscience le meilleur pour leur enfant.Et ce meilleur n’est pas toujours évident ni facile. Mais avec la foi et dans la prière, Dieu nous guide et fait tout concourir à notre bien.
Enfin, et c’est la troisième leçon, le déploiement de son amour dans nos vies n’a pas à être spectaculaire. Nous n’avons pas à attendre d’apparitions, de miracles, de sensations fortes ou d’événements extraordinaires pour faire grandir la charité dans notre quotidien. Au contraire, l’amour fraternel et familial est une plante qui pousse dans la douceur, dans la discrétion, dans la tendresse, la patience, dans le pardon. C’est ainsi que cet amour a grandi dans la Sainte Famille.
C’est ainsi qu’il fera de nos familles des petits royaumes de Dieu.
Amen.
Commentaire du samedi 27 Décembre
• Saint Jean
Jean est celui qui a entendu battre le cœur du Verbe, Tandis que les autres évangélistes racontent ce que Jésus a fait, Jean dévoile ce qu’il est.
Il ne commence pas par la terre, Mais par le ciel, Non par Bethléem, mais par l’éternité. Il dit au commencement était le Verbe. Il ne cherche pas à convaincre, Il contemple. Il a vu, il a touché, il a cru, Et il veut nous faire entrer dans cette communion. Jean n’explique pas la lumière, Il la laisse briller.
Et c’est pourquoi son évangile n’est pas seulement un récit, Mais un seuil, celui par lequel l’âme passe du visible à l’invisible, Du Christ de l’histoire au Christ de gloire.
Ce disciple que Jésus aimait particulièrement, A compris que la foi ne consiste pas d’abord à savoir, Mais à s’adosser à l’amour, A poser sa tête sur le cœur du Maître, Jusqu’à battre au même rythme que lui. Origène disait qu’on ne peut comprendre l’évangile de Jean, Qu’en s’étant soi-même penché sur la poitrine du Christ.
Cela veut dire que seule l’intimité donne accès au mystère. Ce n’est pas l’intelligence qui ouvre les écritures, Mais la proximité. Voilà pourquoi Jean court plus vite que Pierre vers le tombeau, L’amour a toujours quelques pas d’avance sur la raison. Ce matin, comme lui, nous sommes invités à voir et croire, Non pas parce que tout est clair, mais parce que tout est habité.
Noël continue, le Verbe s’est fait chair, Pour demeurer dans notre chair, Et tout disciple qui aime devient, à son tour, Un lieu où Dieu peut se dire.
Présent, alors Seigneur Jésus, Toi que Jean a reconnu dans la lumière du matin, Fais de nous des disciples qui ne cherchent pas à tout comprendre, Mais à t’aimer plus profondément.
Que nos cœurs, collés au tien, Entendent encore battre ta parole vivante, Au milieu du monde.
Amen.
Commentaire du Vendredi 26 Décembre
• Nativité du Seigneur
A peine la lumière de Noël s’est-elle levée que l’Église nous place devant le sang d’un martyr, et ce contraste, loin d’être une dissonance, est une vérité brûlante. La lumière venue dans le monde ne peut qu’affronter les ténèbres. Le Fils de Dieu s’est fait homme, et aussitôt le monde résiste à sa clarté. Étienne, rempli de l’Esprit Saint, est le premier à porter cette lumière jusqu’à l’extrême.
Hier, l’enfant de Bethléem ouvrait les bras pour accueillir, aujourd’hui Étienne les ouvre pour pardonner. Hier, Dieu entrait dans le monde des hommes, aujourd’hui un homme entre dans la gloire de Dieu. Noël et le martyr ne sont pas opposés, l’un révèle la douceur de l’amour, l’autre sa force. Le berceau et les pierres se répondent, car l’un et l’autre portent la même parole « Père, entre tes mains, je remets mon esprit ». Étienne, le premier, montre que la foi chrétienne n’est pas un ornement de fête, mais un feu qui brûle le cœur jusqu’à la donation totale. Et cela, on l’a vu au Liban, chers amis.
Ce feu, c’est l’esprit du Père, celui-là même qui parlait en Jésus, qui parle maintenant en ses disciples. Étienne ne triomphe pas par l’éloquence, mais par la clarté de son regard, il voit le ciel ouvert, le monde lui jette des pierres, mais lui répond par la miséricorde. C’est cela la victoire de Noël, la naissance d’un peuple capable d’aimer jusque dans la haine. L’enfant de la crèche appelle des cœurs qui sachent, comme Étienne, offrir leur vie sans rancune. Voir Dieu debout dans la nuit et laisser le dernier mot à l’amour.
Ne soyons pas désespérés par ce qui nous entoure, la haine qui est dirigée contre nous, contre ce que nous croyons, contre l’Église elle-même, par des mauvaises expériences ou par des cheminements ténébreux, cela ne doit pas nous affecter. Regardons là-haut, à l’instar d’Étienne, le ciel ouvert qui nous rassure.
Nous venons de fêter Noël, alors aujourd’hui, le cœur plein d’espérance, faisons cette courte prière à saint Étienne.
Seigneur Jésus, né dans la paix d’une nuit et glorifié dans le sang de tes témoins, fais de nos vies une offrande simple et courageuse. Apprends-nous, comme saint Étienne, à répondre à la violence par la tendresse, à voir le ciel ouvert au cœur de l’épreuve, et à remettre entre tes mains tout ce que nous ne comprenons pas encore.
Amen.
Commentaire du Mercredi 24 Décembre
• Il arrive, le soleil levant !
La promesse de Dieu est une œuvre de fidélité silencieuse. David voulait bâtir une maison pour le Seigneur, un temple digne de sa grandeur, mais Dieu inverse les rôles. Ce n’est pas toi qui me bâtiras une maison, c’est moi qui t’en bâtirai une.
Il ne demande pas des murs, mais un cœur habité. Dieu n’a pas besoin de pierre, il veut une demeure vivante, et cette demeure, c’est l’homme. La véritable maison de David s’accomplit en Jésus-Christ, né de sa lignée, temple de chair, où réside la gloire du Trés Haut.
Ainsi, à la veille de Noël, la parole nous prépare. Dieu ne s’installe pas dans la puissance, mais dans la promesse. Il choisit de faire maison, au cœur de notre humanité fragile, là où tout tremble encore.
Et c’est précisément ce que chante Zacharie dans le Bénédictus. Bénis-toi le Seigneur, le Dieu d’Israël qui visite et rachète son peuple. Dieu visite, il ne reste pas lointain, il descend.
Le vieil homme, rendu muet par son incrédulité, retrouve la voie au moment où s’accomplit la fidélité divine. La promesse faite à Abraham, à David, à tous les justes de l’histoire devient chère. Quand nous visite l’astre d’en haut, dit-il.
Et Noël, c’est cette visite. C’est Dieu qui s’avance vers nos ténèbres et éclaire nos chemins d’une lumière qu’aucune nuit ne peut éteindre. Ce soir, la maison de Dieu, c’est le cœur de l’homme qui consent enfin à être visité.
Là où nous ne voyons qu’un abri de toile, lui établit son trône de paix. Aujourd’hui, mercredi 24 décembre, dernier jour de ce calendrier de l’Avent, nous vivrons de la joie messianique. Effort du jour, se réjouir de la venue du Messie, cette nuit comme un enfant.
Debout Jérusalem, resplendie, elle est venue ta lumière et la gloire du Seigneur s’est levée sur toi. Voici que les ténèbres couvrent la terre et la nuit obscure couvre les peuples. Mais sur toi se lève le Seigneur.Sur toi sa gloire apparaît.
Les nations marcheront vers ta lumière et les rois vers la clarté de ton aurore. Aujourd’hui, les ténèbres se font encore plus denses que d’habitude.Il fait froid, le soleil se lève tard et se couche tôt. Nous voici arrivés au jour le plus court de l’année. Toute la création languit après un peu de chaleur et de lumière.
Ce jour reflète d’une certaine façon l’état de notre monde actuel. Le soleil de justice s’est éclipsé, la guerre fait rage, l’injustice se propage, la discorde règne partout, les coeurs sont froids, ils gèlent la pierre fendre dans notre monde.
Tout est possible pour celui qui croit, qui aime et qui espère.Ceci dit, ne devrions-nous pas sursauter de joie comme un petit enfant à la pensée de la venue du Messie ?
Essayons au cours de cette journée d’alimenter cette joie d’enfant, de Dieu, en réfléchissant sur le fait que nous verrons cette nuit se lever droit, fort, impératif, l’amour incarné venu pour nous sauver.
Alors aujourd’hui, réjouissons-nous de la venue du Messie
Commentaire du Mardi 23 Décembre
• Êtes vous muets vous aussi comme Zacharie ?
L’évangile de ce jour n’est pas seulement le récit d’une naissance Mais celui d’un retour à la parole Depuis neuf mois, Zacharie est resté muet Symbole de l’ancienne humanité, de cette fois devenue stérile Incapable de répondre à Dieu autrement que par des rites et des lois Et voici qu’à la naissance de Jean, la voix se délie à partir du moment où le prénom a été prononcé Jean et son nom Car quand Dieu agit, le silence s’ouvre.
Ce père âgé, rendu muet par son doute Retrouve la parole dès qu’il consent à la nouveauté du Seigneur Ce nom Il signifie le Seigneur fait grâce Jean, le Seigneur fait grâce C’est donc la grâce, non la logique, non la descendance comme le demandaient les proches Avec le prénom, mais personne ne porte ce nom là dans votre famille.
Et non plus la tradition, ce n’est pas cela qui rétablit la voix, mais Le choix et l’acceptation du chemin de Dieu, là où la foi s’était figée dans l’attente et dans la peur, la vie recommence à circuler Jean naît et avec lui naît la parole neuve du royaume Malachie l’avait annoncé, avant la venue du Seigneur, le feu, un feu, purifiera le coeur des hommes Jean Baptiste est ce feu, ce souffle qui précède l’incandescence du verbe.
Il vient pour ramener le coeur des pères vers les fils C’est-à-dire pour réconcilier la mémoire et l’avenir, la promesse et son accomplissement Car Dieu ne vient jamais sans d’abord rétablir la communion brisée Le dernier prophète ouvre la voie au premier-né d’une humanité nouvelle Car oui, Jean Baptiste est le dernier prophète Il clôt l’âge des sacrifices et ouvre celui du coeur, et si la naissance libère la parole de Zacharie.
C’est qu’en lui, toute l’histoire d’Israël trouve enfin son sens La loi se tait pour que la grâce parle A la veille de Noël, Jean nous rappelle que toute naissance spirituelle commence par ce passage Laissez Dieu délier ce qui en nous est devenu muet.
Pour qu’à nouveau, notre bouche bénisse et que notre vie prophétise Mais alors si les prophètes n’existent plus, comment nous pouvons nous prophétiser ? Eh bien, les prophètes annonçaient le Christ Les chrétiens prolongent sa voix, les chrétiens d’aujourd’hui.
Nous le prophétisons, pas pour prédire, mais pour faire entendre aujourd’hui ce que Dieu a déjà révélé C’est ainsi que l’Esprit Saint nous donnera le don des prophéties Et ce don, c’est faire entendre aujourd’hui ce que Dieu a déjà révélé Chaque baptisé est appelé à être un prophète Non en ajoutant de nouvelles révélations, mais en rendant actuelle la parole déjà donnée Prophétiser aujourd’hui, c’est lire les signes de Dieu dans le présent.
Parler en son nom, par nos paroles, nos actes, avec courage et fidélité Et rappeler au monde ce qu’il oublie Que Dieu est là, vivant, présent, qu’il sauve Et qu’il appelle à la conversion pour le salut de l’âme Là, chers amis, est notre Noël.
Alors le plus beau cadeau que vous pouvez faire à Dieu, cette année C’est de vous engager dans cette voie prophétique.
Ne restons pas muets
Commentaire du Lundi 22 Décembre
• Le Puissant fit pour moi des merveilles
Le Magnificat que l’on entend aujourd’hui dans l’évangile, n’est pas une jolie prière de jeune fille émue, c’est un cri cosmique on pourrait dire.
Quand Marie dit mon âme exalte le Seigneur, ce n’est pas une émotion, c’est le monde entier qui est en train de s’inverser. Dans le sein d’une femme, le Verbe Créateur, celui qui fit jaillir les galaxies, s’incarne.
