Parole et Évangile du Vendredi 31 octobre
• Le jour du Repos pour DIEU
Il y a des silences plus brillants que des discours. Celui des pharisiens, ce jour-là, en est un.
Jésus les regarde, un malade est là, devant eux, personne ne bouge, personne ne parle. Alors lui, il agit, il touche, il guérit, il libère. Le sabbat n’est pas suspendu, il est accompli.
Ce geste dit tout du cœur de Dieu, c’est un Dieu qui ne se repose pas dans l’amour. Le sabbat, avant d’être une règle, est une respiration. Dieu s’y est arrêté, non pour s’éloigner, mais pour contempler son œuvre.
Comme un père qui s’émerveille de ses enfants. Et quand Jésus guérit ce jour-là, il ne viole pas le sabbat, il le rétablit. Car le vrai repos n’est pas l’inactivité, mais la communion.
Le dimanche, le chrétien prolonge cette vérité. Il n’est pas seulement un jour sans travail, ce dimanche. C’est un jour pour Dieu.
L’Église, dans sa sagesse, a voulu que chaque semaine, nous soyons rappelés à notre origine et à notre fin. Nous nous arrêtons non pour fuir le monde, mais pour le confier à Dieu. Le dimanche, nous redevenons des créatures, pas des machines.
Et dans l’Eucharistie, nous goûtons déjà au repos éternel. Ce huitième jour dont parle le catéchisme, c’est la nouvelle création inaugurée par la résurrection. Chaque dimanche est un éternel recommencement de la crucifixion et de la résurrection du Christ.
Et dans la deuxième lecture, dans la lettre aux Romains, Saint Paul nous livre quelque chose de bouleversant. Il dit « Pour mes frères, je souhaiterais être anathème, séparé du Christ ». Être anathème, dans le langage biblique, signifie être retranché, livré à la malédiction. Peut-être que nous avons aussi eu ce sentiment.
Paul ose dire qu’il préférerait sa propre perte plutôt que la damnation de son peuple. Il touche ici le sommet de la charité, consentir à tout perdre pour que d’autres soient sauvés. Ce mot terrible rejoint la croix, anathème, car le Christ lui-même a été fait malédiction pour nous.
Paul, juif et fidèle, voit en Israël le peuple choisi, gardien de l’alliance, du culte, des promesses et du Christ lui-même. Dieu bénit pour les siècles, il dit. Et dans cette phrase, il s’incline devant la royauté du Christ, au-dessus de tout non.
Roi non de puissance mais de don, et la croix, loin d’être la fin du sabbat, comme on pourrait le penser, en est le commencement éternel. Là où l’homme se sépare de Dieu, Dieu s’offre encore, et là où nous nous épuisons à tout posséder, il nous invite simplement à reposer en lui. Seigneur, toi le roi du repos et de la résurrection, libère-nous de la course et de l’indifférence.
Apprends-nous à sanctifier nos jours comme tu sanctifies nos vies, nous en cessant d’aimer mais en aimant jusqu’au bout. Jésus mon sauveur, Jésus mon roi, Entends ma prière qui monte vers toi. Ô Seigneur, entends mon chant, C’est toi que je cherche le jour et la nuit.
Réponds-moi, s’ouvre-moi, Inspire en moi tes paroles de vie. Donne-moi ton esprit Qui vienne en moi faire jaillir la vie. Jésus mon roi, Jésus mon sauveur, Jésus je t’aime.
Jésus mon roi, Jésus mon sauveur, Jésus je t’aime. Jésus mon roi, Jésus mon sauveur, Jésus je t’aime. Jésus mon roi, Jésus mon sauveur, Jésus je t’aime.
Jésus mon roi, Jésus mon sauveur, Entends ma prière qui monte vers toi. Ô Seigneur, entends mon chant, C’est toi que je cherche le jour et la nuit. Réponds-moi, s’ouvre-moi, Inspire en moi tes paroles de vie.
Donne-moi ton esprit Qui vienne en moi faire jaillir la vie. Jésus mon roi, Jésus mon sauveur, Jésus je t’aime. Jésus mon roi, Jésus mon sauveur, Jésus je t’aime.
Parole et Évangile du Vendredi 24 octobre
• On fait parfois le mal que l’on ne voudrait pas
Ce passage de Saint-Paul nous touche de plein fouet parce qu’il décrit notre combat intérieur avec une lucidité qui est impressionnante. Nous voulons le bien, mais nos gestes trahissent souvent une autre force qui nous habite.
Comme lorsque dans nos discussions, nous décidons de rester calme et qu’une minute plus tard la colère prend le dessus, ou quand nous promettons à Dieu de prier chaque jour, mais la
fatigue, la distraction ou l’orgueil reprennent le pouvoir. Paul met des mots sur cette fracture intérieure. Le bien est à notre portée, mais pas dans l’accomplissement, dans le désir.
Et ce désir du bien, c’est déjà la trace du Christ en nous. Ce n’est pas la défaite de la chair qui doit nous décourager, mais la fidélité de Dieu qui nous relève. Car si le péché nous divise, le Christ lui unifie, il transforme notre impuissance en offrande.
Et Jésus dans l’Évangile poursuit la même pédagogie. Nous savons interpréter l’aspect du ciel, mais ces moments-ci, pourquoi on ne sait pas l’interpréter ? Autrement dit, vous discernez la pluie et le soleil, mais vous oubliez de lire ce qui se passe dans vos cœurs. Les signes des temps ne sont pas seulement politiques ou climatiques, ils sont spirituels.
Ils nous révèlent où en est notre foi, notre compassion, notre lucidité. Lorsque le monde se trouble, quand le vent souffle du sud et que tout s’échauffe, le Seigneur nous invite à
reconnaître dans ces tempêtes extérieures l’écho de celles qui grondent en nous. C’est là que se joue la vraie conversion, à prendre, à juger par nous-mêmes ce qui est juste.
À choisir la réconciliation plutôt que le procès, la paix plutôt que la fuite. Alors Seigneur Jésus, toi qui vois nos luttes intérieures et nos contradictions, viens habiter nos faiblesses. Apprends-nous à lire les signes que tu déposes dans nos vies, à ne pas désespérer de nos combats, mais t’y laisser vaincre.
Oui Seigneur, tu peux vaincre nos combats. Que ton esprit nous donne de vouloir et d’accomplir le bien selon ton cœur. Cœur de Jésus, j’ai confiance en toi.
