Cathoglad — Commentaire catholique quotidien de l’Évangile, mois de septembre 2026. Cathoglad publie chaque jour un nouveau commentaire de l’Évangile, fidèle à la tradition de l’Église et enraciné dans la Parole de Dieu. Cette page est mise à jour quotidiennement pour offrir une méditation claire, accessible et spirituellement solide, destinée à nourrir la prière, éclairer la vie intérieure et accompagner chacun dans sa rencontre avec le Christ

Mercredi 30 septembre

• CHOISIR DIEU SANS CONDITION

Dans la première lecture, Job est au fond. Sa chair consumée, ses os collent à sa peau, abandonné par ses proches, insulté par ceux qu’il aimait, frappé par des événements qu’il n’a pas choisis et qu’aucun homme ne choisirait.
C’est depuis cette position, cette poussière, où tout s’est effondré autour de lui, qu’il dit : « Je sais que mon Rédempteur est vivant et qu’il se lèvera le dernier sur la poussière, et dans ma chair je verrai Dieu. »
Cette confiance en Dieu, cette foi, ce n’est pas celle d’un homme dont la vie s’est bien passée, ni celle d’un homme qui n’a jamais souffert. C’est la foi d’un homme à qui la souffrance a arraché tout ce qui n’était pas essentiel, et qui, depuis cet endroit dépouillé, arrive à toucher quelque chose d’indestructible, que la prospérité humaine n’aurait jamais pu lui révéler. Parce que ce genre de vérité ne se trouve qu’au fond, quand il n’y a plus rien, plus rien d’autre à quoi s’accrocher que Dieu lui-même.

C’est depuis cette logique que, dans l’Évangile, Jésus refuse sur la route ce que trois hommes lui proposent depuis un endroit encore trop plein d’eux-mêmes. L’un voudrait le suivre partout sans avoir encore mesuré ce que cela coûte, l’autre demande à enterrer son père d’abord, le troisième désire dire au revoir à sa famille.
Et ces raisons sont bonnes, elles sont humaines, elles sont légitimes, là n’est pas la question. Mais c’est précisément cela : elles révèlent quelque chose de vrai sur l’état intérieur de ceux qui les avancent, parce que le contretemps légitime est toujours le miroir le plus fidèle de ce qui occupe encore la première place dans un cœur. Et qu’on ne voit jamais aussi clairement ce qu’on aime vraiment que dans le moment où on est appelé à le laisser sans condition.

Jérôme a abandonné Rome à l’apogée de sa brillance pour aller à Bethléem apprendre l’hébreu et passer le reste de sa vie à traduire les Écritures, dans une pauvreté que rien de sa trajectoire, de sa vie d’avant, ne laissait prévoir.
Il avait compris que Dieu ne demande pas un oui quand les conditions sont enfin réunies. Ce moment n’arrive jamais, jamais. Et que c’est depuis l’endroit exact où l’on se trouve, maintenant, aujourd’hui, avec tout ce qui résiste encore en soi, avec tout ce qui résiste encore dans notre croyance du monde extérieur, sur la condition, etc., que le oui demandé par Dieu peut devenir total.
Comme celui de Job, dans la cendre, qui dit « je sais », malgré tout « je sais ». Et à partir de ce « je sais », Dieu peut tout construire.
L’histoire de saint Jérôme, que nous fêtons aujourd’hui, à l’instar de l’histoire de Job, nous montre le chemin du oui inconditionnel. Du oui maintenant, à l’instant T. Comment l’homme pourrait-il avoir raison contre Dieu ?
Abandonnez-vous sans condition au Seigneur, soyez assurés qu’il fera le reste.
Saint Jérôme, priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Mercredi 30 septembre • CHOISIR DIEU SANS CONDITION

Mardi 29 septembre

• Saint Michel, Gabriel et Raphaël, Archanges

Voici un homme en qui il n’y a pas de ruse. Nathanaël est touché par cette parole. Comment Jésus le connaissait ? Mais oui, Jésus le connaît. Il connaît toute sa vie.
Et il clôture cet évangile en disant : « Vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »
Cette promesse, cette promesse indique que la frontière entre le visible et l’invisible est poreuse, que le monde des anges n’est pas un étage fermé. Ils traversent le nôtre, ils travaillent dans le nôtre, et Jésus en est le point de jonction.

Saint Thomas d’Aquin enseigne que les anges sont des esprits purs, des intelligences sans corps, dont la mission première est de se tenir devant Dieu et d’agir en messager de sa volonté dans le monde créé.
Ils ne sont pas des forces diffuses, des énergies cosmiques, des symboles de nos aspirations intérieures, et surtout, ils ne sont pas des puissances que l’on peut utiliser. Ce sont des personnes, des êtres réels, dont la dignité surpasse celle de l’homme en puissance naturelle, mais que l’Incarnation a placés dans un rapport singulier à nous, puisque c’est notre nature que le Fils de Dieu a prise, et non la leur.
Saint Grégoire le Grand ajoute que, sur les trois archanges dont nous fêtons la mémoire aujourd’hui :
Michel signifie « Qui est comme Dieu ? ». Son nom est lui-même une proclamation, un cri de combat contre l’orgueil de Satan qui voulait s’égaler à Dieu.
Gabriel signifie « Force de Dieu ». C’est lui qui annonce ce que Dieu seul peut accomplir, ce qui dépasse toute prévision humaine.
Raphaël enfin signifie « Dieu guérit ». C’est lui qui accompagne Tobie dans son voyage, qui tient la main de celui qui marche dans l’obscurité sans savoir encore qu’il n’est pas seul.
Ces noms sont des missions, et ces missions disent quelque chose de précis sur ce que Dieu envoie dans nos vies quand nous traversons le combat, l’annonce impossible ou la blessure qui tarde à guérir.

Dans le texte de l’Apocalypse d’aujourd’hui, Michel a combattu le dragon et l’a jeté hors du ciel. Le dragon est l’accusateur, celui qui se tient jour et nuit devant Dieu pour nous accuser, pour pointer nos chutes, pour murmurer que nous ne valons pas le pardon reçu, pour nous enfermer dans notre orgueil et refuser la grâce à tout jamais.
Michel le chasse, et la voix qui retentit dans le ciel, écoutez bien, dit ceci : « Ils l’ont vaincu par le sang de l’Agneau et par la parole de leur témoignage, détachés de leur propre vie jusqu’à mourir. »
Chers amis, le combat contre le mal commence là, dans ce détachement de soi-même, dans ce renoncement à se justifier, à se défendre, à s’accrocher à sa propre image.

Cyrille de Jérusalem nous indique que Michel et Gabriel eux-mêmes ont besoin de l’Esprit Saint, que toute la hiérarchie angélique, dans toute sa puissance, ne soutient pas la comparaison avec le Paraclet qui scrute les profondeurs de Dieu. Les anges ont besoin de l’Esprit Saint. Les anges sont grands, mais l’Esprit est plus grand, et cet Esprit habite en nous.
Chers amis, si les anges ont besoin de l’Esprit Saint, alors nous aussi. Ce chemin de fidélité à Dieu, il est important de le comprendre, n’est pas un effort de volonté, la volonté n’a rien à voir là-dedans. C’est une ouverture, un consentement à ce que l’Esprit fasse en nous ce que les anges eux-mêmes ne peuvent pas faire à notre place.
Alors, chers amis, ouvrons nos cœurs, laissons-nous conduire à l’exemple de Michel, de Gabriel et de Raphaël, ces archanges, et demandons-leur de prier pour nous.
Saint Michel, saint Gabriel, saint Raphaël, priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Mardi 29 septembre • Saint Michel, Gabriel et Raphaël, Archanges

Lundi 28 septembre

• La leçon de Dieu aux amis de Job

Jean Cassien écrit que la perfection du cœur ne consiste pas à se taire, mais à ne laisser sortir de soi que ce qui vient d’un endroit juste, une parole pesée, offerte, et non projetée.
Job, dans la première lecture, reçoit des amis après sa ruine. Ils restent sept jours assis avec lui dans le silence, parce que la douleur qu’ils voient est trop grande pour être commentée. Puis ils ouvrent la bouche, et c’est là que tout se gâte.
Bildad, Éliphaz, Zophar, chacun à leur tour expliquent à Job pourquoi il souffre, ce qu’il a fait de mal et ce que Dieu lui reproche. Ils ont des arguments, des références, une théologie cohérente, et ils ont complètement tort. Dieu à la fin leur dit : « Vous n’avez pas dit de moi ce qui est juste, comme l’a fait mon serviteur Job. »
Job, lui, a crié, protesté, supplié, accusé, mais depuis un endroit vrai. Ses amis ont parlé depuis leur propre certitude, leur propre lecture du monde, et cette certitude les a aveuglés sur ce qui se passait vraiment devant eux.
Thérèse de Lisieux, que nous prions en ce moment, savait cela. Elle le portait dans le quotidien et le quotidien le plus ordinaire, dans les petites frictions du Carmel, dans les incompréhensions entre sœurs, dans ces moments où l’on est convaincu d’avoir raison et où cette conviction elle-même devient le problème.
L’humilité dont elle témoigne n’est pas la fausse modestie. Reconnaître que notre lecture des choses est partielle, que nos reproches portent toujours l’empreinte de ce que nous ne voyons pas encore – et un petit conseil est de tourner sa langue sept fois dans sa bouche avant de parler –, c’est un acte de foi, la reconnaissance que Dieu tient ce que nous ne voyons pas et que parfois la meilleure parole est celle qu’on renonce à prononcer.
Le psaume nous dit de Dieu qu’il scrute les reins et les cœurs, rien n’échappe à ce regard. Et si rien n’échappe à ce regard, alors nous pouvons nous permettre de lâcher la prétention de tout nommer, de tout corriger, de tout redresser, et laisser Dieu faire le travail que lui seul peut faire.

Prions le Seigneur notre Dieu pour la dernière journée du pape Léon XIV en France. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Amen.
Seigneur, nous te rendons grâce pour la présence du pape Léon XIV parmi nous, pour ses paroles, ses gestes et l’espérance qu’il a semée. Fais porter à cette rencontre des fruits durables.
Que la France, appelée depuis des siècles fille aînée de l’Église, retrouve l’audace de sa mission, et devienne à nouveau une terre féconde pour l’annonce de l’Évangile. Que les chrétiens de France n’aient plus peur de parler de leur foi, de témoigner du Christ et de vivre pleinement de ta parole.
Fais grandir en Europe une véritable fraternité entre les nations, enracinée non dans l’effacement des peuples, mais dans la paix, la vérité et la charité. Que cette paix, nourrie par l’attachement à ta parole, irrigue nos cœurs et nous apprenne à respecter et servir chaque vie humaine, dans toute sa dignité, de son commencement jusqu’à sa fin.
Seigneur, la paix du monde ne peut être un simple souhait sans racine : en Jésus-Christ elle reçoit sa source, sa force et toute sa fécondité.
Nous te confions notre pays, la France, nous te confions l’Europe et tous les peuples du monde. Que cette visite réveille en nous le désir de la mission, afin que, par le témoignage des chrétiens, l’Europe rayonne de nouveau et que le monde ait la vie. Amen.