Et soudain, le centre de gravité de l’univers se déplace. Ce n’est plus le trône, ni le temple, ni le pouvoir qui porte la gloire, mais un cœur, un cœur disponible. Marie devient l’axe autour duquel tourne la création, le nouveau buisson ardent dont parlait Ludolph de Saxe.
Un feu qui brûle sans consumer, un lieu où la divinité embrase la chair sans la détruire. Le Magnificat est un séisme silencieux. Il proclame que Dieu ne règne plus du haut vers le bas, mais du bas vers le haut, que sa puissance se déploie désormais dans la petitesse, dans ce qui n’a aucune importance aux yeux du monde.
Anne, la mère de Samuel, l’avait pressentie. Quand Dieu intervient, les équilibres se brisent, les logiques humaines se renversent. Mais Marie en vit le cœur battant. Elle porte dans son ventre la promesse d’un ordre nouveau.
Le Magnificat, c’est la révolution la plus radicale de l’histoire, non pas une révolte contre les puissants, mais une métamorphose de la réalité elle-même. Là où les hommes construisent des trônes, Dieu bâtit dès le ventre de la mère de son fils. Là où nous voulons nous élever, Dieu s’abaisse à prendre chair dans l’humanité, qui, je le rappelle, est pécheresse.
C’est pour ça que Marie est immaculée conception. Elle est élevée, extirpée de cette humanité pécheresse pour être amenée là où tout homme a vocation à être. Et c’est dans ce vertige que naît la vraie foi. Non pas croire pour comprendre, mais consentir à ce que tout soit bouleversé. Car Dieu, quand il entre dans le monde, ne vient pas simplement consoler, il n’est pas venu pour nous rassurer. Il est venu pour recréer, pour tracer un chemin.
Le Magnificat est la voie de cette recréation. Il n’est pas un chant du passé, mais le battement d’un cœur neuf qui appelle le nôtre à s’élargir jusqu’à devenir lui aussi le lieu d’une naissance divine. Marie a cette figure si particulière dans la foi.
C’est pour ça que l’Église la prie. C’est pour ça qu’il y a le chapelet. En elle, le monde a été recréé.
En elle, l’espérance s’est accomplie. Tout ça grâce à un simple, mais pourtant si puissant, Oui.
Commentaire du Dimanche 21 Décembre
• 4e Dimanche de l’Avent
Aujourd’hui, nous sommes le dernier dimanche de l’Avent. C’est comme le seuil d’une maison avant la visite d’un hôte. L’évangile nous parle plus seulement d’une promesse lointaine, mais d’un Dieu qui se rend concret, qui entre dans une histoire, dans une famille, dans une chair.
Ce passage de l’attente à la présence nous demande d’abord la disponibilité. Joseph, Marie, les prophètes, tous ont accepté de laisser Dieu entrer dans leur vie sans condition. « Voici que la Vierge est enceinte », dit Isaïe.
Une parole impossible, presque scandaleuse, mais accueillie sans résistance. Donc premier défi, première clé pour vivre ce temps de Noël, être disponible. Alors ce n’est pas tout comprendre, encore une fois, c’est laisser Dieu déranger nos plans.
Tant d’hommes et de femmes n’ont pas reconnu le Messie simplement parce qu’ils avaient déjà décidé ce que Dieu devait faire et ce que Dieu devait être, qui il devrait être et comment il devrait agir. Alors, laissons-nous surprendre par Dieu. Soyons disponibles.
Le premier pas de la foi, ce n’est pas de enfermer Dieu dans nos attentes, mais d’ouvrir la porte pour le laisser agir avec sa puissance.
La deuxième clé, c’est la pureté intérieure. Après la disponibilité, cette pureté intérieure.
Le psaume demande « Qui peut gravir la montagne du Seigneur ? L’homme au cœur pur, aux mains innocentes. Noël ne sera pas pour celui qui sait beaucoup, ni pour celui qui a bien tout préparé, mais pour celui dont le cœur est dégagé du superflu, libre de toute possession intérieure.
La pureté n’est pas la perfection.
C’est la clarté d’un cœur qui désire Dieu plus que tout. Dans nos vies encombrées de bruit, de vitesse, d’opinion, il nous faut retrouver cette simplicité, une âme qui se tient nue devant son Créateur, comme un enfant. Noël n’est pas une fête décorative, c’est une naissance dans l’intériorité.
Si notre cœur est purifié de lui-même, alors seulement il devient capable d’accueillir celui qui vient. Disponibilité, mais pas que, pureté intérieure aussi donc.
Et quelle est cette troisième clé ? Aujourd’hui.
C’est la fécondité de la foi. Saint Paul le dit magnifiquement « À vous qui êtes appelés à être saints ». Ce n’est pas une invitation pieuse, c’est une vocation universelle. Tout cœur qui accueille le Christ devient fécond.
Marie enfante le Verbe, Joseph engendre l’obéissance, Élisabeth fait naître la joie, et chacun de nous est appelé à faire naître Dieu dans un monde qui l’a oublié. Noël n’est pas un souvenir du passé, c’est la continuation de l’incarnation dans le présent. En chaque croyant, Dieu veut encore se faire chair, agir, parler, aimer.
Et à la fin de l’Avent, le plus beau signe qui montre que nous avons bien attendu, c’est si quelque chose en nous devient capable de donner la vie.
Mais quelle est cette chose ? Eh bien, un pardon, chers amis, un pardon à Noël, ça peut ouvrir la vie. Une parole de paix, ça peut ouvrir à la vie.
Une espérance rendue à quelqu’un, ça peut aussi donner la vie. Alors Seigneur, en ce dernier dimanche de l’attente, rends-moi disponible à ta venue, purifie mon cœur des choses inutiles et fais de ma foi une terre féconde où tu puisses naître encore. Apprends-moi à préparer ton passage, non par des décorations extérieures, mais par un silence plein de toi.
Viens, Emmanuel, et fais de mon cœur ta maison.
Commentaire du Samedi 20 Décembre
• Voici que tu vas concevoir et enfanter un fils
Tout commence par une peur, celle d’Acase d’abord, à qui Dieu offre un signe et qui refuse, trop inquiet de mettre le Seigneur à l’épreuve, et celle de Marie, dans cette première lecture, bouleversée par les paroles de l’ange.
Mais là où le roi se ferme à la promesse, la jeune fille de Nazareth ouvre son cœur à l’inattendu de Dieu.
« Sois sans crainte, Marie. » Ces mots traversent les siècles. Ils disent à chacun de nous que notre foi n’est pas l’absence de troubles. Mais la confiance au cœur du trouble. Marie ne comprend pas, mais elle accueille, elle ne maîtrise rien, à l’instar de Saint Joseph lors de son songe.
Elle consent à tout.
En elle, Dieu trouve enfin une demeure, le « oui » d’une femme qui vient combler le silence d’un monde. L’esprit descend et la promesse devient chère. Dieu se fait tout proche, non plus dans la foudre ou la gloire, mais dans le battement d’un cœur d’enfant.
Emmanuel, Dieu avec nous, c’est l’annonce bouleversante d’un Créateur qui choisit d’habiter la fragilité humaine. Comme Marie, nous sommes appelés à devenir ce lieu de passage où Dieu prend vie, à laisser son souffle féconder nos silences et nos doutes. Ce jour-là, le monde a changé de visage, la Vierge a cru et le Verbe s’est fait chair.
Et nous fêtons aujourd’hui Saint Dominique de Silos, humble abbé espagnol dont la prière fervente obtint la naissance de Saint Dominique de Guzman. Il nous apprend, lui aussi, que la fécondité n’est toujours de la foi, celle qui se tient, comme Marie, dans le silence confiant de l’attente.
Saint Dominique, priez pour nous.
Commentaire du Vendredi 19 Décembre
• Nos prières sans réponse
L’évangile d’aujourd’hui nous fait entendre deux naissances miraculeuses, celle annoncée à la femme de Manoah et celle promise à Zacharie. Dans ces deux récits, tout commence dans le silence d’une stérilité humaine. Et tout s’accomplit par la puissance d’une promesse divine.
Voilà un fossé qui est comblé, rempli, par la promesse divine et la réponse de cette promesse, c’est-à-dire la traduction de la promesse, l’accomplissement de la promesse. Dieu aime se manifester dans les lieux où rien ne semble possible. On le sait puisqu’on l’a tous vécu un peu à un moment donné dans notre vie.
C’est comme s’il nous rappelait que sa fécondité dépasse nos limites. Enfin, c’est pas comme si, c’est le message à chaque fois qu’il donne. Zacharie, prêtre fidèle et juste, y prie depuis des années sans voir de réponse, et on peut s’identifier à lui sur beaucoup d’aspects de notre vie.
Et soudain, la promesse surgit. Un fils lui sera donné. Jean, celui qui préparera la venue du Sauveur.
C’est pas n’importe lequel. Mais parce qu’il doute, il devient muet. Voilà, donc Dieu l’invite à entrer dans un silence fécond.
Ce silence de Zacharie est aussi le nôtre. Dans nos attentes, nos prières sans réponse, et bien Dieu agit souvent dans le secret. Il a commencé probablement sa réponse sans que nous pouvions le voir.
Il nous prépare, à l’instar d’Elisabeth, à enfanter quelque chose de nouveau, à laisser naître en nous son dessein. Mais pour cela, il faut consentir à se taire, à ne pas vouloir tout comprendre, ni tout maîtriser.
Car c’est dans le silence que la parole s’incarne.
Dans le tumulte, on ne peut rien entendre. Comme le dit Toller, si tu veux parler, lui doit se taire. Mais si tu te tais, la parole de Dieu peut être prononcée en toi.
Alors que ce temps de l’Avent nous apprenne donc à écouter, à attendre, à nous laisser surprendre. Car dans chaque stérilité, Dieu prépare une naissance. Et on va faire mieux aujourd’hui, puisque le Seigneur est très bon.
Et que notre cœur attend pour Noël une grâce particulière, certainement, nous pouvons lui confier dès aujourd’hui. Cette grâce, ce don, cette promesse, que nous attendons de lui. Confions-lui cela dans notre cœur, disons-le dans notre cœur.
Seigneur, j’attends cela de toi. Alors viens enfanter cela en moi Seigneur, et ce Noël, que ma joie soit parfaite.
Vraiment, demandons la joie parfaite à Dieu pour ce temps de Noël qui va s’accomplir.
Laissons de côté tout ce qui nous dévitalise et entrons dans ce qui nous vitalise, dans la vie, la parole de Dieu qui nous donne vie, qui vraiment nous donne vie dans le silence, on l’a entendu aujourd’hui. Alors faisons silence, mais espérons, demandons toujours dans notre cœur et faisons confiance.
Commentaire du Jeudi 18 Décembre
• Ne crains pas Joseph
L’Évangile de ce jour nous plonge dans le cœur silencieux de Joseph, cet homme juste qui se trouve face à l’incompréhensible.
Marie, la femme qu’il aime, attend un enfant dont il n’est pas le père. Il aurait pu choisir la colère, la honte ou la fuite, mais il a choisi le silence et la bonté. C’est alors que Dieu parle, non pas dans le tumulte, mais dans un songe.
Et dans ce rêve, une parole simple change tout, ne crains pas. Ne crains pas de prendre Marie, ne crains pas d’accueillir ce que tu ne comprends pas encore. Ne crains pas d’aimer au-delà de ta raison.
C’est la confiance pure, celle qui n’attend pas d’avoir tout saisi pour obéir. Joseph ne dit rien, il agit. C’est peut-être cela, la foi la plus haute, croire sans comprendre, obéir sans voir, aimer sans condition.
Et nous, nous n’avons peut-être pas d’ange pour nous parler en songe, mais Dieu ne cesse de murmurer dans nos nuits, de nous parler à travers d’autres personnes, dans le calme toujours. C’est clair quand Dieu nous parle. Il parle à travers les événements, les rencontres, parfois même à travers ce qui nous déroute.
À chacun, il dit encore aujourd’hui, ne crains pas. Ne crains pas d’accueillir ce qui te dépasse, car c’est souvent là que commence l’œuvre de Dieu. Apprends à écouter ce silence intérieur où la confiance devient une réponse d’amour.
Joseph n’a pas cherché à maîtriser le mystère, il s’est laissé porter par lui. Et c’est ainsi qu’il a permis à la promesse d’entrer dans le monde. Et cette promesse a un nom, Emmanuel, Dieu avec nous.