Parole et Évangile du Jeudi 23 octobre
• Jésus vient pour DIVISER et pour mettre le FEU !
Je suis venu apporter un feu sur la terre. Le feu qui éclaire, et pas celui qui détruit. Il y a dans cet évangile une phrase qui nous bouscule.
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, mais la division.
Et nous voilà déconcertés. Jésus, le prince de paix, viendrait diviser. Lui qui prêche la réconciliation, l’amour des ennemis, l’unité.
Et pourtant, oui, mais pas comme on l’imagine, Jésus ne vient pas créer la division. Il la révèle.
C’est différent.
Il met en lumière le combat caché entre la lumière et les ténèbres, entre la vérité et le mensonge. Car le Christ est le feu. Il éclaire, il réchauffe, mais il brûle aussi ce qui ne peut rester dans l’ombre.
Je suis venu apporter un feu sur la terre. Le feu qui éclaire, et pas celui qui détruit. Il y a dans cet évangile une phrase qui nous bouscule.
Pensez-vous que je sois venu mettre la paix sur la terre ? Non, mais la division.
Et nous voilà déconcertés. Jésus, le prince de paix, viendrait diviser. Lui qui prêche la réconciliation, l’amour des ennemis, l’unité.
Et pourtant, oui, mais pas comme on l’imagine, Jésus ne vient pas créer la division. Il la révèle.
C’est différent.
Il met en lumière le combat caché entre la lumière et les ténèbres, entre la vérité et le mensonge. Car le Christ est le feu. Il éclaire, il réchauffe, mais il brûle aussi ce qui ne peut rester dans l’ombre.
Et forcément, ce feu, ce feu-là, dérange. Ceux qui l’aiment sont transformés. Ceux qui le refusent s’enfument dans la fumée de leur orgueil.
C’est pourquoi le disciple du Christ finit parfois accusé de diviser. Quand tu tiens bon sur la vérité, quand tu refuses de te compromettre, quand tu pardonnes là où d’autres veulent se venger, eh bien, tu seras, toi aussi, perçu comme différent. Tu seras accusé de diviser.
Tu seras accusé d’aller contre la paix. Tu seras accusé de toutes les choses que tu refuses. Mais c’est ainsi, et le Christ a été crucifié pour cela même.
Alors Jésus ne sépare pas pour exclure, mais pour purifier. Il tranche comme le feu purifie le métal. C’est une division sainte, celle qui sépare le cœur fidèle du cœur tiède.
Alors oui, suivre le Christ, c’est accepter d’être parfois incompris, rejeté, traité de semeur de troubles. Mais c’est précisément le signe que le feu est allumé. En effet, dans ce monde, tout ne se vaut pas.
Ce qui est appelé paix ne l’est peut-être pas. Alors soyez prudent, et surtout, refusez la tiédeur.
Parce que c’est quand il ne se passe rien que le mal gagne.
Si vous avez vu la vidéo sur la Genèse, vous savez que le mal est une absence de bien. Et alors ce feu, Saint Paul, nous en parle aussi. Vous avez été libérés du péché.
Mettez maintenant vos membres au service de la justice. C’est le même feu, celui de la transformation. Il ne brûle pas pour détruire, mais pour sanctifier
Et le catéchisme nous rappelle que le feu est le symbole de l’Esprit Saint. Il consomme ce qui est mort pour libérer la vie. C’est le feu d’Elie sur le mont Carmel, celui de la Pentecôte sur les apôtres, celui que Jésus veut voir embraser la terre entière.
C’est un feu d’amour qui fait de nous des êtres nouveaux. Ce n’est pas un feu extérieur, c’est une flamme intérieure. C’est pour cela que le Christ dit, je dois recevoir un baptême, et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli.
Ce baptême, c’est la croix, le moment où le feu de l’Esprit jaillit du cœur transpercé du Fils pour se répandre sur le monde. Et ce feu-là, nul ne peut l’éteindre. Et s’il semble parfois mettre le désordre, c’est parce qu’il fait tomber les masques et sépare l’or des scorilles dernier mot.
Aujourd’hui, nous fêtons Saint Jean de Capristan, lui qui a porté ce feu. C’est un franciscain du XVe siècle. Il fut un prédicateur infatigable qui enflamma littéralement l’Europe d’un zèle ardent.
Sa parole, droite et sans compromis, divisait parfois les foules, car la vérité dérange toujours, mais elle libère cette vérité. Il savait que le feu du Christ ne s’impose pas par la force, mais par la clarté. Et c’est cela la sainteté, laisser le feu de Dieu purifier en nous, ce qui empêche la lumière de passer.
Saint Jean de Capristan priait pour nous. Je suis venu allumer un feu sur terre Comme je voudrais qu’il soit déjà allumé Laissez-vous brûler par ma charité Laissez-vous consumer Par le feu de l’amour de mon cœur. Depuis longtemps J’ai déshabillé au creux de vos pieds Voyez mon cœur Qui a tant aimé les hommes. Et qui en retour N’a reçu que du mépris.
Laissez-vous aimer par mon cœur brûlant, Laissez-vous consumer Par le feu de l’amour de mon cœur.
Depuis longtemps J’ai déshabillé au creux de vos pieds venez mon cœur et buvez à ce calice. Depuis si longtemps j’ai détiré ce moment. Laissez-moi venir Et me réanimer.
Laissez-vous consumer par le feu de l’amour de mon cœur, depuis longtemps j’ai déshabillé au creux de vos pieds La croix laissée Est un signe pour le monde voici l’étendard qui conduit vers le salut.
Parole et Évangile du jour : Mercredi 22 octobre
• LA FOI ne se garde pas pour soi…
L’évangile du jour commence par un avertissement et finit comme une secousse. Le Christ parle d’un maître qui reviendra à l’heure où on ne l’attend pas et d’un serviteur fidèle ou infidèle. Et la dernière phrase n’est pas tendre.
À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup. À qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. Dieu est amour, oui, mais quel parent aimant n’aurait pas aussi des exigences envers ses enfants ? L’amour vrai n’est pas une complaisance, c’est un feu.
Il éduque, il forme, il pousse vers le haut. Et cet amour-là que le Christ nous a révélé en nous donnant son Père fait de nous des fils. Or, un fils n’est pas un spectateur, il a une mission.