Parole et Évangile du jour | Lundi 28 septembre • La leçon de Dieu aux amis de Job

Dimanche 27 septembre

Le seul obstacle que Dieu ne peut pas vaincre – Abbé Henri Vallançon

Chers frères et sœurs de Cathoglad, difficile d’enregistrer une homélie en ligne ce dimanche puisque le pape Léon XIV, le successeur de Pierre, donnera la sienne en français en ce jour. Mais puisque le calendrier des homélies prévues par Julien prévoit que je la fasse aujourd’hui, je fais ma besogne.
La semaine dernière, nous entendions la parabole des ouvriers de la onzième heure et Jésus déjà invitait à aller travailler à sa vigne. Il demandait à chacun, à toute heure, de participer à sa mission et proposait un salaire pour son travail. La pointe de la parabole était autour de ce salaire et de cette décision surprenante du maître de la vigne de donner le même salaire à tous, quel que soit le temps de travail qu’il a fourni.
La parabole d’aujourd’hui poursuit la métaphore, mais cette fois la pointe est ailleurs. Non pas sur le salaire du travail, mais sur l’appel initial. Tous répondaient positivement à l’appel dans la parabole des ouvriers de la onzième heure et il s’agissait d’un maître avec des ouvriers. Ici, il s’agit d’un père avec ses deux fils.
Nous entrons dans une relation paternelle et filiale, car Dieu n’est pas seulement le maître qui embauche, mais un père qui demande affectueusement : « Mon enfant, va aujourd’hui travailler à la vigne. » Et ce qui donne à notre parabole d’aujourd’hui son caractère dramatique, c’est justement cette relation d’amour d’un père et ses fils. Comme toujours avec Jésus, cette petite parabole de l’Évangile n’a l’air de rien, mais elle est très subtile.
Je vous propose de la lire à deux niveaux, au sens moral et au sens eschatologique.

Au sens moral, pour une raison que nous ignorons, le premier fils ne répond pas à cet appel de son père et dit : « Je ne veux pas. » Le père n’insiste pas et ne lui fait pas de reproches, il respecte sa volonté. Peut-être le fils avait-il raison de ne pas vouloir y aller, mais insatisfait de sa réponse, réfléchissant encore, il change d’avis, il regrette son premier mouvement et décide d’y aller.
Au deuxième fils, le père fait le même appel, qui lui répond : « Oui, Seigneur. » Avec emphase, il appelle son père « Seigneur », mais il ne fait pas ce qu’il a dit, et il ne va pas à la vigne.
Alors Jésus interroge les grands prêtres et les anciens du peuple : « Lequel des deux a fait la volonté de son père ? » « Le premier », répondent-ils. Jésus ne les contredit pas, mais il n’approuve pas non plus leurs réponses. Les deux fils n’ont pas fait ce qu’ils avaient dit. Celui qui avait dit « non » comme celui qui avait dit « oui » a fait le contraire.
Au sens moral donc, Jésus exhorte à avoir une parole fiable, à mettre en totale concordance nos paroles et nos actes. Il y a des « non » nécessaires comme des « oui » nécessaires. « Que votre oui soit oui, que votre non soit non », dit ailleurs Jésus. Qui ne sait pas dire « non » ne sait pas dire un vrai « oui ». La force du « oui » est adossée à la capacité aussi à savoir dire des « non ».
Chers frères et sœurs, évertuons-nous à avoir une parole qui soit un bloc de fiabilité. De différentes manières, Jésus revient très souvent à cela. Il n’aime pas les mots en l’air. La parole chrétienne, la parole du baptisé, elle est fiable.

Au sens eschatologique, la parabole d’aujourd’hui dessine, alors que Jésus est déjà entré dans sa passion, une ligne de partage entre deux groupes d’hommes : ceux qui se sont repentis de leur faute et ont cru à la parole, et ceux qui ne se sont pas repentis et n’ont pas cru.
En effet, quand il enseigne la parole de ce jour, Jésus a déjà fait son entrée triomphale dans Jérusalem, à dos d’âne, acclamé par les rameaux de la foule. Jésus maintenant est dans le Temple, et il a face à lui les grands prêtres et les anciens du peuple, les plus hautes autorités du judaïsme. Et ils lui ont demandé : « Par quelle autorité fais-tu cela ? »
Jésus, entré dans sa passion, voit le drame qui est déjà en cours. Il voit le durcissement de leur volonté qui les rend aveugles. Ils répondent, comme le premier fils : « Je ne veux pas. » Et là, Jésus les abandonne à leur refus.
« En vérité, je vous le déclare, les publicains et les prostituées vous précèdent dans le royaume de Dieu. » Quelle parole rude pour ces grands messieurs ! Et Jésus dit encore : « Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole. Mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes pas repentis plus tard pour croire à sa parole. »
Ce repentir plus tard fait référence au premier fils de notre parabole. Jésus ne loue pas les publicains et les prostituées d’être tels, ni ne condamne les grands prêtres et anciens du peuple d’être tels, mais seul compte ultimement à ses yeux la relation personnelle de l’âme vis-à-vis de Dieu, le repentir et la foi.
Les deux camps que Jésus dessine, c’est d’un côté ceux qui refusent d’entendre l’appel du Père et d’accueillir son autorité divine pour croire à sa parole, et de l’autre ceux qui croient en lui, qui se reconnaissent pécheurs et font pénitence. Ce n’est pas l’observance de la loi, l’appartenance ou non à Israël et à l’Église, mais bien la foi dans la divinité du Christ Jésus et l’esprit de pénitence qui fait la différence.
Seul accède au royaume de Dieu celui qui a le profond sentiment d’être pécheur. Oui, c’est bien ce sentiment intérieur qui ouvre l’accès du cœur à Jésus Sauveur. Les autres, endurcis dans leur orgueil, ne peuvent pas entrer dans le royaume de Dieu.

Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu Sauveur, prends pitié de moi, pécheur.
Dans le récit du pèlerin russe, le sage répète sans cesse cette prière. Il sent le gouffre en lui s’élargir à mesure qu’il se rapproche de Dieu, et il mendie de plus en plus comme un pauvre la grâce divine. La clé de toute sainteté est là.
Le seul obstacle invincible pour Dieu, c’est l’orgueil du cœur. Un authentique esprit de pénitence, une humilité véritable, un désir de nous convertir, et un ferme propos en ce sens, voilà la grâce à demander pour nous-mêmes et pour tous ceux qui s’endurcissent dans le refus de la grâce de la foi.
Seigneur Jésus-Christ, Fils de Dieu Sauveur, prends pitié de moi, pécheur.

Le seul obstacle que Dieu ne peut pas vaincre – Abbé Henri Vallançon

Samedi 26 septembre

• Souviens toi de ton Créateur

Commentaire du Cardinal Joseph Ratzinger, Benoît XVI

Le Fils de l’Homme va être livré aux mains des hommes.
Quand les soldats romains eurent flagellé Jésus, couronné d’épines et revêtu d’un manteau de dérision, ils l’ont ramené à Pilate. Ce militaire au cœur dur a été apparemment bouleversé à la vue de cet homme détruit, brisé. Il l’a présenté à la foule, l’invitant à la pitié, en déclarant : « Voici l’homme ». Mais plus exactement en grec : « Voyez, ceci est l’homme ».
Dans la bouche de Pilate, ces mots étaient ceux d’un cynique qui voulait dire : « Nous nous glorifions d’être des hommes, mais maintenant regardez donc, le voilà, ce ver de terre, c’est l’homme, qu’il est méprisable, qu’il est petit ».
Dans ces mots cyniques, l’évangéliste Jean a tout de même reconnu des paroles prophétiques qu’il a transmises à la chrétienté. Oui, Pilate a raison quand il dit « Voyez, ceci est l’homme ». En lui, en Jésus-Christ, nous pouvons lire ce qu’est l’homme, le projet de Dieu et quel traitement nous lui réservons.
En Jésus déchiré, nous pouvons voir combien l’homme peut être cruel, petit et mesquin. En lui, nous pouvons lire l’histoire de la haine de l’homme et celle du péché. Mais en lui, en son amour qui souffre pour nous, nous pouvons voir encore davantage la réponse de Dieu.
Oui, ceci est l’homme que Dieu a aimé jusqu’à la poussière, que Dieu a aimé au point de le suivre jusqu’à l’ultime souffrance de la mort, jusque dans le dernier rabaissement. Il est resté l’appelé de Dieu, le frère de Jésus-Christ, appelé à prendre part à l’amour éternel de Dieu.
La question « Qu’est-ce que l’homme ? » trouve sa réponse dans l’imitation de Jésus-Christ, en mettant nos pas dans les siens. Nous pouvons apprendre jour après jour ce qu’est l’homme dans la patience de l’amour et de la souffrance avec Jésus-Christ et devenir ainsi des hommes.
Ainsi, nous voulons lever les yeux vers celui que Pilate et que l’Église nous présentent. L’homme, c’est lui. Prions-le afin qu’il nous apprenne à devenir véritablement des hommes. À être des hommes.
Seigneur notre Dieu, en ce jour où le pape Léon XIV poursuit sa visite en France, nous te confions chacune de ces rencontres.

Parole et Évangile du jour | Samedi 26 septembre • Souviens toi de ton Créateur

Vendredi 25 septembre

• Donner sa vie !

Commentaire de saint Jean Chrysostome

Alors il enjoignit aux disciples de ne dire à personne qu’il était le Christ.
Pourquoi cet ordre ? Pour qu’une fois que tout sujet de scandale serait écarté, la croix et sa passion accomplies, tout obstacle capable de détourner la foule de croire en lui repoussé, la connaissance exacte de qui il était puisse se graver profondément et à tout jamais dans les cœurs.
Sa puissance n’avait pas encore brillé d’une façon éclatante. Avant que les apôtres ne la prêchent, il attendait que l’évidence de la vérité et que l’autorité des faits puisse confirmer leur témoignage.
Car c’était une chose de le voir maintenant multiplier les prodiges en Palestine, puis en butte aux persécutions et aux outrages. Et la croix allait suivre ces prodiges. C’en était une autre de le voir adoré, cru par toute la terre, sauvé des mauvais traitements qu’il avait autrefois subis. Voilà pourquoi il leur recommande de ne rien dire à personne.
Si les apôtres qui avaient été témoins des miracles, qui avaient participé à tant de mystères inexprimables, avaient du mal à accepter une seule parole concernant la passion, et avec eux Pierre lui-même, leur chef à tous, qu’aurait pensé le commun des mortels ? Après avoir entendu dire que Jésus était le Fils de Dieu, que penserait-il à le voir souillé de crachats et cloué à la croix ? Et cela avant la venue du Saint-Esprit, quand on ne connaissait pas encore la raison de ces mystères.

Chers amis, nous pouvons voir encore une fois, et c’est souvent le cas, un lien entre l’Évangile et la première lecture. Chaque chose a un moment précis dans le plan de Dieu. Et saint Jean Chrysostome nous dit que Jésus attendait le bon moment pour révéler pleinement son identité après l’accomplissement de la passion.
Dans notre vie actuelle, nous constatons également qu’il y a un temps pour chaque chose, des moments de succès, des périodes d’épreuves, et il nous est souvent difficile de saisir la totalité du plan de Dieu, ou le sens des événements que nous traversons. Il nous faut parfois patienter et faire confiance.
Selon la tradition de l’Église, Dieu a effectivement un plan pour chacun de nous, un projet de salut et de bienveillance qui respecte notre liberté et guide nos vies vers l’accomplissement de son dessein.
Toutefois, nous devons éviter l’attitude du providentialisme, qui consiste à attendre passivement que Dieu fasse tout à notre place. Tout comme il est important de ne pas désespérer face aux épreuves, car cela pourrait nous conduire à faire de mauvais choix ou à perdre de vue la confiance en sa grâce.
Dieu nous invite à collaborer activement avec sa volonté, comme il le fait avec ses disciples, individuellement. Il nous invite à prendre des décisions éclairées, tout en nous appuyant sur sa providence, sans céder à l’impatience ou à l’angoisse de l’avenir, mais à rester dans la foi et le discernement.
En ce jour de l’arrivée du pape Léon XIV en France, unissons-nous à la prière de toute l’Église.