Marie porte déjà en elle la lumière qui vient dissiper toute peur, et Joseph veille en silence sur ce mystère d’amour où Dieu prend chair pour toujours parmi les hommes.
Emmanuel, Emmanuel, Dieu avec nous.
Commentaire du Mercredi 17 Décembre
• Pourquoi Dieu a choisi Abraham ?
L’évangile du jour nous propose une longue énumération de noms. La généalogie de Jésus Christ. Fils de David, fils d’Abraham, fils… Non, par contre, je ne vais pas tout faire, parce que c’est assez long.
Surtout qu’on l’a déjà écouté. Beaucoup y voient un passage aride. Mais en réalité, c’est l’un des plus profonds de tout l’évangile.
Il résume l’histoire du salut. En retraçant cette lignée humaine, Saint Matthieu montre que le Fils de Dieu ne surgit pas hors du temps. Il entre dans la chair et la poussière de notre humanité, dans une histoire réelle, avec ses grandeurs et ses failles.
On y trouve des patriarches, des rois, mais aussi des pêcheurs, des femmes, marquées par le scandale ou la fragilité. Tamar, Rahab, Ruth, Betsabe, etc. Autrement dit, Dieu s’est lié à une humanité blessée.
Rien n’est trop impur, trop tordu ou trop éloigné pour être assumé et sauvé par Lui. Saint Matthieu structure volontairement cette généalogie en trois cycles de quatorze générations. Depuis Abraham jusqu’à David, quatorze générations, depuis David jusqu’à l’exil à Babylone, et aussi depuis l’exil jusqu’au Christ, quatorze, quatorze et quatorze.
Ce chiffre n’est pas un hasard. En hébreu, les lettres du nom David ont pour valeur numérique quatorze. Matthieu veut ainsi dire que toute l’histoire converge vers le roi promis, le fils de David, c’est-à-dire le Christ.
Les trois groupes de quatorze forment une symphonie, une promesse avec Abraham, une royauté avec David, et l’exil et l’espérance avec Babylone, puis enfin l’accomplissement avec Jésus. Avant Abraham, bien sûr, il y eut Adam, Noé, les grandes figures de la Genèse. Mais Matthieu commence par Abraham, car c’est à lui que Dieu a dit « en toi seront bénies toutes les familles de la terre ». Abraham marque le début de l’Alliance, le moment où Dieu choisit un peuple pour révéler son plan de salut.
Avant Abraham, Dieu n’avait pas de peuple élu. Jésus, descendant de cette lignée, accomplit cette promesse. Il est la bénédiction universelle annoncée dès les origines.
En effet, dès les origines, Dieu n’a jamais cessé d’être en relation avec les hommes, mais cette relation était encore diffuse, fragile et personnelle. Il n’existait pas encore de peuple organisé pour porter sa parole. L’humanité tout entière était appelée à connaître Dieu, mais elle s’est peu à peu égarée.
La tour de Babel, le déluge, la dispersion des nations. L’homme cherche le ciel, mais sans Dieu. Alors Dieu a choisi un peuple.
C’est là qu’intervient Abraham. Et Dieu choisit cet homme et lui dit « quitte ton pays et je ferai de toi une grande nation. En toi seront bénies toutes les familles de la terre ». Pour guérir l’humanité dispersée, il se donne un point d’appui, un peuple qui portera sa promesse, un canal à travers laquelle la bénédiction rejoindra tous les autres.
Israël devient le témoin de la fidélité de Dieu, le gardien de la parole, le signe visible de l’alliance entre Dieu et l’homme. Enfin sur ce point, le peuple élu n’est pas supérieur, il est serviteur. Et ce service trouve son sommet dans le Christ, descendant d’Abraham et de Judas.
Jésus universalise l’élection. Ce qui était confié à Israël devient désormais offert à tous les peuples. Par lui, toute l’humanité redevient une.
Il n’y a plus ni juif, ni grec, car tous, vous ne faites qu’un dans le Christ Jésus. En ce sens, Seth représente la promesse cachée, Abraham, la promesse scellée, et Jésus, la promesse accomplie.
Et aujourd’hui, l’Église fête Saint Jean de Mata, qui incarna ce mystère d’un Dieu qui entre dans nos captivités pour nous délivrer. Il est né en Provence. Il est consacré à Dieu dès son enfance.Il servait les pauvres et les malades avec un cœur ardent. Lors de sa première messe, il vit une vision. Un ange vêtu de blanc, portant une croix rouge et bleue sur la poitrine.
Tendant la main à deux captifs, l’un chrétien et l’autre mort. M-A-U-R-E Cela désigne les musulmans du nord de l’Afrique. Cette image lui révéla sa mission, racheter les esclaves et rendre leur dignité à ceux que le monde enchaîne.
Il fonda l’ordre de la Sainte Trinité par la rédemption des captifs, qui libéra des milliers de prisonniers. Jean de Mata meurt à Rome, pauvre et épuisé, mais riche d’un amour immense. Comme le Christ dont il fut le serviteur, il nous rappelle que la généalogie de Jésus continue en nous.
Chaque fois que nous devenons instruments de libération, de paix et de tendresse pour nos frères. Seigneur Jésus, toi le fruit vivant de toute l’histoire des hommes, viens unir nos vies à la tienne. Par l’exemple de Saint Jean de Mata, fais de nous des artisans de réconciliation. Que nos mains tendues deviennent, pour les captifs d’aujourd’hui, les signes de ton amour qui libère.
Saint Jean de Mata, priez pour nous.
Commentaire du Mardi 16 Décembre
• Viens, Seigneur, ne tarde plus !
Dans l’évangile du jour, Jésus raconte la parabole des deux fils. Le premier dit non à son Père, puis se repent et part travailler à la vigne. Le second dit oui, mais n’y va pas.
En demandant lequel des deux a fait la volonté du Père, Jésus nous oblige à regarder la vérité du cœur. Le premier fils a la figure des pécheurs publics, publicains et prostitués, que la parole de Jean le Baptiste a bouleversé. Ils ont résisté, puis se sont convertis.
Le second fils représente les chefs religieux, promptes à dire oui à Dieu en parole, mais incapables d’y répondre par leur vie, en actes. C’est ainsi que Jésus déclare Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. Ce n’est pas une provocation, mais une révélation.
Le royaume s’ouvre d’abord à ceux qui se laissent sauver. Le pécheur repenti est plus proche de Dieu que le juste satisfait de lui-même. Cette parabole rejoint la prophétie de Sophonie que nous avons dans la première lecture.
Ce reste d’Israël représente ceux qui n’ont plus que Dieu pour refuge, les humbles, les blessés, les cœurs brisés, dont parle aussi le psaume. C’est ce peuple-là, dépouillé de toute arrogance, qui écoute et fait la volonté du Père. Saint Bernard le dit simplement, le premier degré de la contemplation, c’est de chercher sans cesse ce que veut le Seigneur, ce qui lui plaît.
La vraie conversion, selon lui, n’est pas de promettre, mais de désirer sincèrement vivre selon la volonté divine. Même lorsqu’on y tombe mille fois, Dieu veut la vie, et celui qui veut sa volonté entre déjà dans cette vie. Voilà le vrai oui du Fils, non celui des lèvres, mais celui du cœur qui se lève, qui se repend et qui reprend humblement le travail dans la vigne du Seigneur.
Alors Seigneur, aujourd’hui, rend mon oui vrai, comme celui du premier Fils, comme celui de Marie.
Délivre-moi du oui des apparences pour que je vive de ton vouloir, et fais de moi ce pauvre et petit que tu gardes dans ta paix.
Amen.
Commentaire du Lundi 15 Décembre
• Un astre se lève
Le livre des nombres nous présente aujourd’hui un personnage singulier, Balaam, un prophète païen, c’est-à-dire un homme extérieur à Israël, mais que Dieu utilise pour révéler une vérité qu’il n’aurait pas pu connaître seul. Voilà déjà une grande leçon.
Dieu parle où il veut, par qui il veut, même à travers ceux qui n’appartiennent pas à son peuple, et souvent c’est un témoignage. Balaam, lui, il voit, il perçoit à distance une lumière qu’il ne peut pas encore saisir pleinement. Il dit « Je le vois, mais pas pour maintenant.»
Un astre se lève, issu de Jacob. Et cet astre, l’église l’a toujours reconnu comme l’annonce du Christ, l’étoile du matin, celle qui vient illuminer des nations. Balaam regarde vers l’avenir et découvre, sans le nommer, le Sauveur qui fera jaillir la justice comme un fleuve et plantera ses demeures dans la paix. Le peuple qu’il bénit est déjà une image de l’église, rassemblée, ordonnée, vivant de la présence de Dieu.
La prophétie de Balaam, donc, c’est la promesse que la lumière de Dieu triomphera, même à travers des voies inattendues. Alors chers amis, maintenant je voudrais que vous fassiez l’effort de vous mettre à la place de ce peuple, qui était à l’époque de Balaam et qui avait avec lui des prophètes qui voyaient un espèce d’avenir, une promesse de Dieu.
Imaginez ce Balaam, qui n’était pas connecté et qui n’était pas en lien du tout avec Israël et qui ne savait pas trop leur histoire, voit des choses et cela arrive par la suite.
Dieu tient ses promesses. Il prépare le chemin avec des prophètes pour son peuple, pour que son peuple se prépare à sa venue. Qu’est-ce qu’il viendrait faire comme ça, éclore dans un chou tout à coup, sans prévenir, sans rien, pour accomplir quoi du coup, on ne sait pas.
Et là, il prépare le chemin. Imaginez l’attente de ce peuple, qui est dans les ténèbres, qui attend l’étoile du matin, c’est-à-dire après la nuit, l’espérance. C’est cette espérance que l’on renouvelle à chaque Noël, l’accomplissement, la venue du Sauveur. C’est ça qui fait que notre cœur trépigne d’impatience, d’allégresse, de gratitude.
Noël, c’est particulier. C’est pourquoi il faut se préparer le cœur et c’est ma deuxième invitation sur la troisième. Je vous invite à aller à la confession, chers amis, pour préparer les chemins du Seigneur dans votre cœur. Noël avec un cœur pur, c’est un Noël débarrassé de soucis.
Voilà, parce qu’on remet tout à Dieu. Je vais arriver maintenant à la deuxième partie de ce commentaire. Dans l’évangile, la lumière fait face à l’incrédulité, cette lumière du Christ. Les chefs du temple interrogent Jésus, non pour apprendre, comme d’habitude, mais pour le piéger.
C’est toujours la même stratégie, ça ne change pas.
D’évangile en évangile, on a toujours la même chose. « Par quelle autorité fais-tu cela ? » disent-ils. Et Jésus, d’un mot, retourne la question. « Le baptême de Jean, d’où venait-il ? » Alors là, qu’est-ce que vous voulez qu’ils répondent ? De Dieu, bon. « Devant la vérité, ils se taisent, incapable de reconnaître l’œuvre de Dieu. Ils refusent la lumière qui brille devant eux.
Comme Balaam autrefois ne pouvait pas encore la saisir. Mais Jésus n’agit pas en son nom, il agit dans la puissance du Père. Et nous sommes tous invités à faire de même, à ne pas agir en notre nom, mais à agir dans la puissance du Père. Et il agit comme ça, Jésus, parce qu’il est le Fils éternel. Le Verbe fait chair. Sa parole et ses œuvres témoignent de cette autorité divine. C’est ça le Verbe, c’est l’autorité.
Et donc cette autorité divine n’est pas un pouvoir terrestre. D’ailleurs, c’est pour ça qu’on arrive à la fin, à une crucifixion. Parce que c’est la terre, c’est le monde. Dieu nous appelle à plus grand, à voir au-delà. Ainsi, nous aussi, nous devons apprendre à reconnaître Dieu dans ses œuvres. Et à croire, même quand il se cache sous les apparences ordinaires.
Cela peut être, chers amis, et on le répète souvent ici aussi, mais parfois on a du mal à le croire, c’est parfois Dieu et parfois dans le visage humain d’un frère ou d’une sœur. Il est dans un geste de bonté. Il est dans un souffle de paix que nous ressentons.
Il est dans la brise légère.
Commentaire du Dimanche 14 Décembre
• Gaudete : Se réjouir, le Seigneur est proche !
« Soyez dans la joie du Seigneur, soyez toujours dans la joie, le Seigneur est proche. » Voici le texte ancien de la liturgie pour le début de la messe du troisième dimanche de l’Avent.