Alors qu’est-ce que Dieu attend de nous ? Eh bien, cette mission est humainement impossible.Ouais, c’est mission impossible. Mais par la grâce, par sa grâce, elle devient possible.
Dieu ne nous confie pas seulement d’aller à la messe ou d’éviter le mal. Il nous confie sa maison. Il nous demande de veiller, c’est-à-dire d’aimer avec lucidité dans un monde endormi, d’aimer avec lucidité, j’insiste sur le mot lucidité, de servir en distribuant la nourriture au temps voulu, la parole, la charité, la paix, d’être fidèle même quand le Maître tarde à venir.
Donc là, c’est une mention spéciale à tous ceux qui désespèrent et qui se disent, mais pourquoi faire le doute ? Il nous dit aussi d’être administrateur de sa grâce et pas propriétaire. Ce n’est pas nous, les gardiens de la foi. Et de rendre compte, non pas par peur, mais parce que tout
don appelle une réponse d’amour.
Le Christ ne nous menace pas, il nous confie sa confiance. Et c’est justement cela qui rend la parabole si redoutable. Dieu prend l’homme au sérieux.
On est renvoyé à notre loyauté et à notre amour. Refuser de voir, fermer les yeux, dire je ne savais pas ne réduira pas les coûts parce que le savoir n’est pas la mesure du jugement. La conscience l’est.
Et si on a enterré dans notre cœur quelque chose qui venait nous dire de faire un acte de charité, un acte de paix, et bien c’est là que la conscience entre en jeu. Celui qui sait qu’il doit faire et qui ne fait pas trahit la lumière qu’il a reçue. Mais c’est pas grave, la grâce nous est donnée.
Mais, au bout d’un moment, il va falloir renverser son cœur pour accueillir cet amour et le redistribuer. Celui qui veille humblement, même faible, plaît à Dieu, car le Seigneur ne nous demande pas d’être parfait, il nous demande de l’aimer assez pour rester debout. Et Paul dans
sa lettre aux Romains prolonge ce message.
Que le péché ne règne pas en vous. Il n’a pas dit que vous ne péchiez jamais, plus jamais, non, il dit que le péché ne règne pas, c’est à dire qu’il ne gouverne plus notre cœur, qu’il ne décide plus à notre place. On sait que le péché règne quand on ne lutte plus, quand on justifie nos
faiblesses et quand on s’installe dans la tièdeur.
Alors la tièdeur, chers amis, c’est le bouton qui clignote en rouge et qui vous indique que vous êtes sur le mauvais chemin. Si le Christ règne en nous, alors la grâce a le dernier mot. Si nous espérons, alors la grâce a le dernier mot.
Si nous désespérons, nous nous condamnons dans notre péché. Et ça, faut pas. Alors, faut choisir qui aura l’autorité sur notre cœur.
Est-ce que c’est le Christ ou est-ce que c’est le chaos ? Oui, chaque jour est un combat, mais il faut choisir la lumière ou l’ombre, l’amour ou la paresse. Ouais, parce que l’amour, c’est pas de tout repos. Alors on peut dire avec les pères du désert, Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu vivant aie pitié de moi pécheur.
Cette antique petite prière du cœur dite sans cesse, hein, on peut la dire quand on veut dans la journée, garde l’âme éveillée et elle fait régner le Christ à la place du péché. Donc j’insiste vraiment, avec cette notion de péché, à vous positionner sous l’autorité du Christ. Puisque quand vous êtes sous l’autorité du Christ, vous êtes protégé du péché.
Et reconnaître le Christ comme votre roi, c’est se mettre à la lumière de ses enseignements.Être serviteur de son message. Aujourd’hui ne fait-on Saint Jean-Paul II. C’est le pape du courage et de la tendresse.
Et toute sa vie, il a incarné cette vigilance joyeuse. Sous l’oppression du communisme, il répétait n’ayez pas peur, ouvrez toutes grandes les portes du Christ. Parce que pour lui, la foi n’était pas une défense, mais une ouverture.
Tous ceux qui sont tentés de mettre leur foi comme une défense, ne sont pas bien positionnés. La foi est une ouverture. Il a montré qu’on peut être moderne et saint.
Passionné du monde et enraciné dans Dieu. Et il nous a laissé cette certitude. La sainteté, c’est la fidélité dans le quotidien.
Il ne suffit pas d’avoir des apparitions, des stigmates, tout ça ne permet pas d’être saint. C’est pas pour ça que les saints sont saints. Ce n’est pas parce qu’ils ont vu des choses, ce n’est pas parce qu’ils ont fait des choses extraordinaires.
Non, c’est parce qu’ils ont aimé. Dans l’instant, ils ont été les intendants fidèles du Christ. Et ils ont appliqué la charité, la paix.
Et voilà, c’est tout, c’est simple. Et ils ont continué à servir même quand personne ne les regardait. Alors, aujourd’hui, Seigneur Jésus-Christ, fais régner en moi ton amour, chasse tout ce qui n’est pas de toi, que je sois sous ton autorité, et que ma vie soit ta maison, et que je sois trouvé fidèle quand tu viendras.
Saint Jean-Paul II, priez pour nous. Et pour nourrir cette fidélité, chers amis, on parlait aujourd’hui de l’autorité du Christ. Je vous invite à notre conférence le 12 novembre à Paris, notre deuxième édition en partenariat avec France Catholique, organisée par notre projet de conférence Set Talk.
Parole et Évangile du jour : Mardi 21 octobre
• Restez éveillés
L’histoire humaine pourrait se résumer ainsi « Tout a commencé par un homme qui a désobéi et tout a été sauvé par un autre qui a obéi. »
Saint Paul dans sa lettre aux Romains met face à face deux forces le poids du péché et la surabondance de la grâce.
Adam a ouvert la porte du mal et depuis la mort s’est glissée partout dans nos choix nos blessures nos divisions mais Jésus lui a rouvert la porte du ciel.
Par sa fidélité il a inversé la logique du désespoir.
Là où tout semblait perdu il a introduit la surabondance
c’est-à-dire plus qu’il ne fallait pour réparer un excès d’amour une générosité qui dépasse la mesure.
La grâce du Christ n’est pas une simple annulation du péché elle crée une vie nouvelle elle ne se contente pas de nous laver elle nous recrée.
C’est pourquoi Paul dit de même que la faute a établi son règne de mort la grâce doit établir son règne pour la vie éternelle.