Parole et Évangile du jour | Vendredi 25 septembre • Donner sa vie !

Jeudi 24 septembre

• Vanité des vanités — et après ?

Vanité des vanités, Coëlette regarde le monde et voit une roue qui tourne.
Le soleil se lève et se couche. Les fleuves coulent vers la mer sans la remplir. Les générations se succèdent sans laisser de traces. C’est le regard lucide d’un sage qui a tout essayé, tout possédé, tout accompli, et qui décrit un monde, depuis sa propre vision, depuis ses seules forces, uniquement.
Le père Henri Valançon, dans son commentaire récent paru aux éditions du Carmel, lit Coëlette autrement que comme un pessimiste. Il y voit un appel à la purification intérieure : les désillusions que Coëlette provoque en nous ne sont pas une invitation au découragement. Elles sont un travail lent et fécond qui nous demande de discerner ce qui en nous fausse notre rapport à Dieu, aux autres, au monde, mais surtout à nous-mêmes.
La frustration que la vanité fait naître est un passage, une dépouille. Et au-delà de cette dépouille, quelque chose nous attend.
Et de même, Hérode entend lui parler de Jésus et cherche à le voir. Mais Origène fait une distinction. Tous ceux qui voient ne sont pas illuminés de la même manière par le Christ. Chacun l’est à la mesure dont il peut recevoir la lumière.
Hérode est curieux, il veut voir Jésus comme on veut voir une énigme, de près pour comprendre, pour classer, pour le catégoriser. Cette curiosité-là ne le met pas en mouvement vers quelque chose, elle tourne sur elle-même, comme les fleuves de Coëlette qui coulent sans jamais remplir la mer.
La vraie recherche ressemble à autre chose. Elle coûte quelque chose, elle dérange quelque chose, elle ne laisse pas indemne. Elle n’est pas juste une découverte amusante.
Et le psaume nous dit ce que ni Coëlette ni Hérode ne peuvent dire seuls : « Rassasie-nous de ton amour au matin, que nous passions nos jours dans la joie et les chants. »
Il y a une mer qui se remplit, elle a une source au-dessus d’elle. Et cette source, chers amis, c’est cela que nous devons chercher. Puissions-nous la trouver et la partager.

Parole et Évangile du jour | Jeudi 24 septembre • Vanité des vanités — et après ?

Mercredi 23 septembre

parole et Évangile du jour | Mercredi 23 septembre • St Padre Pio

Cet épisode évangélique nous concerne également. Et pas seulement les prêtres, mais tous les baptisés. Appelé à témoigner de l’évangile du Christ dans les divers domaines de la vie. Aucun chrétien n’annonce l’évangile à son compte. Mais seulement envoyé par l’église qui a reçu le mandat du Christ lui-même.

C’est précisément le baptême qui nous rend missionnaire. Un baptisé qui ne se sent pas le besoin d’annoncer l’évangile. D’annoncer Jésus n’est pas un bon chrétien. La deuxième caractéristique du style du missionnaire est pour ainsi dire un visage. Qui consiste dans la pauvreté des moyens. Son équipement répond à un critère de sobriété. Le maître les veut libres et légers, sans appui et sans faveur. Uniquement sûr de l’amour de celui qui les envoie. Uniquement fort de sa parole qu’ils vont annoncer. Ils n’étaient pas des fonctionnaires ou des entrepreneurs, mais d’humbles travailleurs du royaume. Ils avaient ce visage. Et à ce visage appartient aussi la façon dont le message est accueilli.

Il peut en effet arriver de ne pas être accueilli ou écouté. Cela aussi est la pauvreté, l’expérience de l’échec. L’histoire de Jésus, qui fut rejetée et crucifiée, préfigure le destin de son messager. Et ce n’est que si nous sommes unis à lui, morts et ressuscités, que nous réussissons à trouver le courage de l’évangélisation. Et chers frères et sœurs, vous avez dans la première lecture une indication très claire. Seigneur, je n’ai que deux choses à te demander. Éloigne de moi mensonges et faussetés. Accorde-moi seulement ma part de pain. Car, dans l’abondance, je pourrais te renier. Prions toujours le Seigneur pour ne pas perdre cette vision des choses, pour ne pas perdre cette parole, sa parole, celle qui nourrit notre cœur et qui nous fait voir la vérité

parole et Évangile du jour | Mercredi 23 septembre • St Padre Pio

Mardi 22 septembre

• La Famille + Début Neuvaine Ste Thérèse

Nous pouvons nous arrêter un peu sur ce mot, famille, parce que c’est une réalité qui a beaucoup changé et qui change encore.
Mais les nouveautés, les vraies, n’ont été apportées à ce monde que par une seule personne : Jésus‑Christ. La véritable révolution de la famille a été la sienne.

Et la famille, il l’a aussi renouvelée, il l’a transformée. C’est ce que racontent les trois synoptiques de Matthieu, Marc et Luc.
Jésus est en train de prêcher au milieu de ses disciples et d’autres personnes, et à un moment donné, on lui dit : « Ici, ta mère et tes parents te cherchent. »
Il tourne son regard vers ceux qui sont là, autour de lui, et dit : « Voici ma mère et mes frères. »
Et il ajoute : « Car quiconque fait la volonté de mon Père est pour moi un frère, une sœur, une mère. »

Cette parole de Jésus a radicalement renouvelé la famille, de sorte que le lien le plus fort et le plus important pour nous chrétiens n’est plus celui du sang, mais l’amour du Christ.
Son amour transforme la famille, il la libère des dynamiques d’égoïsme qui dérivent de la condition humaine et du péché.
Il la libère et l’enrichit d’un nouveau lien, encore plus fort mais libre : non pas dominé par les intérêts et les conventions de la parenté, mais animé par la gratitude, le remerciement, le service mutuel.

Parole et Évangile du jour | Mardi 22 septembre • La Famille + Début Neuvaine Ste Thérèse

Lundi 21 septembre

• Devotion Intérieur

Commentaire de Jean Tauler

Notre Seigneur a dit à saint Matthieu que nous fêtons aujourd’hui : « Suis‑moi ! »
Ce saint aimable a été un modèle pour tous les hommes. Il avait tout d’abord été un grand pécheur, comme l’Évangile le dit de lui, et il est devenu plus tard un des grands parmi tous les amis de Dieu.
Car notre Seigneur lui a parlé au fond de son être, et alors il a tout abandonné pour suivre le Maître.
Suivre Dieu dans la vérité. En effet, tout est là, et pour le faire, il faut vraiment et complètement abandonner toutes les choses qui ne sont pas Dieu, quelles qu’elles soient.

Dieu est amoureux des cœurs, il ne s’intéresse pas à ce qui est extérieur. Mais il veut de nous une dévotion intérieure vivante.
Cette dévotion a en soi plus de vérité que si je faisais des prières autant que le monde entier, ou que si je chantais si fort que mon chant monte jusqu’au ciel.
Plus de vérité que tout ce que je pourrais faire extérieurement en jeûne, veille et d’autres pratiques.
Il veut donc de nous une dévotion intérieure vivante.

Chers amis, pour ceux qui le souhaitent, la Neuvaine aux Saints‑Archanges commence.

Parole et Évangile du jour | Lundi 21 septembre • Devotion Intérieur

Dimanche 20 septembre

• les « premiers » seront !

Commentaire de Frère Dominique Benoît

À quoi bon ? À quoi bon se fatiguer ? À quoi bon faire des efforts, année après année, jour après jour, heure après heure ?
Cet évangile des ouvriers de la dernière heure est d’une absurdité économique et mathématique. À salaire égal, autant être celui qui a travaillé le moins, c’est d’une rentabilité exceptionnelle.
Et le comble, c’est que le Christ pousse la règle encore plus loin. Les derniers vont aller jusqu’à prendre la place des premiers.
Vraiment, on dirait que le Seigneur ne fait rien pour nous aider à avoir un minimum d’exigence vis-à-vis de nous-mêmes dans notre vie spirituelle.
Comme on dirait en Provence, t’es V le coup, c’est facile, tu te planques et tu sors juste avant la fin pour être payé pareil, c’est facile.

C’est vraiment ce qu’on peut entendre habituellement. C’est facile chez vous, les cathos, il suffit dans sa vie de faire les pires choses, on va tout raconter en confession et Zou c’est pardonné.
Alors, c’est vraiment une manière extrêmement simple de voir les choses, et c’est surtout les comprendre sans l’aide de la foi.
Parce que, dans la parabole, les ouvriers de la dernière heure ne sont pas des fainéants ni des calculateurs, ils ont cherché du travail mais sans en trouver.
Et surtout, ils ne savent pas que le Maître va leur donner le même salaire qu’à ceux qui ont travaillé toute la journée.
Entre Sainte Thérèse de Lisieux et Sainte Marie-Madeleine, même récompense.

Alors que la première a consacré sa vie et sa virginité à Dieu dès son plus jeune âge, et que la seconde a largement tardé à se convertir après avoir été l’image même de la femme de mauvaise vie, au point d’être appelée catégoriquement et vulgairement la femme pécheresse.
Faut-il alors se dire simplement : profitons du mal aujourd’hui et demain nous nous convertirons ? Dieu ne peut pas vraiment nous faire comprendre cela.
Marie-Madeleine, les ouvriers de la dernière heure, ou même encore le fils prodigue, ils peuvent être mis en face de la personne qui se rédit par peur de la punition.
Des ouvriers de la première heure qui sont jaloux, du fils aîné rancunier et amer de l’accueil et du pardon qui est donné à son jeune frère ingrat et pécheur.

Pourquoi une si grande injustice ? Tout simplement, Dieu n’est pas injuste. Dieu est miséricordieux.
Il voit bien, il sait le bien que chacun fait en voulant s’attacher à lui, il rétribue de manière juste et généreuse.
Seulement, les premiers de la classe voudraient parfois écraser ceux qui sont moins bons, et c’est en cela qu’ils commettent un péché que Jésus vient révéler.
De leur côté, les pécheurs misérables qui se repentent acceptent d’entrer dans la dépendance du jugement de Dieu.
Les premiers de la classe, eux, n’ont pas besoin de Dieu puisqu’ils sont parfaits.