C’est pour cela que l’on appelle ce dimanche le dimanche de « Gaudete », puisque cela veut dire en latin « soyez dans la joie ». Cette invitation à se réjouir, nous l’entendons également dans la première lecture, celle du prophète Isaïe.
« Le désert est la terre de la soif, qu’ils se réjouissent, le pays aride, qu’ils exultent et fleurissent comme la rose, qu’ils se couvrent de fleurs des champs, qu’ils exultent et crient de joie. »
Le Seigneur est tout proche. N’entendez-vous pas la voix de Jean le Baptiste qui crie dans le désert pour préparer les chemins du Seigneur ?
Sommes-nous prêts à le recevoir ? Avons-nous converti nos vies ? Cela pourrait être source de crainte. Nous ne voulons pas manquer le temps favorable, au risque de nous retrouver devant la porte fermée.
Le Seigneur est proche. C’est toute l’humanité qui doit se préparer à le recevoir. Alors, comment l’annoncer ?
Devons-nous faire comme ces prédicateurs de rue d’une secte américaine qui annonce la fin des temps, Armageddon, le grand jour de colère, où tout finira dans les flammes, si ce n’est les élus ?
Devons-nous imiter Philippe Hulus, le prophète de l’album L’étoile mystérieuse de Tintin ? C’est le châtiment en fête pénitence, la fin des temps est venue.
Dans la Bible, nous trouvons bien ce type d’annonce dans les récits apocalyptiques, ceux qui nous parlent du retour du Christ à la fin des temps. Mais nous voyons bien que la prédication de Jean le Baptiste et les textes prophétiques de l’Avent n’ont pas la même couleur.
Ils n’insistent pas sur la peur face à la colère de Dieu, non. Ils insistent sur la joie de voir enfin se réaliser les promesses faites par Dieu à Israël depuis des siècles, annoncées par les prophètes.
Jésus le dit dans l’Évangile selon saint Jean, « Abraham, votre père, a exulté, sachant qu’il verrait mon jour.» Notre plus grande joie est celle de l’annonce de la victoire du Christ sur la mort à Pâques. Mais avant cela, il y a déjà eu celle de l’incarnation.
Dieu est venu visiter l’humanité dans sa chair. Le livre de Théronome disait « Quelle est en effet la grande nation dont les dieux soient aussi proches que le Seigneur notre Dieu est proche de nous chaque fois que nous l’invoquons ? » L’auteur ne croyait pas si bien dire, puisque Dieu s’est fait proche. Il est venu parmi nous. Il s’est donné et il continue de se donner à nous comme nourriture.
Cette joie, personne ne pourra nous l’enlever. Alors, prédicateurs, missionnaires, que devons-nous faire pour l’annonce du royaume ? Devons-nous exalter la fureur du jugement de Dieu ? Ce jugement viendra, certes, mais la crainte ne produit jamais des fruits durables. C’est l’amour, l’attrait du bien, qui peut nous convertir fermement.
Pour cela, nous pouvons demander à Dieu la vertu de force qui nous aide à tenir face au mal et à réaliser le bien. Dans sa lettre, Saint Jacques nous donne une clé. Frères, prenez pour modèle d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.
Lorsque nous pensons aux prophètes, nous pensons souvent à leurs messages apocalyptiques et au rejet qu’ils subissent par ceux qui refusent de croire. Ils finissent souvent par être mis à mort.
Cependant, lorsque nous-mêmes nous essayons de témoigner et de prêcher, soyons bien conscients que Dieu agit invisiblement dans les cœurs, peu à peu, jour après jour.
Prenons pour modèle d’endurance et de patience les prophètes. Avec patience donc, et douceur, soyons les prophètes de cette annonce si joyeuse.
Le Verbe s’est fait cher.
Commentaire du Samedi 13 Décembre
• Jamais plus nous n’irons loin de toi
Le feu d’Élie brûle encore dans les Écritures, un feu de paroles, de purification et de passion. L’éclésiastique le présente comme une flamme vivante, un prophète ardent qui ramène le cœur des Pères vers les Fils, c’est-à-dire qui réconcilie les générations et restaure l’alliance brisée.
Élie n’est pas seulement un homme du passé, il est la figure du prophète qui précède la venue de Dieu. Il a fait pleuvoir le feu sur le mont Carmel, il a dénoncé le mensonge des puissants mais surtout il a été enlevé vivant, signe qu’en lui, la vie de Dieu triomphe de la mort. Lorsque Jésus dit « Élie est déjà venu », il ne contredit pas cette prophétie, il révèle que Jean le Baptiste en est l’accomplissement spirituel.
Jean est venu avec le même feu, le même zèle, la même mission, préparer les chemins du Seigneur. Le premier avènement du Christ a eu Jean pour héros, le second aura Élie.
L’un et l’autre montrent que Dieu, avant d’entrer dans le monde, allume toujours un feu dans les cœurs pour qu’il soit prêt à l’accueillir. Le Seigneur fonctionne toujours avec cette stratégie, cette pédagogie, il prépare le chemin. Et c’est là notre espérance, ce feu n’est pas réservé aux prophètes d’autrefois, il est actuel, il continue de brûler dans chaque âme qui laisse Dieu la purifier.
Nous pouvons avoir, en quelque sorte, Élie en nous. Quand Jésus évoque Élie et Jean, il parle de nous.
Sommes-nous des cœurs ardents ou des braises éteintes ? Le Seigneur veut que nous soyons des précurseurs, à notre tour des témoins qui annoncent sa venue par la ferveur, la vérité et l’humilité, car oui, nous croyons à cette vérité. Car, dit saint Augustin, celui qui imite l’humilité du précurseur comprendra la majesté du juge. Être prêt pour le second avènement du Christ, c’est vivre dès maintenant dans la lumière de son premier avènement.
C’est accueillir dans notre vie ce feu doux et exigeant de l’Esprit-Saint qui brûle sans consumer, éclaire sans détruire.
Et en ce jour, alors que nous approchons de Noël, demandons à Notre Dame de Guadalupe, dont nous fêtions hier la tendresse maternelle, de déposer en nous la flamme de cette humilité brûlante, qu’elle nous rende simples comme Jean, forts comme Élie, et pleins de joie, cette joie prophétique qui prépare le retour du Seigneur.
Commentaire du Vendredi 12 Décembre
• Bienheureuse Vierge Marie de Guadalupe
Aujourd’hui dans l’évangile, Jésus regarde la foule et soupire. Il dit à qui vais-je comparer cette génération ? Et il la compare à des enfants capricieux qui jouent sur la place.
Des gamins, tantôt joyeux, tantôt tristes, mais que rien ne satisfait. Quand Jean le Baptiste prêche la pénitence, on dit il est possédé. Quand Jésus apporte la joie, on l’accuse d’être un glouton.
Autrement dit, le cœur de l’homme s’est endurci. Il ne sait plus recevoir ni la rigueur, ni la tendresse de Dieu. Il se barricade dans la critique, dans l’ironie, dans le on dit.
Et pourtant, Dieu parle par tous les chemins, dans le désert austère de Jean comme dans le repas fraternel du Christ. Mais celui qui veut tout juger n’écoute plus rien. Est-ce une attitude qui nous concerne ? La vraie sagesse, dit Saint Grégoire, c’est une harmonie.
Comme le corps a plusieurs sens, chacun avec sa fonction, l’âme a besoin de tous les visages de Dieu. La sévérité qui purifie, la joie qui console, la douceur qui relève. Refuser l’un, c’est refuser l’ensemble.
Il faut en prendre conscience. Deuxièmement, alors pourquoi des gamins ? Parce qu’ils représentent l’immaturité spirituelle. Celle qui veut tout maîtriser, tout comprendre, mais sans jamais se livrer.
Et c’est à l’image de pas mal de personnes aujourd’hui. Ces enfants appellent les autres à danser, à pleurer, à participer, mais eux-mêmes ne se bougent pas. C’est l’image de ceux qui ne savent plus entrer dans le rythme de Dieu.
Or, le Seigneur nous invite à une danse intérieure, une remise en cause. Il joue la flûte de la joie quand il veut que nous célébrions sa présence. Et il chante les lamentations quand il appelle à la conversion.
Mais souvent, nous restons assis et indifférents. Le danger spirituel de notre temps est là. Le danger spirituel de notre temps, chers amis, c’est l’âme blasée.
Celle qui ne s’émerveille plus et ne s’aime plus. C’est un chemin de péché. Il faut vite en sortir.
Et pourtant, dit Isaïe, si seulement tu avais prêté attention à mes commandements, ta paix serait comme un fleuve. Alors la paix ne vient pas de la compréhension de Dieu, mais de l’écoute. Le juste est comme un arbre planté près d’un ruisseau.
Il ne commande pas la musique. Il laisse la sève monter.
Dernier point aujourd’hui, chers amis, nous fêtons Notre Dame de Guadalupe. C’est une fête particulièrement importante pour les sud-américains. La mère qui vient réveiller les cœurs. Alors c’est justement à un peuple brisé et déchiré entre la foi et la peur que la Vierge Marie est apparue à Guadalupe en 1531 à un humble indien, Juan Diego.
Elle lui parle avec douceur dans sa langue. Elle ne vient pas juger, mais elle vient consoler. Elle lui dit, n’aie pas peur, ne suis-je pas ici, moi qui suis ta mère. Cette apparition au cœur du Mexique, marquée par la violence et la domination, fut un signe immense. Marie vient pour réconcilier les peuples. Pour unir les cœurs séparés.
Pour dire que Dieu se fait proche des petits et des pauvres. Sur le manteau de Juan Diego, son image apparaît. Une femme revêtue de soleil, les étoiles sur son voile, la lune sous ses pieds.
C’est la femme de l’apocalypse. Mais c’est aussi la mère du Christ, venue rappeler au monde que le salut ne s’impose pas, il se propose. Tout comme la paix. Guadalupe, c’est la réponse du ciel à nos générations qui n’écoutent plus. Marie joue encore la flûte, elle chante encore la tendresse, et ceux qui ont des oreilles, entendent à nouveau.
Sainte Marie de Guadalupe, mère des peuples et source de douceur, toi qui as parlé au cœur de Juan Diego, apprends-nous à écouter la voix de ton fils.
Commentaire du Mercredi 10 Décembre
• Ne crains pas
Aujourd’hui, on va prendre un temps supplémentaire dans ce commentaire parce que les textes du jour sont très riches.
Le Seigneur nous parle comme un père qui s’avance vers son enfant épuisé. Il dit « Ne crains pas, je saisis ta main droite ». Et dans l’évangile, Jésus évoque Jean le Baptiste, la figure d’Élie un peu mystérieuse, le royaume des cieux et la petitesse. Ce sont des mots forts, mystérieux et pourtant profondément liés. Premièrement, la confiance. Deuxièmement, la force dans la faiblesse. Troisièmement, le feu du prophète. Et enfin, la douceur de Dieu.
Ensemble, ils dessinent un même visage. Celui d’un Dieu qui ne règne pas par la peur, mais par la tendresse. Alors premièrement, la parole de Dieu qui dit « Ne crains pas ». Avant même de nous parler, il se fait proche, il nous saisit la main.
Quand tout s’effondre dans nos vies, quand la peur serre la gorge, quand la prière semble vide, Dieu dit « Ne crains pas, je viens à ton aide ». C’est une parole qu’il faut entendre au temps présent. C’est pas « Je viendrai », mais « Je viens ». Le Seigneur ne se promet pas pour demain. Il se donne aujourd’hui, mais cela veut dire ne pas obéir à cette peur.
La foi n’est pas l’absence d’émotion, mais c’est un acte de confiance. Alors oui, Seigneur, j’ai peur, mais je te tends ma main. Et alors, le Seigneur agit avec cette ouverture du cœur, car Dieu ne méprise pas notre fragilité, il s’en sert.
Isaïe le dit magnifiquement, il dit « Jacob, pauvre vermisseau, je t’ai fait, traîneau, abattre le grain ». Autrement dit, celui qui se sait petit devient fort entre les mains de Dieu. Il n’y a pas de désert si aride que sa parole ne puisse y faire jaillir une source. Ensuite, il y a cette parole dans l’Évangile, « Le plus petit dans le royaume est plus grand que Jean ». La grandeur du cœur humble, qu’est-ce que ça veut dire ? Et bien, Jésus rend hommage à Jean le Baptiste.