Nous ne sommes donc pas appelés à survivre moralement mais à régner spirituellement non pas par mérite mais par grâce et c’est exactement ce que l’évangile illustre sous une autre forme rester en tenue de service les lampes allumées.
Autrement dit vivez comme des gens qui savent que la grâce peut venir frapper à tout moment.
Le Christ se tient à la porte de notre âme dit Saint Ambroise mais il n’entre que si nous ouvrons.
La foi ici n’est pas une attente passive mais une vigilance aimante. Ce n’est pas avoir peur du retour du maître c’est désirer sa venue. Celui qui veille dans la foi même au cœur de la nuit finit par découvrir une chose incroyable.
Au moment du retour c’est le maître lui-même qui se sent pour servir ses serviteurs. Le maître sert et nous nous refusons de servir parfois chers amis. Alors ne fermons pas la porte de notre cœur même quand tout semble obscur car la grâce ne s’impose jamais elle se propose Et si le péché a fait de nous des dormeurs.
La grâce vient nous réveiller par la joie. Voici je me tiens à la porte et je frappe. Que nos âmes soient des lampes allumées prêtes à s’ouvrir à la lumière qui ne s’éteint jamais.
Sous le regard de Dieu, il y a deux arbres qui se dressent. L’un, c’est la vie, l’autre, c’est la mort. L’homme a choisi.
Dans la Genèse, il y a quelques mystères. Pourquoi Dieu a fermé la porte à l’arbre de la vie ?
Peut-être aurait-il pu nous sauver. Eh bien, c’est le mystère que nous allons aborder dans la nouvelle vidéo Noctilus.
N’hésitez pas à partager à vos amis qui sont intéressés.
Dans cette vidéo sur la Genèse, je vous explique des mystères que j’aurais bien aimé savoir et que personne n’a jamais su m’expliquer.
Parole et Évangile du jour : Lundi 20 octobre
• Les promesses de Dieu ± L’héritage
Dieu a la puissance d’accomplir ce qu’il promet. C’est ce que Paul rappelle aujourd’hui à propos d’Abraham, un vieil homme, une femme stérile, et pourtant la promesse d’une descendance aussi nombreuse que les étoiles. Et Abraham y a cru, sans comprendre comment, sans voir comment.
Cette foi, dit Paul, lui fut comptée comme justice, la foi F.O.I. Mais Dieu n’a pas seulement promis à Abraham, il a promis à chacun de nous. Alors quelle est la promesse de Dieu pour nous concrètement ? L’écriture en contient plusieurs, universelles et infaillibles. Je vous en cite quelques-unes.
La promesse de la résurrection. Ces paroles sont notre héritage spirituel. L’assurance que Dieu tient parole.
Et s’il semble tardé, ce n’est pas qu’il oublie, c’est qu’il prépare. La foi, comme celle ‘Abraham, c’est tenir ferme entre la promesse et son accomplissement. Toutes ces promesses sont un trésor.
Et dans l’évangile, nous avons justement cette notion de trésor, cette idée d’héritage que Jésus reprend. Un homme vient lui demander de trancher une querelle d’argent. Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage.
On imagine la scène, deux frères, une maison, un champ et un différent. Un schéma universel que toutes les familles vivent.
Et Jésus répond en se retirant du rôle qu’on voulait lui imposer.
Lui, qui a la sagesse, il est confronté à cela. Parce qu’on lui reconnaît une certaine parole, alors n lui demande. Qui m’a établi pour être votre juge, dit-il ? Autrement dit, ce n’est pas ton compte en banque que je veux équilibrer, c’est ton cœur.
Oh, comme ça change ! Car derrière chaque querelle d’héritage, il y a la peur de manquer, la jalousie, le besoin de reconnaissance. Nous avons toujours mille raisons d’être avares ou prudents. Et pourtant, Jésus dit, gardez-vous bien de toute avidité. La vraie injustice, ce n’est pas que les parts soient inégales, mais que notre regard soit faussé.
La sagesse de Dieu, la sagesse de Jésus, c’est celle qui libère. Elle ne dit pas, ne possède rien.
Ni, on s’en fout de l’héritage. Elle dit, n’en sois pas possédé. Ne sois pas possédé par la richesse.
Car la richesse en soi n’est pas mauvaise, c’est la captivité du cœur qui l’est. Et il conclut par cette phrase qui perce les illusions, si vous en avez encore. Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu.
Être riche en vue de Dieu. Voilà le renversement. Saint Grégoire de Nice nous aide à comprendre ce paradoxe.
Use des biens, mais n’en abuse pas, disait-il. Tout ne t’appartient pas qu’une part soit laissée aux pauvres. Le problème n’est pas la richesse, mais l’enfermement sur soi.
Et Jésus précise que la vraie richesse, celle que nous garderons là-haut, c’est la charité. Celui qui partage, qui use des biens pour aimer, devient semblable à Dieu lui-même. Et c’est cela la promesse accomplie.
Non pas une vie sans manque, mais une vie transfigurée par le don. Celui qui donne s’unit déjà celui qui s’est donné. Et cette union là, aucune mort ne peut la voler.
Alors, retenons bien ces promesses de Dieu. Et retenons bien l’essentiel qui est la charité et qui nous mène au royaume éternel. Et si la Genèse n’était pas qu’un vieux récit symbolique, mais le miroir de notre liberté, de notre chute et de notre espérance.
Sous le regard de Dieu, il y a deux arbres qui se dressent. L’un, c’est la vie, l’autre, c’est la mort. L’homme a choisi.
Mais alors, dans cette Genèse, il y a quelques mystères. Pourquoi Dieu a fermé la porte à l’arbre de la vie ? Peut-être aurait-il pu nous sauver. Eh bien, c’est le mystère que nous allons aborder dans la nouvelle vidéo Noctilus.
N’hésitez pas à partager à vos amis qui sont intéressés.
Dans cette vidéo sur la Genèse, je vous explique des mystères que j’aurais bien aimé savoir et que personne n’a jamais su m’expliquer.
Parole et Évangile du jour : Dimanche 19 octobre
• Continuez à prier !
Homélie Abbé Henri Vallançon
Chers amis de Cathoglad, la parabole d’aujourd’hui est la seule qui commence par son
interprétation. Jésus dit une parabole pour montrer à ses disciples qu’il faut toujours prier sans se décourager. Puis vient la petite histoire.