Mais pensons un instant à l’angoisse de celui qui se trouve englué dans son péché. Pensons à sa tristesse, même après sa conversion, en repensant au mal qu’il a un jour pu commettre contre Dieu, contre ses frères et contre lui-même.
Celui à qui l’on remet de grands péchés, celui-ci aimera davantage.
Mais soyons bien clairs : la place de grand pécheur n’est pas désirable ni enviable, car la conversion n’est jamais certaine.
Rappelons-nous la réponse du Père au Fils aîné :
« Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Il fallait festoyer et se réjouir, car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie. Il était perdu, et il est retrouvé. »

Le Seigneur aime évidemment que nous restions avec lui.
Cependant, le poids du rappel de nos péchés pourrait aisément nous écraser, car, oui, personne n’est vraiment premier de la classe.
Nos péchés nous accusent, mais le Seigneur a voulu prendre sur lui le poids de nos fautes.
Béni soit Dieu, qui nous a rachetés par son sang pour faire de nous ses enfants, afin de nous donner l’héritage promis à ceux qui croient en lui.
Et prions pour la conversion des pécheurs dont nous faisons partie. Amen.

Parole et Évangile du jour | Dimanche 20 septembre • les « premiers » seront !

Samedi 19 septembre

• La parole nous fait vivre

Commentaire de Saint Jean-Marie Vianney

Le semeur et la Parole
Si vous me demandez ce que veut dire Jésus-Christ par ce semeur qui sortit de grand matin pour aller répandre sa semence dans son champ, mes frères, le semeur, c’est le bon Dieu lui-même, qui a commencé à travailler à notre salut dès le commencement du monde, et cela en nous envoyant ses prophètes avant la venue du Messie, pour nous apprendre ce qu’il fallait pour être sauvé.
Il ne s’est pas contenté d’envoyer ses serviteurs, il est venu lui-même, il nous a tracé le chemin que nous devions prendre, et il est venu nous annoncer la parole sainte.

Sans la parole, l’âme se perd
Savez-vous ce que c’est qu’une personne qui n’est pas nourrie de cette parole sainte ? Elle est semblable à un malade sans médecin, à un voyageur égaré sans guide, à un pauvre sans ressources.
Il est tout à fait impossible, mes frères, d’aimer Dieu et de lui plaire sans être nourri de cette parole divine.

La Parole nous révèle Dieu

Qu’est-ce qui peut nous porter à nous attacher à lui, sinon parce que nous le connaissons ? Et qui nous le fait connaître, avec toutes ses perfections, ses beautés et son amour pour nous, sinon la parole de Dieu, qui nous apprend tout ce qu’il a fait pour nous et les biens qu’il nous prépare dans l’autre vie ?

Parole et Évangile du jour | Samedi 19 septembre • La parole nous fait vivre

Vendredi 18 septembre

• L’amour rend l’aimé aimable

Commentaire de sainte Gertrude

Un jour, sa méditation à Gertrude lui fit prendre conscience de sa misère intérieure, ce qui lui causa un tel mépris d’elle-même que, anxieuse et troublée, elle se demandait comment il lui serait possible de plaire à Dieu, qui voyait en elle toutes ses souillures. Car, là où elle ne découvrait qu’une tâche, le divin et pénétrant regard en apercevait une infinité.
La consolation lui fut donnée par cette réponse divine : « L’amour rend l’aimé aimable. » Elle comprit par là que, si sur terre, parmi les hommes, l’amour a tant de force que la laideur elle-même plaît à l’amant à cause de l’amour qu’il lui porte — et parfois jusqu’à lui faire désirer, par amour, de ressembler à l’aimé — comment douter que celui qui est Dieu Charité ne puisse, par la vertu de son amour, rendre aimable ce qu’il aime.
Une autre fois, le souvenir de ses fautes passées la jetait dans une telle confusion qu’elle ne cherchait qu’à se cacher à jamais. Et voilà que le Seigneur s’inclinait vers elle avec tant de révérence que toute la cour céleste, comme prise d’étonnement, s’appliquait à le retenir.
À quoi le Seigneur répondit : « Je ne puis absolument pas m’empêcher de rejoindre celle qui, par les cordes solides de l’humilité, tire jusqu’à elle mon cœur divin. »

Parole et Évangile du jour | Vendredi 18 septembre • L’amour rend l’aimé aimable

Jeudi 17 septembre

• Ses nombreux péchés, sont pardonnés


« Si le Christ n’est pas ressuscité, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. »
Paul écrit cela aux Corinthiens parce que la résurrection est le fondement de tout le reste. Enlevez-la, et quelque chose de fondamental s’effondre dans la foi chrétienne. Quelque chose qui ne peut être remplacé par une belle spiritualité. Aucune éthique bien construite, aucun sentiment religieux. Non. La foi chrétienne repose sur un fait historique : quelqu’un est sorti du tombeau.
Et ce fait change tout. Ou alors il ne change rien. Il n’y a pas de version édulcorée qui permettrait de garder la beauté du message en laissant de côté l’essentiel.
« Autrement, dit Paul, c’est pour rien que vous êtes devenu croyant. »
Cette phrase mérite qu’on la laisse travailler. Qu’on se demande honnêtement ce qui resterait de nos vies si on en retirait la résurrection. Simon le pharisien a invité Jésus à sa table.
Un repas bien tenu, des convives comme il faut. Et puis quelque chose arrive que personne n’attendait. Une femme s’approche, se place derrière Jésus, et elle pleure. Ses larmes tombent sur ses pieds, elle les essuie de ses cheveux, les couvre de baisers, les oint de parfum. Simon observe et juge en silence.
Jésus lui raconte alors la parabole des deux débiteurs. L’un devait peu, l’autre beaucoup ; les deux sont remis. Lequel aimera davantage ? Simon répond sans comprendre encore ce qu’il dit.
Et Jésus se tourne vers cette femme. Elle a aimé beaucoup parce qu’elle a reçu beaucoup. La foi qui transforme une vie est celle qui a touché la miséricorde. Si près qu’elle peut à peine rester debout. Celle qui sait ce que coûtait la dette et ce que vaut le pardon reçu.
Saint-Île-de-Garde, que nous fêtons aujourd’hui, vous qui avez chanté la gloire de Dieu avec toutes vos forces, intercédez pour nous.
sainte Hildegarde priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Jeudi 17 septembre • Ses nombreux péchés, sont pardonnés

Mercredi 16 septembre

• Tes paroles sont esprit et VIE

Jésus regarde sa génération et dit qu’il ressemble à des gamins sur la place qui se plaignent, que personne joue le jeu. On joue de la flûte, vous ne dansez pas, on chante des lamentations, vous ne pleurez pas.
Jean est venu dans l’austérité du désert, jeûnant, sobre, radical, et vous dites qu’il est possédé. Le fils de l’homme est venu mangeant et buvant, s’asseyant à la table des pêcheurs, et vous dites qu’il est ivrogne et ami des publicains.
Quoi qu’il arrive, quoi qu’il fasse, la réponse est identique, ce cœur-là a décidé d’avance. Et un cœur qui a décidé d’avance trouvera toujours une raison de rester assis.
Paul lui répond depuis l’intérieur de cette même tension, il se fait tout à tous, avec les juifs, comme juifs, avec les faibles, comme faibles. Parce que l’Évangile le presse et que la sagesse divine prend la forme de ce que l’autre peut recevoir. Cette sagesse, Jésus dit qu’elle est reconnue juste par tous ses enfants.
La sagesse de Dieu elle attend, elle est patiente, elle offre gratuitement, elle revient malgré nos détours et nos refus. Tobie, dans son exil aveugle et pauvre, continue de prier et de faire confiance dans le silence, sans signe immédiat, sans réponse visible. Il tient et cette persévérance dans la prière accède à la grâce.
Le pape Léon XIV viendra bientôt en France avec cette devise tirée de Jean VI pour que le monde ait la vie. La chanson écrite pour cette venue avec Natacha Saint-Pierre et Grégory Turpin rejoint exactement ce que Jésus dit ce matin.
« Tu nous dis me voici pour que le monde ait la vie. Tu rejoins les cœurs blessés, ce que la nuit a brisé. »
La flûte joue encore. Eh bien, chers amis, à nous de danser.

Parole et Évangile du jour | Mercredi 16 septembre • Tes paroles sont esprit et VIE

Pour que le monde ait la vie . Gregory Turpin et Natacha ST-Pier

Mardi 15 septembre

• Notre Dame des Douleurs

Commentaire de Saint Charles de Foucault :

Voici ton fils. Cela s’adresse à la Sainte Vierge.
Notre Seigneur lui donne tous les humains pour enfants, lui ordonnant d’avoir pour tous un cœur de mère. Elle l’a accompli et elle continuera durant l’éternité à accomplir avec une perfection incomparable cet ordre de Dieu comme tous les autres.
Soyons donc absolument certains qu’elle a pour tout humain un cœur maternel. Et adressons-nous à cette mère chérie et toute puissante, dans tous nos besoins, avec autant de confiance qu’un enfant à sa mère. À une mère qui l’aime infiniment plus que ne peut faire une mère terrestre. Et à une mère qui peut lui obtenir de Dieu absolument tout ce qui est vraiment bon pour l’âme.
Voici ta mère. Ceci s’adresse à chaque âme.
Tous, nous devons traiter la Sainte Vierge comme notre mère, lui rendre les devoirs qu’un bon fils doit à une très bonne mère. Affection, honneur, service, confiance. En un mot, tout ce que notre Seigneur lui-même rendait à la très Sainte Vierge.
Aimons-la, honorons-la, entourons-la en nous entretenant avec elle dans la prière. Servons-la en aidant de notre mieux à toutes les œuvres qu’elle favorise, à toutes celles qui sont entreprises en son honneur.
Ayons en elle une confiance absolue et invoquons-la, sans hésiter, avec cette confiance, en tous nos besoins, en tous nos désirs, toutes nos entreprises, toutes nos œuvres, toutes nos actions. Montrons-nous envers elle les plus tendres des fils.
Nous souvenons que c’est là un point essentiel d’obéissance à Jésus et d’imitation de Jésus, d’obéissance puisqu’il nous l’ordonne si formellement et si solennellement, du haut même de la croix, l’imitation, car il fut toujours pour sa mère le modèle des fils.

Parole et Évangile du jour | Mardi 15 septembre • Notre Dame des Douleurs

Lundi 14 septembre

• Croix Glorieuse : levons les yeux !