Puis il ajoute cette phrase qui est un peu déconcertante, « Et pourtant le plus petit dans le royaume des cieux est plus grand que lui ». Alors comment comprendre cela ? Jean est le dernier et le plus grand des prophètes. Il a préparé le chemin, mais il n’a pas encore vu la croix. Ceux qui vivent désormais dans la lumière du Christ avec le Christ en le même temps participent d’un mystère plus grand, c’est-à-dire nous.
Ils partagent la vie même de Dieu. Et pourtant, ce mystère n’est accessible qu’à ceux qui deviennent petits. Alors qu’est-ce que ça veut dire être petit ? Ce n’est pas être insignifiant, c’est laisser Dieu être grand en nous.
C’est accepter de ne rien posséder pour recevoir tout. C’est la voix des saints, la voix de Marie. Il a regardé l’humilité de sa servante.
On ne devient pas petit par effort, mais par abandon. C’est le fruit d’une confiance qui se désarme devant Dieu, comme un enfant s’endort dans les bras de son père. Troisième point aujourd’hui, Jésus ajoute dans l’évangile, « Depuis les jours de Jean le Baptiste, le royaume des cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer.»
Alors qui sont ces violents ? Ce ne sont pas des pêcheurs, les pires des pêcheurs, mais ceux qui veulent saisir Dieu à leur manière, par la loi, la raison ou la domination. Le royaume ne s’arrache pas, il s’accueille. On parle beaucoup, je le dis souvent ça, le royaume s’accueille, tout s’accueille. Parce que si on n’accueille pas en nous quelque chose, on ne reçoit rien et on est fermé et on va vers la mort. C’est une parole importante, l’accueil. Disposer son cœur dans l’ouverture et non dans la fermeture.
Alors pourtant, entrer dans le royaume exige une lutte intérieure, mais non pas contre Dieu, mais contre tout ce qui nous empêche d’aimer et de l’aimer. C’est ici qu’entre en scène la figure mystérieuse d’Elie, qui est dans la Bible une figure que l’on a du mal à saisir, à laquelle Jésus compare Jean. Elie, ce prophète enlevé au ciel, incarne la tension du croyant, feu brûlant de zèle et silence de la présence de Dieu.
Il est la flamme de la vérité, mais aussi le souffle doux sur la montagne de l’Oreb. Jean, lui aussi, a crié dans le désert. Il a préparé la voie.
Elie revient à travers lui comme une mémoire du feu divin, une lampe qui annonce le soleil. Et ce feu ne s’est pas éteint, il brûle encore dans les cœurs qui se laissent consumer par l’amour du Christ. Et je rappelle que la violence que le royaume subit, ce sont par ceux qui cherchent à s’approprier Dieu à leur manière, c’est-à-dire à faire les courses dans ce qu’on accepte ou qu’on n’accepte pas.
Il y a une pédagogie à avoir, parce qu’on ne peut pas tout accepter d’un coup, sans doute, mais il faut être docile à la parole, parce qu’elle nous ouvre à la vérité. Cette vérité nous ouvre à la compréhension, d’accord ? Nous cherchons la vérité, nous qui suivons le Christ. Et nous sommes dans ce siège où nous ne pouvons pas tout comprendre d’un coup, mais nous avons cette grâce de pouvoir être accompagnés tous les jours par la parole.
Et elle nous forge le cœur pour comprendre. Quatrième point, et c’est un des plus importants, que celui qui a des oreilles, qu’il entende. C’est la phrase que prononce le Christ.
C’est un appel universel, parce que Dieu ne parle pas seulement à un peuple, il parle à toute l’humanité. Et d’ailleurs, il s’adresse dans cette parole, aussi principalement aux juifs, à l’époque, mais aujourd’hui à tous ceux qui sont enfermés dans leur croyance, qui ne s’ouvrent pas à sa parole. Sa parole, on l’a vu dans le monde, franchit les barrières de la langue.
Elle franchit les barrières des religions, des cultures, des systèmes. Il se révèle à ceux qui, même sans savoir son nom, cherchent la lumière. Certains écoutent la loi, d’autres la voie intérieure de la conscience, d’autres encore le silence du désert.
Mais c’est toujours le même Dieu qui appelle. Saint Hilaire le dit, il dit le Christ est venu avant la loi pour éclairer la raison naturelle, sous la loi pour confirmer les patriarches, après la loi pour appeler les nations. Ainsi, chaque époque, chaque vie, chaque épreuve, devient un miroir où se reflète la venue du Sauveur.
Le plan de Dieu se déploie comme une symphonie. Depuis Adam jusqu’à aujourd’hui, tout est orienté vers le Christ, vers cette main tendue qui relève et guérit. Il est le chemin, la vérité et la vie, nul ne va au père, nul ne va donc au ciel, sans passer par lui. Dieu ne cesse de nous le redire, ne craignons pas. Dans le vacarme du monde, dans la fatigue du cœur, dans la nuit de l’esprit, cette parole demeure intacte. Elle est la plus simple et la plus grande promesse de Dieu.
Le croyant n’est pas celui qui n’a jamais peur, mais celui qui choisit de garder la main du Seigneur même dans l’obscurité, de la tenir fermement. Et cette main-là, une fois saisie, elle ne se retire jamais, c’est toujours nous qui décidons de la lâcher.
Alors, chers amis, ne lâchons pas la main qui nous est tendue et que nous avons, pour la plupart, je l’espère, saisie.
Ne lâchons pas cette main.
Commentaire du Mercredi 10 Décembre
• Venez reprendre des forces !
En ce temps-là, Jésus prit la parole. Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joux, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme.
Oui, mon joux est facile à porter, et mon fardeau léger. Jésus nous dit aujourd’hui, Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. C’est sans doute l’une des paroles les plus consolantes de tout l’évangile.
Dans un monde où l’on demande toujours plus, plus de rendement, plus d’énergie, plus de résultats, le Christ ne nous dit pas, fais encore un effort, mais juste viens à moi. Il ne promet pas une absence de fardeau, mais un repos intérieur, celui du cœur uni au sien, car son joux, c’est l’amour. Il devient léger quand il est porté avec lui, dans la douceur et l’humilité. Là est le secret, on ne trouve pas la paix en se reposant de Dieu, mais en se reposant en Dieu. Isaïe l’avait déjà annoncé, il rend des forces à l’homme fatigué, il augmente la vigueur de celui qui est faible.
Dieu ne supprime pas la fatigue, il la transforme en élan, c’est pourquoi le prophète compare la foi à un envol d’aigle. Ceux qui espèrent en Dieu retrouvent des ailes, le vent de l’esprit ne nous dispense pas du désert, mais il nous permet de le traverser. Le chrétien ne s’épuise pas dans l’activisme, il apprend à puiser.
Quand tout paraît sec et stérile, la parole de Dieu, souvenez-vous de ce qu’on disait hier, devient comme une source cachée. Il ne se fatigue pas, il ne se lasse pas. Celui qui demeure dans cette parole retrouve jour après jour la vigueur de la confiance, la douceur de l’humilité et la joie d’un cœur apaisé.
Alors la recette, chers amis, c’est de se reposer sur le cœur de Jésus, de lui donner tous nos soucis et d’espérer en lui, quoi qu’il arrive, quoi qu’il advienne, quoi qu’il se passe. La vraie joie est quand on laisse les rênes au Seigneur. Lui seul peut nous guider dans la bonne direction.
Lâchez du lest. Faites confiance et priez.
Aujourd’hui nous fêtons Notre-Dame de Lorette, patronne des voyageurs et des foyers. La tradition raconte que la Sainte Maison de Nazareth, où l’ange salue à Marie, aurait été transportée par les anges jusqu’à Lorette, en Italie, et cela avec objectif d’être préservée des invasions. Ce lieu rappelle que Dieu habite les maisons simples, les cœurs pauvres, les lieux où la parole se fait accueillir.
Là où Marie a dit oui, Dieu s’est fait chair. Rappelons-nous cela, car c’est à nous de dire oui parfois au Seigneur, pour que son œuvre s’accomplisse en nous. Ô Notre-Dame de Lorette, toi qui as accueilli le Verbe dans ta maison, abrite nos fatigues et nos peurs.
Commentaire du Mardi 9 Décembre
• Le voici qui vient nous sauver
L’évangile d’aujourd’hui reprend l’image de la brebis égarée, mais dans un ton différent de celui de Saint Luc. Chez Matthieu, Jésus ne met pas en scène le pécheur repenti, mais le regard du Père.
Votre Père qui est aux cieux ne veut pas qu’un seul de ses petits soit perdu, c’est la miséricorde avant la conversion, l’amour qui précède tout retour. Matthieu parle à une communauté blessée où certains se sentent exclus et oubliés. Le Christ révèle ici un visage de Dieu profondément paternel qui part à la recherche de celui qui s’est perdu avant même qu’il ne crie.
C’est tout le mystère de la consolation d’Isaïe. Dieu vient d’abord consoler son peuple avant de juger, rassembler son peuple avant d’exiger. Voilà pourquoi il y a quatre évangélistes, quatre visages d’un même amour, quatre chemins pour dire une même parole éternelle.
Luc insiste sur la joie du ciel, Matthieu sur la fidélité du Père, les deux se complètent. Le berger qui cherche est celui qui ne renonce jamais. Dans Isaïe, de la première lecture, cette même parole traverse le temps, elle dit « L’herbe se dessèche, la fleur se fane, qu’en passe le souffle du Seigneur, mais la parole de notre Dieu demeure pour toujours ».
Ce n’est pas une simple comparaison, poétique, tout ce que nous croyons solide, nos succès, nos souffrances, nos certitudes s’effritent, mais la parole demeure. Elle seule garde sa fraîcheur, sa sève, son autorité, parce qu’elle est connectée à la source. La fleur de nos vies passe, mais la semence de Dieu ne meurt pas. Ce verset nous invite à fonder notre foi, non sur l’émotion du moment, mais sur cette parole qui ne vieillit jamais.
Et c’est dans ce désert-là, celui du dépouillement intérieur, que nous entendons enfin la voix qui dit « Consolez mon peuple ». La consolation, ce n’est pas l’oubli de la douceur, c’est la certitude que Dieu marche dans nos vallées et comble nos ravins, là où tout se fane, sa parole fleurit. Alors, chers amis, ne fondons pas trop sur l’émotion, car elle dure qu’un instant et elle a une fin, mais fondons tout sur la parole du Christ, car elle est éternelle et elle demeure d’âge en âge.
Et aujourd’hui l’Église fête Saint Juan Diego, alors je ne vais pas m’amuser à prononcer ce nom parce qu’il est très difficile, c’est un simple paysan du Mexique à qui la Vierge de Guadalupe est apparue en 1531, et à travers lui Dieu a choisi encore une fois un petit, un cœur pur pour révéler sa tendresse au monde.
Sur son manteau, l’image miraculeuse de Marie demeure comme un signe vivant. Les fleurs fanent, mais la parole de Dieu gravée sur le tissu d’une vie humble ne passe jamais. Car oui, il y a un lien avec une rose dans cette histoire de Notre-Dame de Guadalupe.
Saint Juan Diego, pour convaincre l’évêque de la réalité de ses apparitions en plein mois de décembre, alors que la terre était stérile et le froid mordant, Marie lui demanda de cueillir des roses de Castille, des fleurs étrangères au Mexique, impossibles donc à trouver à cette saison. Et Juan Diego obéit, il trouva miraculeusement ces roses en fleurs, les recueillit dans son manteau, et quand il ouvrit devant l’évêque, des roses tombèrent à terre, et l’image de la Vierge de Guadalupe apparut imprimée sur le tissu de son manteau. Juan Diego nous rappelle que la consolation d’Isaïe s’accomplit toujours dans les âmes simples, là où Dieu trouve encore un désert pour y tracer son chemin, alors ne compliquons pas trop notre vie pour rester simple et pouvoir accueillir cette parole qui guérit.
Saint Juan Diego priez pour nous.
Commentaire du Lundi 8 Décembre
• Immaculée Conception Vierge Marie
l faut parfois revenir au commencement pour comprendre la lumière. Tout commence par le cri de Dieu. Oû est tu donc ? Cri adressé à Adan après la chute. Ce n’est pas la colère d’un juste mais la blessure d’un père.
L’homme c’est caché. C’est dérobé à la lumière. Et depuis, toute l’histoire du salut sera cette lente recherche de Dieu pour retrouver l’humanité. Et c’est là qu’entre en scène Marie, la femme promise dès la Genèse, celle par qui le serpent sera vaincu.