C’est sûr que le découragement nous guette, spécialement dans la prière. À quoi bon ? J’ai déjà prié pour tellement de causes en vain, prier sans se décourager. Oui, chers amis, prions, ne nous décourageons jamais.
C’est la résolution de Sainte Thérèse de l’enfant Jésus la veille de sa première communion. Elle prend la résolution « Je ne me découragerai jamais ». La prière est d’abord une expérience de la persévérance. Tenir bon, tenir jusqu’au bout, que nos doutes, nos déceptions n’aient jamais le dessus.Continuer toujours prier sans se décourager.
Puis vient la parabole, une veuve qui subit une injustice et s’adresse à un juge. « Rends-moi justice contre mon adversaire.» Comme elle est veuve, elle est dans une situation particulièrement précaire. Elle vit, elle crie jour et nuit.
L’injustice qu’elle subit, nous ne savons pas laquelle, la tourmente sans arrêt.
Et sa prière, c’est un cri qui vient des profondeurs d’elle-même. C’est son angoisse qui crie.
C’est sa colère aussi. « Rends-moi justice contre mon adversaire. » Qui est cet adversaire ?
C’est le nôtre. C’est les rancunes que nous gardons, les blessures qui nous meurtrissent, le cri d’injustice qui nous déchire les entrailles, cette plaie qui saigne.
Mais c’est la meilleure partie de nous-mêmes. C’est par là que la vie entre en nous. C’est ça qui nous relie au réel.
C’est la source de la vraie prière, la partie en nous qui prie le mieux, qui crie. Le reste, c’est souvent du personnage fabriqué. La parabole dit qu’elle crie jour et nuit.
Mais il faut bien dormir. Personne ne peut crier jour et nuit vers Dieu. C’est donc qu’il y a une prière cachée qui sort de moi comme la respiration. C’est un besoin intime, un désir de fond, un cri silencieux.
Dieu est là. C’est ce qui en nous aspire à quelque chose. C’est un désir d’un plus grand amour, une tristesse qui demande pardon, une nostalgie de l’immense abîme, une espérance de vie éternelle.
C’est là qu’habite l’Esprit Saint, notre âme. Ne rêvons pas que cette souffrance d’injustice puisse prendre fin.
Ce serait la mort de notre âme, le tarissement de la source de notre prière. C’est celle-là qu’il faut aimer et transformer en prière. Et si réellement nous offrons à Dieu ces injustices qui nous hantent, alors notre prière sera vraiment jour et nuit un cri adressé à lui et notre âme se laissera peu à peu habiter par sa présence.
Parole et Évangile du jour : Samedi 18 octobre
•Saint LUC : Une Église Parfaite..
Saint Luc, le médecin devenu évangéliste que nous fêtons aujourd’hui, n’était pas apôtre du premier cercle, mais disciple de la parole, témoin fidèle de la mission, et c’est précisément à travers lui que nous recevons ce passage fondateur.
Jésus envoie 72 disciples, deux par deux, pour annoncer la paix et guérir les cœurs. Pourquoi 72 ?
Parce que selon la tradition juive, c’est le nombre des nations du monde, et en les envoyant ainsi, Jésus anticipe déjà l’universalité de l’Église. Le salut n’est pas un petit groupe choisi, mais pour toutes les nations.
Luc, dans son évangile, comme dans les actes des apôtres, est le grand théologien de cette expansion. Il montre comment la mission du Christ devient la mission de ses disciples, et comment ceux-ci, animés par l’Esprit, forment le germe de ce que nous appelons aujourd’hui l’Église.
Mais alors, d’où leur vient leur légitimité ?
Pourquoi écouter ces hommes simples envoyés comme des agneaux au milieu des loups ? Parce qu’ils ne parlent pas en leur nom. Leur autorité ne vient pas de leur perfection, mais de leur envoi. C’est cela la succession apostolique. Non pas une transmission de pouvoir humain, mais la continuité du souffle de l’esprit.
Du Christ aux apôtres, des apôtres aux disciples, des disciples aux prêtres. Aux évêques, et à toute la communauté croyante.
Pourtant, l’évangile n’ignore pas les dérives possibles. Judas, choisi par Jésus lui-même, s’est perdu. Comment pouvons-nous espérer que des hommes, même inspirés de l’Esprit, comme l’était Jésus, choisissent des hommes parfaits ?
Cela n’existe pas, tout simplement.
Donc il n’y a pas à se poser la question. Paul, dans la lettre à Timothée, parle de des masses qu’il a abandonnées, d’Alexandre qui s’est opposé à lui, de tous ceux qui l’ont laissé seul. L’Église est née dans ce réalisme. Elle est faite de saints et de blessés, de fidélité et de trahison. Mais c’est justement dans sa fragilité que la mission demeure divine. Car si tout reposait sur la cohérence des hommes, elle se serait effondrée depuis longtemps.
C’est pourquoi, comme Paul, nous pouvons dire « Le Seigneur, lui, m’a assisté et m’a rempli de force » pour que la proclamation de l’Évangile s’accomplisse. L’Église n’est pas parfaite, elle n’a jamais prétendu l’être. Elle est un corps vivant où le Christ agit malgré nos faiblesses. Ceux qui s’attendent à une institution sans tâche seront toujours déçus. Mais ceux qui regardent au-delà des scandales, vers le feu qu’il anime depuis 2000 ans, comprendront que la sainteté de l’Église vient de celui qu’elle annonce, et non de ceux qui la servent. De 72 disciples, nous sommes devenus des milliards.
Ce passage de l’Évangile n’est donc pas seulement un souvenir, il est une mission confiée à chacun. Oui, toi, aujourd’hui, qui écoutes cette vidéo, tu as cette mission. Être disciple. Cette mission, c’est de continuer d’annoncer la paix, de guérir les cœurs, de témoigner que le royaume de Dieu s’est approché.
La lignée apostolique n’est pas une affaire de hiérarchie, mais de fidélité. Ce n’est pas la robe qui fait le disciple, mais la voix qui répond à l’appel. Et si certains tombent, comme Judas ou Démas, cela ne détruit pas la mission, car Dieu écrit droit avec nos lignes courbes.