En chemin dans le désert, le peuple perdit courage. Dans la première lecture, cette phrase pourrait s’écrire aujourd’hui : En chemin, dans la vie, nous perdons courage.
Il y a des moments où la route est longue, où l’horizon ne change pas, où la manne, cette nourriture que Dieu donne chaque matin, commence à nous sembler misérable.
Le peuple d’Israël a tout reçu : la libération d’Égypte, la mer ouverte, la colonne de feu, la nuit et le jour, la manne chaque matin… et pourtant, il murmure, il récrimine contre Dieu et contre Moïse.
Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable. Reconnaissez-vous quelqu’un dans cette description ?
Et Dieu envoie des serpents : voilà qui dérange. Un Dieu d’amour enverrait des serpents venimeux à son peuple qui se plaint ?
On pourrait être tenté de dire : non, bien sûr que non. C’est une image, une métaphore, une lecture primitive de Dieu.
Mais attendez, regardons cela autrement.
Le peuple murmure… et les conséquences arrivent. Ce n’est peut-être pas Dieu qui envoie le mal comme une punition froide. C’est peut-être simplement que quand on tourne le dos à la source de vie, la vie se retire. Quand on refuse la manne, on a faim. Quand on refuse la lumière, l’obscurité entre.
Les serpents sont déjà là, dans le désert, dans nos vies. Ce que Dieu fait parfois, c’est lever le voile sur ce qui nous mord déjà, pour que nous regardions enfin.
Et le peuple regarde, il voit les morsures, il revient vers Moïse : Nous avons péché.
Cette phrase est l’une des plus courtes et des plus décisives de tout l’Ancien Testament. Trois mots. Aucune explication, aucune justification, aucun programme de réforme. Nous avons péché.
Et Moïse intercède. Et Dieu répond.
Il ne répond pas en supprimant les serpents, mais en dressant un serpent de bronze au sommet d’un mât. Regarde-le, et tu vivras.
Pourquoi un serpent ? Pourquoi précisément l’image du mal pour guérir le mal ?
Parce que Dieu travaille toujours depuis l’intérieur de la blessure, jamais depuis l’extérieur. Il ne supprime pas l’épreuve. Il traverse cette épreuve avec nous. Et il la transforme.
Le serpent élevé sur le mât préfigure quelque chose que Jésus lui-même explique à Nicodème dans la nuit : De même que le serpent fut élevé dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé.
La croix.
Et ce serpent de bronze… Ce qui ressemble à la défaite absolue, à la mort injuste, à l’échec d’un homme abandonné par tous, devient précisément le lieu où la vie est offerte. À celui qui regarde. À condition de lever les yeux, bien sûr.
Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. Ce n’est pas marqué envoyer son Fils unique, c’est donner. La nuance de cette précision dit tout sur la nature de cet amour.
Et il l’a donné élevé sur une croix, visible de loin, comme ce serpent de bronze visible de tout le camp d’Israël.
Sainte Élisabeth de la Trinité, carmélite, morte à 26 ans dans des souffrances physiques intenses, écrit depuis son lit de malade : « Ne crains pas la souffrance, elle est gage d’amour. À l’ombre de la croix, enfuis-toi tout entière. Celui qu’elle soutient te donnera lumière. »
C’est quelqu’un qui a regardé le serpent de bronze en face, longtemps, jusqu’à ce que le regard transforme ce qu’il voit.
La croix glorieuse que nous fêtons aujourd’hui, contre-intuitivement, n’est pas la croix de la souffrance seule. C’est la croix de la traversée, la croix habitée, la croix depuis laquelle Jésus dit à chacun de nous, même dans nos déserts les plus arides, même dans nos murmures les plus secrets, même dans nos morsures, dans nos blessures les plus vives, les plus douloureuses : Je suis là. Je suis là.
Nous allons maintenant chanter ce chant : « Mort, où est ta victoire ? » Parce que c’est la réponse de Pâques à tout ce que nous venons d’entendre.
Levons les yeux

Parole et Évangile du jour | Lundi 14 septembre • Croix Glorieuse : levons les yeux !

Lundi 14 septembre

• Croix Glorieuse : levons les yeux !

En chemin dans le désert, le peuple perdit courage. Dans la première lecture, cette phrase pourrait s’écrire aujourd’hui : En chemin, dans la vie, nous perdons courage.
Il y a des moments où la route est longue, où l’horizon ne change pas, où la manne, cette nourriture que Dieu donne chaque matin, commence à nous sembler misérable.
Le peuple d’Israël a tout reçu : la libération d’Égypte, la mer ouverte, la colonne de feu, la nuit et le jour, la manne chaque matin… et pourtant, il murmure, il récrimine contre Dieu et contre Moïse.
Nous sommes dégoûtés de cette nourriture misérable. Reconnaissez-vous quelqu’un dans cette description ?
Et Dieu envoie des serpents : voilà qui dérange. Un Dieu d’amour enverrait des serpents venimeux à son peuple qui se plaint ?
On pourrait être tenté de dire : non, bien sûr que non. C’est une image, une métaphore, une lecture primitive de Dieu.
Mais attendez, regardons cela autrement.
Le peuple murmure… et les conséquences arrivent. Ce n’est peut-être pas Dieu qui envoie le mal comme une punition froide. C’est peut-être simplement que quand on tourne le dos à la source de vie, la vie se retire. Quand on refuse la manne, on a faim. Quand on refuse la lumière, l’obscurité entre.
Les serpents sont déjà là, dans le désert, dans nos vies. Ce que Dieu fait parfois, c’est lever le voile sur ce qui nous mord déjà, pour que nous regardions enfin.
Et le peuple regarde, il voit les morsures, il revient vers Moïse : Nous avons péché.
Cette phrase est l’une des plus courtes et des plus décisives de tout l’Ancien Testament. Trois mots. Aucune explication, aucune justification, aucun programme de réforme. Nous avons péché.
Et Moïse intercède. Et Dieu répond.
Il ne répond pas en supprimant les serpents, mais en dressant un serpent de bronze au sommet d’un mât. Regarde-le, et tu vivras.
Pourquoi un serpent ? Pourquoi précisément l’image du mal pour guérir le mal ?
Parce que Dieu travaille toujours depuis l’intérieur de la blessure, jamais depuis l’extérieur. Il ne supprime pas l’épreuve. Il traverse cette épreuve avec nous. Et il la transforme.
Le serpent élevé sur le mât préfigure quelque chose que Jésus lui-même explique à Nicodème dans la nuit : De même que le serpent fut élevé dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé.
La croix.
Et ce serpent de bronze… Ce qui ressemble à la défaite absolue, à la mort injuste, à l’échec d’un homme abandonné par tous, devient précisément le lieu où la vie est offerte. À celui qui regarde. À condition de lever les yeux, bien sûr.
Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. Ce n’est pas marqué envoyer son Fils unique, c’est donner. La nuance de cette précision dit tout sur la nature de cet amour.
Et il l’a donné élevé sur une croix, visible de loin, comme ce serpent de bronze visible de tout le camp d’Israël.
Sainte Élisabeth de la Trinité, carmélite, morte à 26 ans dans des souffrances physiques intenses, écrit depuis son lit de malade : « Ne crains pas la souffrance, elle est gage d’amour. À l’ombre de la croix, enfuis-toi tout entière. Celui qu’elle soutient te donnera lumière. »
C’est quelqu’un qui a regardé le serpent de bronze en face, longtemps, jusqu’à ce que le regard transforme ce qu’il voit.
La croix glorieuse que nous fêtons aujourd’hui, contre-intuitivement, n’est pas la croix de la souffrance seule. C’est la croix de la traversée, la croix habitée, la croix depuis laquelle Jésus dit à chacun de nous, même dans nos déserts les plus arides, même dans nos murmures les plus secrets, même dans nos morsures, dans nos blessures les plus vives, les plus douloureuses : Je suis là. Je suis là.
Nous allons maintenant chanter ce chant : « Mort, où est ta victoire ? » Parce que c’est la réponse de Pâques à tout ce que nous venons d’entendre.
Levons les yeux

Parole et Évangile du jour | Lundi 14 septembre • Croix Glorieuse : levons les yeux !

Dimanche 13 septembre

• RENONCER À LA HAINE

J’aime imaginer qui vous êtes lorsque je parle sur Cathoglad, ce que vous êtes en train de faire, est‑ce que vous êtes au volant de votre voiture, est‑ce que vous êtes juste en train de vous réveiller, de faire une activité sportive, manuelle, de marcher dans la rue. C’est impressionnant d’imaginer cette parole de Dieu qui se rend présente dans des situations si diverses. Mais je dois avouer que je ne vous imagine pas très souvent au bord d’une piscine en Floride ou sur le pont d’un yacht à plusieurs étages.
Et bien, même si c’était le cas, vous auriez du mal à réaliser ce qui se passe dans l’évangile d’aujourd’hui. Car dix mille talents, soixante millions de pièces d’argent, c’était, à l’époque où le texte était créé, une fortune à peine imaginable. Et attention, ça n’est pas la fortune totale du personnage de l’évangile, c’est simplement ce qu’un seul de ses débiteurs lui doit.
On imagine qu’il possède bien davantage. Et même s’il possédait encore infiniment plus, passer l’éponge sur une telle somme n’a aucun sens, aucun. Et l’écart entre ce qu’il pardonne, lui, et ce que le serviteur refuse ensuite de pardonner est parfaitement inimaginable.
Ça n’est pas comparable, ça n’est pas logique de prendre un exemple comme ça. Or Jésus est quelqu’un de cohérent. Quand il choisit un exemple, quand il choisit une parabole, c’est pour nous dire quelque chose.
Alors aujourd’hui, inutile de chercher une différence de degrés dans la remise de la dette, l’une qui serait des millions de fois plus grande que l’autre. On peut augmenter autant qu’on veut. Ça n’est pas une différence de somme, c’est une différence de nature.
Si Jésus exagère à ce point les proportions financières, c’est pour nous montrer qu’il n’y a rien à voir entre le pardon de Dieu et le pardon humain. Quand Dieu nous pardonne une offense que nous lui avons faite, il nous redonne quelque chose que nous n’aurions jamais pu récupérer par nous‑mêmes. Le péché que nous commettons contre Dieu blesse notre amitié avec lui.
Et cette amitié est d’une nature telle que nous ne pouvons pas la recréer nous‑mêmes. Il n’y a que Dieu qui puisse faire cela. Et voilà ce qui frappe dans l’évangile.
Après avoir été pardonné d’une dette de cette nature‑là, cet homme est incapable de pardonner ce que lui‑même aurait pu réparer. Ce qui ne coûtait presque rien : rétablir une relation entre deux hommes. Dieu, lui, passe son temps à restaurer une relation infiniment plus lointaine, celle qu’il a avec nous.
Et nous ne sommes pas capables de prendre quelques instants pour restaurer celle que nous avons les uns avec les autres. On entend souvent en confession la difficulté à pardonner. C’est un acte trop grand pour des choses trop graves, trop profondes, trop anciennes.
Et il y a un infini respect à avoir devant cette difficulté. Mais quand on regarde la distance qu’il y a entre le cœur de Dieu et le cœur de l’homme, imaginons la difficulté de celui qui est offensé, alors qu’il est infiniment et infiniment aimable. Le pardon de Dieu nous est donné comme un modèle, non pas comme une obligation qu’il faudrait être capable de remplir du jour au lendemain, en particulier lorsque le pardon que l’on doit donner est particulièrement grave ou profond.
Ça ne marche pas comme ça. Mais c’est un horizon, un horizon vers lequel il faut toujours tendre. Je n’arrive pas à pardonner à quelqu’un.
Je ne suis pas coupable parce que je n’y arrive pas, mais je deviens coupable le jour où je décide que je ne pardonnerai jamais. Et voilà la différence. Si je constate que je n’y arrive pas, mais que de tout mon cœur je désire y parvenir, que je demande cette grâce, que je laisse la porte entre‑ouverte, alors je demeure en amitié avec Dieu.
Je suis en chemin vers cette ressemblance avec le cœur de Jésus, et c’est exactement ce que Dieu attend de moi.