En elle, Dieu recrée l’humanité telle qu’elle aurait dû être, sans tâche, sans rupture, sans ombre. Elle n’est pas seulement sainte, elle est immaculée, c’est-à-dire préservée du péché dès sa conception.
Non pas par ses mérites, mais par pure grâce, en vue de son rôle unique, porter dans sa chair le fils du Très-Haut. Dieu prépare toujours son œuvre avant qu’elle s’accomplisse.
Et c’est comme ça aussi dans nos vies.
Marie est le chef-d’œuvre qui précède l’incarnation. Au XIXe siècle, en 1858, la Vierge Marie apparaît à une jeune fille pauvre et illettrée de Lourdes, Bernadette Soubirous. Lorsque le curé de la paroisse lui demande le nom de la dame que Bernadette avait vue, elle répète, sans comprendre, cette phrase étrange. « Que soy era immaculada conceptio » « Je suis l’Immaculée Conception ».
Quatre ans plus tôt, le pape Pie IX venait de proclamer ce dogme. Marie, dès le premier instant de sa vie, fut préservée du péché originel. Et Bernadette, qui ne connaissait ni le latin ni la théologie, ne pouvait pas inventer une telle expression. C’est le ciel lui-même qui venait confirmer la foi de l’Église.
Théologiquement, cela signifie que Dieu, qui voit tout d’un seul regard, a appliqué à Marie, par avance, les mérites de la croix de Jésus. Là où nous sommes lavés du péché, elle fut empêchée d’y tomber.
Les protestants refusent souvent ce mystère, arguant que seul le Christ est sans péché. Mais ils oublient que Marie n’est pas à côté du Christ, elle est en lui. Le premier fruit de sa victoire, ce n’est pas une gloire humaine, mais une grâce divine.
Et pourquoi ce dogme fut-il proclamé si tard dans l’histoire de l’Église ? Parce que la révélation, comme la lumière de l’aube, se déploie lentement dans la conscience de l’Église. Ce que Dieu accomplit en silence dans le sein de Marie, il le fait aussi dans l’histoire. La vérité ne change pas, mais elle s’éclaire, elle se découvre.
Aujourd’hui, dans un monde blessé, confus, la fête de l’Immaculée Conception est un appel à retrouver cette lumière originelle, une humanité purifiée, docile à la grâce et entièrement tournée vers Dieu. En Marie, la terre a retrouvé son innocence et le ciel son sourire.
Aujourd’hui, lundi 8 décembre,
puisons les grâces dans le cœur pur de la Sainte Mère de Jésus.
L’effort du jour, priez l’Angelus matin, midi et soir.
Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance. Celle-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. Après le péché originel, Dieu prononce à l’encontre de l’homme, de la femme et du serpent, un jugement dont les conséquences marqueront l’humanité pour toujours. Au serpent, il dit cette phrase qui est proposée aujourd’hui à notre méditation.
Ces quelques mots sont appelés par certains spécialistes de la Bible protévangiles, parce qu’ils sont la première annonce de la venue d’un Sauveur qui rachètera l’humanité de ses péchés en écrasant la tête du serpent, c’est-à-dire en réduisant à l’impuissance Satan et les forces du mal.
La femme, dans le récit de la Genèse, c’est Ève. Sa descendance, c’est Jésus et sa mère. Et puisque le Christ nous est venu par Marie, alors évidemment, celle-ci est intimement associée à la victoire de son fils.
La descendance d’Ève, mère des vivants, atteint son sommet en Marie, la mère de Jésus, le vivant par excellence et de tous les rachetés. Le 1er novembre 1950, le Vénérable Pie XII proclamait solennellement le dogme de l’Assomption à Rome sur la place Saint-Pierre, reprenant ce titre marial de Nouvelle-Ève.
Il disait « Dès le deuxième siècle, la Vierge-Marie a été jointe par les Pères au Nouvel Adam, comme la Nouvelle-Ève, dans une union étroite avec lui, dans le combat contre l’ennemi infernal.
Or ce combat, comme il est annoncé à l’avance, devait aboutir à une pleine victoire sur le péché et la mort.
Ô Notre-Dame, votre Immaculée Conception, c’est votre triomphe sur le serpent, la réalisation de la prophétie de la Genèse. Satan n’a jamais eu la moindre emprise sur votre âme.Vous lui avez écrasé la tête. En ce saint jour, nous voici à vos pieds. Nous venons puiser dans votre cœur immaculé, blanc comme la neige, des grâces pour mener le combat olympique de la pureté, car nous sommes des pauvres pécheurs.
Vous en avez fait la promesse aux petits bergers de Fatima. Finalement, mon cœur immaculé triomphera. Hâtez cette victoire, et gardez-nous dans la foi et l’espérance qu’un jour l’Enfer sera vaincu.
Aidez-nous à être vos humbles combattants au service du bien et du beau. Faites de nous vos blancs messagers partout où règne la noirceur du mal, de Satan et de ses œuvres, même si le combat nous semble démesuré, si nous nous sentons seuls ou s’il nous semble plus facile de suivre l’esprit du monde.
Ô Mère, conçue sans le péché originel, vous qui avez été sans cesse disponible à la sainte volonté de Dieu, apprenez-nous à notre tour à ouvrir grand notre cœur. Et qu’en vos mains toutes purs si riches de misericorde, nous devenions des instruments de votre amour maternel, capable de ranimer et d’enthousiasmer tant d’âme égaré dans les pièges futile de ce monde.
A la suite du Padre Pio, nous vous redisons moi je suis faible et j’admire le mystère de votre immaculée conception. Purifiez mon coeur pour qu’il puisse mieux aimer Dieu. Purifiez mon esprit pour qu’il puisse s’elever à lui et le contempler, l’adorer et le servir en Esprit et en vérité. Purifiez mon corps pour qu’il devienne un tabernacle moins digne de le recevoir lorsqu’il vient à moi dans l’Eucharistie. Ô Marie, notre Dame du oui, aider nous à prendre la résolution de prier l’Angelus matin, midi et soir. Afin de vous honorer dans votre don gratuit de vous-même et de te redire chaque jour avec vous au Bon Dieu un « oui » généreux et sans réserve à sa très douce volonté.
Commentaire du Dimanche 7 Décembre
• La grande paix arrive
Dans l’Évangile que nous venons d’entendre, chers frères et sœurs de Cathoglad, l’Église nous donne à voir un aspect étonnant de la révélation chrétienne, un aspect si surprenant que s’il n’était pas affirmé explicitement par la Bible, nous n’aurions jamais pu le découvrir par nous-mêmes.
Je veux parler de l’incroyable délicatesse de Dieu. Il est assez facile, ou plutôt assez logique, de comprendre que Dieu est tout-puissant. Un Dieu avec une puissance limitée, ce ne serait plus vraiment un Dieu. De même, il est assez logique de croire que Dieu est parfaitement heureux en lui-même, qu’il n’y a pas de conflit entre les personnes de la Trinité.
Bref, il ne nous est pas trop difficile de croire que Dieu est tout-puissant ou bien qu’il est parfaitement heureux. Mais l’Évangile d’aujourd’hui nous montre un autre aspect de la divinité. L’Évangile d’aujourd’hui nous montre un Dieu incroyablement délicat. En fait, c’est un peu dingue quand on y pense.
Car l’enjeu du « oui » de la Vierge Marie est immense. Il ne s’agit de rien de moins que de sauver toute l’humanité, de rattraper le drame de la chute originelle. Tous les hommes, mystérieusement certes, mais réellement, tous les hommes sont tombés avec Adam et Ève. Tous se sont coupés de la communion originelle avec Dieu.
Tous sont voués à la mort par cette terrible faute. L’humanité s’est coupée de Dieu avec Adam. Et donc, la créature a rejeté son Créateur. Et elle subit les malheureuses conséquences de cette rupture. Elle ne sait plus où est Dieu. Elle le cherche dans des idoles ou des mirages. Elle se construit des faux dieux. Elle écoute des faux prophètes. Elle s’enivre dans de faux bonheurs. La situation est vraiment dramatique. Et que fait le Dieu Tout-Puissant pour répondre à ce malheur ?
Comment voyons-nous son amour infini se mettre à l’œuvre pour nous relever ? Eh bien, nous venons de l’entendre, frères et sœurs. Pour accomplir cette tâche immense, Dieu n’envoie pas des milliers d’anges rétablir la justice. Dieu ne fait pas éclater sa gloire au milieu des nations en terrassant les rois et les puissants par la force.
Non, Dieu envoie un ange à une jeune fille vierge pour lui annoncer qu’elle porte en ses entrailles un fils, qui est aussi son sauveur, un bébé qui est aussi son créateur, un fils d’homme qui est aussi le fils éternel du Père, le Verbe de Dieu, Jésus, la lumière née de la lumière, le vrai Dieu, né du vrai Dieu. Oui, frères et sœurs, quand Dieu agit avec les hommes, il le fait toujours d’une manière merveilleusement délicate.
Et la Vierge Marie en est la plus belle illustration. Quand la toute-puissance de Dieu réalise, avec l’incarnation du Fils, la tâche la plus importante de l’histoire des hommes, Dieu le fait de manière délicate. Il le fait avec la collaboration d’une jeune fille, avec la liberté d’une jeune fille si pure et si humble qu’elle est exempte de tout péché. Nous le voyons, frères et sœurs, l’action de Dieu n’est pas tapageuse. Elle ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil, ne cherche pas son intérêt. Non, l’action de Dieu prend patience. Elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout. L’action de Dieu, nous la voyons en Marie à l’état pur, si j’ose dire.
Quand on contemple la Vierge Marie, on voit Dieu qui agit sans interférence, sans que aucun péché ne fasse obstacle au déploiement de son amour. On l’a vu dans l’Évangile avec l’annonciation de l’ange à Nazareth, on l’a vu à Lourdes quand l’Immaculée Conception, à son tour, s’est penchée sur la terre pour demander son consentement à Bernadette.
Que dit la très sainte mère de Dieu à cette petite bergère du fond des Pyrénées ? « Voulez-vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ? » La Reine du Ciel vous voit, la pauvreté de Lourdes, elle lui demande la grâce de venir la voir.
Remarquez donc cette douceur, cette amabilité, ce respect incroyable. Eh bien, cette délicatesse de Marie envers Bernadette, elle est comme le reflet et la conséquence de la tout aussi incroyable délicatesse de Dieu envers la Vierge Marie à Nazareth. Car lorsqu’on contemple la Vierge Marie, on voit Dieu qui agit sans interférence.
Alors, frères et sœurs, n’allons pas attendre que Dieu nous traite autrement qu’il n’a traité sa propre mère. Ne lui demandons pas d’agir avec nous différemment. Ne lui demandons pas d’agir dans nos cœurs avec fracas, de s’imposer à nous sans notre consentement, d’agir sans délicatesse.
Au contraire, accueillons sa douceur avec la même humilité, la même simplicité, la même foi que la Vierge Marie. Et ne nous arrêtons pas en chemin, allons jusqu’au bout de nos « oui » avec Marie. Redisons au Seigneur que notre vie lui appartient, qu’il peut faire de nous tout ce qui lui plaira, comme Marie et avec elle. Amen.
Commentaire du Samedi 6 Décembre
• Jésus fut saisi de compassion
Le cœur battant de Dieu Dans cet évangile, on entend ces battements. Celui qui quitte tout pour retrouver l’unique brebis perdue. Les pharisiens le critiquent parce qu’il accueille les pécheurs, mais Jésus nous montre ici que c’est justement là le visage du Père.
Un amour qui ne supporte pas de perdre un seul enfant. Cette brebis c’est chacun de nous. Quand nous nous égarons, parfois volontairement, nous persévérons dans le péché, dans l’éloignement de Dieu, parfois sans nous en rendre compte.
Mais Dieu ne se résigne jamais. Il cherche, il appelle, et lorsqu’il nous retrouve, il ne nous juge pas. Il nous porte sur ses épaules. Nous reprenons la place dans le troupeau, restaurée par sa joie.
La conversion n’est donc pas un reproche, mais une fête. Il y a plus de joie au ciel pour un seul pécheur qui se convertit.
Voilà pourquoi la foi ne consiste pas à se croire juste, mais à se laisser trouver, retrouver. Et nous sommes invités dans ces temps liturgiques spéciaux de préparation, le temps de l’Avent est un temps d’accueil, de préparation, à aller à la confession.