L’Église d’aujourd’hui, avec ses blessures et ses divisions, reste la même église que celle des soixante-douze. Pauvre, fragile, mais porté par un feu qui ne s’éteint pas. Saint Luc, compagnon de Paul et témoin de la mission, toi qui as raconté la tendresse du Christ et la puissance de son esprit, apprends nous à être des disciples fidèles, non des spectateurs critiques.
Garde nos cœurs unis dans l’Église malgré ses failles, et rends nous artisans de paix là où Dieu nous envoie, que par ton intercession, le feu de la première mission brûle encore dans nos vies, jusqu’à ce que tous les peuples puissent dire :
« Le Royaume de Dieu s’est approché de nous »
Saint Luc, priez pour nous.
Parole et Évangile du jour : Vendredi 17 octobre
• Il connait tout de vous
Dieu ne nous oublie jamais. Les cheveux de votre tête sont tous comptés. C’est la parole de Jésus, ce qu’il nous dit aujourd’hui avec une tendresse forte.
Autrement dit, rien, absolument rien de toi, de ce que tu as dans le cœur, n’échappe à Dieu. Ce n’est pas une image, c’est une déclaration, et par n’importe laquelle, la déclaration d’amour. Si Dieu connaît jusqu’au nombre de tes cheveux, c’est qu’il voit tout de ta vie, tes joies, tes chutes, tes blessures, et même ce dont tu ne parles à personne.
Alors pourquoi avoir peur ? Ce passage n’est pas une menace sur le jugement, mais c’est un appel à la confiance absolue. Dieu ne t’oublie pas dans la foule, il te voit personnellement. Même si on est des milliards, il te connaît, il t’a fait dès le sein de ta mère.
Quand tout semble perdu, quand tu ne comprends plus ce qui t’arrive, ta vie reste entre ses mains, et ses mains ne lâchent jamais. C’est là le cœur de la foi, non pas tout comprendre, mais tout confier. Et c’est ce que nous rappelle saint Paul dans la première lecture.
Heureux l’homme dont la faute est enlevée, dont le péché est remis. Nos fautes ne nous condamnent pas, elles sont l’endroit même où Dieu peut venir nous relever. La confession n’est pas un procès pour humilier, ou un rappel de notre faiblesse pour nous abaisser de la part de l’Église, mais une renaissance, le moment où nous disons à Dieu, j’ai besoin de toi, et où lui nous répond, je te rends ta dignité.
C’est l’inverse de la peur, c’est la liberté retrouvée. Dans le psaume, quand il est dit, exultez
homme juste, homme droit, chantez votre allégresse, ces hommes ne sont pas justes et droits par nature, ils sont justes et droits parce qu’ils ont reçu le pardon de leur offense. Ils ont été enlevés de leur souillure.
Alors aujourd’hui où nous fêtons Saint Ignace d’Antioche, qui a vécu cette confiance jusqu’au martyr, il savait que la foi ne protège pas de la souffrance, mais qu’elle garde du désespoir.
Alors aujourd’hui, n’ayons pas peur, laissons-nous compter parmi ceux que Dieu relève.
Seigneur, toi qui connais jusqu’à mes cheveux, fais-moi vivre dans la confiance, non dans la crainte.
Quand je tombe, relève moi, quand je m’éloigne, rappelle moi. Saint Ignace, toi qui as cru jusqu’au bout, apprends moi à remettre ma vie entre les mains de Dieu avec la foi de celui qui sait qu’il est déjà sauvé. Saint Ignace d’Antioche, priez pour nous.
Du fond de la nuit, Dieu, vers toi je crie, tu entends ma voix, car auprès de toi, son miséricorde ira charme. Ô mon Créateur, j’attends tout de toi, plus que le veilleur désire l’aurore. Mon âme espère en ta parole.
Parole et Évangile du jour : Jeudi 16 octobre
•La foi ? C’est quoi exactement ? Ste Marguerite
l y a une question que l’on se pose sans jamais oser la formuler, parce que ça paraît très simple à comprendre. Qu’est-ce que la foi, au juste ? Dans la première lecture de Saint Paul Apôtre aux Romains, il y a cette mention de la foi.
L’homme devient juste par la foi, il est dit. Alors, eh bien aujourd’hui on va répondre à cette
question. Est-ce que c’est espérer que tout s’arrange ? Croire en quelque chose de flou, mais avec un optimisme spirituel ? Ou bien est-ce que c’est une sorte de superstition religieuse ? « Si je prie fort, Dieu me donnera ce que je demande».
La foi, ce n’est pas une croyance naïve. Ce n’est pas croire que tout ira bien, c’est croire que Dieu est là. C’est ça la foi, qu’il est là même quand rien ne va.
Saint Paul, dans la lecture du jour, nous dit « Dieu rend juste les hommes par la foi,
indépendamment de la loi. » Autrement dit, la foi ne consiste pas à accumuler les œuvres
pieuses ou les bonnes actions, mais à se laisser sauver. Elle n’est pas d’abord ce que je fais pour Dieu, mais ce que Dieu fait en moi, à condition que je le laisse faire.
La foi, c’est cette ouverture du cœur par lequel le ciel peut entrer dans la terre de ma vie. C’est une main tendue, pas un calcul. Et c’est pourquoi elle seule sauve.
Non parce qu’elle nous rend meilleurs, mais parce qu’elle nous unit à celui qui est le salut. Dans l’évangile, Jésus dénonce des hommes qui ont la tête remplie de religion, mais le cœur vide de foi. Il dit « malheur à vous docteur de la loi, vous avez enlevé la clé de la connaissance.
Vous-même n’êtes pas entré et vous empêchez les autres d’entrer. » Cette clé, c’est la foi
vivante. Celle qui fait confiance, qui cherche Dieu non pour l’expliquer, mais pour le rencontrer.
Parce que Dieu ne s’explique pas, l’infinité ne s’explique pas, l’amour ne s’explique pas. Les
pharisiens bâtissaient des tombeaux, les tombeaux des prophètes, mais sans écouter leur voix.
Nous aussi, nous honorons souvent les saints, mais sans imiter leur foi.
La vraie foi, c’est celle qui écoute et agit, celle qui vit de confiance plutôt que de contrôle. Elle n’est pas une théorie, elle est un mouvement. Comme le disait Catherine de Sienne, connaître Dieu, c’est se connaître soi-même.
Car la foi véritable naît de cette double lumière. Je vois ma pauvreté et j’y découvre la grandeur de Dieu. C’est dans ce vide que la grâce peut descendre.