Parole et Évangile du jour | Dimanche 13 septembre • RENONCER À LA HAINE

Samedi 12 septembre

• Saint Nom de Marie

À quelle table es-tu assis ? Paul pose cette question avant la communion. La coupe que nous bénissons est communion au sang du Christ, et on ne boit pas à deux coupes en même temps.
Nos idoles, à nous, ne sont pas des statues de bronze. Elles ressemblent plutôt à nos certitudes, qui ne bougent jamais, nos confortements, cherchés ailleurs que dans le Christ, nos habitudes qui occupent toute la place sans laisser de fond. Et l’arbre se reconnaît à ses fruits, ce qui sort de la bouche déborde du cœur.
On voit très vite ce qui occupe vraiment le cœur d’un homme, à ce que sa vie produit concrètement. Gertrude d’Elpha avait compris cela. Celui qui réfrène ce qui ne sert à rien, une parole inutile, un geste non nécessaire, une pensée qui entraîne ailleurs, ne se prive pas, il fait de la place.
Et dans cet espace tout à coup libéré, Dieu se prodigue avec tant de douceur que l’âme peut dire avoir été récompensée bien au‑delà de tout mérite.
Bâtir sur le roc, c’est creuser profond, enlever ce qui encombre et laisser le Christ occuper le fond, pas seulement la façade.
Aujourd’hui l’Église fête le Saint Nom de Marie, ce nom que Gabriel a prononcé le premier, que des millions d’hommes et de femmes ont murmuré dans leurs nuits les plus dures.
Que ce nom soit dans nos bouches ce soir, simplement. Sainte Marie, priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Samedi 12 septembre • Saint Nom de Marie

Vendredi 11 septembre

• La Poutre et la Paille

Saint Paul nous dit ce matin qu’il traite durement son corps pour ne pas être disqualifié après avoir annoncé l’évangile aux autres. Et d’ailleurs, l’annonce de l’évangile n’est pas pour lui un motif de fierté. C’est la poutre nommée par son propriétaire.
Et c’est rare. Les grands sportifs le savent. On ne gagne pas une course en regardant comment courent les autres. On fixe le but et on court.
Jésus prend la même image. L’aveugle qui guide un aveugle ne tombe pas parce qu’il est méchant, il tombe parce qu’il regarde ailleurs que devant lui. Bon, il est aveugle, il ne voit pas.
Cyril d’Alexandrie va plus loin. Il pointe une tentation précise dans les milieux spirituels. Le disciple qui veut dépasser son maître en réputation. Pas en sainteté, en réputation. C’est une nuance qui change absolument tout.
On peut connaître parfaitement la doctrine, distribuer des corrections justes, avoir théologiquement raison sur toute la ligne, et être aveugle sur ce que notre manière de faire produit chez l’autre. La paille dans l’œil du frère devient un prétexte pour briller. Et pendant ce temps, la poutre tient bon, invisible à celui qui la porte précisément parce qu’elle est devant ses yeux.
Le seul homme sans poutre dans l’évangile n’a jamais humilié personne en disant la vérité. Il a pleuré avec ceux qui pleuraient, mangé avec ceux dont personne ne voulait partager la table, et touché ce que tout le monde évitait de toucher. C’est depuis cet endroit‑là que la correction devient possible.
Adopter le regard de Jésus. Alors, avec ce regard, ces lunettes de miséricorde, la poutre disparaît. Et la paille aussi.

Parole et Évangile du jour | Vendredi 11 septembre • La Poutre et la Paille

Jeudi 10 septembre

• Ne pas choquer les coeurs

Aimer ses ennemis, tendre l’autre joue, ces paroles ont traversé vingt siècles sans perdre leur capacité à choquer. Et c’est bon signe : elles ne sont pas devenues des formules édulcorées. Bien heureusement, elles restent scandaleuses.
Tendre l’autre joue, ici, ne signifie pas se laisser détruire passivement ou valider ce que l’autre fait. Attention : dans la culture juive du premier siècle, la gifle sur la joue droite était donnée du revers de la main, un geste de mépris, pas de combat. Tendre l’autre joue, c’est se redresser et dire : tu ne me réduiras pas à ta violence. Ce n’est pas tendre la joue au violent. C’est refuser que la haine de l’autre devienne notre haine. C’est capital.
Positionnez‑vous ainsi lorsqu’un conflit arrive. Restez libres. Cette liberté‑là, c’est aimer sans attendre de retour, donner sans calcul aucun, prier pour ceux qui vous calomnient.
Est‑elle humainement réalisable, cette manière de considérer les choses ? Honnêtement, seul, l’humain, le cœur de l’homme, ne peut pas. C’est pour cela que Jésus ne dit jamais — vous ne l’entendrez jamais dire — « faites un effort, un peu ». Non : il dit « soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ».
Le modèle n’est pas humain, la source non plus : c’est la grâce de Dieu qui rend possible ce que la nature seule refuse. La grâce.
Prenez les lunettes de la miséricorde du Père, qui regarde notre cœur avec une infinie bonté, une infinie humilité, une infinie miséricorde.
Dans la première lecture, Paul dit aux Corinthiens : « La connaissance rend orgueilleux, tandis que l’amour fait œuvre constructive. » Nous pouvons connaître toute la théologie de l’ennemi, tout le discours sur le pardon, toutes les nuances patristiques sur la charité, et avoir le cœur aussi fermé qu’une porte blindée.
Le savoir spirituel mal digéré produit précisément cet effet : il nous place en surplomb, en suffisance. On explique, on nuance, on corrige, et par la même occasion, on blesse. On dit la vérité, mais sans la charité qui la rend recevable.
Or, vous avez tous, dans votre expérience, eu cette expérience désagréable d’une personne qui dispense une vérité mais qui vous blesse au passage. On en est tous un peu responsables aussi parfois.
Ce sentiment‑là est une chose à corriger, surtout si elle est systématique.
La question que Paul pose là est radicale pour nous : est‑ce que ma connaissance sert mon frère, ou est‑ce qu’elle me sert moi ? À m’élever ? À rabaisser les autres ? Est‑ce qu’elle construit, ou est‑ce qu’elle écrase ?
Catherine de Sienne dit que la vraie charité supporte avec patience les défauts des autres, ne s’irrite pas, est pleine de douceur, et en même temps tient la balance droite de la vérité, rendant à chacun ce que veut la justice : les deux ensemble.
La douceur sans la vérité devient complaisance, et la vérité sans la douceur devient violence. Et c’est là, chers amis, le degré difficile à trouver.
Comment dispenser la vérité sur ce qui doit être dit sans violenter l’esprit de l’autre, surtout que nous vivons dans une société où nous sommes en cohabitation avec plusieurs cultures ?
La pédagogie divine elle‑même nous en donne le modèle : Dieu ne révèle pas tout d’un coup. Il conduit, il prépare, il attend que le cœur soit prêt. Les révélations sur l’Immaculée Conception ne sont pas venues tout de suite. Il y a un temps pour tout.
Le cœur de l’homme se prépare. De la même manière, le cœur de nos frères se prépare à accueillir une parole.
Jésus lui‑même dit à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous ne pouvez pas les porter maintenant. »
La vérité a un temps, une manière, une relation qui la précède.
Si le monde avait cette pédagogie avec ceux qui nous entourent, peut‑être il y aurait moins de guerres, moins d’énervements, moins d’impatience, etc.
Et cela n’est pas le relativisme. C’est la sagesse.
Il y a des vérités qui doivent être dites, même si elles choquent, même si elles divisent. Jésus le fait lui‑même à Nazareth, et on veut le précipiter du haut d’une falaise. Mais elles se disent depuis l’amour, pas depuis la supériorité, depuis le service, pas depuis le tribunal.
« La mesure dont vous vous servez pour les autres servira de mesure pour vous. » C’est vrai pour la miséricorde, et c’est vrai pour la vérité qu’on dispense.
Alors, chers amis, mesurez avec la miséricorde. Ainsi, il vous sera mesuré à la miséricorde de Dieu, pour vous aussi.

Parole et Évangile du jour | Jeudi 10 septembre • Ne pas choquer les coeurs

Mercredi 9 septembre

• Celibat & Admiration mondaine

Je vous invite aujourd’hui à méditer sur deux aspects : le premier, de la première lecture, sur le célibat, et le deuxième, sur les béatitudes dans l’Évangile.
Paul dit une chose assez inhabituelle : il donne son avis, et il le dit. Il reconnaît, dans cet avis, que le célibat est un don, mais un don n’est pas une obligation. Et derrière cette précision se cache une réalité que beaucoup de personnes portent en silence : vivre seul sans l’avoir désiré est une souffrance réelle, profonde, souvent invisible.
L’Église ne l’ignore pas, elle devrait même la nommer plus souvent. Alors prions un instant pour tous ceux qui portent cette croix‑là, cette croix parce qu’elle n’est pas une vocation choisie, mais une circonstance subie.
Paul dit que le temps est limité, et nous devons entendre cela comme une invitation à ne pas laisser la souffrance du manque occuper toute la place, mais à la tenir dans la lumière d’une espérance plus grande que ce que nous voyons maintenant.
Amen. Sainte Marie, nous te confions tous les célibataires.

Venons maintenant, chers amis, aux béatitudes de Luc dans l’Évangile.
« Quel malheur pour vous lorsque tous les hommes disent du bien de vous. » J’aimerais me concentrer sur cette parole.
Jésus compare cela au traitement réservé aux faux prophètes : quand des hommes disent du bien de nous, nous avons vécu cela dans notre propre temps avec une acuité douloureuse.
Je peux vous rappeler l’abbé Pierre, adulé pendant des décennies, comme le saint des saints, et derrière cette image, des actes abominables, soigneusement cachés.
Jean Vanier, fondateur de l’Arche, avec des comportements de manipulation grave sur des personnes vulnérables.
Marco Rupnik, dont les fresques ornent les sanctuaires les plus visités de la chrétienté, dont Lourdes, avec des abus spirituels et sexuels sur des religieuses.
Chacun de ces hommes — et ce n’est pas facile à entendre — était unanimement admiré. Et c’est précisément cette unanimité de l’admiration humaine que Jésus pointe comme un signe d’alarme.
Cela ne veut pas dire qu’il faille se méfier de tout le monde, ni qu’aucun homme de bien ne puisse être reconnu. Mais cela nous dit que la popularité universelle, l’image irréprochable que personne n’ose questionner, la sainteté de façade que tout le monde valide sans réserve, ce sont des terrains où le diable travaille à l’aise.
Satan se glisse précisément là où la lumière humaine est trop forte pour que l’ombre soit visible.

L’équilibre que l’Évangile propose n’est pas de n’admirer personne. C’est de ne placer sa foi en aucun homme.
On peut reconnaître un charisme, bénéficier d’un enseignement, être touché par un témoignage, et rester libre.
L’homme de mission authentique, lui, est souvent détruit en vol, par son institution, par ceux qui le haïssent, parfois par les deux ensemble.
Charles de Foucault a vécu cela dans le désert. Il était incompris, isolé, finalement assassiné. Il n’avait pas la gloire des hommes. Il avait le vide intérieur que Dieu seul occupait, et c’est tout ce dont il avait besoin.
« Bienheureux ceux qui seront si vides de tout, si pleins de moi. »
C’est ce vide‑là qui est le vrai signe, non pas l’admiration unanime de l’humanité, mais la pauvreté consentie qui ne cherche pas à séduire.