Ce n’est pas une directive à suivre sans la comprendre. C’est une invitation, à l’instar de cette petite brebis, qui revient sur les épaules de son maître, à nous laisser reconstruire de l’intérieur par ce sacrement de réconciliation.
Alors allez dans une église, préparez-vous pour accueillir Jésus. Je vous le répèterai encore deux autres fois dans ce mois, parce que se préparer le cœur pour Noël, être disponible entièrement pour Dieu, pour l’accueillir. Vous savez qu’il y a cette parole où quand il n’y a pas le Christ en nous, il y a cet démon qui arrive, parce qu’on peut avoir nettoyé à l’intérieur de soi, mais il faut le Christ.
Après cette confession, il ne faut pas repartir comme si de rien n’était. Il faut avoir comme objectif d’accueillir le Christ en nous, pour que le péché s’éloigne de plus en plus.
Et Saint Paul nous rappelle que nul ne vit pour soi-même. Tout en nous appartient au Seigneur, même nos blessures. Nos échecs ne sont pas des points d’arrêt, mais des lieux de rencontre. Alors n’ayons pas peur, même si nous avons des chutes qui nous ont fait mal.
Lorsque nous tombons, Dieu nous suit jusque dans la poussière. Il n’est pas là pour nous accuser, il n’a pas un regard qui juge. Il est là pour nous relever, il nous tend la main. Et si on s’est égaré loin de lui, il ne faut pas se décourager. La honte est un chemin du cœur qu’il faut savoir dépasser pour avoir la joie par la suite.
Quand vous revenez chez vos parents et que vous avez fait une bêtise, vous avez honte et c’est dur. Mais vous rentrez à la maison et votre cœur est en paix, puisque vous êtes à la maison. Le Seigneur, si nous sommes aujourd’hui dans ce cas, est heureux que nous soyons rentrés à la maison. Alors il faut se laisser reprendre sur ses épaules.
Si on est déjà revenu, alors que ce soit ce frère ou cette sœur qui aident une autre âme à rentrer à la maison. Et nous sommes ce frère et cette sœur. La sainteté n’est rien d’autre que cela, être la joie retrouvée de Dieu.
En ce 6 décembre, l’église célèbre Saint Nicolas, qui est un évêque du IVe siècle, dont la charité et la bonté ont marqué des générations. La preuve, on en parle encore aujourd’hui, c’est une figure populaire et profondément évangélique. Il incarne cette miséricorde active de Dieu dont parle l’Évangile.
Nicolas fut le pasteur attentif à son troupeau, le défenseur des innocents, le protecteur des enfants et des pauvres. Il ne jugeait pas, il agissait, et ses gestes de générosité, silencieuses, rappellent ceux du Christ.
Aller chercher ceux qui manquent, secourir sans attendre, de reconnaissance. Par sa vie, il nous enseigne que la foi véritable se manifeste par des actes d’amour concrets, discrets, mais capables de changer des vies. Comme le bon pasteur, Saint Nicolas a su poser sur les autres le regard de celui qui sauve sans condamner.
Alors, Saint Nicolas, priez pour nous.
Commentaire du Vendredi 5 Décembre
• Le Seigneur est ma lumière et mon salut
Vous êtes peut-être dans votre voiture, dans votre lit ce matin, ou alors c’est peut-être même le soir. Vous êtes dans votre vie, dans votre routine, vous ouvrez cette application YouTube et vous vous retrouvez sur une vidéo ou vous écoutez peut-être cela en podcast sur votre plateforme streaming.
Et là vous vous dites « Waouh, il s’adresse à moi ! » Oui, là je m’adresse à vous. Cet évangile, c’est Jésus qui s’adresse à vous et qui vous demande « Croyez-vous que je peux faire cela pour vous ? » Eh bien, la question s’adresse à vous.
Qu’est-ce que vous lui avez demandé ? Comme ces aveugles, vous êtes devant le Christ, est-ce que vous lui avez demandé quelque chose ?
Cette parole-là, elle n’est pas pour s’informer de la part de Jésus parce qu’il sait tout. Pourquoi vous pose-t-il cette question ?
Tout simplement pour réveiller votre foi. Alors ma question à moi est la suivante. Est-ce que vous êtes endormi ? Est-ce que vous avez oublié ce que vous aviez besoin ? Est-ce que vous avez oublié que vous étiez aveugle ? Que vous étiez sourd, que vous étiez muet, boiteux ?
Le Christ n’oublie pas. Il vous pose cette question aujourd’hui. Dieu ne force jamais le miracle. Il l’accomplit à la mesure de notre confiance. Avez-vous confiance ?
Les deux aveugles sont guéris non pas par magie d’un geste mais par l’élan intérieur de leur foi. Que tout se passe pour vous selon votre foi. Croire, c’est consentir à la lumière avant de la voir. La foi ne supprime pas le doute. Il ne faut pas penser à l’instar de ceux qui croient au Père Noël pour entendre les petits grelots qu’il faille absolument croire. Et si on croit, on va les entendre ces grelots et puis on va voir le traîneau. C’est une autre histoire d’ailleurs.
Mais la foi se fait aussi dans le combat du doute. Il n’est pas interdit de douter. D’ailleurs, c’est un esprit pur qui doute. Un esprit humain. Et Jésus fait avec.
Le doute, quand il est humble, il n’est pas un ennemi. Il creuse en nous le désir de Dieu. La vraie foi, c’est celle qui continue de prier quand elle ne voit rien. Et c’est ça, la nuit de la foi. Quand on ne ressent rien et qu’on reste malgré tout là à attendre et à demander.
C’est ce cri des aveugles. Fils de David, prends pitié de nous. La prière de ceux qui refusent de se taire avant d’être visités par la lumière. Isaïe l’avait annoncé. Les sourds entendront les paroles du livre et les aveugles verront. Ce passage s’accomplit dans le Christ. Encore une fois, il accomplit la parole des prophètes. Il vient rouvrir l’essence de l’âme. Là où notre cœur est devenu sourd à la parole ou aveugle à la beauté de Dieu, il veut encore guérir.
Comment ? Par une foi qui s’appuie sur le roc et non sur les émotions. Pour éviter que le doute nous engloutisse, il faut nourrir la foi comme on alimente une flamme par la prière, l’écriture, les sacrements et l’action de grâce, la gratitude.
Chaque fois que nous disons merci pour une grâce reçue, même petite, nous préparons le terrain d’un plus grand miracle car Dieu ne guérit pas seulement les yeux, il veut guérir notre manière de regarder et ce temps de l’Avent, chers amis, est un temps pour l’ouverture à l’émerveillement. Les prophètes l’annoncent cette venue d’un sauveur, d’un rédempteur qui arrive ce 25 décembre, on le sait, le 24 au soir.
C’est là un des sommets de la vie spirituelle et nous sommes invités à ne pas y aller avec les jambes lourdes.
Alors, cette question aujourd’hui, croyez-vous que Jésus peut le faire pour vous ? Cheminons pour le temps de l’Avent avec cette interrogation et la réponse est à formuler dans notre cœur.
Aujourd’hui, le 5 décembre, Dieu ne nous oublie pas. Et nous ?
L’effort du jour, c’est de répéter plusieurs fois dans la journée une oraison jaculatoire pour ne pas oublier que nous sommes en présence de Dieu qui nous aime sans cesse. Une femme peut-elle oublier son nourrisson ? Ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Même si elle l’oubliait, moi, je ne t’oublierai pas. Nous voici au premier vendredi de ce temps de l’Avent. En ce jour, Dieu s’adresse à nous et il nous interroge. Il le fait par une question dont la réponse est pour tous et chacun une évidence.
Une femme peut-elle oublier son nourrisson ? Ne plus avoir de tendresse pour le fils de ses entrailles ? Non, bien sûr. Une femme ne peut pas oublier son nourrisson. Non, bien sûr. Une femme ne peut pas manquer de tendresse pour celui qu’elle a porté durant 9 mois et qu’elle tient désormais dans ses bras. Il vit en elle. Elle vit avec lui. Qu’elle nous apprenne à répondre à l’amour de Jésus en ne l’oubliant pas, nous non plus, et en attendant activement et avec ferveur sa venue. Qu’elle nous apprenne à dire souvent, dans nos cœurs, mais aussi par nos actes et dans nos vies, « Viens, Seigneur Jésus ». Voilà, une oraison jaculatoire, « Viens, Seigneur Jésus ».
Commentaire du Jeudi 4 Décembre
• Cherchez le Seigneur, tant qu’il se laisse trouver
Dans l’évangile, Jésus nous met face à une vérité simple. Il ne suffit pas de dire Seigneur, Seigneur. Il faut mettre sa parole en pratique. Il y a deux maisons, deux vies, l’une bâtie sur le roc, l’autre sur le sable. Le roc, c’est la confiance vivante en Dieu, un cœur enraciné dans la prière dans le pardon, dans l’obéissance à la volonté du Père.
Et le sable, c’est ce qui paraît solide, mais s’effrite dès que vient la tempête. L’orgueil, les apparences, les émotions, les sécurités humaines. Quand tout s’écroule, ce n’est pas toujours une malédiction.
C’est parfois la grâce de voir enfin sur quoi nous avions bâti. Alors, comment rebâtir ? Eh bien, en prenant au plus profond. Là où Dieu nous attend dans la vérité nue de notre cœur On ne répare pas une maison qui s’est effondrée sur du sable.
On recommence ailleurs, dans le roc intérieur qu’est le Christ. Isaïe le proclame. Prenez appui sur le Seigneur, à jamais, sur Lui, le roc éternel . Ce roc, c’est le Christ vivant Il est stable, il est patient, il tient quand tout tremble. Reconstruire sur Lui, c’est accepter de tout réordonner selon la parole.
Nos choix, nos amours, nos priorités. Rien ne doit être épargné dans cette reconstruction. Les blessures et les ruines deviennent alors fondation neuve. Parce que Dieu y creuse plus profond Comme le disait Sainte Gertrude Dieu parle au cœur dans la solitude. Au milieu des épreuves quand tout paraît inutile. C’est là qu’il y a la place. Et qu’il façonne la foi solide. Celle qui résiste aux pluies, aux vents, aux torrents. La vraie paix, née dans ce qui s’appuie sur Lui seul.
Commentaire du Mercredi 3 Décembre
• Il viendra, le Seigneur !
Dans l’évangile du jour, Jésus nourrit la foule avec sept pains et quelques poissons.
Ce chiffre n’est pas un hasard, dans la Bible, le nom de recette signifie la plénitude, l’alliance parfaite entre Dieu et l’homme. Sept jours de la création, sept dons de l’esprit, sept sacrements, tout en Dieu s’accomplit dans ce chiffre. Ici, la multiplication des pains manifeste la générosité divine qui ne connaît pas de mesure.
Sept pains pour des milliers et pourtant il reste sept corbeilles pleines, signe que la grâce ne s’épuise jamais quand elle est partagée. Ce miracle, parce qu’il s’agit d’un miracle, ce n’est pas juste une image, prolonge celui d’Elie nourrissant la veuve et annonce l’Eucharistie, le vrai pain du ciel. C’est pourquoi Jésus, avant de rompre le pain, rend grâce, ce geste de bénédicité est une reconnaissance que tout bien vient du Père.
Chaque fois que nous bénissons notre repas, nous prolongeons ce miracle discret, la multiplication de la gratitude qui rend nos vies fécondes. Vous avez bien entendu, Isaïe l’avait annoncé, Dieu préparera un festin sur sa montagne où toute l’âme sera essuyée. Ce banquet préfigure le royaume où plus personne n’aura faim, chaque Eucharistie en est déjà le gage, Dieu nourrit nos corps et nos âmes, comble notre désert intérieur, nous rassemble autour de la table du Christ, c’est la promesse d’une communion éternelle, remède d’immortalité comme disait Saint Ignace d’Antioche. *
Vous rendez-vous compte qu’il réunit là la foule pour manger, après avoir fait des miracles pour cette foule, des boîtes des aveugles, des estropiers, des muets et beaucoup d’autres encore, alors nous aussi venons à Jésus et par notre présence autour de lui, autour de cette table, et bien présentons-lui nos blessures, ce que nous avons de brisé en nous pour qu’il les répare, parce que Jésus dans cet évangile nous montre qu’il a de la compassion infinie pour nous, il nous aime, il veut nous guérir, alors demandons-lui, cette demande c’est une présence à son repas, ça se fait à la messe, ça se fait dans la prière de chaque jour où l’on se rend présent face au Seigneur.