Ça se passe avec l’aveugle de Géricault, avec la femme hémorroïde, avec le lépreux guéri, à la pécheresse pardonnée. Ou encore, lorsque Pierre marche sur les eaux, tant qu’il regarde Jésus, il avance. Dès qu’il doute, il coule.
Alors Jésus lui tend la main et lui dit, homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? Et tout est là.
La foi, ce n’est pas une énergie magique qui fait marcher les miracles. Ce n’est pas croire très fort pour que ça arrive, c’est croire assez pour ne plus avoir besoin que ça arrive.
Ce n’est pas obtenir ce qu’on veut, mais tenir la main de celui qui donne ce dont on a besoin.
Quand Jésus dit, ta foi t’a sauvé, il ne dit pas, ta force t’a guéri. Il dit, ta confiance m’a ouvert la porte.
Ta confiance m’a ouvert la porte. Autrement dit, la foi rend possible l’action de Dieu. Non pas parce qu’elle la fabrique, mais parce qu’elle l’accueille.
On ouvre la porte à Dieu pour qu’il agisse. Dieu agit à la mesure de notre ouverture. Voilà le mystère de la foi.
Le miracle n’est pas que les choses changent, mais que le cœur change avant elle. Et c’est là que Sainte Marguerite Marie à la coque entre dans cette lumière. La sainte que nous fêtons aujourd’hui et qui est l’apôtre du Sacré-Cœur.
L’héritière du Sacré-Cœur de Jésus. Le Christ lui a révélé son cœur. Un cœur brûlant, blessé par l’indifférence des hommes, mais toujours ouvert.
Elle a cru à cet amour, alors même que son entourage doutait d’elle. Sa foi n’a pas été une
émotion, mais une fidélité. La certitude que Dieu ne ment pas, même quand il se tait.
Comme pierre sur les eaux, elle a accepté de marcher au-dessus de ce qu’elle comprenait. Et parce qu’elle a cru, ce feu s’est répandu. Aujourd’hui encore, des millions de personnes prient ce cœur de Jésus, qui bat d’un cœur infini pour chacun.
La foi pour elle n’était pas de demander des signes, mais d’en devenir un. Alors Seigneur Jésus, cœur brûlant d’amour pour les hommes, rends-nous une foi vivante, celle qui ne cherche pas à te prouver, mais à te faire confiance. Apprends-nous à croire non pas pour obtenir un miracle, mais pour te laisser accomplir le tien en nous.
Sainte Marguerite Marie, toi qui as cru à l’amour quand tout semblait contre toi, enseigne-nous à regarder le Christ même au milieu des tempêtes et à redire chaque jour, cœur de Jésus, j’ai confiance en toi. Sainte Marguerite Marie Alacoque, priez pour nous. Prie pour le monde.
Parole et Évangile du jour : Mardi 14 octobre
•Avez vous honte de Jésus ?
Avons nous honte de l’Évangile, aujourd’hui on va se poser la question, on va revenir à des événements qui se sont passés dans notre vie où on s’est retenu de parler du Christ.
Pour ne pas choquer peut-être, ou peut-être parce que nous avions honte de ce message de dire que nous nous référions au Christ, qu’il était notre sauveur.
Et bien c’est la question que saint Paul nous jette en plein visage aujourd’hui.
Pas pour nous accuser, mais pour réveiller. Avons-nous peur d’en parler, de témoigner, de proclamer le Christ dans un monde qui s’en amuse ou s’en offense ? Avons-nous peur de choquer ? Avons-nous
peur d’être vu comme un illuminé ?
Pourtant, chers amis, si vous pensez comme ça, l’évangile dans votre cœur n’est pas bien formé. L’évangile n’est pas à craindre. Trop souvent, nous nous taisons par crainte d’être trop religieux. Ou simplement pour ne pas déranger.
Et pourtant, l’évangile n’est pas une opinion à défendre. C’est une puissance de salut, dit Paul.
Une force vivante qui relève les âmes et transforme les cœurs.
Il s’agit là de la vérité. Il ne s’agit pas de crier plus fort que les autres, ni de tomber dans un zèle agressif ou dans le prosélytisme que le Seigneur nous interdit. Le Christ ne nous demande pas de convaincre, mais de vivre en témoin.
Ce n’est pas nous qui convertissons. C’est la grâce qui agit à travers une parole vraie, une bonté désintéressée, une foi qui ne tremble pas. La confiance, le feu que nous avons se propage.
Être disciple, ce n’est pas imposer Dieu, c’est le laisser rayonner en nous, comme une lumière que rien ne peut éteindre. Et c’est cela qui allume le cœur des autres.
Mais Paul met aussi en garde. Le monde s’est détourné du Créateur pour adorer la création. Ils ont rendu un culte à la créature plutôt qu’à celui qui la fait. Cette phrase pourrait être écrite aujourd’hui.
Nous vivons à une époque où l’homme se prosterne devant la nature, serre les arbres dans les bras et la met sur un piédestal en disant « voilà ». D’ailleurs, la nature devrait remplacer toute l’humanité et l’humanité est une anomalie.
On oublie que premièrement, c’est Dieu qui l’a donné. L’écologie devient parfois une religion sans transcendance, où l’humain s’efface au profit du vivant, sans origine.
La création n’est pas notre déesse. Elle est notre sœur, disait Saint François, car elle reflète la beauté du Créateur. Et en l’aimant, nous devons remonter à la source et non nous arrêter à la surface.
Adorer la création sans Dieu ou même la diviniser, c’est comme admirer un tableau sans reconnaître le peintre. C’est manquer la vérité profonde. « Les cieux proclament la gloire de Dieu », chante le psaume.
Mais encore faut-il lever les yeux pour la voir. Le monde ne nous sauve pas.
C’est le sauveur qui nous rend capable de l’aimer qui nous sauve Et Jésus dans l’évangile vient donner le coup de grâce à l’hypocrisie. « Attention, préparez-vous !
«Vous purifiez l’extérieur de la coupe, mais l’intérieur est plein de cupidité. » Oh oui, ça, ça se reflète partout dans notre vie.
On veut paraître pur de l’extérieur, mais à l’intérieur on sait. On sait la vérité, même si on s’aveugle quelques fois on en revient. Ce reproche, il nous le fait encore aujourd’hui.