Alors, chers amis, prenez garde, confiez‑vous les uns aux autres dans la prière, et rappelez‑vous : l’important se situe dans la vie que l’on mène.
Aujourd’hui, nous fêtons Saint Pierre Claver : il s’est mis à genoux devant des esclaves.
Et nous pouvons nous poser cette question : quel geste concret dans ma vie exprime ce renversement de la logique mondaine ? Se mettre à genoux devant des esclaves, par humilité, dans cette charité extrême — l’Évangile est extrême, la charité est extrême — et il y a une attitude à avoir, avec l’humilité qui rend très difficile l’accès à notre cœur au mal.
Alors Saint Pierre Claver, priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Mercredi 9 septembre • Celibat & Admiration mondaine

Mardi 8 septembre

• Nativité de la Vierge Marie

Commentaire de Saint Théodore le Studite : La Vierge Marie, si passionnément aimée de Dieu. Aujourd’hui nous fêtons la nativité de la Vierge Marie.
Rien ne fut jamais aussi proche de Dieu que la bienheureuse et toute admirable Vierge Marie ; quoi de plus pure, quoi de plus irréprochable. Elle fut si passionnément aimée de Dieu, lumière suprême et infiniment pure, qu’il s’est mêlé substantiellement à elle par l’irruption du Saint‑Esprit, et est né d’elle homme parfait, tout en gardant sa propre nature immuable et sans mélange.
Quelle merveille ! Dans son immense amour pour les hommes, Dieu n’a pas rougi de prendre, pour mère, celle qui était sa servante. Quelle condescendance ! Dans son infinie bonté, il n’a pas hésité à devenir l’enfant de celle qu’il avait lui‑même façonnée.
Il était vraiment épris de la plus gracieuse de ses créatures, et il s’empara de celle qui valait plus que les puissances du ciel. C’est bien à elle que s’appliquent ces paroles du prophète Zacharie : Chante et réjouis‑toi, fille de Sion, car voici que je viens pour demeurer au milieu de toi, dit le Seigneur. Toi qui as contenu dans ta chair celui dont la divinité déborde tout lieu. De toi celui qui est la simplicité même à pris la nature complexe de l’homme. L’Eternel est entré dans le temps et l’infini dans les limites. Réjouis pleine de grâce ,ton œuvre et ton nom sont plus réjouissants que toute joie. De toi est venue au monde la joie immortelle. Le Christ, remède à la tristesse des hommes.
Réjouis‑toi, paradis plus heureux que le jardin d’Éden, où a germé toute vertu et poussé l’arbre de vie.

Parole et Évangile du jour | Mardi 8 septembre • Nativité de la Vierge Marie

Lundi 7 septembre

• Tendre la main nous guérit

Commentaire de Saint Ambroise : La main qu’Adam avait étendue pour cueillir les fruits de l’arbre défendu, le Seigneur l’a imprégnée de la sève salutaire des bonnes œuvres, afin que, desséchée par la faute, elle soit guérie par les bonnes œuvres.
À cette occasion, le Christ prend à partie ses adversaires qui, par leur fausse interprétation, violaient les préceptes de la loi. Ils jugeaient que le jour du sabbat, il fallait faire relâche, même des bonnes œuvres, alors que la loi a préfiguré dans le présent l’aspect de l’avenir où, à coup sûr, c’est le mal qui ne travaillera plus, non le bien.
Tu as donc entendu les paroles du Seigneur : « Étends ta main. » Voilà le remède pour tous.
Et toi qui crois avoir la main saine, prends garde à l’avarice, prends garde que le sacrilège ne la paralyse. Étends‑la souvent, étends‑la vers ce pauvre qui t’implore, étends‑la pour aider le prochain, pour porter secours à la veuve, pour arracher à l’injustice celui que tu vois soumis à une vexation imméritée. Étends‑la vers Dieu pour tes péchés : c’est ainsi qu’on étend la main, c’est ainsi qu’elle guérit.
Saint Ambroise parle de la main d’Adam étendue vers le fruit défendu, desséchée par la faute, mais il y a aussi Ève, et Marie est l’Ève nouvelle, celle dont la main s’est tendue autrement dans un oui total. Ce oui est la main la plus féconde de toute l’histoire humaine : par lui, elle nous a donné le Christ.
Demandons‑lui d’ouvrir nos mains à notre tour vers les autres, vers Dieu, vers ceux qui attendent quelque chose de nous.
Demandons‑lui de travailler notre cœur à travers cette méditation louange, invoquons Marie.

Parole et Évangile du jour | Lundi 7 septembre • Tendre la main nous guérit

Dimanche 6 septembre • La dette de l’Amour

La vérité chrétienne sur notre responsabilité envers les autres : Vous connaissez sans doute ce dicton : « Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. » Si l’on prend en compte les lectures de ce dimanche, il semble que ce soit ce que Dieu veut nous dire.
Avec le prophète Ézéchiel, le Seigneur nous pousse à faire équipe. Là où Caïn se détournait de sa responsabilité face au meurtre de son frère Abel en disant : « Suis‑je le gardien de mon frère ? » Ézéchiel nous rappelle notre mission de veiller sur notre prochain qui se trouverait sur la voie de l’erreur.
Ce serait une faute par omission que de ne pas venir en aide à celui qui s’égare. Toutes les images du bon berger que Jésus utilise sont là pour nous montrer que Dieu veille sur chacune de ses brebis, car elles ont toutes du prix à ses yeux, et qu’il est prêt à laisser le troupeau pour aller chercher celle qui est perdue.
Alors oui, nous nous devons d’être les gardiens de nos frères.
Mais attention : il se trouve une certaine limite, la limite de la charité. Si je fais une remarque à mon frère que je considère être dans l’erreur, ce n’est pas pour me glorifier, ni mettre en avant ma sainteté. C’est l’amour, la miséricorde qui doivent être à la racine de mon acte.
Le plein accomplissement de la loi, c’est l’amour, et cet amour ne fait pas de mal au prochain.
Jusqu’où faut‑il aller pour empêcher mon prochain de s’égarer ? Dieu nous l’indique en nous invitant à aller chercher des témoins pour essayer de dissuader le pécheur. Mais il faut accepter qu’il y aura une limite à notre souci du prochain, celle de la liberté.
Dieu lui‑même ne veut pas s’opposer à la capacité de choisir le bien ou, au contraire, de le refuser. Avec le cas de Judas, nous voyons que le Christ a agi pour essayer de garder ceux que le Père lui avait confiés. Mais il y en a un qui n’a pas voulu et qui a décidé de continuer à se perdre.
Cela est déchirant d’accepter que l’on puisse se perdre alors que Dieu veut que tous soient sauvés. C’est ici un élément essentiel de notre responsabilité, qu’il a décidé de ne jamais contrecarrer. Et c’est bien pour cette raison que nous serons jugés à la fin de notre vie sur les actes que nous avons posés en toute responsabilité.
Mais ne voyons pas l’idée de communauté comme un facteur coercitif. Être rassemblés en communauté, c’est le sens fondamental du mot ecclésia, qui a donné le mot Église. Dieu veut que nous formions un groupe, un troupeau, un peuple dont il est le maître et surtout le Père.
Le signe de cette unité, c’est notre capacité à exprimer notre volonté commune à travers la prière. Rassemblés, unis en un seul cœur, nous osons adresser nos demandes à Dieu. C’est en accordant nos volontés que nous pouvons chercher à comprendre ce que nous souhaitons demander à Dieu, en purifiant ce qui pourrait être une simple demande égoïste.
Notre prière commune est un exercice au moins hebdomadaire qui nous aide à entrer dans la volonté de Dieu. Et pas seulement : car Dieu est Trinité, il est union du Père et du Fils dans le Saint‑Esprit, qui est l’amour qui unit les deux autres personnes. Or, aimer, c’est unir les bonnes volontés.
Lorsque nous nous ajustons les uns aux autres, cette amitié est une manifestation, une sorte de présence réelle de Dieu. « Lorsque deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux. »
Ces quelques éléments doivent nous aider à entrer dans le goût de la prière commune, et pas seulement une prière personnelle. Prière commune par laquelle Dieu vient auprès de nous.
Oui, il y a une vraie bonté à être dans un cœur à cœur personnel avec Dieu, mais il veut que cette intimité fleurisse dans une relation interpersonnelle qui se déploie de manière encore plus exponentielle.
C’est l’Église de la terre, qui avec l’Église du ciel, se retrouve unie à son Seigneur par la grâce de la charité.
N’oubliez pas : tout seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin. Alors, en avant le ciel !

Parole et Évangile du jour | Dimanche 6 septembre • La dette de l’Amour

Samedi 5 septembre

• Courage, reprenez vous !

Debout, la rentrée est là, et certains d’entre vous la regardent avec cette fatigue du recommencement, ce poids étrange de devoir repartir alors qu’on n’a pas fini de souffler.
Mais écoutez ce que Paul dit depuis une prison, le ventre vide, les mains abîmées par le travail : « On nous insulte, nous bénissons ; on nous persécute, nous supportons ; on nous calomnie, nous réconfortons. »
Cet homme‑là ne se plaint pas. Il avance. Et il avance parce qu’il sait une chose que beaucoup oublient en septembre : il n’est pas seul à porter ce qu’il porte.
Oui, saint Paul n’était pas seul dans sa cellule à porter tous ses poids et ses fardeaux.
Dans le Christ, vous pourriez avoir dix mille guides,vous n’avez pas plusieur pères, dix mille méthodes, dix mille plannings, dix mille bonnes résolutions de rentrée, et un seul père, un seul centre.
Remettez ce centre là où il doit être : votre repère orthonormé, c’est le Christ, au milieu, pas en décoration sur le côté. Mettez‑le au milieu.
Tout ce que vous apportez cette semaine, vous l’avez reçu : les dons, l’énergie, les relations, la foi elle‑même, l’envie, le désir de nouveaux projets… vous l’avez reçu. Rien ne vient de vous seul.
Alors, cessez de porter cette rentrée comme si tout dépendait de vos seules forces, et repartez en coopération avec Celui qui vous a tout donné.
Jésus est maître du sabbat, maître du temps, maître de cette semaine qui commence, de cette rentrée. Demain, c’est dimanche : prenez ce repos, rechargez‑vous à la bonne source, et lundi matin, levez‑vous.
Le Seigneur est proche de ceux qui l’invoquent, de ceux qui l’invoquent en vérité. Invoquez‑le.
Saint Paul finit sa lettre : « Je ne vous écris pas cela pour vous faire honte, mais pour vous reprendre comme mes enfants bien‑aimés. »
Sainte Thérèse de Calcutta, vous qui aviez confiance en Dieu dans les épreuves, priez pour nous.

Parole et Évangile du jour | Samedi 5 septembre • Courage, reprenez vous !