Nous fêtons aujourd’hui Saint François-Xavier qui est un missionnaire jésuite qui parcourut l’Asie pour annoncer l’évangile jusqu’au Japon, en lui brûlait la même compassion que celle du Christ pour les foules affamées, il offrit sa vie pour nourrir les âmes de la parole et du pain vivant, nous le prions pour raviver en nous cette ardeur missionnaire qu’à travers notre foi, Dieu puisse encore multiplier les pains de sa grâce dans le monde, Saint François-Xavier priez pour nous.
Commentaire du Mardi 2 Décembre
• « Sur lui reposera l’esprit du Seigneur «
Dans l’Évangile, Jésus nous révèle le cœur de la foi. Personne ne connaît le Père sinon le Fils, et celui à qui le Fils veut le révéler. Dieu ne se découvre pas par la raison seule, la réflexion et l’intelligence ne suffisent pas à elles seules à rencontrer Dieu le Père.
Mais là, il nous donne une indication particulièrement intéressante, puisqu’il indique que c’est dans la relation, la relation vous avez bien entendu avec le Christ.
En Jésus, Dieu se fait connaître non comme un juge lointain, mais comme un Père, un Père qui se laisse voir à travers son Fils. Il fait de nous par cette parole les enfants du Père. Dieu, avant, n’était pas vraiment perçu comme un Père, il était perçu comme un Dieu d’autorité plutôt lointain.
La lettre à Dionyète dit cela avec justesse, Dieu a envoyé Dieu, le Verbe, pour sauver par la persuasion et non par la violence. Je répète, Dieu a envoyé Dieu, le Verbe, pour sauver par la persuasion et non par la violence.
En Lui, tout est donc révélé, la bonté du Père, la patience, la lumière qui éclaire le monde sans l’écraser. Croire, c’est accueillir cette révélation du Père dans le visage humain du Fils. Et Isaïe, lui, annonçait déjà cette venue.
Tout au long de l’Avent, nous allons avoir des textes qui nous annoncent la venue du Sauveur, puisque tout l’Ancien Testament et tous les prophètes mènent à Jésus-Christ. Un rameau, dit-il, sortira de la souche de Gécée.
Ce rameau, c’est le Christ, porteur de l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse, de force et de paix. Par Lui, le monde désunit et réconcilié. Le loup et l’agneau vivent ensemble, la justice et la douceur s’embrassent. En ce temps d’Avent, la foi du chrétien n’est pas une attente vague, c’est un regard posé sur ce rameau fragile où Dieu s’est rendu visible.
Par le Fils, nous voyons enfin le Père et dans la paix de l’Esprit, nous entrons dans sa connaissance. Loué, voici l’Emmanuel, le Roi sauvé qu’on mit à Israël.
Commentaire du Lundi 1er Décembre
• Seigneur, je ne suis pas digne
Nous commençons l’Avent, ce temps d’attente et d’ouverture du cœur.
L’Évangile d’aujourd’hui nous place face à une foi inattendue, celle d’un centurion romain, un homme étranger à Israël, un militaire habitué à l’ordre et à la hiérarchie. Et c’est justement par ce langage d’obéissance qu’il rejoint le mystère de Dieu. Je dis à l’un, va, et il va.
Ce païen comprend avant les autres que la parole du Christ agit avec autorité. Il suffit qu’elle soit dite et la guérison advient. Voilà pourquoi, à chaque messe, nous répétons ces mots avant de communier.
Seigneur, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. Nous reconnaissons, comme lui, mais avec son serviteur, que nous ne méritons pas la visite de Dieu, mais que sa parole seule suffit à nous guérir. C’est la plus pure expression de la foi.
Accueillir sans voir, croire sans toucher, se remettre entièrement à la présence d’un mot divin. Isaïe annonçait déjà ce germe qui pousserait sur la terre, une gloire humble, une nuée protectrice au-dessus du peuple. Ce germe, c’est le Christ, venu laver la souillure, purifier Jérusalem par le feu de l’Esprit.
Et ce feu descend maintenant dans chaque âme qui croit comme le centurion. À l’entrée de l’Avent, la liturgie nous invite à retrouver cette foi confiante, non pas celle qui exige des signes, mais celle qui s’appuie sur une parole. Croire, c’est laisser le Christ dire en nous, va soit purifier, soit relever.
Celui qui croit ainsi marche déjà vers la maison du Seigneur, en chantant « Quelle joie quand on m’a dit nous irons à la maison du Seigneur ! » Saint Bernard, dans son feu mystique, nous rappelle que le Seigneur viendra encore, non plus caché dans l’humilité, mais glorieux dans la lumière. Le Premier Avent prépare le dernier, celui où Dieu remplira toute la terre de sa majesté, en attendant que notre âme soit ce toit pauvre, mais ouvert où Dieu puisse entrer, que notre foi soit celle du centurion, simple, totale, efficace. Aujourd’hui, le 1er décembre, avec Marie marchons vers les sommets.
L’effort du jour, c’est d’être attentif aux besoins de notre prochain. Venez, montons à la montagne du Seigneur, à la maison du Dieu de Jacob, qu’il nous enseigne ses chemins et nous irons par ses sentiers. Oui, la loi sortira de Sion et de Jérusalem la parole du Seigneur. En ce début de l’Avent, le prophète Isaïe nous invite à mettre en route notre cœur pour rejoindre la montagne du Seigneur. Où se lèvera dans quelques jours le soleil de justice ? Le Christ Jésus. Mais dans quelle direction aller ?
C’est aussi le prophète Isaïe qui nous donne la réponse.
Nous irons vers la Sainte Vierge pour aller adorer avec elle l’enfant Jésus qui va naître dans la pauvre crèche de Bethléem. Elle est en effet la nouvelle Jérusalem par qui vient au monde la parole du Seigneur. Le Verbe de Dieu, Jésus notre Sauveur.
Être chrétien, c’est témoigner de notre unique Sauveur, Jésus Christ, et tourner les âmes vers Lui. C’est par la charité que nous montrerons que nous Lui appartenons. Oui, montons à la montagne du Seigneur sur son sommet que nous atteindrons en suivant Marie, la première de Cordée, nous serons plus proches du ciel.
Commentaire du Jeudi 25 Décembre
• Nativité du Seigneur
Bonjour chers auditeurs, je suis le frère Marie-Olivier Guilloux et en cette nuit de Noël, je vous propose de méditer l’évangile de cette nuit très sainte.
Alors que l’église entière veille dans l’attente et la joie, la parole de Dieu nous conduit par un chemin étonnamment humble, une généalogie, une longue interminable procession de noms comme une litanie, des hommes et des femmes à travers lesquels Dieu a patiemment préparé la venue de son Fils.
Car le salut ne tombe pas du ciel comme un éclair, il mûrit dans l’histoire, dans la chair, dans le temps.Et cette longue citation d’engendrement fini par « et Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie ». Dieu accepte d’avoir des ancêtres incroyables, il se laisse inscrire dans une lignée humaine marquée par le péché mais visitée par la fidélité aussi.
En assumant cette histoire, le Verbe de Dieu assume toute l’humanité. Comme l’écrivait si bien Charles Péguy, le divin est à l’intérieur, dans le creux de l’homme.Oui, à Noël, Dieu ne se contente pas de visiter l’homme, il se fait homme.
Le Verbe se fait chair, il vient demeurer parmi nous. Mais l’évangile marque un arrêt, un silence sacré.Il ne dit pas Joseph engendra Jésus, il dit Joseph, l’époux de Marie, de laquelle fut engendré Jésus. Continuité dans cette généalogie et rupture.
Dans cette rupture, la foi de l’Église est contenue tout entière.Jésus est vrai homme, né de la Vierge Marie, vrai Dieu, engendré du Père avant tous les siècles. Joseph, juste et fidèle, reçoit cette mission d’être le gardien du mystère. Il donne à Jésus son nom, il l’introduit dans la lignée de David, il obéit dans le silence ce Joseph.
Mais Joseph n’est pas le Père du Christ. Dieu lui-même assume dans le temps cette paternité vis-à-vis de son Fils bien-aimé, qui est le Christ. Marie, elle, est la Vierge Mère.
En elle, l’Esprit-Saint accomplit l’œuvre la plus haute. Dieu prend chair sans perdre sa divinité. Son oui ouvre au monde la porte du salut.Marie, la nouvelle Ève, celle par qui la vie est donnée. Et cette naissance a lieu dans la nuit, non une nuit vaincue par la force, mais une nuit transfigurée par la douceur d’une présence. Oui, Dieu habite désormais la nuit du monde, la nuit du péché, la nuit de la souffrance, la nuit de la mort.Dans une mangeoire repose celui par qui tout a été créé. L’infini se fait enfant, le Tout-Puissant se rend dépendant.
Ce Jésus, que l’on appelle Christ, le Messie promis, loin du Seigneur, le Sauveur des hommes, ce que les prophètes ont annoncé, ce que le peuple d’Israël a espéré, s’accomplit cette nuit.Le salut vient dans l’humilité de la crèche. Frères et sœurs, en cette nuit de Noël, l’Église nous invite à l’adoration.
À genoux, devant la crèche, nous confessons notre foi.Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne enfant de Dieu. Accueillons-le avec Marie, gardons-le avec Joseph, adorons-le avec les bergers. Car ce mystère n’est pas seulement à contempler, il est à recevoir. Le Christ veut naître dans nos vies, dans nos familles, dans notre Église. Et là où l’homme ouvre son cœur avec foi, Dieu fait sa demeure.
Bon Noël à tous !
• Commentaire du 25 decembre,
Ce texte de l’Écriture désigne le temps très saint où la parole toute puissante de Dieu est venue jusqu’à nous pour nous parler de notre salut. Partant du secret le plus intime du Père, elle est descendue dans le sein d’une mère.
La parole de Dieu vient donc à nous de son trône royal. Elle s’abaisse pour nous élever, elle s’appauvrit pour nous enrichir, elle se fait homme pour nous diviniser. Cette parole avait dit que le monde soit et le monde a été fait.
Elle avait dit que l’homme soit et l’homme a été fait. Mais ce qu’elle avait créé, la parole ne l’a pas recréé aussi facilement. Elle a créé par son commandement, mais elle a recréé par sa mort. Elle a créé en commandant, mais elle a recréé en souffrant. Vous m’avez donné bien de la peine, dit-elle. L’univers dans toute sa complexité ne m’a donné aucune peine pour l’organiser et le gouverner, car je déploie ma vigueur d’un bout du monde à l’autre et je gouverne l’univers avec douceur.
Seul l’homme, violateur de ma loi, m’a donné de la peine avec ses péchés. C’est pourquoi, venant du trône céleste, je n’ai pas refusé de me renfermer dans le sein d’une vierge et de m’unir en une seule personne avec l’humanité déchue. Dès ma naissance, on m’enveloppe de l’ange. On me couche dans une mangeoire parce qu’il n’y a pas de place à l’auberge pour le Créateur du monde.
Toute chose était plongée au milieu du silence, c’est-à-dire entre les prophètes qui ne parlaient plus et les apôtres qui parleront plus tard. Que la parole du Seigneur vienne encore maintenant vers ceux qui font silence. Écoutons ce que le Seigneur nous dit au fond de nous-mêmes. Que les mouvements et les cris malencontreux de notre chair se taisent. Que les images désordonnées de notre spectacle intérieur fassent silence. Pour que nos oreilles, attentives, écoutent librement ce que dit l’esprit.
Pour qu’elles écoutent la voix qui est au-dessus du firmament. Et voici que la parole s’est faite chair et que la nuit devient musique. Le silence que Julien de Vesley contemplait s’ouvre soudain sur un cri d’enfant. Cri de Dieu dans la chair des hommes. C’est dans ce souffle fragile que le ciel s’est uni à la terre.
Le monde entier, engourdi d’attente, entend de nouveau les paroles de l’ange. Ne craignez pas, le feu du ciel ne tombe plus pour consumer, mais pour éclairer. La gloire ne foudra plus, elle caresse la paille d’une crèche. Alors avec les bergers, relevons la tête, car il est né, le prince de la paix.
Laissons nos cœurs s’accorder à la louange du ciel. Et avant de s’endormir, écoutons le chant des anges.