Nous entretenons nos apparences spirituelles, nos rites, nos discours, nos discours pieux, mais nos cœurs restent encombrés. La vraie purification ne se fait pas à l’eau du dehors, mais au feu du dedans. Il faut pouvoir paraître nu devant tout le monde, pratiquement.
Sainte Thérèse d’Avila le disait magnifiquement. « Si j’avais compris qu’un si grand roi habite ce petit palais de mon âme, je ne l’aurais pas si souvent laissé seul. » Oui, le Christ est dans notre cœur, il est à l’intérieur de notre temple intérieur.
Et quand nous savons cela, nous avons le désir de nettoyer ce temple intérieur pour qu’un si grand roi, si pur, qui s’est sacrifié pour nous avec toute sa bonté et cet amour inconditionnel, ne vienne pas là où il y a la crasse.
Dieu ne veut pas des mains impeccables et du cœur froid.
Attention, il veut qu’on lui fasse de la place, qu’on vide ce palais intérieur de tout ce qui l’encombre.
Tant que nous remplissons nos vies de bruit, d’orgueil, de possession, il n’y a pas de place pour lui. Oui, si nous plaçons Dieu au centre de tout dans notre vie, si nous lui laissons la place dans notre cœur, que nous soyons riches, pauvres, que nous aimions certaines choses ou pas, c’est
ça le plus important. Tant que nous remplissons nos vies de bruit, d’orgueil et de possession, je le répète, il n’y a pas de place pour lui.
Mais si nous lui ouvrons ce palais, si nous le laissons garnir et dégarnir à son gré, alors tout devient pur. Donnez plutôt en aumône ce que vous avez, dit Jésus. Autrement dit, libérez votre cœur.
Donnez, aimez, et tout sera purifié. C’est une invitation, chers amis. Alors, vidons nos cœurs aujourd’hui.
Prenons ce qui nous prend le cœur actuellement, soit qui nous agace, le bruit, soit le désir d’avoir le nouvel iPhone ou quelque chose comme ça. Et bien, détricotons tout cela en le donnant à Dieu.
Lui fera le reste. Laissons lui la plus grande place en nos cœurs. Contemplons le à l’intérieur de notre cœur.
Ayons ce grand désir de lui, de le mettre en premier.
Et surtout, en rappel de la première lecture, proclamons l’évangile sans honte. Adorons le Créateur à travers sa création. Et laissons Dieu purifier ce palais intérieur où il veut habiter.
Car ce n’est pas le monde qu’il veut conquérir, c’est notre cœur. Et quand il y demeure, le monde entier change de visage.
Vous n’écoutez pas cette vidéo parce qu’il y a eu des cœurs tièdes, il y a eu des cœurs chauds qui ont transmis la foi.
Et cette chaîne de transmission vient jusqu’à vos oreilles aujourd’hui. Alors, prions pour cette chaîne, pour cette chaîne de la vérité qui s’établit dans l’humanité et qui continue de se déverser inlassablement et inconditionnellement par le Christ.
Commentaire Évangile du jour : Lundi 13 octobre
•La Reine de SABA & Jonas
Le ton de Jésus dans cet évangile est d’une gravité étonnante. Il s’adresse à une foule avide de signes, de miracles, de preuves palpables, et il leur répond par l’histoire de Jonas. Ce prophète récalcitrant, fuyant la mission que Dieu lui confie, englouti par le poisson avant de renaître, devient pour eux une image du Christ, trois jours dans les entrailles de la mort avant la résurrection.
Mais contrairement à Jonas, Jésus n’est pas un messager effrayé. Il est le message lui-même. Il y a ici bien plus que Jonas.
Ce n’est pas un homme envoyé par Dieu. C’est Dieu venu en personne. Or, paradoxalement, les Ninivites, ces païens sans lois, ont su écouter la voix d’un prophète fragile.
Alors que la génération de Jésus reste sourde aux verbes faits chers, la foi des païens juge donc l’incrédulité des croyants. Et la reine de Saba, figure étrangère venue de loin pour entendre la sagesse de Salomon, incarne ces âmes qui cherchent la lumière au-delà des frontières. Elle s’est déplacée pour écouter un roi sage.
Et voilà que le roi de gloire parle, Jésus, mais on ne bouge pas. En elle, Jésus révèle le visage d’une foi humble et intelligente, celle qui voyage, qui dérange, qui écoute pour comprendre, en réalité qui a soif. Et il finit par dire « il y a ici bien plus que Salomon » parce que la reine de Saba, autrement dit, n’était pas venue pour rencontrer la sagesse de Salomon, mais la sagesse de celui qui lui avait donné cette sagesse, Dieu lui-même.
Cette parole du Christ ne condamne pas pour autant. Elle nous interroge, et si Jonas revenait aujourd’hui, nous pouvons nous poser la question, est-ce qu’on le croirait ? Si quelqu’un venait crier dans nos villes modernes « convertissez-vous », est-ce qu’on ne le prendrait pas pour un illuminé ? Les Ninvites, eux, ont cru. Non pas parce que Jonas brillait de charisme, mais parce qu’il parlait avec l’autorité de la vérité.
Ce n’est pas son éloquence qui a touché les cœurs, c’est l’Esprit de Dieu qui a traversé ces mots. Ils ont senti que cette parole venait d’ailleurs, et ils ont répondu non par des discours, mais par un jeûne sincère, celui que décrit Saint Aphrate, non pas une simple privation de pain, mais un jeûne de la méchanceté, c’est ça le vrai jeûne, celui qui fait plier le cœur avant le ventre, celui qui coupe les liens de l’injustice et brise l’orgueil. Ce peuple païen, en renonçant à la violence, a préparé la route à la miséricorde.
Et Dieu a vu, dit l’Écriture, non leurs cendres, mais leurs actes. Ainsi, le signe de Jeunas, c’est cela. C’est le signe du retournement intérieur, de la conversion qui est réelle, qui se traduit en nous, par un changement.
Parce qu’au fond, chaque fois que nous laissons Dieu nous faire passer du ventre du monstre à la lumière du jour, c’est une Ninive qui renaît. Il y a ici, aujourd’hui encore, bien plus que Jonas, et bien plus que Salomon. Il y a le Christ vivant en nous qui attend qu’on l’écoute enfin, non pour le regarder faire un miracle, mais pour le laisser accomplir le sien dans nos cœurs.