Vendredi 4 septembre

• Libre face au jugement des hommes

Je me soucie fort peu d’être soumis à votre jugement ou a celui d’une autorité humaine. Voilà ce que dit saint Paul. Il dit cela parce qu’il sait qui est le vrai juge. Et nous, est‑ce que nous savons qui est le vrai juge ? Celui qui nous soumet au jugement. Eh bien, c’est le Seigneur, et seul son jugement est juste. Il mettra en lumière ce qui est caché dans les ténèbres et rendra manifeste les intentions des coeurs. Voilà ce qui est dit dans la première lecture.
Cette parole a deux faces.
La première peut nous faire peur, parce que nous avons tous une part d’ombre, des intentions mêlées, des actes que nous n’aurions pas voulu que la lumière touche, qu’être révélés, et qui sont peut‑être toujours dans l’ombre.
Mais tendre vers cette lumière dans la confession, dans la prière, dans l’honnêteté intérieure, c’est précisément se libérer de la dépendance aux secrets des ténèbres. Cela nous attache au péché. On ne crie pas donc tout sur tous les toits, bien sûr, mais on ne vit plus enchaîné à ce qu’on cache.
La deuxième face est un réconfort réel, parce que tout ce que nous avons supporté en silence, toute l’injustice subie sans pouvoir se défendre ce que nous avons entendu de calomnies encaissées sans réponse, cela sera révélé. La justice triomphera. La justice de Dieu triomphe là où la justice humaine défaille.
Cette certitude‑là est ce qui permet à Paul de continuer, de prêcher, d’affronter les reproches sans s’effondrer.
Dans l’Évangile, il y a un approfondissement de cela avec la parole des pharisiens et des scribes qui accusent Jésus et les disciples de manger et boire au lieu de jeûner. Et ces reproches ne sont pas uniquement dans cet Évangile‑là pour le sujet donné, bien qu’il pourrait l’être, mais ils sont nombreux les reproches que reçoit l’Église.
De toutes parts : des protestants qui disent qu’invoquer Marie et les saints, c’est de l’idolâtrie, parmi tant d’autres choses ; des musulmans pour qui nous sommes des égarés ; et des républicains laïcs, des païens, qui voient dans chaque visite du pape une intrusion inadmissible; des associations qui se battent encore aujourd’hui pour compliquer l’accueil du successeur de Pierre en France… Les luttes sont nombreuses.
« Pourquoi ne pas vendre tout ça et donner au pauvre ? » Et on pourrait avoir plein de phrases comme ça concernant l’Église, comme si les cathédrales, et les hôpitaux catholiques, les écoles et les dispensaires n’étaient pas le premier réseau caritatif du monde, caritatif peut‑être du corps, mais surtout de l’âme.
Jésus répond à tout cela depuis l’Évangile de ce matin, avec une image des noces. L’Époux est là, et pendant que l’Époux est là, on ne fait pas le deuil.
Il y avait un saint qui disait que ce mariage des noces a commencé à l’Incarnation et durera jusqu’au retour du Christ. L’Église chemine vers son Époux, gardant l’Alliance chaque jour dans la foi et la tendresse. Cette certitude intérieure est ce qui permet de ne pas s’effondrer sous les coups.
Le vin nouveau ne peut pas être mis dans de vieilles outres. Et l’Église, malgré ses blessures, malgré ses scandales réels, malgré tout ce qu’on lui reproche, à juste titre ou à tort, reste l’outre neuve que le Christ habite et que l’Esprit renouvelle. Et ça, rien — même pas la justice humaine — même pas la justice humaine ne pourra l’enlever. Parce que seule compte la justice divine.
Alors souvenez‑vous‑en, chers amis : ne soyez pas soumis aux attaques du monde. Restons dans cette liberté intérieure qui est liée au divin face au jugement de nos contemporains.

Parole et Évangile du jour | Vendredi 4 septembre • Libre face au jugement des hommes

Jeudi 3 septembre

• La douceur de la Parole qui convoque

Aujourd’hui, c’est la pêche miraculeuse. Pierre a pêché toute la nuit et n’a rien pris dans ses filets. Il est fatigué et il lave ses filets. Il a l’expérience du lac, il a l’expérience des choses, et un charpentier lui dit de repartir au large. Et il écoute le charpentier qui n’a pas l’expérience du lac.
« Sur ta parole », dit‑il, « je vais jeter les filets. » Cette phrase est l’une des plus belles de tout l’Évangile, parce qu’elle dit exactement ce qu’est la foi dans sa forme la plus nue : faire quelque chose qui n’a pas de sens selon l’expérience humaine, uniquement parce que c’est lui qui le dit.
Et les filets se remplissent au point de se déchirer. Deux barques qui enfoncent, plein de poissons. Pierre tombe alors à genoux devant Jésus et dit : « Éloigne‑toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »
Et voilà que ce passage nous saisit. Voilà ce que produit la rencontre avec la gloire douce et lumineuse du Christ. Là, il y a chez Pierre, chez Simon Pierre, une compréhension de qui est en face de lui. Sa conscience aiguë de son propre état se met alors à clignoter et il doit s’agenouiller en disant qu’il est indigne.
Cette conscience de l’indignité, c’est précisément le signe que l’appel reçu par Simon Pierre est réel. Ceux qui se croient déjà prêts, déjà suffisants, déjà dignes, ne sont pas ceux que Jésus choisit en premier. Il choisit le pécheur.
Saint Augustin nous dit d’ailleurs : « Donne‑moi cet homme simple et sans instruction. Lorsque je l’aurai rempli, on verra clairement que c’est moi seul qui agis. »
Le pécheur ne peut se glorifier que du Christ et non pas de lui‑même. Et c’est exactement pour cela qu’il passe en premier.
Posons‑nous honnêtement la question, chers amis : qu’avons‑nous évité de faire sur la parole du Christ, qui aurait donné lieu à une pêche miraculeuse, c’est‑à‑dire une fécondité particulière dans nos vies ?
Une réconciliation remise à plus tard, une générosité retenue, un engagement dans la communauté écarté parce que l’heure semblait mauvaise, etc.
Il ne s’agit pas de revenir sur tous nos renoncements, mais de se poser la question pour les paroles futures que Jésus nous adressera. La parole du Seigneur ouvre à la grâce, mais il faut jeter les filets, il faut l’écouter et le croire, il faut avoir la foi.
Jésus ne répond pas à l’aveu de Pierre en dressant la liste de ses fautes, étonnamment. Il dit : « Sois sans crainte. » Parce que Jésus ne regarde pas notre passé : ce qui l’importe, c’est le présent, le présent.
« Désormais, ce sont des hommes que tu prendras », dit‑il. Il prend exactement ce que Pierre est — un pêcheur — et en fait sa vocation nouvelle. L’homme ancien reste là, sur le rivage, avec les filets, vides. L’homme nouveau part, à la suite du Christ.
Et Paul, dans la première lecture, continue toute cette logique. Il dit aux Corinthiens : « Vous, vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu. » Au Christ, parce qu’il vous a choisis et que ce choix repose sur lui seul.
La sagesse du monde retient le passé des gens, les juge sur ce qu’ils ont été, les enferme dans leur réputation. Jésus n’est pas dans la sagesse du monde, dans la sagesse des hommes, il est dans la sagesse divine. Jésus, lui, voit ce que nous pouvons devenir, et il nous appelle depuis là pour devenir un homme nouveau.
Cette liberté‑là, de laisser l’homme ancien sur le rivage et de partir, est peut‑être la grâce la plus difficile à recevoir, mais la plus transformante.
Laissons‑nous transformer par Dieu. Accueillons sa parole et écoutons‑la.

Parole et Évangile du jour | Jeudi 3 septembre • La douceur de la Parole qui convoque

Mercredi 2 septembre

• Jésus guérit mais ne s’attarde pas

Nous avons dans ces textes du jour un Jésus qui est comme on se l’imagine. La belle‑mère est clouée au lit par une fièvre. Il se penche sur elle, menace la fièvre. La fièvre part.
Le soir venu, toute la ville vient pour le voir, pour guérir les malades. Jésus impose les mains sur chacun. Et il n’y a pas de geste général. Il fait ça à chacun personnellement. Chacun reçoit ce dont il a besoin. Et les démons aussi sont expulsés. Ils crient que c’est lui le Fils de Dieu. Il les fait taire.
Alors ça, ça pose une interrogation. Pourquoi est‑il fait taire ? Il y a plusieurs pistes qui peuvent être avancées.
La révélation de son identité par des esprits impurs n’est pas le chemin qu’il choisit pour être reconnu. Ça peut s’entendre. La foi n’est pas du sensationnel ou une révélation arrachée de force. Elle est un cheminement intérieur, un désir, un choix libre. Laisser les démons proclamer qui il est, ce serait court‑circuiter le chemin que Dieu a choisi pour nous. Dieu veut être choisi. Il ne veut pas être imposé. Mais nous devons le faire découvrir, le faire rencontrer, petit à petit, et que les gens viennent à lui.
Jésus, à l’aube, sort et se retire dans un endroit désert. Guillaume de Saint‑Thierry voit dans ce désert le lieu où l’âme, comme Moïse devant le buisson, entend Dieu murmurer sans se laisser voir tel qu’il est. Jésus avait besoin de ce silence entre les guérisons et la mission. Il puisait là ce qu’il allait donner. Et ça, c’est très humain. Nous avons besoin de nous arrêter.
Aussi, nous revenons, pour certains, des vacances, à un lieu où nous sommes normalement reposés. Nous sommes invités ainsi, chers amis, à devenir collaborateurs, collaboratrices de Dieu dans la vie des autres. Nous plantons et Dieu fait croître.
Planter une graine, ça ne veut pas dire planter tout en entier et avoir tout fait, tout le travail, comme ça. Ce n’est pas possible. Il faut que la graine grandisse dans la bonne terre et qu’elle s’accommode.
Et Jésus, dans l’Évangile, nous dit aussi qu’il ne peut pas s’attarder dans un lieu parce qu’il faut qu’il aille dans d’autres villes annoncer la bonne nouvelle. C’est étonnant de se dire que la foule veut le retenir, mais que lui leur dit : « J’ai une mission, c’est pour cela que j’ai été envoyé. »
La tendresse pour ceux qui sont là ne l’empêche pas d’entendre l’appel de ceux qui n’ont pas encore reçu la grâce. Il ne reste pas là où il a déjà agi par confort, parce qu’alors il aurait été un roi. Il va où il manque encore, et c’est à nous aussi de prendre son exemple et d’aller là où il y a du manque, dans les périphéries, comme invitait le pape François.
Continuons donc ce qu’il a commencé. Chacun avec le don qui nous a été donné pour servir le Royaume.

Parole et Évangile du jour | Mercredi 2 septembre • Jésus guérit mais ne s’attarde pas

Mardi 1er Septembre

• Tu es le Saint de Dieu

Ce n’est pas un tissu d’étrangeté inouï que je vous présente, mais cela même qui a été écrit d’avance dans l’Ancien Testament par les prophètes. N’avez‑vous pas entendu le cri de Moïse ? « Le Seigneur vous suscitera d’entre vos frères un prophète comme moi. »
N’avez‑vous pas entendu Isaïe proclamer : « Voici que la Vierge concevra et enfantera un fils. »
N’avez‑vous pas entendu David clamer : « Il descendra comme la pluie sur la toison. »
Croyez donc les prophètes, comprenez la réalité qu’ils annoncent, et vous trouverez Jésus de Nazareth. Regardez, je vous ai montré le chemin : que celui qui le veut le suive. Voilà, j’ai allumé le flambeau. Sortez des ténèbres.
Jésus le Nazaréen, je dis son nom et sa patrie. Je ne dis pas Jésus qui a déployé la voûte du ciel, qui a allumé les rayons du soleil, qui a dessiné les constellations dans le ciel, qui allume la lampe de la lune, qui a fixé son temps au jour, qui a attribué son cours à la nuit, qui a établi la terre ferme sur les eaux, qui a mis un frein à la mer par sa parole.
Jésus le Nazaréen, celui de qui Nathanaël s’était écrié dans son doute : « De Nazareth peut‑il sortir quelque chose de bon ? »
Celui devant qui la troupe des démons a tremblé en disant : « Que veux‑tu, Jésus de Nazareth ? »
Jésus le Nazaréen, dit l’apôtre Pierre, cet homme dont Dieu avait fait connaître la mission en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes.
Oui, Jésus le Nazaréen, cet homme que Dieu a accrédité auprès de vous.

Parole et Évangile du jour | Mardi 1er Septembre • tu es le Saint de Dieu